J'espère qu'ici est un endroit propre pour une telle discussion. Je veux lire ce chef-d'œuvre mais après je finirai Bleak House de Charles Dickens (aussi un livre très très long).
Néanmoins, je suis intéressé, que pensez-vous de ce livre? Ou vous pourriez suggérer un autre livre d'auteur français que vous aimez.
Cordialement 🙂
Bonjour,
Tout dépend de ton niveau de compréhension du français écrit. Les Misérables est un grand livre, pas trop difficile à lire pour un français ou francophone, mais, comme tu le soulignes, il est long.
Si l'histoire t'intéresse et que tu n'hésites pas à te lancer dans des lectures au long cours (Bleak house - traduit en français par La maison d'Âpre-Vent - n'est en effet pas un roman court) alors fonce, c'est un beau livre, l'histoire est immortelle. Il faut juste savoir que, contrairement à Dickens, Hugo aime bien dériver un peu, faire des digressions : l'histoire principale ne constitue qu'une partie du roman.
Si tu cherches de très belles histoires dans le roman français, mais un peu plus courtes, et du même niveau de difficulté, je peux te recommander les romans d'aventure de Jules Verne, par exemple :
L’île mystérieuse
Vingt mille lieues sous les mers
Voyage au centre de la terre
Le tour du monde en 80 jours
Cinq semaines en ballon
De la terre à la lune
…
Tout dépend de ton niveau de compréhension du français écrit. Les Misérables est un grand livre, pas trop difficile à lire pour un français ou francophone, mais, comme tu le soulignes, il est long.
A cela, un remède simple : sauter des pages.
Le droit de sauter des pages est un des dix droits du lecteur selon Daniel Pennac. Dans les
Misérables, on peut ne lire que l'histoire ou ne lire que les digressions, commencer par la fin ou commencer par le milieu. Tout est possible, tout est permis hors cadre de lecture de travail.
Certes. 🆒
Mais
1/ Ça ne répond en rien aux deux questions ( a/ que pensez-vous de ce livre? b/ pourriez suggérer un autre livre d'auteur français que vous aimez ?)
2/ Ça ne va pas beaucoup aider notre membre, qui semble plutôt anglophone. Je vois mal quelqu'un qui se lance dans la littérature française détecter par lui-même les passages "à sauter" (le roman commence par une immense digression !). :/
Par ailleurs, je ne vois pas bien l'intérêt de cette suggestion sur ce forum des études littéraires, mais ce fil n'est pas le lieu pour en discuter.
2/ Ça ne va pas beaucoup aider notre membre, qui semble plutôt anglophone. Je vois mal quelqu'un qui se lance dans la littérature française détecter par lui-même les passages "à sauter" (le roman commence par une immense digression !)
Les passages à sauter se trahissent d'eux-mêmes : ceux qui sont trop longs, trop compliqués à comprendre, bref, ceux qui ennuient leur lecteur, et il n'y a pas deux lecteurs à choisir les mêmes. Je ne parlais pas de faire une contraction de texte, je disais seulement que lorsqu'on se lance dans une lecture au long cours, il ne faut pas se croire obligé de tout lire sans sauter une ligne !
Cela dit, j'ai adoré
les Misérables que j'ai lus et relus, mais je ne dirais pas que c'est un grand livre. Tout au plus un roman populaire, un mélo assez mal construit. Dumas et Paul Féval font beaucoup mieux dans ce genre.
Le chef-d'oeuvre de Hugo, novateur et profond, c'est
le Dernier jour d'un condamné : il n'a jamais rien fait de mieux. Cela a l'immense mérite d'être court.
Un roman populaire, mélo et mal construit ? C'est la perfection incarnée ! Ce roman, c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour!
mais je ne dirais pas que c'est un grand livre
Pour ma part, je ne dirai rien, mais je pensais que c'en était un. Un monument même…
Winter69 a écrit :Un roman populaire, mélo et mal construit ? C'est la perfection incarnée ! Ce roman, c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour!
La perfection incarnée ? C'est exactement ce que je pensais à votre âge. J'ai évolué depuis…
Je note cependant avec étonnement une contradiction dans vos propos : après m'avoir dit que ce n'est pas un roman populaire, vous ajoutez
c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour, c'est-à-dire l'exacte définition du roman populaire. Autrement dit, nous sommes d'accord : ce roman est la perfection du mélo feuilletonesque. Pour ce qui en est du peuple, lisez plutôt la trilogie de Vallès.
Delia a écrit :La perfection incarnée ? C'est exactement ce que je pensais à votre âge. J'ai évolué depuis…
La tolérance consiste à accepter que chacun suive un chemin différent.
Delia a écrit : […] Pour ce qui en est du peuple, lisez plutôt la trilogie de Vallès.

Le masque tombe.
On pourrait en effet parler de Jules Vallès… 🙄
Mais ce n'est toujours pas le sujet du fil ni le lieu pour parler de ça : il me semble que l'on est sur un forum littéraire. :/
On cherche la bagarre ?
