Anthologie poétique sur le thème de la prostitution

Entraide scolaire

16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour !
Voilà, j'ai un examen de français le 15 juin et je dois bien sur présenter un travail qui est celui-ci : Présenter quelques poèmes traitant d'un même thème et appartenant à des courants littéraires différents. Les analyser afin de faire apparaître leurs ressemblances et de mettre en évidence les caractéristiques des mouvements littéraires auxquels ils appartiennent.


Mais… Problème…
Je ne trouve pas de poème traitant de la prostitution (j'ai choisi ce thème et je n'ai pas choisi le plus facile je dois dire !) sauf chez Baudelaire.


Pourriez-vous m'envoyer des liens et/ou des poèmes parlant de ça ?

Cela m'aiderait vraiment !

Merci beaucoup !
La chanson de Brassens (mais j'ai oublié son titre !)

Il ya péril en la demeure
Depuis qu'les femmes de bonnes mœurs…
La chanson de Brassens (mais j'ai oublié son titre !)

Il ya péril en la demeure
Depuis qu'les femmes de bonnes mœurs…
J'aurais pensé plutôt à celle-ci :
la complainte des filles de joie

Bien que ces vaches de bourgeois {x2}
Les appell'nt des filles de joie {x2}
C'est pas tous les jours qu'ell's rigolent
Parole, parole
C'est pas tous les jours qu'elles rigolent

Car, même avec des pieds de grues {x2}
Fair' les cents pas le long des rues {x2}
C'est fatigant pour les guibolles
Parole, parole
C'est fatigant pour les guibolles

Non seulement ell's ont des cors {x2}
Des œils-de-perdrix, mais encor {x2}
C'est fou ce qu'ell's usent de grolles
Parole, parole
C'est fou ce qu'ell's usent de grolles

Y a des clients, y a des salauds {x2}
Qui se trempent jamais dans l'eau {x2}
Faut pourtant qu'elles les cajolent
Parole, parole
Faut pourtant qu'elles les cajolent

Qu'ell's leur fassent la courte échelle {x2}
Pour monter au septième ciel {x2}
Les sous, croyez pas qu'ell's les volent
Parole, parole
Les sous, croyez pas qu'ell's les volent

Ell's sont méprisées du public {x2}
Ell's sont bousculées par les flics {x2}
Et menacées de la vérole
Parole, parole
Et menacées de la vérole

Bien qu'tout' la vie ell's fass'nt l'amour {x2}
Qu'ell's se marient vingt fois par jour {x2}
La noce est jamais pour leur fiole
Parole, parole
La noce est jamais pour leur fiole

Fils de pécore et de minus {x2}
Ris par de la pauvre Vénus {x2}
La pauvre vieille casserole
Parole, parole
La pauvre vieille casserole

Il s'en fallait de peu, mon cher {x2}
Que cett' putain ne fût ta mère {x2}
Cette putain dont tu rigoles
Parole, parole
Cette putain dont tu rigoles
Ça en fait deux 🙂

L'autre c'est Concurrence déloyale
Il y a péril en la demeure,
Depuis que les femmes de bonnes mœurs,
Ces trouble-fête,
Jalouses de Manon Lescaut,
Viennent débiter leurs gigots
A la sauvette.

Ell's ôt'nt le bonhomm' de dessus
La brave horizontal' déçue,
Ell's prenn'nt sa place.
De la bouche au pauvre tapin
Ell's retir'nt le morceau de pain,
C'est dégueulasse.

En vérité, je vous le dis,
Il y en a plus qu'en Normandie
Il y a de pommes.
Sainte-Mad'lein', protégez-nous,
Le métier de femme ne nou-
rrit plus son homme.

Y a ces gamines de malheur,
Ces goss's qui, tout en suçant leur
Pouc' de fillette,
Se livrent au détournement
De majeur et, vénalement,
Trouss'nt leur layette.

Y a ces rombièr's de qualité,
Ces punais's de salon de thé
Qui se prosternent,
Qui, pour redorer leur blason,
Viennent accrocher leur vison
A la lanterne.

Y a ces p'tit's bourgeoises faux culs
Qui, d'accord avec leur cocu,
Clerc de notaire,
Au prix de gros vendent leur corps,
Leurs charmes qui fleurent encor
La pomm' de terre.

Lors, délaissant la fill' de joie,
Le client peut faire son choix
Tout à sa guise,
Et se payer beaucoup moins cher
Des collégienn's, des ménagèr's,
Et des marquises.

