Où trouver de "bonnes" copies d’ENS ?
26 réponses · Page 1 / 2
Bonjour, je suis un élève de khâgne classique et suis à la recherche de bonnes copies, très particulièrement en lettres, matière dont les exigences me sont difficilement compréhensibles. Je n'ai rien trouvé sur internet (si ce n'est une copie d'histoire), et je n'ai pas de normaliens dans mon entourage… Je m'en remets donc à vous, en espérant que ce sujet soit autorisé.
Merci.
Bonjour,
Je ne pense pas que beaucoup de candidats demandent à récupérer leurs copies (pour ma part je ne l'ai pas fait) et j'imagine qu'elles sont détruites au bout d'un certain délai.
Tu peux en revanche - mais tu connais peut-être - consulter les rapports de jury qui proposent une analyse et une correction des sujets en reprenant parfois des éléments des meilleures copies. Tu peux trouver ces rapports ici:
https://www.ens-lyon.fr/admissions/archives-du-concours-d-entree-10275.kjsp?RH=CONC_ARCHEn khâgne classique, il existe aussi des rapports de jury sur le site de l'ENS Ulm (bien que la majorité des matières soient désormais communes aux deux ENS).
Titania : à titre d'anecdote, les copies ne semblent pas (toutes) être détruites, puisque je suis tombé par hasard la semaine dernière sur ma copie de philo du concours (il y a 4 ans!) dans une salle de l'ENS, dans une armoire non fermée à clef… Il y avait toutes les copies de philo de cette année-là. #amateurisme.
J'avais personnellement demandé mes copies de concours, mais le français a été ma pire note, donc ça ne t'apportera rien 😉. Je ne suis pas sûr que tu arrives à tes fins, mais bonne chance!
HugoO, j'ai aussi trouvé des copies dans une annexe de Ulm (au 46)…
Je n'ai pas demandé mes copies (parce qu'à raison de six copies fois le nombre d'années, eh bien c'est moi qui aurais besoin d'une armoire) et d'ailleurs, je n'ai pas brillé non plus en lettres.
J'ai mes prestations de la session passée en moderne, mais je n'aurai pas mieux qu'un 16 en français à te proposer pour les épreuves qui t'intéressent ; pas mal de gens ont tendance à demander leurs copies les plus réussies. Mais je ne suis pas sûr que ce soit si significatif, à cause du concept même du concours. Une excellente note sanctionne sans doute une certaine conformité avec les attentes du jury, mais la copie dont elle est issue n'a pas pour autant valeur d'exemple.
J'ai une copie de philo, mais je doute que ça t'aide beaucoup (programme différent et en philo on sait ce qu'il y a à faire). Je suis assez d'accord sur la dissert de français, c'était le plus dur avec le latin.
J'étais à un point de la note maximale en français il y a deux ans, et j'hésiterais presque à te l'envoyer. Non seulement les fautes d'orthographes et de syntaxe (disons que j'étais fatigué et stressé 😀 ) ne sont pas rares, mais le propos est assez simpliste. Et pourtant le tout est redoutablement efficace : la "composition française" se préoccupe, plus que les autres matières, de la forme et non du fond. Son fonctionnement peut relever d'un certain mysticisme intellectuel souvent véhiculé et entretenu par ceux qui l'enseignent. En réalité l'argumentation suit un schéma très pragmatique : après avoir énoncé en introduction la "tension" provoquée par la citation du sujet qui constitue l'axe de la problématique, la première partie doit illustrer puis valider la thèse défendue par l'auteur de cette même citation, la seconde doit opérer le retournement de cette thèse ou bien aller dans son sens en l'enrichissant de connaissances critiques. Enfin la troisième constitue une rupture, c'est-à-dire que le candidat doit traiter la citation dans sa porté dite "méta littéraire" en l'adaptant aux grandes thématiques de la critique littéraire ( littérature et réel par exemple,).