Le sujet du fil est :
Ou vous pourriez suggérer un autre livre d'auteur français que vous aimez.
Hé bien, sans écarter Hugo, je suggère la trilogie de Vallès,
l'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé.
Le style de Vallès est journalistique ? Il est vivant. Son oeuvre est un témoignage vibrant, plein de rires et aussi de larmes. Certes, il est dérangeant, Vallès, quand il met en scène un père tuant son enfant de coups, ce n'est pas un ivrogne comme dans
l'Assommoir, mais un distingué professeur de philosophie.
Ultima ratio, cet auteur est conseillé par les programmes officiels, on trouve des extraits dans les manuels de français : il est parfaitement estampillé auteur fréquentable, au même titre que Jules Verne que vous recommandez. Pourquoi faire deux poids deux mesures ?
J'avoue ne pas comprendre pourquoi on ne parlerait pas de Vallès sur un forum littéraire, j'avoue ne pas comprendre en quoi dire à un élève de Terminale qu'on le comprend d'autant mieux que l'on a autrefois partagé son point de vue est un manque de tolérance.
Je ne comprends pas non plus pourquoi
sur un forum littérairevous vous exprimez par idéogrammes énigmatiques : craignez-vous que je ne sache pas lire ?
Mais non, personne ne cherche la bagarre, on discute, voilà tout.
D'abord, à l'école on ne se battait pas avec les filles !
Sur les idéogrammes, que je ne trouve pas particulièrement énigmatiques, ils sont à la disposition des membres.
Si nos grands auteurs revenaient parmi nous et conversaient sur le forum, qu'est-ce qui nous prouve qu'il n'utiliseraient ces petits personnages qui ne sont pas sans rappeler - certes en version très simplifiée - les culs de lampe, voire les enluminures ? 🙂
(ce dernier idéogramme est là pour témoigner d'un caractère pacifique et un peu taquin)
Traduisez les autres, aussi.
Même si l'idée générale est assez claire : c'est l'actualisation du célèbre
Tu veux que je te fasse un dessin ?(ce dernier idéogramme est là pour témoigner d'un caractère pacifique et un peu taquin)
S'il est possible d'être à la fois pacifique et taquin, puisque le taquin cherche la bagarre que le pacifique refuse… J'y vois un sourire sarcastique :
je me paie ta tête dans les grandes largeurs, ou alors une certaine suffisance :
l'ai-je pas bien descendu ? Quand je vous dis que ce n'est pas clair du tout.
Revenons au sujet du fil : vous qui me prêchez la tolérance, pouvez-vous me dire en quoi l'idée de lire Vallès suscite en vous une telle hilarité ?
D'abord, à l'école on ne se battait pas avec les filles !
Pour une excellente raison : il n'y avait pas de filles dans les écoles de garçons, ni de garçons dans les écoles de filles.
Je crois qu'il est temps de citer Richard Gotainer, pas très littéraire, mais, sait-on jamais ? il sera peut-être étudié un jour dans les écoles. Encore mieux à écouter, bien sûr !
Tout en sourire et l'oeil en coin
L'humeur enjouée, toujours badin! Lui, c'était le taquin.
Boudant pour un oui, pour un non
D'un naturel plutôt ronchon! Elle, c'était la grognon.
Le taquin et la grognon!
Il promenait sa bonhomie, bras ballants ou mains dans les poches
Et son harpie de bonne mie suivait en lui sonnant les cloches.
Sans répit, elle le canulait à grommeler des arguties.
Il répondait des quolibets, il ripostait par des lazzi.
Le taquin faisait des niches et la grognon bougonnait.
La grognon était bougon! Et le taquin s'en tapait.
Le taquin faisait des niches et la grognon bougonnait.
La grognon était bougon! Mais le taquin s'en tamponnait.
À ses heures, il était poète, il lui causait de papillons.
Chut, elle avait mal à la tête, chut, y'avait la télévision.
"Veux-tu te taire? Es-tu donc fou? Voyons, tu n'es plus un gamin.
Assieds-toi donc pendant que t'es d'bout
Essuie tes pieds, prends les patins."
Le taquin faisait des niches et la grognon bougonnait.
La grognon était bougon! Et le taquin s'en tapait.
Le taquin faisait des niches et la grognon bougonnait.
La grognon était bougon! Mais le taquin s'en tamponnait.
Mais le taquin s'en tamponnait, mais le taquin s'en tamponnait.
Il sifflait "perles de cristal" pendant qu'elle mangeait des cachets.
Il s'écriait "T'as vu l'étoile?", elle répondait "Mets ton cache-nez."
Elle ne planait jamais plus haut que le plus haut d'ses bigoudis
Et lui, allongé sur le dos, rêvait de mille et une nuits…
Elle, c'était la grognon.
Tout en sourire et l'oeil en coin
L'humeur enjouée, toujours badin! Lui, c'était le taquin.
(au refrain)
Jehan va peut-être me disputer pour ce léger hors-sujet ?
