Y en a-t-il des exemples ? Si oui, quand utilisait-on cette tournure ?
Le passé surcomposé en latin
16 réponses
passé surcomposé???
qu'est ce que c'est? il n'est pas dans la grammaire il me semble, ou alors a-t-il un autre nom?
qu'est ce que c'est? il n'est pas dans la grammaire il me semble, ou alors a-t-il un autre nom?
Le passé surcomposé est un temps verbal attesté par les grammairiens - il s'agit d'une forme identique (d'un point de vue sémantique et syntaxique) au passé antérieur. "Dès que j'ai eu fini de manger, je suis sorti." (Grammaire expliquée du Français)
Il a un emploi régional en France (plutôt au sud).
Soit le vers de Phèdre : "Persuasus ille fecit quod monitus fuit"
Il a un emploi régional en France (plutôt au sud).
Soit le vers de Phèdre : "Persuasus ille fecit quod monitus fuit"
Je n'ai jamais vu qu'on ait donné un nom au temps de "amatus fui" que l'on rencontre parfois au lieu de "amatus sum" avec le même sens.
Mais le terme de surcomposé ne peut convenir, puisque surcomposé se dit d'un temps composé où l'auxiliaire est lui-même à un temps composé.
Mais le terme de surcomposé ne peut convenir, puisque surcomposé se dit d'un temps composé où l'auxiliaire est lui-même à un temps composé.
OK, Anne345. Par contre, ne ressentez-vous pas du moins une petite différence au niveau de la séquence des temps entre les deux formes ?
Oui, il y a une différence. Voir https://books.google.fr/books?id=WIE37LEdu5oC&pg=PA117
Madame, ne pourriez-vous pas me citer le passage de cet ouvrage-là (ou en faire la synthèse) ? C'est que je n'ai pas les moyens de consulter le livre que vous m'avez indiqué…
Les doubles formes des temps du passé au passif(Prima elementa)
captus sum ----> captus fui
captus eram ----> captus fueram
captus ero ----> captus fuero
captus erim ----> captus fuerim
captus essem ----> captus fuissem
Les formes captus fui (fueram, fuero, fuerim, fuissem)… ont, en principe, une nuance particulière. Mais, surtout à l'époque post-classique, elles ont le même sens que captus sum (eram, ero, erim, essem)…
Templum clausum est.
Le temple est fermé (on l'a fermé, il reste fermé) ---> état présent.
Templum clausum fuit.
Le temple se trouva fermé (il ne l'est plus, il a été rouvert).
De même, les formes de la conjugaison passive - forme suffixée amatur au présent et périphrastique amatus est au parfait - ayant été ressenties comme insuffisamment marquées temporellement, ont fait l'objet d'une régularisation qui se perpétue en français : création de amatus fuit (d'où fr. il fut aimé) pour remplacer amatus est, ce dernier se substituant à amatur (d'où fr. il est aimé). (https://www.enseignement.be/download.php?do_id=2198)Connaissez-vous des passages d'auteurs anciens qui aient parlé de ces formes « suffisamment marquées temporellement » ? C'est pour savoir comment elles ont apparu et ils les percevaient d'un point de vue diachronique…
Comment donc justifier l'existence d'une double forme pour la troisième personne du pluriel au parfait, fuerunt et fuere ?
Comment donc justifier l'existence d'une double forme pour la troisième personne du pluriel au parfait, fuerunt et fuere ?Je me suis toujours contentée pour ma part de l'explication :
A la troisième personne du pluriel de l'indicatif parfait actif, il existe, à côté de la forme en -erunt, une forme seconde en -ere.
Cette forme est employée surtout en poésie plus rarement en prose.
Je n'ai pas demandé de justification. Sans doute, à dix ans manquais-je de curiosité.
gabiana, j'ai du mal à comprendre votre message… Croyez-vous que c'est pédant vouloir comprendre une possible trace de l'aoriste dans la morphologie du parfait latin ?
Pas du tout.
Je te dis en toute simplicité ce que je sais. Et il est vrai que je n'ai pas, pour ma part, cherché plus loin.
Je connaissais l'aoriste en grec et le parfait en latin.
Je n'ai pas vu malice dans ma réponse. Je ne sais pas comment justifier l'emploi de amavere ou de amaverunt . Je n'en sais que ce qu'on m'a dit, et que je t'ai dit.
De même pour ils essaient et ils essayent
Je te dis en toute simplicité ce que je sais. Et il est vrai que je n'ai pas, pour ma part, cherché plus loin.
Je connaissais l'aoriste en grec et le parfait en latin.
Je n'ai pas vu malice dans ma réponse. Je ne sais pas comment justifier l'emploi de amavere ou de amaverunt . Je n'en sais que ce qu'on m'a dit, et que je t'ai dit.
De même pour ils essaient et ils essayent
gabiana, excusez-moi, ce fut un malentendu ! En effet, c'est sûr que la modestie, parce que si rare, se confond aisément avec n'importe quel petit genre d'ironie pétulante 🙂 .
j'aime bien ironie pétulante. 🙂
La forme -ere du parfait, que l'on rencontre surtout en poésie, remonterait à une ancienne désinence -er élargie en -e.
Très différente est la forme -erunt qui, elle, repose sur l'élargissement -is- (présent dans amav-is-se, par exemple), suivi de la désinence -e/ont. Par rhotacisme puis ouverture du i en e devant r (comme dans capere < capi-se), on aboutit à -erunt.
Contrairement à ce qu'on pense parfois, la désinence -ere n'est donc pas une simplification phonétique de -erunt, pour cause de licence poétique, par exemple.
Très différente est la forme -erunt qui, elle, repose sur l'élargissement -is- (présent dans amav-is-se, par exemple), suivi de la désinence -e/ont. Par rhotacisme puis ouverture du i en e devant r (comme dans capere < capi-se), on aboutit à -erunt.
Contrairement à ce qu'on pense parfois, la désinence -ere n'est donc pas une simplification phonétique de -erunt, pour cause de licence poétique, par exemple.
Eh bien merci, Jacques, je l'ignorais.