Ajoutez à ça qu'aujourd'hui
La manie de l'acte gratuit
Se développe,
Que des créatur's se font cul-
buter à l'œil et sans calcul.
Ah ! les salopes !

Ell's ôt'nt le bonhomm' de dessus
La brave horizontal' déçue,
Ell' prenn'nt sa place.
De la bouche au pauvre tapin
Ell's retir'nt le morceau de pain,
C'est dégueulasse.
Et celle de Reggiani (paroles de Jean-Loup Dabadie)
La putain

Nous habitions en face d'elle
Dans le Quartier Saint-Louis
Elle habitait je me rappelle
Aux environs de minuit
Moi, mes cousins, on la regardait en silence
A travers les jalousies
Adossée au magasin
Elle fumait avec élégance
Nous apprenions nos poésies

Passionément, nous y pensions
A la p… points de suspension
Qu'elle était bien, qu'elle était bien
La putain

Posée comme une contrebasse
Dans les bras d'un artiste
Elle avait l'air de faire des passes
Dans une chanson réaliste
Moi, mes cousins, en pyjama, au cinéma
Nous l'avions prise pour femme
Et son parfum de violette
Quand on entr'ouvrait la fenêtre
Nous descendait au fond de l'âme

Passionément, nous y pensions
A la p… points de suspension
Qu'elle était bien, qu'elle était bien
La putain

Quand il pleuvait elle s'abritait
Sous le kiosque à journaux
Alors comme elle était tout près
Je lui jouais du piano
Ah! la putain, un peu comme dans Cyrano
Au piano, j'étais Chopin
Sous cette pluie de quatre sous
Elle m'imaginait au-dessus
Et j'imaginais ses dessous

Mes cousins en parlent aujourd'hui
En buvant des blanc-cass
Son réverbère est à la casse
Il me reste un peu de pluie
Mais mes cousins sans le vouloir, sans le savoir
Ont tous épousé des putains
Chaque fois que je vais les voir
Il y a quelqu'un sur un trottoir
Qui vient parfumer ma mémoire

Passionément, nous y pensions
A la p… points de suspension
Qu'elle était bien, qu'elle était bien
La putain

Nous habitions en face d'elle
Dans le Quartier Saint-Louis
Elle habitait je me rappelle
Aux environs de minuit
La putain
Une bruine opressante coule sur le trottoir
Les bottes à haut-talons se reflètent en miroir
Font un bruit régulier au rythme de l'errance
De cette femme blonde, de mâles la pitance.

On lui avait promis une vie bien meilleure
A donné sa confiance mais c'était un menteur
Qui prit tous ses papiers, liberté confisquée
Elle doit tapiner pour ce métier risqué.

Jetée sur ce trottoir qui luit sous la lune
Elle attend le client qui donnera ses thunes
En échange de sexe de faveurs inavouables
D'une heure de luxure et de plaisirs coupables.

Elle rajuste sa jupe et son haut échancré
Revient sur le trottoir, son proxénète y veille
Recommence sa danse d'une saveur nacrée
Pour attirer les hommes, cette nuit comme la veille
Zazou
Bonjour Alexia,
Le bossu Bitor tiré des Amours jaunes de Corbière

Un pauvre petit diable aussi vaillant qu'un autre,
Quatrième et dernier à bord d'un petit cotre…
Fier d'être matelot et de manger pour rien,
Il remplaçait le coq, le mousse et le chien ;
Et comptait comme ça, quarante ans de service,
Sur le rôle toujours inscrit comme - novice !

- Un vrai bossu : cou tors et retors, très madré,
Dans sa coque il gardait sa petite influence ;
Car chacun sait qu'en mer un bossu porte chance…
- Rien ne f…iche malheur comme femme ou curé !

Son nom : c'était Bitor - nom de mer et de guerre -
Il disait que c'était un tremblement de terre
Qui, jeune et fait au tour, l'avait tout démoli :
Lui, son navire et des cocotiers… au Chili.

…..…..…..…..

Le soleil est noyé. - C'est le soir - dans le port
Le navire bercé sur ses câbles, s'endort
Seul ; et le clapotis bas de l'eau morte et lourde,
Chuchote un gros baiser sous sa carène sourde.
Parmi les yeux du brai flottant qui luit en plaque,
Le ciel miroité semble une immense flaque.