Alors là tout le monde comprend en quoi consiste la première et la dernière partie, mais la deuxième? En quoi est-elle différente de la troisième? C'est toute la difficulté mais souvent le sujet est d'un précieux secours.
Ce qu'il faut absolument éviter, c'est de séparer les termes du sujet pour en faire les grandes parties de ton plan. La citation fonctionne comme un tout organique, elle défend une idée bien précise à propos d'un thème littéraire en le mettant en tension. La thèse, le propos (ou plutôt la thèse proposée car tu n'es pas obligée d'adhérer à la pensée de l'auteur, du moins dans les deux dernières parties) est toujours sous tendue par le sens des mots ainsi que leur disposition au sein de la citation. D'où l'intérêt dans ton introduction d'analyser en quelques mots la syntaxe de la phrase et les éventuelle tournures stylistiques. Pour ce faire, il te faudra lire, lire et relire le libellé jusqu'à ce que tu te dises dans la tête : "ok.j'ai compris où tu voulais en venir coco, ton problème je te le règle tout de suite"
Ensuite tu lui règles son problème à coup de citations programme/hors programme (+ critiques surtout en 2e et 3e partie)
Mais quand on connait l'auteur de la citation et même le bouquin duquel elle est tirée, alors là c'est le jackpot : c'est ce qu'il m'est arrivé il y a deux ans, et m'a permis d’accéder à une telle note. D'où la nécessité absolue de connaître une masse de critiques relativement importante. Mon sujet portait sur le roman, aussi avais-je travaillé une demie-journée sur Bakhtine en cours, et pouf un mois plus tard il tombe au concours. Compte-tenu des oeuvres aux programme ainsi que de leur articulation thématique, il était vraiment regrettable de ne pas avoir entendu parler des théories de Bakhtine. Je dis "avoir entendu parler" parce que ç'est suffisant!
Pour finir REGARDE les rapports post-2010, tu verras que les citations de sujet sont toutes archi-connues et parfois douteusement choisies. Le jury a rarement cherché à surprendre ces dernières années.
Zwizwi a raison de dire qu'il n'y a pas de copie type. Mais les voies dudit jury ne sont pas impénétrables. Après avoir relu ma copie et appréhendé son attente, je peux confirmer que celle-ci est très loin d'être extraordinaire et que ma note, je l'ai méritée.
Un plan qui marche est : I. La thèse de l'auteur ; II. Mais cette thèse ne vaut que pour une époque / un genre / un courant, et ne rend pas compte de l'ensemble de la littérature ; III. Mise en place d'une théorie dans la continuité de l'auteur, mais qui rend raison / donne une place à l'ensemble de la littérature (il y a des "trucs" pour la mise en place du III., c'est souvent, comme disait Pepheuga, l'introduction de grandes notions… "Le lecteur" est bien souvent le zorro de la dissert').
Ce n'est pas forcément faux qu'à l'usage on se retrouve à faire des plans articulés toujours un peu pareil, mais ça me semble extrêmement dangereux de les exposer de cette façon. Mal compris, cela pourrait ressembler à des plans tout fait, à appliquer au prochain sujet.
Il ne faudrait pas que cela induise des braves gens à croire qu'il y a une recette pour faire le plan : ne vous inquiétez pas, il faut bien toujours précisément analyser le sujet, sans quoi vous aurez du mal à en défendre la thèse !
Bonjour, je suis un élève de khâgne classique et suis à la recherche de bonnes copies, très particulièrement en lettres, matière dont les exigences me sont difficilement compréhensibles.
Bonjour Merei,
Je ne voudrais pas te décourager, mais je ne crois pas que le fait de lire de très bonnes copies puisse beaucoup t'aider.
Il faut se résoudre au fait que certains sont naturellement doués pour l'écriture, l'analyse et le traitement d'un sujet, que ce sont non seulement des puits de science, mais qu'ils savent ouvrir le bon tiroir au bon moment.
