Bonsoir à tous,
Étant actuellement en première S et avec le bac de français en vue à la fin de l'année, je tiens a m'entraîner régulièrement aux épreuves écrites de l'EAF, et notamment à la dissertation (j'adore cet exercice 🙂)
Bref, j'ai eu récemment en guise d'entraînement ce sujet de dissertation de la part d'un membre du forum (merci Micion 🙂) : Le personnage de theatre est-il humain.
J'aimerais juste avoir des avis multiples et diversifiés (Micion m'a déjà dit que mes exemples devraient être moins nombreux pour être plus expliqués / exploités, mais que c'était bien) sur le plan détaillé que j'ai rédigé. Je veux bien aussi les plans que vous auriez fait et suis ouverte à toutes les suggestions et critiques 😀 bonne lecture 🙂
INTRO :
"Le théâtre n'est pas le pays du réel […], c'est le pays du vrai" affirmait Victor Hugo en réponse aux critiques des Anciens lors de la célèbre Bataille d'Hernani du XIXeme siècle. Ainsi, le theatre s'est toujours vu être le support d'une vérité sur l'Homme et sur la vie, présentée plaisamment aux spectateurs à l'aide du jeu des illusions. Des l'Antiquité d'ailleurs, avec la mimesis d'Aristote notamment, le genre théâtral était étroitement lié aux célébrations de l'Humanité, ou tout du moins de la notion d'Humanité - régie par les divinités - qui prônait sous l'Antiquité. Cette présentation divertissante de l'Homme au theatre entraîne avec elle la notion ambigüe d'humanité du personnage, qui se doit - comme dit précédemment - d'être vrai.
Aussi est-il intéressant de se demander si le personnage dramatique est réellement humain.
Afin de répondre à cette question, il convient tout d'abord de faire ressortir l'humanité indéniable du personnage de theatre, pour ensuite souligner l'artificialité de celui-ci et enfin mettre en valeur la réflexion sur la notion d'humanité qu'offrent surtout les personnages dramatiques.
I. Certes, le personnage de théâtre est humain
1- Des sentiments humains
Ex : Le respect d'Electre pour son père, dans Electre de Sophocle
La pitié/compassion de Créon pour Antigone dans Antigone d'Anouilh…
2- Des vices humains
Ex : La Jalousie dans Georges Dandin de Molière
L'orgueil dans Oedipe-roi de Sophocle lorsqu'il tue son père qu'il pensait être un passant parce que celui-ci l'a injurié…
3- La soumission à des principes éthiques et moraux humains
Ex :Le Cid doit venger son père, Phèdre chez Racine sait qu'elle ne peut aimer son fils… (j'ai la flemme de réécrire le nom des pièce qui est le même que celui des personnages éponymes, alors je souligne directement le nom des personnages… )
II. Cependant cette humanité a des limites
1- Un être qui est avant tout un être de papier, évoluant dans un monde fictif
"L'illusion comique", Corneille révèle l'artificialité du personnage qui n'existe qu'à travers l'acteur…
2- Le représentant d'un idéal qui le rend inhumain
Ex: Dans les tragédies notamment -> Electre, Giraudoux : une pureté et une soif de justice qui apparait comme inhumaine : elle se sacrifie et sacrifie les autres…
Polyeucte ?, pour sa piété qui semble lui accorder une nature inhumaine / divine
3- Un être parfois trop simple pour incarner une humanité d'essence complexe
Comédie de moeurs au XVII : Le misanthrope, Molière + Le Tartuffe, Molière = n'incarne qu'un seul trait de caractère
III. Le personnage de théâtre permet de saisir la notion d'humanité
1- Une exploration de l'âme humaine à travers le personnage
EX : L'etude de la naissance de l'amour chez Marivaux dans La double inconstance
Une vision de l'angoisse de l'homme face à la mort dans Le roi se meurt, Ionesco
2- Le personnage de théâtre - bien qu'il soit illusion / fiction - réveille l'humanité du spectateur
Catharsis : epuraiton des passions dans la tragédie : Pitié pour Iphigénie (Racine), sacrifiée par son père
Terreur face à la tyrannie de Néron dans Britannicus de Racine
3- L'artificialité de certains personnages ne reflète t-elle pas celle des hommes et de leurs sociétés ?
Les personnages dans La cantatrice chauve (Ionesco) - qui semblent complètement artificiels et dénués d'humanité - dénonce le non-sens de l'humanité…
De même pour En attendant Gordot, Beckett, surtout avec les silences…
CL :
Ainsi, la notion d'humanité du personnage théâtral est ambigüe, il présente certes des réactions humaines, cependant il reste un être artificiel brossé simplement par le dramaturge - ou en tout cas avec moins de complexité que ne l'a été la nature humaine, mais il permet surtout de saisir cette notion d'humanité, si difficilement percevable, si imprévisible, si belle sans doute.
Le questionnement sur l'humanité des personnages n'est pas exclusive au monde théâtral, elle se présente également dans le genre romanesque, partagé entre réalisme et célébration épique, entre exposition vérace des traits humains des personnages pourtant fictif et idéalisation de ceux-ci.
Merci d'avoir lu jusqu'ici 🙂
J'attends vos réponses avec impatience 🙂
Cordialement.
