Bonjour !
Voilà, j'ai un examen de français le 15 juin et je dois bien sur présenter un travail qui est celui-ci : Présenter quelques poèmes traitant d'un même thème et appartenant à des courants littéraires différents. Les analyser afin de faire apparaître leurs ressemblances et de mettre en évidence les caractéristiques des mouvements littéraires auxquels ils appartiennent.
Mais… Problème…
Je ne trouve pas de poème traitant de la prostitution (j'ai choisi ce thème et je n'ai pas choisi le plus facile je dois dire !) sauf chez Baudelaire.
Pourriez-vous m'envoyer des liens et/ou des poèmes parlant de ça ?
Cela m'aiderait vraiment !
Merci beaucoup !
La chanson de Brassens (mais j'ai oublié son titre !)
Il ya péril en la demeure
Depuis qu'les femmes de bonnes mœurs…
La chanson de Brassens (mais j'ai oublié son titre !)
Il ya péril en la demeure
Depuis qu'les femmes de bonnes mœurs…
J'aurais pensé plutôt à celle-ci :
la complainte des filles de joie
Bien que ces vaches de bourgeois {x2}
Les appell'nt des filles de joie {x2}
C'est pas tous les jours qu'ell's rigolent
Parole, parole
C'est pas tous les jours qu'elles rigolent
Car, même avec des pieds de grues {x2}
Fair' les cents pas le long des rues {x2}
C'est fatigant pour les guibolles
Parole, parole
C'est fatigant pour les guibolles
Non seulement ell's ont des cors {x2}
Des œils-de-perdrix, mais encor {x2}
C'est fou ce qu'ell's usent de grolles
Parole, parole
C'est fou ce qu'ell's usent de grolles
Y a des clients, y a des salauds {x2}
Qui se trempent jamais dans l'eau {x2}
Faut pourtant qu'elles les cajolent
Parole, parole
Faut pourtant qu'elles les cajolent
Qu'ell's leur fassent la courte échelle {x2}
Pour monter au septième ciel {x2}
Les sous, croyez pas qu'ell's les volent
Parole, parole
Les sous, croyez pas qu'ell's les volent
Ell's sont méprisées du public {x2}
Ell's sont bousculées par les flics {x2}
Et menacées de la vérole
Parole, parole
Et menacées de la vérole
Bien qu'tout' la vie ell's fass'nt l'amour {x2}
Qu'ell's se marient vingt fois par jour {x2}
La noce est jamais pour leur fiole
Parole, parole
La noce est jamais pour leur fiole
Fils de pécore et de minus {x2}
Ris par de la pauvre Vénus {x2}
La pauvre vieille casserole
Parole, parole
La pauvre vieille casserole
Il s'en fallait de peu, mon cher {x2}
Que cett' putain ne fût ta mère {x2}
Cette putain dont tu rigoles
Parole, parole
Cette putain dont tu rigoles
Et celle de Reggiani (paroles de Jean-Loup Dabadie)
La putain
Nous habitions en face d'elle
Dans le Quartier Saint-Louis
Elle habitait je me rappelle
Aux environs de minuit
Moi, mes cousins, on la regardait en silence
A travers les jalousies
Adossée au magasin
Elle fumait avec élégance
Nous apprenions nos poésies
Passionément, nous y pensions
A la p… points de suspension
Qu'elle était bien, qu'elle était bien
La putain
Posée comme une contrebasse
Dans les bras d'un artiste
Elle avait l'air de faire des passes
Dans une chanson réaliste
Moi, mes cousins, en pyjama, au cinéma
Nous l'avions prise pour femme
Et son parfum de violette
Quand on entr'ouvrait la fenêtre
Nous descendait au fond de l'âme
Passionément, nous y pensions
A la p… points de suspension
Qu'elle était bien, qu'elle était bien
La putain
Quand il pleuvait elle s'abritait
Sous le kiosque à journaux
Alors comme elle était tout près
Je lui jouais du piano
Ah! la putain, un peu comme dans Cyrano
Au piano, j'étais Chopin
Sous cette pluie de quatre sous
Elle m'imaginait au-dessus
Et j'imaginais ses dessous
Mes cousins en parlent aujourd'hui
En buvant des blanc-cass
Son réverbère est à la casse
Il me reste un peu de pluie
Mais mes cousins sans le vouloir, sans le savoir
Ont tous épousé des putains
Chaque fois que je vais les voir
Il y a quelqu'un sur un trottoir
Qui vient parfumer ma mémoire
Passionément, nous y pensions
A la p… points de suspension
Qu'elle était bien, qu'elle était bien
La putain
Nous habitions en face d'elle
Dans le Quartier Saint-Louis
Elle habitait je me rappelle
Aux environs de minuit
Et celle de Reggiani (paroles de Jean-Loup Dabadie)
L'imortelle « Sarah », également chantée par Reggiani :
La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les yeux cernés
Par les années
Par les amours
Au jour le jour
La bouche usée
Par les baisers
Trop souvent, mais
Trop mal donnés
Le teint blafard
Malgré le fard
Plus pâle qu'une
Tâche de lune
La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les seins si lourds
De trop d'amour
Ne portent pas