J'avais en khâgne une amie de ce style, deux ans d'avance, elle avait tout lu. Je lui ai demandé un jour une de ses copies, comme on demande une recette. J'ai été éblouie, mais nulle j'étais et nulle suis restée. 😉
Je comprends bien ton expérience gabiana mais je pense vraiment que ça dépend des gens et des copies. Perso quand j'étais en khâgne, j'étais très friande de lire des copies de camarades, et ça m'a beaucoup aidée. Même si chacun a son syle et ses capacités, je pense quand même que ça permet de donner des idées. ça permet aussi de se rendre compte de la nécessité de certaines choses: l'avantage d'une écriture très lisible, d'un plan qui est très explicite et qui se suit facilement…
As-tu essayé de demander à certains de tes camarades de te prêter leurs copies ?
Perso ma plus mauvaise note était en lettres justement, et je n'ai pas demandé la copie de cette matière.
As-tu essayé de demander à certains de tes camarades de te prêter leurs copies ?
Eh bien oui, c'est ce que j'ai écrit, il me semble.
Pas souvent je le reconnais, mais justement en français.
Laoshi a écrit :
…
J'avais en khâgne une amie de ce style, deux ans d'avance, elle avait tout lu. Je lui ai demandé un jour une de ses copies, comme on demande une recette. J'ai été éblouie, mais nulle j'étais et nulle suis restée. 😉
Eh bien honnêtement, j'aimerais bien être aussi nul que toi!
gabiana, je m'adresse à Merei, l'auteur du sujet 😉 J'ai bien compris que tu t'étais justement tournée vers une camarade, il me semble que c'est la solution la plus simple pour commencer à lire des copies
Tout d'abord, merci à tous pour vos réponses.
Gabiana, je n'aime pas vraiment parler de moi, mais je suis loin d'être "nul" (je majore dans 3 matières), et je ne suis pas "mauvais" en lettres ; je cherche simplement à m'améliorer et à mieux en saisir les exigences, donc davantage à me perfectionner qu'à apprendre, en fait. Donc, à moins que je sois absolument incapable de progresser dans une matière, ce qui est bien sûr possible, j'estime que je pourrai beaucoup en profiter.
Quant à la consultation des copies, je pense que cela dépend, évidemment, des personnes, mais il est à mon avis utile d'en lire, car cela permet de constater, dans les faits, ce qui marche, les attentes réelles du jury, dont les corrigés sont parfois complexes…
Sohanelle je n'ai pas de camarades ayant passé ulm et ayant eu des notes suffisantes, sinon j'aurais préféré ne pas vous déranger avec ma demande.
Artz, si tu as quelques pistes pour les "trucs" en III, je suis preneur…
Le défaut des rapports c'est que les correcteurs ne cherchent souvent pas à faire quelque chose du niveau que l'on peut avoir à bac +2.
Lire de mauvaises copies (en l'occurrence régulièrement les miennes) est ce que j'ai généralement trouvé le plus efficace pour prendre conscience des choses à éviter, en particulier dans la forme. En général, il n'y a pas besoin de dire des choses tellement extraordinaires sur le fond pour avoir une excellente note ; une bonne maîtrise du sujet et du bon sens, beaucoup y parviennent. C'est ensuite sur la capacité à faire passer son message sans le brouiller par des maladresses de structure de la copie que se fait la différence. Les puits de science ne sont pas nombreux, et ne sont pas les seuls à avoir des notes dépassant 18. Sur ça, lire des bonnes copies donne incontestablement une bonne idée des bons réflexes.
Gabiana, je n'aime pas vraiment parler de moi, mais je suis loin d'être "nul"
Ai-je dit cela ?
C'est ce que j'en ai compris, dans la mesure de mes faibles capacités 🙂
Gabiana n'est pas de ce genre-là, Merei, c'est une mauvaise compréhension de son propos, simplement. 😉
Hélas, je crains que trouver des copies d'ENS soit effectivement très rare. J'ai déjà farfouillé l'année dernière, sans succès.
Mon dernier message visait à dire que j'avais mal compris, mais c'était peut-être peu clair en effet 🙂