Le long des quais déserts où grouillait un chaos
S'étend le calme plat…
Quelques vagues échos…
Quelque novice seul, resté mélancolique,
Se chante son pays avec une musique…
De loin en loin, répond le jappement hagard,
Intermittent, d'un chien de bord qui fait le quart,
Oublié sur le pont…
Tout !e monde est à terre.
Les matelots farauds s'en sont allés - mystère ! -
Faire, à grands coups de gueule et de botte… l'amour.
- Doux repos tant sué dans les labeurs du jour. -
Entendez-vous là-bas, dans les culs-de-sac louches,
Roucouler leur chanson ces tourtereaux farouches !

- Chantez ! La vie est courte et drôlement cordée !
Hâle à toi, si tu peux, une bonne bordée
À jouer de la fille, à jouer du couteau…
Roucoulez mes Amours ! Qui sait : demain !… tantôt…

… Tantôt, tantôt.. la ronde en écrémant la ville,
Vous soulage en douceur quelque traînard tranquille
Pour le coller en vrac, léger échantillon,
Bleu saignant et vainqueur, au clou. - Tradition. -

…..…..…..…..

Mais les soirs étaient doux aussi pour le Bitor,
Il était libre aussi, maître et gardien à bord…
Lové tout de son long sur un rond de cordage,
Se sentant somnoler comme un chat.. comme un sage,
Se repassant l'oreille avec ses doigts poilus,
Voluptueux, pensif ; et n'en pensant pas plus,
Laissant mollir son corps dénoué de paresse,
Son petit oeil vairon noyé de morbidesse !…

- Un loustic en passant lui caressait les os :
Il riait de son mieux et faisait le gros dos.

…..…..…..…..

Tout te monde a pourtant quelque bosse en la tête…
Bitor aussi - c'était de se payer la fête !

Et cela lui prenait, comme un commandement
De Dieu : vers la Noël, et juste une fois l'an.
Ce jour-là, sur la brune, il s'ensauvait à terre
Comme un rat dont on a cacheté le derrière…
- Tiens : Bitor disparu.. - C'est son jour de sabbats
Il en a pour deux nuits : réglé comme un compas.
- C'est un sorcier pour sûr… -
Aucun n'aurait pu dire,
Même on n'en riait plus ; c'était fini de rire.

Au deuxième matin, le bordailleur rentrait
Sur ses jambes en pieds-de-banc-de-cabaret,
Louvoyant bord-sur-bord…
Morne, vers la cuisine
Il piquait, droit, chantant ses vêpres ou matine,
Et jetait en pleurant ses savates au feu…
- Pourquoi - nul ne savait, et lui s'en doutait peu.
… J'y sens je ne sais quoi d'assez mélancolique,
Comme un vague fumet d'holocauste à l'antique…

C'était la fin ; plus morne et plus tordu, le hère
Se reprenait hâler son bitor de misère…

…..…..…..…..

- C'est un soir, près Noël. - Le cotre est, à bon port,
L'équipage au diable, et Bitor… toujours Bitor.
C'est le grand jour qu'il s'est donné pour prendre terre :
Il fait noir, il est gris. - L'or n'est qu'une chimère !
Il tient, dans un vieux bas de laine, un sac de sous…
Son pantalon à mettre et : La terre est à nous ! -
Un pantalon jadis cuisse-de-nymphe-émue,
Couleur tendre à mourir !… et trop tôt devenue
Merdoie… excepté dans les plis rose-d'amour,
Gardiens de la couleur, gardiens du pur contour…

Enfin il s'est lavé, gratté - rude toilette ?
- Ah ! c'est que ce n'est pas, non plus, tous les jours fête !…
Un cache-nez lilas lui cache les genoux
- Encore un coup-de-suif ! et : La terre est à nous !
… La terre un bouchon, quoi Mais Bitor se sent riche :
D'argent, comme un bourgeois : d'amour comme un caniche…
- Pourquoi pas le Cap-horn !… Le sérai ! - Pourquoi pas… !
-Syrènes du Cap-horn, vous lui tendez les bras !…

………………..

Au fond de la venelle est la lanterne rouge,
Phare du matelot, Stella maris du bouge…
- Qui va là ? - Ce n'est plus Bitor ! c'est un héros,
Un Lauzun qui se frotte aux plus gros numéros !…
C'est Triboulet tordu comme un ver par sa haine !…
Ou c'est Alain Chartier, sous un baiser de reine !…
Lagardère en manteau qui va se redresser !…
- Non : C'est un bienheureux honteux - Laissez passer.
C'est une chair enfin que ce bout de rognure !
Un partageux qui veut son morceau de nature.
C'est une passion qui regarde en dessous
L'amour… pour le voler !… - L'amour à trente sous !