Le nom d'appas
Le corps lassé
Trop caressé
Trop souvent, mais
Trop mal aimé
Le dos vouté
Semble porter
Des souvenirs
Qu'elle a dû fuir
La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Ne riez pas
N'y touchez pas
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes
Lorsque la nuit
Nous réunit
Son corps, ses mains
S'offrent aux miens
Et c'est son cœur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure
(paroles et musique de G. Moustaki, 1969)
De Brassens aussi (mais pas vraiment sur la prostitution) :
Le mouton de Panurge (1954)
Elle n'a pas encor de plumes
La flèch' qui doit percer son flanc
Et dans son cœur rien ne s'allume
Quand elle cède à ses galants
Elle se rit bien des gondoles
Des fleurs bleues, des galants discours
Des Vénus de la vieille école
Cell's qui font l'amour par amour
N'allez pas croire davantage
Que le démon brûle son corps
Il s'arrête au premier étage
Son septième ciel, et encor
Elle n'est jamais langoureuse
Passée par le pont des soupirs
Et voit comm' des bêtes curieuses
Cell's qui font l'amour par plaisir
Croyez pas qu'elle soit à vendre
Quand on l'a mise sur le dos
On n'est pas tenu de se fendre
D'un somptueux petit cadeau
Avant d'aller en bacchanale
Ell' présente pas un devis
Ell' n'a rien de ces bell's vénales
Cell's qui font l'amour par profit
Mais alors, pourquoi cède-t-elle
Sans cœur, sans lucre, sans plaisir
Si l'amour vaut pas la chandelle
Pourquoi le joue-t-elle à loisir
Si quiconque peut, sans ambages
L'aider à dégrafer sa rob'
C'est parc' qu'ell' veut être à la page
Que c'est la mode et qu'elle est snob
Mais changent coutumes et filles
Un jour, peut-être, en son sein nu
Va se planter pour tout' la vie
Une petite flèch' perdue
On n'verra plus qu'elle en gondole
Elle ira jouer, à son tour
Les Vénus de la vieille école
Cell's qui font l'amour par amour
Bonjour Alexia,
Quelques autres poèmes sur d'autres registres !
BALLADE DE LA BELLE HEAULMIERE AUX FILLES DE JOIE
de Villon
"Or y pensez, belle Gantiere,
Qui m'escoliere souliez estre,
Et vous, Blanche la Savetiere,
Ores est temps de vous congnoistre.
Prenez a dextre et a senestre;
N'espargnez homme, je vous prie:
Car vieilles n'ont ne cours ne estre,
Ne que monnoye qu'on descrie.
"Et vous, la gente Saulcissiere,
Qui de dancer estes adextre;
Guillemette la Tapissiere,
Ne mesprenez vers vostre maistre;
Tous vous fauldra clorre fenestre,
Quand deviendrez vieille, flestrie;
Plus ne servirez qu'un vieil prebstre,
Ne que monnoye qu'on descrie.
"Jehanneton la Chaperonniere,
Gardez qu'ennuy ne vous empestre;
Katherine la Bouchiere,
N'envoyez plus les hommes paistre:
Car qui belle n'est, ne perpetre
Leur bonne grace, mais leur rie.
Laide vieillesse amour n'impetre,
Ne que monnoye qu'on descrie.
ENVOI.
"Filles, veuillez vous entremettre
D'escouter pourquoy pleure et crie
C'est que ne puys remede y mettre,
Ne que monnoye qu'on descrie."
La fille de joie
texte et musique d’Augustin Bézier
Tu gagnes ta vie à l'ombre des beaux jours,
et la nuit te sourit quand tu fais l'amour
à des maris menteurs, des hommes qui n'on plus le cœur
à fleurir la Madame, ils ont fané leur femme.
Ils viennent chez toi
chercher un peu de charme,
dans tes bras de gamine,
ils oublient la machine.
Les jours après les jours,
les nuits dans le même lit,
les matins de routine,
et leur vie qui chemine.
Fille de joie,
tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.
Femme de la nuit aux yeux de fard,
t'as le talon haut sur le trottoir
ça fait claquer tous les petits gars
qui viennent pour faire la première fois.
Y a dans ton lit toute la fraîcheur
de ces garçons que tu défleures,
aux plaisirs d'amour consommés,
ces petits anges sont damnés.
T'as même pas de rides
car tu sais voler la jeunesse
à tous ces puceaux de kermesse,
qui aprés la messe iront dire
qu'ils t'on fait pleurer de plaisir,
allez va , laisse-les mentir.
Fille de joie,
tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.
Et puis y a ceux qui sont tout vieux,
qui viennent encore avant la mort,
tirer la vie un dernier coup ;
le corps est mou mais l'âme légère
et c'est si touchant de tendresse
un homme qui, même vielli, se laisse
caresser comme un enfant,
toujours timide malgré le temps.
Tu fais toutes les bricoles,
t'es la reine des gallipettes,
tu offres à ces vieux des gâteries
qu'on leur fera pas au paradis.
Et v'la qu'ils repartent en chantant,
comme s'ils avaient vingt ans
Fille de joie,
tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.
