Bonjour,
J'aurais besoin d'un peu d'aide pour mon corpus.. J'ai quatre textes :
- texteI"Je n'ai plus que les os" - Pierre Ronsard
- texteII " Coquetterie posthume" - Théophile Gautier
- Texte III "Ce que c'est que la mort" Les contemplations Victor Hugo
- Texte VI "Je crains pas ça tellement…" Raymond Queneau
Question sur le corpus : "De quelle façon le je poétique evoque-t-il sa propre mort"?
J'ai trouvé pour l'instant que le deuxième axe qui est : Vision de la mort de façon diferente
Est ce que quelqu'un pourrais m'aider a trouver le premier axe?
Un grand merci pour ceux qui m'aiderons (c'est mon deuxième corpus je ne suis pas encore très habile)
Pourquoi l'axe que tu as trouvé serait-il le deuxième ?
Parce qu'il me semblait plus complexe. Mais maintenant je crois que j'ai trouvé mês deux axes!
I/ acceptation de la mort
II/ Vision de la mort diferentes
est ce que mes axes sont ils bons?
Dans un plan, on distingue l'axe des abscisses et celui des ordonnées.
Blague à part.
Lisons les textes.
Pierre de RONSARD (1524-1585)
Je n'ay plus que les os, un Squelette je semble,
Decharné, denervé, demusclé, depoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
Apollon et son fils deux grans maistres ensemble,
Ne me sçauroient guerir, leur mestier m'a trompé,
Adieu plaisant soleil, mon oeil est estoupé,
Mon corps s'en va descendre où tout se desassemble.
Quel amy me voyant en ce point despouillé
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lict et me baisant la face,
En essuiant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu chers compaignons, adieu mes chers amis,
Je m'en vay le premier vous préparer la place.
Théophile GAUTIER (1811-1872)
Coquetterie posthume
Quand je mourrai, que l'on me mette,
Avant de clouer mon cercueil,
Un peu de rouge à la pommette,
Un peu de noir au bord de l'oeil.
Car je veux dans ma bière close,
Comme le soir de son aveu,
Rester éternellement rose
Avec du kh'ol sous mon oeil bleu.
Pas de suaire en toile fine,
Mais drapez-moi dans les plis blancs
De ma robe de mousseline,
De ma robe à treize volants.
C'est ma parure préférée ;
Je la portais quand je lui plus.
Son premier regard l'a sacrée,
Et depuis je ne la mis plus.
Posez-moi, sans jaune immortelle,
Sans coussin de larmes brodé,
Sur mon oreiller de dentelle
De ma chevelure inondé.
Cet oreiller, dans les nuits folles,
A vu dormir nos fronts unis,
Et sous le drap noir des gondoles
Compté nos baisers infinis.
Entre mes mains de cire pâle,
Que la prière réunit,
Tournez ce chapelet d'opale,
Par le pape à Rome bénit :
Je l'égrènerai dans la couche
D'où nul encor ne s'est levé ;
Sa bouche en a dit sur ma bouche
Chaque Pater et chaque Ave.
Victor HUGO (1802-1885)
Ce que c'est que la mort
Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
On est l'homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;
On tâche d'oublier le bas, la fin, l'écueil,
La sombre égalité du mal et du cercueil ;
Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
Car tous les hommes sont les fils du même père ;
Ils sont la même larme et sortent du même oeil.
On vit, usant ses jours à se remplir d'orgueil ;
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la tombe.
Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,
Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;
Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini
Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni,
Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchante
L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.
On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent
Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant,
Tout notre être frémit de la défaite étrange
Du monstre qui devient dans la lumière un ange.
Queneau
Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailles
et la mort de mon nez et celle de mes os
Je crains pas ça tellment moi cette moustiquaille
qu’on baptisa Raymond d’un père dit Queneau
Je crains pas ça tellment où va la bouquinaille
les quais les cabinets la poussière et l’ennui
Je crains pas ça tellment moi qui tant écrivaille
et distille la mort en quelques poésies
Je crains pas ça tellment La nuit se coule douce
entre les bords teigneux des paupières des morts
Elle est douce la nuit caresse d’une rousse
le miel des méridiens des pôles sud et nord
Je crains pas cette nuit Je crains pas le sommeil
absolu Ça doit être aussi lourd que le plomb
aussi sec que la lave aussi noir que le ciel
aussi sourd qu’un mendiant bêlant au coin d’un pont
Je crains bien le malheur le deuil et la souffrance
et l’angoisse et la guigne et l’excès de l’absence
Je crains l’abîme obèse où gît la maladie
et le temps et l’espace et les torts de l’esprit
Mais je crains pas tellment ce lugubre imbécile
qui viendra me cueillir au bout de son curdent
lorsque vaincu j’aurai d’un œil vague et placide
cédé tout mon courage aux rongeurs du présent
Un jour je chanterai Ulysse ou bien Achille
Énée ou bien Didon Quichotte ou bien Pansa
Un jour je chanterai le bonheur des tranquilles
les plaisirs de la pêche ou la paix des villas
Aujourd’hui bien lassé par l’heure qui s’enroule
tournant comme un bourrin tout autour du cadran
permettez mille excuz à ce crâne — une boule —
de susurrer plaintif la chanson du néant
De quelle façon le je poétique évoque-t-il sa propre mort ?
Suggestion
-L'aspect physique de la mort selon les poèmes..
Place importante chez Ronsard. Réalisme et appel à la pitié.
Le souci de l'apparence chez Gautier.
Petite place occupée par l'évocation du physique chez Hugo, mais suffisant pour susciter la terreur.
L'indifférence de Queneau.
-L'aspect philosophique et religieux de la mort dans chacun des poèmes.
Je trouve que chaque poète décris comment sera sa mort d'une vision extérieure mais tout en restant personnelle, est ce que j'ai raison?
Qu'est-ce que cela veut dire, décrire sa mort "d'une vision extérieure" ?
Comment décrirait-on sa mort "d'une vision intérieure", alors ?
Tout cela ne veut pas dire grand-chose.
Tu ferais mieux de relire les suggestions de Gabiana.
-L'aspect philosophique et religieux de la mort dans chacun des poèmes. Que voullez vous dire par l'aspect philosophique et religieux? Ils n'evoquent par beaucoup la religion selon moi.
Oui en effet ma proposition était contradictoire!
Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini
Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni,
Rien de religieux dans le poème de Hugo ?
Entre mes mains de cire pâle,
Que la prière réunit,
Tournez ce chapelet d'opale,
Par le pape à Rome bénit :
Je l'égrènerai dans la couche
D'où nul encor ne s'est levé ;
Sa bouche en a dit sur ma bouche
Chaque Pater et chaque Ave
Rien de religieux dans celui de Gautier ?
Et même s'il n'y a pas toujours de religion dans les poèmes, il y a de toute façon l'attitude philosophique face à la mort… Comment le poète conçoit "l'après"…
La religion n'est pas forcément évoquée de façon explicite.
Mais Ronsard par exemple va préparer la place à ses amis. Il semble donc croire en un au-delà dans lequel ils se retrouveront. La morte de Théophile Gaitier a la position des gisants dans les églises.
Le texte de Hugo a, à mon sens, une forte connotation religieuse.
Celui de Queneau laisse entrevoir une position philosophique différente.
Ah oui d'accord je n'avais pas vus les sous entendus! Un grand merci!