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VOICI UN TEXTE DE PIERRE LOTI,UN ROMAN AUTOBIOGRAPHIQUE
SI VOUS POUVEZ M AIDER A TROUVER DES AXES CAR JE COMPREND PAS TRÈS BIEN LE TEXTE …MERCI
VOICI UN TEXTE DE PIERRE LOTI,UN ROMAN AUTOBIOGRAPHIQUE
SI VOUS POUVEZ M AIDER A TROUVER DES AXES CAR JE COMPREND PAS TRÈS BIEN LE TEXTE …MERCI
ce même printemps-là, il y eut un retour du
père de la petite Jeanne qui me frappa beaucoup.
Depuis quelques jours, sa maison était sens dessus
dessous, dans les préparatifs et la joie de cette
arrivée prochaine. Et, la frégate qu' il commandait
étant rentrée dans le port un peu plus tôt qu' on
n' avait supposé, je le vis de ma fenêtre un beau soir,
qui revenait chez lui, seul, se hâtant dans la rue
pour surprendre son monde… il arrivait de je ne
sais quelle colonie éloignée après deux ou trois ans
d' absence, et il me parut qu' il n' avait pas changé
d' aspect… on rentrait donc au foyer tout de même !
Elles finissaient donc, ces années d' exil, qui
aujourd' hui du reste me faisaient déjà l' effet d' être
moins longues qu' autrefois ! … mon frère lui aussi,
à l' automne prochain, allait nous revenir ; ce
serait bientôt comme s' il ne nous avait jamais
quittés.
Et quelle joie, sans doute, que ces retours ! Et
quel prestige environnait ceux qui arrivaient de si
loin !
Le lendemain, chez Jeanne, dans sa cour, je
regardais déballer d' énormes caisses en bois des pays
étrangers ; quelques-unes étaient recouvertes de toiles
goudronnées, débris de voiles sans doute, qui
sentaient la bonne odeur des navires et de la mer ;
deux matelots à large col bleu s' empressaient à
déclouer, à découdre ; et ils retiraient de là-dedans
des objets d' apparence inconnue qui avaient des
senteurs de " colonies " ; des nattes, des
gargoulettes, des potiches ; même des cocos et d' autres
fruits de là-bas…
le vieux grand-père de Jeanne, ancien marin lui
aussi, était à côté de moi, surveillant du coin de
l' oeil ce déballage, et tout à coup, d' entre des
planches que l' on séparait à coups de masse, nous
vîmes s' échapper de vilaines petites bêtes brunes,
empressées, sur lesquelles les deux matelots
sautèrent à pieds joints pour les tuer :
-des cancrelats, n' est-ce pas, commandant ?
Demandai-je au grand-père.
-comment ! Tu connais ça, toi, petit terrien ?
Me répondit-il en riant.
à vrai dire, je n' en avais jamais vu ; mais des
oncles à moi, qui avaient habité dans leur
compagnie, m' en avaient beaucoup parlé. Et j' étais ravi
de faire une première connaissance avec ces bêtes,
qui sont spéciales aux pays chauds et aux navires…