- Va donc Paillasse ! Et le trousse-galant t'emporte !
Tiens : c'est là !… C'est un mur - Heurte encor !… C'est la porte :
As-tu peur ! -
Il écoute… Enfin : un bruit de clefs,
Le judas darde un rais : - Hô, quoi que vous voulez ?
- J'ai de l'argent. - Combien es-tu ? Voyons ta tête…
Bon. Gare à n'entrer qu'un ; la maison est honnête ;
Fais voir ton sac un peu ?… Tu feras travailler ?…

Et la serrure grince ; on vient d'entrebâiller ;
Bitor pique une tête entre l'huys et l'hôtesse,
Comme un chien dépendu qui se rue à la messe.
- Eh, là-bas ! l'enragé,. quoi que tu veux ici ?
Qu'on te f…iche droit, quoi ? pas dégoûté ! Merci !…
Quoi qui te faut, bosco ?… des nymphes, des pucelles
Hop ! à qui te Mayeux ? Eh là-bas, les donzelles !… -

Bitor lui prit le bras : - Tiens, voici pour toi, gouine :
Cache-moi quelque part… tiens là… C'est la cuisine.
- Bon. Tu m'en conduiras une… et propre ! combien ?…
- Tire ton sac. - Voilà. - Parole ! il a du bien !..
Pour lors nous en avons du premier brin : cossuses ;
Mais on ne t'en a pas fait exprès des bossuses…
Bah ! la nuit tous les chats sont gris. Reste là voir,
Puisque c'est ton caprice ; as pas peur, c'est tout noir. -

………………..

Une porte s'ouvrit. C'est la salle allumée.
Silhouettes grouillant à travers la fumée :
Les amateurs beuglant, ronflant, trinquant, rendus ;
- Des Anglais, jouissant comme de vrais pendus.
Se cuvent, pleins de tout et de béatitude ;
- Des Yankees longs, et roide-soûls par habitude,
Assis en deux, et tour à tour tirant au mur
Leur jet de jus de chique, au but, et toujours sûr ;
- Des Hollandais salés, lardés de couperose ;
- De blonds Norvégiens hercules de chlorose ;
- Des Espagnols avec leurs figures en os ;
- Des baleiniers huileux comme des cachalots ;
- D'honnêtes caboteurs bien carrés d'envergures,
Calfatés de goudron sur toutes les coutures ;
- Des Nègres blancs, avec des mulâtres lippus ;
- Des Chinois, le chignon roulé sous un gibus,
Vêtus d'un frac flambant-neuf et d'un parapluie ;
- Des chauffeurs venus là pour essuyer leur suie ;
- Des Allemands chantant l'amour en orphéon,
Leur patrie et leur chope… avec accordéon ;
- Un noble Italien, jouant avec un mousse ;
Qui roule deux gros yeux sous sa tignasse rousse ;
- Des Grecs plats ; des Bretons à tête biscornue ;
- L'escouade d'un vaisseau russe, en grande tenue ;
- Des Gascons adorés pour leur galant bagoût…
Et quelques renégats - écume du ragoût. -

Là, plus loin dans le fond sur les banquettes grasses,
Des novices légers s'affalent sur les Grâces
De corvée… Elles sont d'un gras encourageant ;
Ça se paye au tonnage, on en veut pour l'argent…
Et, quand on largue tout, il faut que la viande
Tombe, comme un hunier qui se déferle en bande !

- On a des petit noms : Chiourme, Jany-gratis,
Bout-dehors, Fond-de-vase, Anspeck, Garcette-à-riz.
- C'est gréé comme il faut : satin rose et dentelle ;
Ils ne trouvent jamais la mariée assez belle…
- Du velours pour frotter à cru leur cuir tanné !
Et du fard, pour torcher leur baiser boucané !…
À leurs ceintures d'or, faut ceinture dorée !
Allons ! - Ciel moutonné, comme femme fardée
N'a pas longue durée à ces Pachas d'un jour…
- N'en faut du vin ! n'en faut du rouge !… et de l'amour !

…..…..…..…..

