Bonjour 🙂 J'ai terminé l'introduction de la question philosophique suivante: Eduquer l'individu, est-ce porter atteinte à sa liberté?
J'ai commencé mon développement et trouvé des arguments disant que cela ne contraint pas sa liberté, en revanche pour l'inverse non.
Pourriez-vous m'éclairer à ce sujet? Merci d'avance 🙂
Tout dépend de ce que tu appelles la liberté.
Si la liberté consiste à faire ce que l'on veut, alors éduquer c'est contraindre cette forme de liberté.
Mais si la liberté c'est vouloir ce que l'on fait, alors éduquer c'est éduquer d'abord la volonté et la liberté.
Bonjour bonjour, j'ai (re)fait mon introduction pour un exercice de philosophie dont le sujet était:
Eduquer l'individu, est-ce porter atteinte à sa liberté ?
J'aimerais savoir si j'ai bien cerné le sujet dans un premier temps et dans un second temps avoir quelques conseils pour développer mes parties. (En effet dans le première et deuxième partie, je n'ai que deux arguments.. et aucun pour la troisième) Merci d'avance 🙂
"Selon la doxa, l'éducation est une contrainte puisqu'en effet, si nous considérons la liberté comme le fait de pouvoir faire tout ce que nous voulons sans contrainte extérieure ou intérieure, alors l'éducation pourrait être considérée comme un obstacle à certains de ces désirs.
On peut par ailleurs se demander ce qu'est vraiment l'éducation. En effet, elle peut être définie comme un enseignement nous rendant plus humains dans le sens où elle nous permettrait d'être plus autonome et indépendant. Mais n'est-ce pas là la définition même du mot liberté ? Non pas de faire ce que nous dictent nos moindres désirs mais d'agir par nous-même et pour nous-même, autrement dit d'être autonome et indépendant en ce qui concerne nos actes. Finalement, cette éducation qui nous est enseignée ne serait-elle pas également un moyen de nous transmettre et de nous faire inculquer des valeurs, telles que celles d'une société, voire de nous transmettre des croyances telles que les croyances religieuses par exemple ?
Un problème peut par conséquent être soulevé face à une telle question.
En effet, l'éducation ne peut-elle pas être assimilée comme un moyen de porter atteinte à la liberté individuelle en inculquant des valeurs ou des croyances à l'individu ou au contraire, le principe même d'éducation n'est-il pas de rendre les humains plus libres ?
Dans un premier temps, nous verrons donc que l'éducation est un principe de contrainte:
-car nous fait inculquer des valeurs ou des croyances que nous n'avons pas choisi de façon autonome et
en ce sens, cela entraîne une restriction de notre liberté
-relation dominant dominé, maître élève, idée que le dominé ne choisit pas
D'un autre côté cette apparente contrainte de l'éducation permet à l'homme de se construire:
-nous apprend à contrôler des désirs
-nous apprend à mieux percevoir le monde, notre place et notre rôle dans ce dernier, en ce sens nous serions finalement plus libres
Enfin, dans une troisième partie, nous verrons que l'éducation est en réalité plus qu'un moyen de se construire mais une condition nécessaire à sa liberté:
(pour cette partie je n'ai encore trouvé aucun argument.. juste des références)
enfant sauvage= pas homme car spécificités humaines telles que le langage n'ont pas été développées par l'éducation, l'éducation ne porte donc pas atteinte à l'homme mais est est au contraire une condition nécessaire pour développer son humanité
Kant « je dois habituer mon élève à tolérer une contrainte pesant sur la liberté, et en même temps, je dois le conduire à faire lui-même un bon usage de sa liberté », pour Kant : l'Homme est donc le seul animal ayant besoin d'une éducation
L'éducation dépasse l'enseignement, elle est aussi apprendre à être et à vivre.
Une éducation qui se bornerait à imposer est vouée à l'échec.
Elle doit rechercher la collaboration de l'apprenant, le conduire à l'autonomie.
Une véritable éducation doit permettre de donner un sens à notre vie.
Il faudrait développer la vertu de l'exemple.
Merci de m'avoir répondu à nouveau 🙂 Oui, c'est l'idée que je pensais développer dans une deuxième partie.
