Je ne trouve pas l’auteur de ce monologue de Lisette

Littérature

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, on m'a envoyé un texte de théâtre que je dois jouer et il n'y a que le texte avec le personnage qui l’interprète, je sais également que c'est la scène 1 de l'acte premier ; j'aimerais savoir si vous savez de quel livre il s'agit et quel est son auteur.

Je vous demande si vous savez le titre de cette œuvre et son auteur parce que je ne comprends pas ce que veut dire Lisette dans ce monologue, ni qui elle est réellement, sa personnalité et comment vous la voyez ; mis à part que ce soit la servante… Je n'ai pas trouvé, et si vous avez la moindre information sur celle-ci, pourriez-vous me la faire partager ? Merci bien.
Acte I scène 1
LISETTE , seule
Me voilà bien chanceuse ; il n'en faut plus qu'autant.
Le sort est, quand il veut, bien impatientant.
Que les honnêtes gens se mettent à ma place,
Et qu'on me dise un peu ce qu'il faut que je fasse.
Voici tantôt vingt ans que je vivais chez nous ;
Dieu m'a faite pour rire et pour planter des choux.
J'avais pour précepteur le curé du village ;
J'appris ce qu'il savait, même un peu davantage.
Je vivais sur parole, et je trouvais moyen
D'avoir des amoureux sans qu'il m'en coûtat rien.
Non père était fermier; j'étais sa ménagère.
Je courais la maison, toujours brave et légère,
Et j'aurais de grand cœur, pour obliger nos gens,
Mené les vaches paître ou les dindons aux champs.
Un beau jour on m'embarque, on me met dans un coche,
Un paquet sous le bras, dix écus dans ma poche,
On me promet fortune et la fleur des maris,
On m'expédie en poste, et je suis à Paris.
Aussitôt, de paniers largement affublée,
De taffetas vêtue et de poudre aveuglée,
On m'apprend que je suis gouvernante céans.
Gouvernante de quoi? Monsieur n'a pas d'enfants.
Il en fera plus tard. - On meuble une chambrette;
On me dit : Désormais, tu t'appelles Lisette.
J'y consens, et mon rôle est de régner en paix
Sur trois filles de chambre et neuf ou dix laquais.
Jusque-là mon destin ne faisait pas grand' peine.
La maréchale m'aime; au fait, c'est ma marraine.
Sa bru, notre duchesse, a l'air fort innocent.
Mais monseigneur le duc alors était absent;
Où? je ne sais pas trop, à la noce, à la guerre.
Enfin, ces jours derniers, comme on n'y pensait guère,
Il écrit qu'il revient, il arrive, et, ma foi,
Tout juste, en arrivant, tombe amoureux de moi.
Je vous demande un peu quelle étrange folie !Sa femme est sage et douce autant qu'elle est jolie.
Elle l'aime, Dieu sait ! ‘et ce libertin-là
Ne peut pas bonnement s'en tenir à cela;
Il m'écrit des poulets, me conte des fredaines,
Me donne des rubans, des nœuds et des mitaines;
Puis enfin, plus hardi, pas plus tard qu'a présent,
Du brillant que voici veut me faire présent.
‘ Un diamant, à moi! la chose est assez claire.
Hors de l'argent comptant, que diantre en puis-je faire?
Je ne suis pas duchesse, et ne puis le porter.
Ainsi, tout simplement, monsieur veut m'acheter.
Voyons, me fâcherai-je? - Il n'est pas très commode
De les heurter de front, ces tyrans à la mode,
Et la prison est là, pour un oui, pour un non,
Quand sur un talon rouge on glisse à Trianon.
Faut-il être sincère et tout dire à madame?
C'est lui mettre, d'un mot, bien du chagrin dans l'âme,
Troubler une maison, peut-être pour toujours,
Et pour un pur caprice en chasser les amours.
Vaut-il pas mieux agir en personne discrète,
Et garder dans le cœur cette injure secrète?
Oui, c'est le plus prudent. - Ah ! Que j'ai de souci !
Ce brillant est gentil… . Et monseigneur aussi.
Je, vais lui renvoyer sa bague à l'instant même,
Ici, dans ce papier. - Ma foi, tant pis s'il m'aime!

merci par avance,
Cordialement, Camille.
Louison d'Alfred de Musset
Jeffrey, je te remercie !
Bonjour, il s'agit de Louison de Musset