Bitor regardait ça - comment on fait la joie -
Chauve-souris fixant les albatros en proie…
Son rêve fut secoué par une grosse voix :
- Eh, dis donc, l'oiseau bleu, c'est-y fini ton choix ?
- Oui : (Ses yeux verts vrillaient la nuit de la cuisine)
… La grosse dame en rose avec sa crinoline !…
- Ça : c'est Mary-saloppe, elle a son plein et dort. -
Lui, dégainant le bas qui tenait son trésor :
- Je te dis que je veux la belle dame rose !…
- Ç'a-t'y du vice !… Ah -ça : t'es porté sur la chose ?…
Pour avec elle, alors, tu feras dix cocus,
Dix tout frais de ce soir !… Vas-y pour tes écus
Et paye en double : On va t'amatelotter. Monte…
- Non ici… - Dans le noir ?… allons faut pas de honte !
- Je veux ici ! - Pas mèche, avec les règlements.
- Et moi je veux ! - C'est bon… mais t'endors pas dedans…

Ohé là-bas ! debout au quart, Mary-saloppe !
- Eh, c'est pas moi de quart ! - C'est pour prendre une chope,
C'est rien la corvée… accoste : il y a gras !
- De quoi donc ? - Va, c'est un qu'a de l'or plein ses bas,
Un bossu dans un sac, qui veut pas qu'on l'évente…
- Bon : qu'y prenne son soûl, j'ai le mien ! j'ai ma pente.
- Va, c'est dans la cuisine…

- Eh ! voyons-toi, Bichon…
T'es tortu, mais j'ai pas peur d'un tire-bouchon !
Viens… Si ça t'est égal : éclairons la chandelle ?
- Non. - Je voudrais te voir, j'aime Polichinelle…
Ah je te tiens ; on sait jouer Colin-maillard !…
La matrulle ferma la porte…
- Ah tortillard !…

…..…..…..…..…..

- Charivari ! - Pour qui ? - Queue ronde infernale,
Quel paquet crevé roule en hurlant dans la salle ?…
- Ah, peau de cervelas ! ah, tu veux du chahut !
À poil ! à poil, on va te caréner tout cru !
Ah, tu grognes, cochon ! Attends, tu veux la goutte :
Tiens son ballon !… Allons, avale-moi ça… toute !
Gare au grappin, il croche ! Ah ! le cancre qui mord !
C'est le diable bouilli !…

- C'était l'heureux Bitor.

- Carognes, criait-il, mollissez !… je régale…
-Carognes ?… Ah, roussin ! mauvais comme la gale !
Tu régales, Limonadier de la Passion ?
On te régalera, va ! double ration !
Pou crochard qui montais nous piquer nos punaises !
Cancre qui viens manger nos peaux !… Pas de foutaises,
Vous autres : Toi, la mère, apporte de là haut
Un grand tapis de lit, en double et comme-y-faut !
Voilà ! -
Dix bras tendus halent la couverture
- Le tortillou dessus !… On va la danser dure ;
Saute, Paillasse ! hop là !… -
C'est que le matelot,
Bon enfant, est très dur quand il est rigolot.
Sa colère : c'est bon. - Sa joie : ah, pas de grâce !…
Les dames rigolaient…
Attrape : pile ou face ?
Ah, le malin ! quel vice ! Il échoue en côté ! -
… Sur sa bosse grêlaient, avec quelle gaîté !
Des bouts de corde en l'air sifflant comme couleuvres ;
Les sifflets de gabier, rossignols de manoeuvres,
Commandaient et rossignolaient à l'unisson…
-Tiens bon !… -
Pelotonné, le pauvre hérisson
Volait, rebondissait, roulait. Enfin la plainte
Qu'il rendait comme un cri de poulie est éteinte…
- Tiens bon ! il fait exprès… Il est dur, l'entêté !…
C'est un lapin ! ça veut le jus plus pimenté :
Attends !… -
Quelques couteaux pleuvent… Mary-saloppe
D'un beau mouvement, hèle : - À moi sa place ! - Tope !
Amène tout en vrac ! largue !… -
Le jouet mort
S'aplatit sur la planche et rebondit encor…

Comme après un doux rêve, il rouvrit son oeil louche
Et trouble… Il essuya dans le coin de sa bouche,
Un peu d'écume avec sa chique en sang… - C'est bien ;
C'est fini, matelot… Un coup de sacré-chien !
Ça vous remet le coeur ; bois !… -
Il prit avec peine
Tout l'argent qui restait dans son bon bas de laine
Et regardant Mary-saloppe : - C'est pour toi,
Pour boire… en souvenir. - Vrai ? Baise-moi donc, quoi !…
Vous autres, laissez-le, grands lâches ! mateluches !
C'est mon amant de coeur… on a ses coqueluches !
Toi : file à l'embellie, en double, l'asticot ;
L'échouage est mauvais, mon pauvre saligot !… -

Son oeil marécageux, larme de crocodile,
La regardait encore… - Allons, mon garçon, file ! -

…..…..…..…..