La vertu de l'exemple? C'est à dire? Et dernière petite question: que pensez-vous de ma problématique?
La vertu de l'exemple, c'est peut-être la seule véritable forme d'éducation qui respecte la liberté.
Il s'agit d'être en cohérence avec les valeurs qu'on veut vivre. Il n'est plus nécessaire de parler ou d'enseigner, simplement de vivre en vérité, en conformité avec ce en quoi l'on croit. Ces personnes pleinement en accord avec un idéal humain qu'elles incarnent dans leur simplicité inspirent le respect et donnent envie d'être imitées. Ceux qui les regardent vivre cherchent leur secret et peuvent avoir envie de les suivre…
Je pense à ces couples toujours aimant malgré les vicissitudes de la vie, à ceux qui donnent de leur temps dans des aides bénévoles, qui se dévouent anonymement pour de nobles causes…
Il ne s'agit plus de faire ce que je dis mais de faire ce que je fais…
Bien sûr, ce témoignage implicite a ses limites. Mais il reste irremplaçable…
Quant à la question sur la problématique que je découvre après coup, je répondrais que c'est juste un équivalent de la question initiale. Cette formulation peut convenir. Il serait peut-être plus habile de pointer un des enjeux possibles : Peut-on éduquer véritablement sans former la liberté ?
Merci de cette nouvelle réponse, mais j'ai peur que le fait de parler de la vertu d'exemple m'écarte du sujet..
finalement, voici la réflexion achevée, qu'en pensez-vous?
Selon la doxa, l'éducation est une contrainte puisqu'en effet, si nous considérons la liberté comme le fait de pouvoir faire tout ce que nous voulons sans contrainte extérieure ou intérieure, alors l'éducation pourrait être considérée comme un obstacle à certains de ces désirs.
On peut par ailleurs se demander ce qu'est vraiment l'éducation. Le fait d'éduquer un individu est tout d'abord à différencier au fait de l'instruire. En effet, éduquer un enfant, c'est lui inculquer des valeurs civiques et éthiques, afin qu'il se comporte aussi dignement que possible dans son milieu familial et dans la société alors que l'instruire, c'est lui transmettre des connaissances en vue de contribuer à sa culture générale, puis de le préparer à entrer dans le monde professionnel et ce qu'on appelle communément la «vie active».
Si l'on suit cette logique, l'éducation peut donc être définie comme un enseignement nous rendant plus humains dans le sens où elle nous permettrait d'être plus autonome et indépendant dans nos actes. Mais n'est-ce pas là la définition même du mot liberté ? Non pas de faire ce que nous dictent nos moindres désirs mais d'agir par nous-même et pour nous-même, autrement dit d'être autonome et indépendant en ce qui concerne nos actes et nos décisions. Finalement, cette éducation qui nous est enseignée ne serait-elle pas également un moyen de nous transmettre et de nous faire inculquer des valeurs, telles que celles d'une société, voire de nous transmettre des croyances telles que les croyances religieuses par exemple ?
Un problème peut par conséquent être soulevé face à une telle réflexion.
En effet, l'éducation ne peut-elle pas être assimilée comme un moyen de porter atteinte à la liberté individuelle en inculquant des valeurs ou des croyances à l'individu ou au contraire, le principe même d'éducation n'est-il pas de rendre les humains plus libres ? Peut-on éduquer véritablement sans former la liberté ?
Dans un premier temps, nous verrons donc que l'éducation restreint et contraint la liberté de l'individu.
En effet, si l'on s'intéresse à la conception même de l'éducation, comme nous l'avons expliqué précédemment,
l’éducation est un ensemble de règles que l’on soumet à un individu afin de le modeler pour qu'il soit conforme à une norme sociale par exemple ou à ce que l'on attend d'un individu. On peut donc remarquer que le but premier de l'éducation est de faire inculquer des valeurs morales, éthiques pour lui apprendre à bien se comporter ou des croyances, telles que religieuses, afin de lui faire intégrer les valeurs d'une foi.
