Winter69 a écrit :Delia a écrit :Winter69 a écrit :Un roman populaire, mélo et mal construit ? C'est la perfection incarnée ! Ce roman, c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour!
La perfection incarnée ? C'est exactement ce que je pensais à votre âge. J'ai évolué depuis…
Je note cependant avec étonnement une contradiction dans vos propos : après m'avoir dit que ce n'est pas un roman populaire, vous ajoutez c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour, c'est-à-dire l'exacte définition du roman populaire. Autrement dit, nous sommes d'accord : ce roman est la perfection du mélo feuilletonesque. Pour ce qui en est du peuple, lisez plutôt la trilogie de Vallès.
Populaire, oui ; mélo et mal construit, je ne suis pas d'accord 🙂 ..
Pourtant, Jacques écrit :
L'histoire est un tissu d'invraisemblances soudées par des ficelles grossières et parsemées d'effets soigneusement calculés, tenant du roman-feuilleton. Évidemment, c'est quand même du Hugo…
Pourtant, Jacques écrit :
L'histoire est un tissu d'invraisemblances soudées par des ficelles grossières et parsemées d'effets soigneusement calculés, tenant du roman-feuilleton. Évidemment, c'est quand même du Hugo...
Et alors ? Jacques, c'est
Dieu le Père ? Le juge universel de ce qui est bon ou mauvais ?
A chacun son avis, d'accord, pourvu qu'on ne l'impose à personne et qu'on n'en fasse pas une vérité générale.
Pour en revenir au sujet, le roman est long et un lecteur étranger, s'il n'est pas suffisamment familier de notre langue, aura avantage à se tourner vers des oeuvres plus courtes et plus faciles d'abord.
A cet égard,
L'enfant de Jules Vallès est assurément à privilégier.
J'aime bien ces deux interventions de Jacques parce que je les considère aussi comme étant du second degré et parce qu'elles me paraissent faire preuve d'un certain humour.
Laisser de côté les ressorts dramatiques du roman pour n'en conserver que les passages "de fond" serait une sacrée gageure dont je ne vois guère que des réalisateurs de la trempe des frères Dardenne ou de Lars von Trier pour la relever.
D'autre part, je respecterai volontiers toute critique de cette œuvre, sera-t-elle joyeusement abondante - de bonne ou de mauvaise foi, de la part de quelqu'un qui a lu deux fois intégralementLes Misérables.
Je prie les membres qui suivent ce fil (et dont, jusqu'à maintenant, celui qui l'a ouvert semble s'être désintéressé) de bien vouloir excuser ma petite digression. Bien entendu il n'y a rien de personnel là-dedans, j'y voyais plutôt l'occasion de sourire un peu. 😀
Quant à L'Enfant de Jules Vallès, si gabiana le recommande, je me demande si je ne vais pas l'inscrire à ma longue liste de lectures à venir. 🙂
Il n'y avait pas le moindre humour dans mes messages 😀 !
Mais, si, mais si, et s'il était inconscient, il n'en était que plus beau.
Et puis l'on peut sourire parce que l'on apprécie des paroles, des écrits, mais sans méchanceté, sans se moquer : sourire de bienveillance, sourire intérieur…
Sourire à propos des Misérables peut d'ailleurs paraître paradoxal, mais cela n'empêche pas de ressentir les choses telles qu'elles sont. 🙂
Chacun son avis sur la manière dont une œuvre est construite 🙂
D'autre part, je respecterai volontiers toute critique de cette œuvre, sera-t-elle joyeusement abondante - de bonne ou de mauvaise foi, de la part de quelqu'un qui a lu deux fois intégralement Les Misérables.
Et quelqu'un qui les a lus
trois fois intégralement ? Son avis vous intéresse-t-il ?
Delia te saura sûrement gré de n'avoir pas utilisé d'émoticône ! 😉
En même temps est-ce que tous les romans de fiction n'utilisent pas tous des clichés, hasards et autres "facilités" qui permettent de faire avancer le scénario et de créer une histoire ?