C'est tout. Le lendemain, et jours suivants, à bord
Il manquait. - Le navire est parti sans Bitor. -

…..…..…..…..…..

Plus tard, l'eau soulevait une masse vaseuse
Dans le dock. On trouva des plaques de vareuse…
Un cadavre bossu, ballonné, démasqué
Par les crabes. Et ça fut jeté sur le quai,
Tout comme l'autre soir, sur une couverture.
Restant de crabe, encore il servit de pâture
Au rire du public, et les gamins d'enfants
Jouant au bord de l'eau noire sous le beau temps,
Sur sa bosse tapaient comme sur un tambour
Crevé…
Le pauvre corps avait connu l'amour !
Vénus Anadyomène de Rimbaud

Comme d'un cercueil vert en fer blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates :

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe…..

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.
Extrait de Melancholia d'Hugo

Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,
Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour.
Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille!
Seule! -- n'importe! elle a du courage, une aiguille!
Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,
En travaillant le jour, en travaillant la nuit,
Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.
Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,
Et chante au bord du toit tant que dure l'été.
Mais l'hiver vient. Il fait bien froid, en vérité,
Dans ce logis mal clos tout en haut de la rampe;
Les jours sont courts, il faut allumer une lampe;
L'huile est chère, le bois est cher, le pain est cher.
O jeunesse! printemps! aube! en proie à l'hiver!
La faim passe bientôt sa griffe sous la porte,
Décroche un vieux manteau, saisit la montre, emporte
Les meubles, prend enfin quelque humble bague d'or;
Tout est vendu! L'enfant travaille et lutte encor;
Elle est honnête; mais elle a, quand elle veille,
La misère, démon, qui lui parle à l'oreille.
L'ouvrage manque, hélas! cela se voit souvent.
Que devenir? Un jour, ô jour sombre! elle vend
La pauvre croix d'honneur de son vieux père, et pleure;
Elle tousse, elle a froid. Il faut donc qu'elle meurt!
A dix-sept ans! grand Dieu! mais que faire?… -- Voilà
Ce qui fait qu'un matin la douce fille alla
Droit au gouffre, et qu'enfin, à présent, ce qui monte
A son front, ce n'est plus la pudeur, c'est la honte.
Hélas, et maintenant, deuil et pleurs éternels!
C'est fini. Les enfants, ces innocents cruels,
La suivent dans la rue avec des cris de joie.
Malheureuse! elle traîne une robe de soie,
Elle chante, elle rit… ah! pauvre âme aux abois!
Et le peuple sévère, avec sa grande voix,
Souffle qui courbe un homme et qui brise une femme,
Lui dit quand elle vient: «C'est toi? Va-t'en, infâme!»
Et celle de Reggiani (paroles de Jean-Loup Dabadie)
L'imortelle « Sarah », également chantée par Reggiani :
La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les yeux cernés
Par les années
Par les amours
Au jour le jour
La bouche usée
Par les baisers
Trop souvent, mais
Trop mal donnés
Le teint blafard
Malgré le fard
Plus pâle qu'une
Tâche de lune

La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les seins si lourds
De trop d'amour
Ne portent pas
Le nom d'appas
Le corps lassé
Trop caressé
Trop souvent, mais
Trop mal aimé
Le dos vouté
Semble porter
Des souvenirs
Qu'elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Ne riez pas
N'y touchez pas
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes
Lorsque la nuit
Nous réunit
Son corps, ses mains
S'offrent aux miens
Et c'est son cœur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure

(paroles et musique de G. Moustaki, 1969)
De Brassens aussi (mais pas vraiment sur la prostitution) : Le mouton de Panurge (1954)
Elle n'a pas encor de plumes
La flèch' qui doit percer son flanc
Et dans son cœur rien ne s'allume
Quand elle cède à ses galants
Elle se rit bien des gondoles
Des fleurs bleues, des galants discours
Des Vénus de la vieille école
Cell's qui font l'amour par amour

N'allez pas croire davantage
Que le démon brûle son corps
Il s'arrête au premier étage
Son septième ciel, et encor
Elle n'est jamais langoureuse
Passée par le pont des soupirs
Et voit comm' des bêtes curieuses
Cell's qui font l'amour par plaisir

Croyez pas qu'elle soit à vendre
Quand on l'a mise sur le dos
On n'est pas tenu de se fendre
D'un somptueux petit cadeau
Avant d'aller en bacchanale
Ell' présente pas un devis
Ell' n'a rien de ces bell's vénales
Cell's qui font l'amour par profit