Mais ce fait de nous faire inculquer des valeurs est bien souvent réalisé sans notre volonté. En effet modeler un individu c’est restreindre son champ de liberté afin qu’il rentre dans un canevas souhaité par celui qui exerce sur lui l’éducation. La soumission à ces règles conduit inévitablement à une opposition à la liberté. Par l’éducation l’homme est contraint à faire fi de sa liberté pour obéir aux règles dictées par l’éducation. Par exemple, un enfant qui débute pour la première fois l’école est contraint à abandonner sa liberté de jeux ou de distraction afin de faire ses devoirs et surtout captiver son esprit sur ce qu’il avait appris afin de ne pas oublier. Nous n'avons pas choisi d'intégrer toutes ces valeurs, des personnes extérieures qu'elles nous soient proches telles que nos parents ou non, nous les ont enseignées. En ce sens, puisque nous ne les avons pas choisi de façon autonome et non en toute connaissances de cause, nous pouvons dire que cela porte atteinte à notre liberté, puisqu'en effet, nous ne choisissons pas librement quelles valeurs nous sont inculquées, mais la société ou nos parents le font pour nous. Cette relation de dominant, dominé nous révèle donc bien le fait que le dominé ne choisi pas et est en quelque sorte soumis à l'autorité du dominant qui lui enseigne ces valeurs. Autrement dit, liberté de l'individu par le système de l'éducation ne serait pas seulement restreinte mais aussi contrainte par quelqu'un.
Aussi est-il que l’éducation conduit à un endoctrinement empêchant l’homme de s’épanouir. En effet par les règles dictées par l’éducation, l’on est soucieux de savoir si l'on est toujours dans les normes, s’il est toujours en conformité avec ce que l’éducation lui a enseigné. Il est déterminé par les consignes laissées par l’éducation. Par exemple, il faut toujours être galant devant les femmes, il faut toujours saluer en premier les personnes les plus âgées, il faut toujours se laver les mains avant de se mettre à table, il faut toujours se brosser les dents après chaque repas etc. Et lorsque ses règles de sont pas respectées, l’on se retrouve dans un état de remord, d’angoisse qui nous empêche d’être libre.
Enfin, En effet par le respect strict des règles dictées par l’éducation l’on est limité par notre volonté d’agir car on se contente d’appliquer sans réfléchir ce qu’il nous a été enseigné.
(…)
Mais ces valeurs enseignées par la société sont-elles forcément mauvaises, éduquer l'individu ne lui permet-il pas en un sens de mieux percevoir le monde, la place et le rôle qu'il occupe dans ce dernier, lui permettant ainsi de gagner en liberté ?
En effet, étymologiquement, l’éducation vient du latin « ex-ducere » qui signifie guider, conduire, orienter. L’éducation, par définition, c’est l’action de développer un ensemble de connaissances et de valeurs morales, physiques, intellectuelles, scientifiques, considérées comme essentielles pour atteindre un niveau de culture souhaitée.d'un autre côté cette apparente contrainte de l'éducation n'est pas un obstacle à ma liberté mais au contraire un moyen de savoir qui l'on est vraiment. En effet, l'éducation dépasse le simple enseignement, elle est aussi un moyen d'apprendre à être et à vivre. Enseigner des valeurs permet donc d'apprendre à l'individu le respect que l'on doit manifester aux autres, que ce soit dans le cadre familial, dans le milieu scolaire, ou dans l'environnement social. Les formules de politesse et de courtoisie permettent par exemple d'exprimer ce respect dû à autrui, et qui participent en fait à ce que l'on appelle le «civisme». Pour ce qui est des valeurs éthiques que l'on doit éveiller chez les enfants, il s'agit naturellement des qualités qui font la dignité de l'être humain, telles la patience, la tolérance, l'humilité, la générosité, le courage, la bienveillance, la non-violence, etc..
Mais éveiller ces qualités très tôt chez l'individu ne profite pas uniquement aux autres ; il contribue également à faire de l'enfant une personnalité évoluée, au sens spiritualiste de ce terme. À ces valeurs civiques et éthiques, il convient d'ajouter que les enfants ont besoin de repères, ce qui suppose de ne pas les laisser agir comme ils l'entendent. Penser qu'ils sont capables par eux-mêmes de faire la part entre ce qui est bien et ce qui est mal dans le comportement humain est à la fois illusoire et démagogique. Il revient donc aux parents et aux éducateurs en général de poser des interdits et des obligations, étant entendu qu'il faut expliquer aux enfants pourquoi il leur est demandé de faire ou de ne pas faire telle ou telle chose.