C'est mon avis et je pose la question aux autres. 😉
Bien sûr, une intrigue de roman, œuvre humaine, obéit toujours à une volonté d'organisation méditée, mais ici, il faut bien reconnaître que l'on a toutes les caractéristiques du roman feuilleton des années 40 : enchaînements d'épisodes ponctués d'événements spectaculaires (souvent à la fin d'un chapitre, comme les fameux "à suivre"), hasards miraculeux (Marius vient habiter juste à côté des "Jondrette", alias Thénardier, par exemple), suspens insoutenable avec toujours une fin heureuse pour le héros (Jean Valjean enterré vivant ou se sauvant dans les égouts avec Marius inconscient), psychologie assez sommaire (Javert ! Quant au vol de la pièce à Petit-Gervais, il m'a toujours paru invraisemblable tel qu'il était décrit. Aucune adaptation filmée ne peut du reste suivre ici le texte).
Mais ce n'est pas pour autant une œuvre que je méprise car il y a le reste !
Ce livre n'est pas un roman social, c'est l'épopée tardive d'un Romantique égarée en pleine période réaliste (quatre ans après Madame Bovary !), et ce décalage peut expliquer son succès. Baudelaire disait des Misérables : "Un poème, plutôt qu'un roman" : c'est bien le souffle hugolien, épique et lyrique qui, s'emparant d'un canevas romanesque médiocre, le vivifie et le transfigure parce que derrière ce romanesque, on découvre une vision philosophique, mythique et religieuse. Tous les personnages ou presque sont des individus qui obtiennent la grâce ou qui chutent (sans gravité : Javert, qui s'est suicidé, gagnera un jour aussi le paradis pour être enfin devenu homme). Jean Valjean est un mythe (le forçat saint et martyr, comme Fantine), Gavroche n'est rien d'autre qu'un mythe (la "petite grande âme", l'Antée et le pygmée), Marius est un mythe (mais pas Cosette, pure faire-valoir et élément indispensable du lyrisme sentimental). Les Misérables, ce n'est pas un roman où le peuple représenterait une force collective cherchant à se libérer de la misère, c'est l'épopée de l'Homme éclairé par l'Idéal qui cherche l'étoile dans la nuit profonde où il est égaré.
(Inutile de citer le message qui précède le vôtre.) J'aime bien la formule "c'est l'épopée de l'Homme éclairé par l'Idéal qui cherche l'étoile dans la nuit profonde où il est égaré" 🙂
Bien sûr, une intrigue de roman […]
Ça, c'est de l'argumentaire ! Bravo et merci : si je n'avais pas déjà eu cette intention, ça m'aurait donné envie de le relire ! 🙂
Oh la la, messieurs, j'aurai besoin beaucoup de temps pour lire vos reponses. C'est incroyable et je suis content que je vous pouvais engager dans ces discussions intéressantes.
Mais maintenant c'est le temps pour lire. Donc si quelqu'un veut dire quelque chose sur le sujet de Les Miserables ou Victor Hugo, soyez mon invité.
Bon nuit! A plus tard, j'engagerai dans ce discussion. 🙂
Roland a écrit :Ou vous pourriez suggérer un autre livre d'auteur français que vous aimez.
Cordialement 🙂
Les pensées de Blaise Pascal. J'ai particulièrement aimé le style de l'auteur. C'est le seul livre de la littérature française qui m'a marqué. Je l'ai lu plusieurs fois.
Le style en est tout de même ardu pour un étudiant etranger.
Ardu, c'est rien de le dire ! 😀
Dans cet extrait:
qu’on ne lui eût
peut-être pas refusé ce pain s’il l’avait demandé ;
que dans tous les cas il eût mieux valu l’attendre,
soit de la pitié, soit du travail ; que ce n’est pas
tout à fait une raison sans réplique de dire : peuton
attendre quand on a faim ?
Je ne comprends la signification de "raison sans replique" qu'entend-t-il par sans replique?
Se dire qu'on ne peut pas attendre quand on a faim est une raison à laquelle on peut adresser des reproches légitimes.
je ne comprends pas c'est a dire c'est legitime dedire cela? 🙄