Mais alors, pourquoi cède-t-elle
Sans cœur, sans lucre, sans plaisir
Si l'amour vaut pas la chandelle
Pourquoi le joue-t-elle à loisir
Si quiconque peut, sans ambages
L'aider à dégrafer sa rob'
C'est parc' qu'ell' veut être à la page
Que c'est la mode et qu'elle est snob

Mais changent coutumes et filles
Un jour, peut-être, en son sein nu
Va se planter pour tout' la vie
Une petite flèch' perdue
On n'verra plus qu'elle en gondole
Elle ira jouer, à son tour
Les Vénus de la vieille école
Cell's qui font l'amour par amour
Bonjour Alexia,

Quelques autres poèmes sur d'autres registres !
BALLADE DE LA BELLE HEAULMIERE AUX FILLES DE JOIE
de Villon

"Or y pensez, belle Gantiere,
Qui m'escoliere souliez estre,
Et vous, Blanche la Savetiere,
Ores est temps de vous congnoistre.
Prenez a dextre et a senestre;
N'espargnez homme, je vous prie:
Car vieilles n'ont ne cours ne estre,
Ne que monnoye qu'on descrie.

"Et vous, la gente Saulcissiere,
Qui de dancer estes adextre;
Guillemette la Tapissiere,
Ne mesprenez vers vostre maistre;
Tous vous fauldra clorre fenestre,
Quand deviendrez vieille, flestrie;
Plus ne servirez qu'un vieil prebstre,
Ne que monnoye qu'on descrie.

"Jehanneton la Chaperonniere,
Gardez qu'ennuy ne vous empestre;
Katherine la Bouchiere,
N'envoyez plus les hommes paistre:
Car qui belle n'est, ne perpetre
Leur bonne grace, mais leur rie.
Laide vieillesse amour n'impetre,
Ne que monnoye qu'on descrie.

ENVOI.

"Filles, veuillez vous entremettre
D'escouter pourquoy pleure et crie
C'est que ne puys remede y mettre,
Ne que monnoye qu'on descrie."
La fille de joie
texte et musique d’Augustin Bézier


Tu gagnes ta vie à l'ombre des beaux jours,
et la nuit te sourit quand tu fais l'amour
à des maris menteurs, des hommes qui n'on plus le cœur
à fleurir la Madame, ils ont fané leur femme.


Ils viennent chez toi
chercher un peu de charme,
dans tes bras de gamine,
ils oublient la machine.
Les jours après les jours,
les nuits dans le même lit,
les matins de routine,
et leur vie qui chemine.


Fille de joie,

tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.


Femme de la nuit aux yeux de fard,
t'as le talon haut sur le trottoir
ça fait claquer tous les petits gars
qui viennent pour faire la première fois.
Y a dans ton lit toute la fraîcheur
de ces garçons que tu défleures,
aux plaisirs d'amour consommés,
ces petits anges sont damnés.


T'as même pas de rides
car tu sais voler la jeunesse
à tous ces puceaux de kermesse,
qui aprés la messe iront dire
qu'ils t'on fait pleurer de plaisir,
allez va , laisse-les mentir.


Fille de joie,

tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.


Et puis y a ceux qui sont tout vieux,
qui viennent encore avant la mort,
tirer la vie un dernier coup ;
le corps est mou mais l'âme légère
et c'est si touchant de tendresse
un homme qui, même vielli, se laisse
caresser comme un enfant,
toujours timide malgré le temps.
Tu fais toutes les bricoles,
t'es la reine des gallipettes,
tu offres à ces vieux des gâteries
qu'on leur fera pas au paradis.
Et v'la qu'ils repartent en chantant,
comme s'ils avaient vingt ans


Fille de joie,

tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.
La vivandière de Béranger
1817
Air de B. Wilhem, ou Demain matin, au point du jour, On bat la générale.

1
Vivandière du régiment,
C'est Catin qu'on me nomme.
Je vends, je donne et bois gaîment
Mon vin et mon rogome.
J'ai le pied leste et l'oeil mutin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
J'ai le pied leste et l'oeil mutin :
Soldats, voilà Catin !

2
Je fus chère à tous nos héros ;
Hélas ! combien j'en pleure !
Aussi soldats et généraux
Me comblaient, à toute heure,
D'amour, de gloire et de butin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
D'amour, de gloire et de butin :
Soldats, voilà Catin !
3
J'ai pris part à tous vos exploits
En vous versant à boire.
Songez combien j'ai fait de fois
Rafraichir la Victoire.
Ca grossissait son bulletin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Ca grossissait son bulletin :
Soldats, voilà Catin !