La vivandière de Béranger
1817
Air de B. Wilhem, ou Demain matin, au point du jour, On bat la générale.
1
Vivandière du régiment,
C'est Catin qu'on me nomme.
Je vends, je donne et bois gaîment
Mon vin et mon rogome.
J'ai le pied leste et l'oeil mutin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
J'ai le pied leste et l'oeil mutin :
Soldats, voilà Catin !
2
Je fus chère à tous nos héros ;
Hélas ! combien j'en pleure !
Aussi soldats et généraux
Me comblaient, à toute heure,
D'amour, de gloire et de butin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
D'amour, de gloire et de butin :
Soldats, voilà Catin !
3
J'ai pris part à tous vos exploits
En vous versant à boire.
Songez combien j'ai fait de fois
Rafraichir la Victoire.
Ca grossissait son bulletin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Ca grossissait son bulletin :
Soldats, voilà Catin !
4
Depuis les Alpes je vous sers ;
Je me mis jeune en route.
A quatorze ans, dans les déserts,
Je vous portais la goutte ;
Puis j'entrai dans Vienne un matin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Puis j'entrai dans Vienne un matin :
Soldats, voilà Catin !
5
De mon commerce et des amours
Cétait le temps prospère.
A Rome je passai huit jours,
Et de notre saint-père
Je débauchai le sacristain,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Je débauchai le sacristain :
Soldats, voilà Catin !
6
J'ai fait plus que maint duc et pair
Pour mon pays que j'aime :
A Madrid, si j'ai vendu cher,
Et cher à Moscou même,
J'ai donné gratis à Pantin,
J'ai donné gratis à Pantin :
Soldats, voilà Catin !
7
Quand au nombre il fallut céder
La victoire infidèle,
Que n'avais-je pour vous guider
Ce qu'avait la Pucelle !
L'Anglais aurait fui sans butin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
L'Anglais aurait fui sans butin :
Soldats, voilà Catin !
8
Si je vois de nos vieux guerriers
Pâlis par la souffrance,
Qui n'ont plus, malgré leurs lauriers,
De quoi boire à la France,
Je refleuris encor leur teint,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
Je refleuris encor leur teint :
Soldats, voilà Catin !
9
Mais nos ennemis, gorgés d'or,
Pairont encore à boire.
Oui, pour vous doit briller encor
Le Jour de la victoire.
J'en serai le réveil-matin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
J'en serai le réveil-matin :
Soldats, voilà Catin !
Bonjour Alexia,
Ma dernière livraison avec la punition des femmes qui ont frayé avec l'occupant.
Comprenne qui voudra
Poème de Paul Eluard - 1944
Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés
Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.
baudelaire (que reprend l'intro de reggiani dans la femme qui est dans mon lit : )
si vous la rencontrez bizarrement parée messieurs
ne crachez pas de jurons ni d'ordure
au visage fardé de cette pauvre impure que
déesse famine a par un soir d'hiver,
contrainte à relever ses jupons en plein air
le titre? ah oui le titre….
mémoire en faille
peut etre JE N'AI PAS POUR MAITRESSE…
à vérifier !
Bonsoir Ptipanda,
Gagné !
"Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre"
Baudelaire évoque sa bohème, son inspiration et sans doute sa poèsie.
Jean-Luc a écrit :la punition des femmes qui ont frayé avec l'occupant.
Brassens a écrit :La belle qui couchait avec le roi de Prusse
Avec le roi de Prusse
A qui l'on a tondu le crâne rasibus
Le crâne rasibus
Son penchant prononcé pour les " ich liebe dich ",
Pour les " ich liebe dich "
Lui valut de porter quelques cheveux postich's
Quelques cheveux postich's
Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens
Et les bonnets phrygiens
Ont livre sa crinière à un tondeur de chiens
A un tondeur de chiens
J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison
Parti pour sa toison
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon
Pour sauver son chignon
Mais je n'ai pas bougé du fond de ma torpeur
Du fond de ma torpeur
Les coupeurs de cheveux en quatre m'ont fait peur
En quatre m'ont fait peur
Quand, pire qu'une brosse, elle eut été tondue
Elle eut été tondue
J'ai dit : " C'est malheureux, ces accroch'-cœur perdus
Ces accroch'-cœur perdus "
Et, ramassant l'un d'eux qui traînait dans l'ornière
Qui traînait dans l'ornière
Je l'ai, comme une fleur, mis à ma boutonnière
Mis à ma boutonnière
En me voyant partir arborant mon toupet
Arborant mon toupet
Tous ces coupeurs de natt's m'ont pris pour un suspect
M'ont pris pour un suspect
Comme de la patrie je ne mérite guère
Je ne mérite guère
J'ai pas la Croix d'honneur, j'ai pas la croix de guerre
J'ai pas la croix de guerre
Et je n'en souffre pas avec trop de rigueur
Avec trop de rigueur
J'ai ma rosette à moi: c'est un accroche-cœur
C'est un accroche-cœur
La tondue, 1957
Mais nous sortons du sujet …
merci Jean Luc pour la confirmation ! 🙂
la mémoire est intacte, ca fait plaisir ! 😜