Je ne nie pas la bonne foi de Vallès, mais pour ce qu'il est resté de la tolérance de nos grands idéologues du XIXe siècle, je renvoie à l'affaire Dreyfus, à l'histoire de la SFIO, à Charles Peguy - honni des programmes officiels, au suicide de l'Europe que fut la Première Guerre mondiale et ses conséquences, à Dostoïevski, à Camus, à Malraux et tout simplement à l'Histoire de ce XXe siècle qui voulut mettre en pratique des idéaux dont Vallès n'avait probablement pas mesuré les conséquences.
Quant à l'école primaire, dans les années 60 je ne suis jamais allé à l'école "classique" et j'avais la chance (?) d'être dans des
classes mixtes. 🙂
C'est qui, Richard Gotainer ?
Enfin, c'est bien ce que je dis : le taquin n'a de cesse que de mettre l'autre hors de ses gonds, par pur plaisir d'embêter le monde. Infréquentable, et encore plus quand il s'en vante…
Joli envol lyrique…
Je ne nie pas la bonne foi de Vallès, mais pour ce qu'il est resté de la tolérance de nos grands idéologues du XIXe siècle, je renvoie à l'affaire Dreyfus, à l'histoire de la SFIO, à Charles Peguy - honni des programmes officiels, au suicide de l'Europe que fut la Première Guerre mondiale et ses conséquences, à Dostoïevski, à Camus, à Malraux et tout simplement à l'Histoire de ce XXe siècle qui voulut mettre en pratique des idéaux dont Vallès n'avait probablement pas mesuré les conséquences.
Comme si Hugo ne partageait pas ces idéaux !
le taquin cherche la bagarre
Mais non, pas forcément.
Seule une personne très susceptible se mettra hors de ses gonds…
Et personnellement, je trouve Freddy.lombard fréquentable.
Bon, cette parenthèse étant fermée, place au sujet… Rien qu'au sujet.
Et un litre d'huile sur les braises, un !
Je disais que les taquins, tels que décrits dans la chose versifiée mise en ligne par freddylombard sont des gens infréquentables. Je ne parlais pas de lui. C'est vous qui le faites entrer dans cette catégorie : mon Dieu, protégez-moi de mes amis…
Ah, votre reproche habituel à mon encontre…
Il ne faut pas vraiment grand-chose pour ranimer vos braises. Pas besoin d'un litre d'huile assurément.
Vous considérez que Freddy.lombard n'est pas un taquin infréquentable, et il se trouve que je suis du même avis que vous. Ce n'est donc pas la peine de vous échauffer pour ça.
Quant à la grognon de la chanson grommelant ses arguties, elle, je ne pense pas que beaucoup la trouveraient fréquentable…
Cela dit, il est plus que temps de revenir au sujet.
J'ai lu deux fois les Misérables intégralement. Si je devais sauter des passages (aisément repérables grâce aux très nombreuses divisions et sous-divisions du roman), ce seraient les passages narratifs (tout l'inverse de ce que font les mauvaises adaptations filmées, et pour cause). L'histoire est un tissu d'invraisemblances soudées par des ficelles grossières et parsemées d'effets soigneusement calculés, tenant du roman-feuilleton. Évidemment, c'est quand même du Hugo…
Pour moi, l'Homme qui rit est son chef-d'œuvre romanesque.
Delia a écrit :Winter69 a écrit :Un roman populaire, mélo et mal construit ? C'est la perfection incarnée ! Ce roman, c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour!
La perfection incarnée ? C'est exactement ce que je pensais à votre âge. J'ai évolué depuis…
Je note cependant avec étonnement une contradiction dans vos propos : après m'avoir dit que ce n'est pas un roman populaire, vous ajoutez c'est toutes les larmes du peuple et de l'amour, c'est-à-dire l'exacte définition du roman populaire. Autrement dit, nous sommes d'accord : ce roman est la perfection du mélo feuilletonesque. Pour ce qui en est du peuple, lisez plutôt la trilogie de Vallès.
Populaire, oui ; mélo et mal construit, je ne suis pas d'accord 🙂 ..
Et puis il y a le titre : mais qui sont donc les misérables dans cette œuvre ?
- Fantine ? Certes son cas est pitoyable, mais dans le roman, elle ne représente quasiment qu'elle-même. Pareil pour Cosette, qui ne nous est même pas sympathique (il faut bien qu'elle délaisse un peu son "père" à la fin pour que celui-ci reste bien isolé). Et puis son sort est assez enviable à la fin de l'histoire.
- Jean Valjean ? Mais son parcours est axé sur la rédemption qui inspire tout le livre.
- Les Thénardier et la bande à Claquesous ? Eux, ce sont des "misérables" au sens péjoratif du terme, mais des marginaux.
- Les insurgés ? Ce sont presque tous des individus issus de la bourgeoisie, et ils sont peu nombreux. Ce sont des héros animés d'un idéal puissant, mais pas des misérables…
- Le peuple de Paris ? Où est-il ?
Les misérables, ils sont plutôt dans l'Assommoir ou Germinal.