De plus, une éducation qui se bornerait à imposer est vouée à l'échec. L'éducation doit également passer par un travail fait par soi-même, on peut nous inculquer des valeurs au cours de notre enfance, certes mais plus tard, certaines valeurs pour lesquelles nous décidons d'opter sont choisies par nous-même et personne d'autre.
Elle doit rechercher la collaboration de l'apprenant, le conduire à l'autonomie et à être capable de faire des choix par lui—même, d'apprendre à contrôler ses désirs également. C'est également l'idée qu'a proposé Kant dans cette citation « je dois habituer mon élève à tolérer une contrainte pesant sur la liberté, et en même temps, je dois le conduire à faire lui-même un bon usage de sa liberté », Selon Kant, l'éducation de l'individu est donc une condition de sa liberté, l'Homme étant le seul animal à avoir besoin d'une éducation. De plus, le but de l'éducation n'est pas d'éliminer tout ce qui serait jugé comme difficile mais au contraire de le rendre accessible. Eduquer l'individu lui permet d'apprendre à travailler, à s'occuper seul.
L'éducation me permet également de connaître mes faiblesses pour mieux maîtriser mes désirs. En effet, attteindre une véritable forme de liberté passe avant tout par un apprentissage de l'autonomie que nous permet justement l'éducation.En effet un absence de contrôle de notre liberté nous conduirait à finalement à une soumission face à nos désirs, ce qui entrainerait une perte de notre liberté. Il ne se contrôle plus, il laisse dominer ses pulsions et ses désirs malsains. Or pour vivre en société, il faut contrôler ses libertés pour le bien être et l’épanouissement de tous.
Mais l'éducation n'est-elle juste qu'un moyen de me construire, n'est-elle pas une condition même de ma liberté ?
C'est ce que nous verrons dans cette troisième partie, soit, que l'éducation est en réalité plus qu'un moyen de se construire, mais une condition nécessaire à sa liberté. En effet, une véritable éducation doit permettre de donner un sens à notre vie. En effet, être éduqué nous permet en un sens d' apprendre à mieux nous connaître comme nous l'avons dit précédemment.
L'éducation ne nous porte donc pas atteinte et nous serait au contraire indispensable, comme nous le prouve l'exemple de l'enfant sauvage, un roman de tiré d'une histoire vraie. En effet, sans éducation, on ne peut pas accomplir son humanité, ni même vivre en société. L'enfant ne fait en effet pas preuve d'humanité puisqu'il n'a pas été élevé comme tel, les spécificités humaines telles que le langage n'ont pas été développées par l'éducation. Le langage pourrait en effet être considéré comme
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Bien évidemment, on ne peut que le déplorer, car une société sans éducation porte en elle les germes de la décadence, ce qui fit dire à Platon, à l'aube du déclin de la civilisation grecque : «Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie». C'est l'éducation qui nous permet de vivre les uns avec les autres. Sans éducation, chacun ferait ce que bon lui semble. Or nos intérêts sont souvent contradictoires, et nous ne pourrions donc pas vivre ensemble.. Mais pourtant la vie en société est nécessaire au développement de l'individu et à l'accomplissement de son humanité, comme nous l'avons vu précédemment avec l'exemple de l'enfant sauvage.
Nous pouvons finalement remarquer qu'il existe une forme d'éducation qui respecte la liberté et par conséquent ne lui porte pas atteinte. Il s'agit de ce que j'appellerai « la vertu de l'exemple », Il s'agit en fait d'être en cohérence avec les valeurs qu'on veut vivre. Il n'est plus nécessaire de parler ou d'enseigner, mais simplement de vivre en vérité, en conformité avec ce en quoi l'on croit. D'ailleurs, ces personnes pleinement en accord avec un idéal humain qu'elles incarnent dans leur simplicité inspirent le respect et donnent envie d'être imitées. On peut bien sûr penser aux bénévoles qui se dévouent anonymement pour de nobles causes.