EDIT: grillée…
LOUISON d'Alfred de Musset
Désolée d'arriver quelques minutes trop tard … 🙂
C'est encore moi, veuillez m'excuser…Je vous ai demandé si vous saviez le titre de cette œuvre et son auteur parce que je ne comprenais pas ce que voulait dire Lisette dans ce monologue, ni qui était elle réellement, sa personnalité et comment vous la voyez ; mis à part que ce soit la servante… Je n'ai pas trouvé, et si vous avez la moindre information sur celle-ci, pourriez-vous me la faire partager ? Merci bien.
Je vous ai demandé si vous saviez le titre de cette œuvre et son auteur parce que je ne comprenais pas ce que voulait dire Lisette dans ce monologue,
Ce n'est pas le titre et le nom de l'auteur qui te renseigneront sur ce que le personnage veut dire, mais la lecture attentive de ce monologue.
Oui mais justement j'ai beau relire et je ne comprend pas beaucoup de choses, c'est pour cela que je voulais savoir le titre et le nom de l'auteur pour voir sur internet s'ils expliquaient la personnalité du personnage et ce que ce monologue veut dire mais je ne parviens pas à trouver alors je m'adresse à des personnes qui s'y connaissent mieux que moi…
Tu pourrais déjà nous dire ce que tu as cru comprendre…
Louison est le vrai nom de la jeune fille qui parle.
Elle dit d'où elle vient, ce qu'elle était avant, puis parle de son nouveau travail, de ses maîtres…de son maître en particulier. Et la façon dont elle réagit à ce qui lui arrive, les sentiments qu'elle exprime, tout cela donne déjà une bonne idée de sa personnalité, de son caractère.
Tu ne manques pas d'éléments pour comprendre ce monologue.
L'auteur de la pièce est Alfred de Musset, poète romantique.
Ici, il s'amuse à pasticher Marivaux : il situe l'intrigue de sa pièce au XVIII e siècle, d'où les mentions de la mode féminine de ce temps : paniers, qui font bouffer les jupes, poudre sur les cheveux.
Il reprend le thème de la Double inconstance de Marivaux : la villageoise courtisée par le grand seigneur. Chez Musset, le grand seigneur est marié, et la villageoise est vertueuse.
Cèdera-t-elle à son maitre ?
Bon.
On prend le texte dans l'ordre, et en toute innocence.
C'est le tout début d'une pièce (Acte I, scène 1). Ordinairement, c'est là que l'on informe le spectateur.
Alors, bien sûr, il importe d'avoir une petite idée de ce dont il est question.

LISETTE , seule
Me voilà bien chanceuse ; il n'en faut plus qu'autant.
Le sort est, quand il veut, bien impatientant.
Que les honnêtes gens se mettent à ma place,
Et qu'on me dise un peu ce qu'il faut que je fasse.
Une jeune fille (j'anticipe, mais j'ai lu la tirade) apparemment dans l'embarras. Le motchanceuse, que l'on aurait pu croire positif est apparemment ironique (si on lit le vers suivant .…sort.. impatientant)
Voici tantôt vingt ans que je vivais chez nous ;
Dieu m'a faite pour rire et pour planter des choux.
J'avais pour précepteur le curé du village ;
J'appris ce qu'il savait, même un peu davantage.
Je vivais sur parole, et je trouvais moyen
D'avoir des amoureux sans qu'il m'en coûtat rien.
Non père était fermier; j'étais sa ménagère.
Je courais la maison, toujours brave et légère,
Et j'aurais de grand cœur, pour obliger nos gens,
Mené les vaches paître ou les dindons aux champs.
Une jeune fille, c'est confirmé ; une jeune fille de la campagne. Mais fille d'un fermier aisé.

Un beau jouron m'embarque, on me met dans un coche,
Un paquet sous le bras, dix écus dans ma poche,
On me promet fortune et la fleur des maris,
On m'expédie en poste, et je suis à Paris.

Rupture dans la vie de la jeune campagnarde. La voilà promue citadine. Suit le récit de ses débuts dans la capitale. Un sort plutôt subi que choisi, mais bien accepté.
Aussitôt, de paniers largement affublée,
De taffetas vêtue et de poudre aveuglée,
On m'apprend que je suis gouvernante céans.
Gouvernante de quoi? Monsieur n'a pas d'enfants.
Il en fera plus tard. - On meuble une chambrette;
On me dit : Désormais, tu t'appelles Lisette.
J'y consens, et mon rôle est de régner en paix
Sur trois filles de chambre et neuf ou dix laquais.

Jusque-là mon destin ne faisait pas grand' peine.
La maréchale m'aime; au fait, c'est ma marraine.
Sa bru, notre duchesse, a l'air fort innocent.