PS : cette dissertation ne m'a pas été donnée, par le lycée, ne croyez pas que j'attends un corrigé pour le copié dans un devoir maison noté… J'essaie juste de corriger mes erreurs… 🙂
Étant actuellement en première S et avec le bac de français en vue à la fin de l'année, je tiens a m'entraîner régulièrement aux épreuves écrites de l'EAF, et notamment à la dissertation (j'adore cet exercice 🙂)
Bref, j'ai eu récemment en guise d'entraînement ce sujet de dissertation de la part d'un membre du forum (merci Micion 🙂) : Le personnage de theatre est-il humain.
J'aimerais juste avoir des avis multiples et diversifiés (Micion m'a déjà dit que mes exemples devraient être moins nombreux pour être plus expliqués / exploités, mais que c'était bien) sur le plan détaillé que j'ai rédigé. Je veux bien aussi les plans que vous auriez fait et suis ouverte à toutes les suggestions et critiques 😀 bonne lecture 🙂
INTRO :
"Le théâtre n'est pas le pays du réel […], c'est le pays du vrai" affirmait Victor Hugo en réponse aux critiques des Anciens lors de la célèbre Bataille d'Hernani du XIXeme siècle. Ainsi, le theatre s'est toujours vu être le support d'une vérité sur l'Homme et sur la vie, présentée plaisamment aux spectateurs à l'aide du jeu des illusions. Des l'Antiquité d'ailleurs, avec la mimesis d'Aristote notamment, le genre théâtral était étroitement lié aux célébrations de l'Humanité, ou tout du moins de la notion d'Humanité - régie par les divinités - qui prônait sous l'Antiquité. Cette présentation divertissante de l'Homme au theatre entraîne avec elle la notion ambigüe d'humanité du personnage, qui se doit - comme dit précédemment - d'être vrai.
Aussi est-il intéressant de se demander si le personnage dramatique est réellement humain.
Afin de répondre à cette question, il convient tout d'abord de faire ressortir l'humanité indéniable du personnage de theatre, pour ensuite souligner l'artificialité de celui-ci et enfin mettre en valeur la réflexion sur la notion d'humanité qu'offrent surtout les personnages dramatiques.
I. Certes, le personnage de théâtre est humain
1- Des sentiments humains
Ex : Le respect d'Electre pour son père, dans Electre de Sophocle
La pitié/compassion de Créon pour Antigone dans Antigone d'Anouilh…
2- Des vices humains
Ex : La Jalousie dans Georges Dandin de Molière
L'orgueil dans Oedipe-roi de Sophocle lorsqu'il tue son père qu'il pensait être un passant parce que celui-ci l'a injurié…
3- La soumission à des principes éthiques et moraux humains
Ex :Le Cid doit venger son père, Phèdre chez Racine sait qu'elle ne peut aimer son fils… (j'ai la flemme de réécrire le nom des pièce qui est le même que celui des personnages éponymes, alors je souligne directement le nom des personnages… )
II. Cependant cette humanité a des limites
1- Un être qui est avant tout un être de papier, évoluant dans un monde fictif
"L'illusion comique", Corneille révèle l'artificialité du personnage qui n'existe qu'à travers l'acteur…
2- Le représentant d'un idéal qui le rend inhumain
Ex: Dans les tragédies notamment -> Electre, Giraudoux : une pureté et une soif de justice qui apparait comme inhumaine : elle se sacrifie et sacrifie les autres…
Polyeucte ?, pour sa piété qui semble lui accorder une nature inhumaine / divine
3- Un être parfois trop simple pour incarner une humanité d'essence complexe
Comédie de moeurs au XVII : Le misanthrope, Molière + Le Tartuffe, Molière = n'incarne qu'un seul trait de caractère
III. Le personnage de théâtre permet de saisir la notion d'humanité
1- Une exploration de l'âme humaine à travers le personnage
EX : L'etude de la naissance de l'amour chez Marivaux dans La double inconstance
Une vision de l'angoisse de l'homme face à la mort dans Le roi se meurt, Ionesco
2- Le personnage de théâtre - bien qu'il soit illusion / fiction - réveille l'humanité du spectateur
Catharsis : epuraiton des passions dans la tragédie : Pitié pour Iphigénie (Racine), sacrifiée par son père
Terreur face à la tyrannie de Néron dans Britannicus de Racine
3- L'artificialité de certains personnages ne reflète t-elle pas celle des hommes et de leurs sociétés ?
Les personnages dans La cantatrice chauve (Ionesco) - qui semblent complètement artificiels et dénués d'humanité - dénonce le non-sens de l'humanité…
De même pour En attendant Gordot, Beckett, surtout avec les silences…
CL :
Ainsi, la notion d'humanité du personnage théâtral est ambigüe, il présente certes des réactions humaines, cependant il reste un être artificiel brossé simplement par le dramaturge - ou en tout cas avec moins de complexité que ne l'a été la nature humaine, mais il permet surtout de saisir cette notion d'humanité, si difficilement percevable, si imprévisible, si belle sans doute.
Le questionnement sur l'humanité des personnages n'est pas exclusive au monde théâtral, elle se présente également dans le genre romanesque, partagé entre réalisme et célébration épique, entre exposition vérace des traits humains des personnages pourtant fictif et idéalisation de ceux-ci.
Merci d'avoir lu jusqu'ici 🙂
J'attends vos réponses avec impatience 🙂
Cordialement.
PS : cette dissertation ne m'a pas été donnée, par le lycée, ne croyez pas que j'attends un corrigé pour le copié dans un devoir maison noté… J'essaie juste de corriger mes erreurs… 🙂