4
Depuis les Alpes je vous sers ;
Je me mis jeune en route.
A quatorze ans, dans les déserts,
Je vous portais la goutte ;
Puis j'entrai dans Vienne un matin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Puis j'entrai dans Vienne un matin :
Soldats, voilà Catin !

5
De mon commerce et des amours
Cétait le temps prospère.
A Rome je passai huit jours,
Et de notre saint-père
Je débauchai le sacristain,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Je débauchai le sacristain :
Soldats, voilà Catin !

6
J'ai fait plus que maint duc et pair
Pour mon pays que j'aime :
A Madrid, si j'ai vendu cher,
Et cher à Moscou même,
J'ai donné gratis à Pantin,
J'ai donné gratis à Pantin :
Soldats, voilà Catin !

7
Quand au nombre il fallut céder
La victoire infidèle,
Que n'avais-je pour vous guider
Ce qu'avait la Pucelle !
L'Anglais aurait fui sans butin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
L'Anglais aurait fui sans butin :
Soldats, voilà Catin !

8
Si je vois de nos vieux guerriers
Pâlis par la souffrance,
Qui n'ont plus, malgré leurs lauriers,
De quoi boire à la France,
Je refleuris encor leur teint,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Je refleuris encor leur teint :
Soldats, voilà Catin !

9
Mais nos ennemis, gorgés d'or,
Pairont encore à boire.
Oui, pour vous doit briller encor
Le Jour de la victoire.
J'en serai le réveil-matin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
J'en serai le réveil-matin :
Soldats, voilà Catin !
Bonjour Alexia,

Ma dernière livraison avec la punition des femmes qui ont frayé avec l'occupant.
Comprenne qui voudra
Poème de Paul Eluard - 1944


Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés


Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres


Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête


Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté


Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.
baudelaire (que reprend l'intro de reggiani dans la femme qui est dans mon lit : )

si vous la rencontrez bizarrement parée messieurs
ne crachez pas de jurons ni d'ordure
au visage fardé de cette pauvre impure que
déesse famine a par un soir d'hiver,
contrainte à relever ses jupons en plein air

le titre? ah oui le titre….

mémoire en faille






peut etre JE N'AI PAS POUR MAITRESSE…
à vérifier !
Bonsoir Ptipanda,

Gagné !

"Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre"
Baudelaire évoque sa bohème, son inspiration et sans doute sa poèsie.
Merci beaucoup 🙂
Jean-Luc a écrit :la punition des femmes qui ont frayé avec l'occupant.
Brassens a écrit :La belle qui couchait avec le roi de Prusse
Avec le roi de Prusse
A qui l'on a tondu le crâne rasibus
Le crâne rasibus

Son penchant prononcé pour les " ich liebe dich ",
Pour les " ich liebe dich "
Lui valut de porter quelques cheveux postich's
Quelques cheveux postich's

Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens
Et les bonnets phrygiens
Ont livre sa crinière à un tondeur de chiens
A un tondeur de chiens

J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison
Parti pour sa toison
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon
Pour sauver son chignon

Mais je n'ai pas bougé du fond de ma torpeur
Du fond de ma torpeur
Les coupeurs de cheveux en quatre m'ont fait peur
En quatre m'ont fait peur

Quand, pire qu'une brosse, elle eut été tondue
Elle eut été tondue
J'ai dit : " C'est malheureux, ces accroch'-cœur perdus
Ces accroch'-cœur perdus "

Et, ramassant l'un d'eux qui traînait dans l'ornière
Qui traînait dans l'ornière
Je l'ai, comme une fleur, mis à ma boutonnière
Mis à ma boutonnière

En me voyant partir arborant mon toupet
Arborant mon toupet
Tous ces coupeurs de natt's m'ont pris pour un suspect
M'ont pris pour un suspect

Comme de la patrie je ne mérite guère
Je ne mérite guère
J'ai pas la Croix d'honneur, j'ai pas la croix de guerre
J'ai pas la croix de guerre

Et je n'en souffre pas avec trop de rigueur
Avec trop de rigueur
J'ai ma rosette à moi: c'est un accroche-cœur
C'est un accroche-cœur

La tondue, 1957
Mais nous sortons du sujet …
merci Jean Luc pour la confirmation ! 🙂
la mémoire est intacte, ca fait plaisir ! 😜