Mais monseigneur le duc alors était absent;
Où? je ne sais pas trop, à la noce, à la guerre.
Enfin, ces jours derniers, comme on n'y pensait guère,
Il écrit qu'il revient, il arrive, et, ma foi,
Tout juste, en arrivant, tombe amoureux de moi.

Je vous demande un peu quelle étrange folie !
Sa femme est sage et douce autant qu'elle est jolie.
Elle l'aime, Dieu sait ! ‘et ce libertin-là
Ne peut pas bonnement s'en tenir à cela;
Il m'écrit des poulets, me conte des fredaines,
Me donne des rubans, des nœuds et des mitaines;
Puis enfin, plus hardi, pas plus tard qu'a présent,
Du brillant que voici veut me faire présent.

Les réflexions sur la situation et la conduite à tenir. noter les revirements, les interrogations, les hésitations, face à cet amour dont elle est l'objet.
Un diamant, à moi! la chose est assez claire.
Hors de l'argent comptant, que diantre en puis-je faire?
Je ne suis pas duchesse, et ne puis le porter.
Ainsi, tout simplement, monsieur veut m'acheter.
Voyons, me fâcherai-je? - Il n'est pas très commode
De les heurter de front, ces tyrans à la mode,
Et la prison est là, pour un oui, pour un non,
Quand sur un talon rouge on glisse à Trianon.
Faut-il être sincère et tout dire à madame?
C'est lui mettre, d'un mot, bien du chagrin dans l'âme,
Troubler une maison, peut-être pour toujours,
Et pour un pur caprice en chasser les amours.
Vaut-il pas mieux agir en personne discrète,
Et garder dans le cœur cette injure secrète?
Oui, c'est le plus prudent. - Ah ! Que j'ai de souci !
Ce brillant est gentil… . Et monseigneur aussi.
Je, vais lui renvoyer sa bague à l'instant même,
Ici, dans ce papier. - Ma foi, tant pis s'il m'aime!
Le mot chanceuse, que l'on aurait pu croire positif est apparemment ironique


Oui, Gabiana, c'est surtout une citation de Molière :
Les femmes savantes, acte II, scène 3
Me voilà bien chanceuse ! Hélas l’an dit bien vrai :
Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage,
Et service d’autrui n’est pas un héritage
Musset s'amuse à pasticher les grands anciens.
Oui, Gabiana, c'est surtout une citation de Molière
Merci Delia du renseignement.
Il est vrai que je ne connaissais pas Molière et que Les femmes savantes sont pour moi terres inconnues.
Eh bien au Québec, alors, on cite Molière toute la journée. On est bien chanceux, au propre et au figuré.
Je ne sais dans quelle classe est l'élève qui pose la question.
Elle pose avec insistance une question dans laquelle elle dit qu'elle ne comprend rien à ce que raconte le personnage.
Alors, je me mets à la place de l'élève, et avant de penser aux grands anciens, qui sont les anciens et nous, nous sommes les gens de maintenant, j'entreprends de lui faire déchiffrer ce qui est écrit.
Cela me semble la première démarche à faire.
Après, on discute, après on commente, après, on extrapole sur le tempérament coquin de Musset qui s'amuse.
Qu'est-ce que le Québec vient faire dans la discussion ?

C'est bien parce que je me mets à la place de l'élève que je situe le contexte de la pièce (époque de rédaction, époque de l'action) et que je signale que telle tournure énigmatique est une citation.
Qu'est-ce que le Québec vient faire dans la discussion ?
Au Québec, on dit plus volontiers qu'en France : J'suis ben chanceux.
Voilà ce que le Québec vient faire dans la discussion. C'était une parenthèse pour dire que la tournure n'a rien d'énigmatique.

Le texte, on l'a situé, l'auteur, on l'a nommé, trois fois même.
Ce n'est pas pour autant que le texte semble avoir été bien compris.
C'est donc tout de même ce qui semble poser problème, non ?
Alors, je me pose en ignorante devant un texte que l'on me propose, ce que je suis d'ailleurs.
J'essaie d'en saisir le sens, mot après mot, ligne après ligne.
Je n'ai même pas besoin de situer le passage, c'est un début de pièce.
L'élève a besoin de comprendre pour dire, pour jouer, a-t-il été dit, ce monologue.
Je ne vois pas en quoi le fait de signaler que l'on a une citation de Molière, et que l'ensemble est une parodie de Marivaux, c'est se mettre à la place de l'élève. C'est un bon travail de professeur, de professeur qui sait.
Alors ma façon de faire peut paraître plus simplette, mais je la défends.
Il serait bon de savoir si le monologue est maintenant bien compris et prêt à être appris.