Bonjour,
Je viens ici car j'ai terriblement besoin d'aide. Cela fait deux semaines que je n'ai aucune idée de comment organiser mon commentaire sur Un homme qui dort, de Gorges Perec.
Je pense avoir trouvé quelques pistes, comme la problématique, mais j'hésite encore. J'ai donc besoin de votre avis.
Problématique: "Comment G. Perec met-il en forme la banalité du personnage ainsi que de sa vie grâce aux caractéristiques du mouvement littéraire du Nouveau Roman" ou alors "Comment l'auteur montre la monotonie du personnage et de sa vie"
Pour le plan,, je pensais à:
la banalité de la vie du personnage:
- des actions simples et monotones
- un décor simple et
commun
- des actions extérieures ordinaires
techniques d'écriture choisies:
- utilisation de la deuxième personne du singulier
- descriptions par liste de banalités
Et pour l'intro, je n'arrive pas à en formuler une correcte, du coup….
Mais là, il me manque une troisième partie, j'ai vraiment besoin de vous… Je n'ai jamais fait de commentaires, c'est pourquoi j'ai du mal à en pondre un comme ça.
Je vous remercie !
Le texte en question:
Je viens ici car j'ai terriblement besoin d'aide. Cela fait deux semaines que je n'ai aucune idée de comment organiser mon commentaire sur Un homme qui dort, de Gorges Perec.
Je pense avoir trouvé quelques pistes, comme la problématique, mais j'hésite encore. J'ai donc besoin de votre avis.
Problématique: "Comment G. Perec met-il en forme la banalité du personnage ainsi que de sa vie grâce aux caractéristiques du mouvement littéraire du Nouveau Roman" ou alors "Comment l'auteur montre la monotonie du personnage et de sa vie"
Pour le plan,, je pensais à:
la banalité de la vie du personnage:
- des actions simples et monotones
- un décor simple et
commun
- des actions extérieures ordinaires
techniques d'écriture choisies:
- utilisation de la deuxième personne du singulier
- descriptions par liste de banalités
Et pour l'intro, je n'arrive pas à en formuler une correcte, du coup….
Mais là, il me manque une troisième partie, j'ai vraiment besoin de vous… Je n'ai jamais fait de commentaires, c'est pourquoi j'ai du mal à en pondre un comme ça.
Je vous remercie !
Le texte en question:
« Il fait nuit. De rares voitures passent en trombe. La goutte d'eau perle au robinet du palier. Ton voisin est silencieux, absent peut-être ou mort déjà. Tu es étendu, tout habillé, sur la banquette, les mains croisées derrière la nuque, genoux haut. Tu fermes les yeux, tu les ouvres. Des formes virales, microbiennes, à l'intérieur de ton oeil ou à la surface de ta cornée, dérivent lentement de haut en bas, disparaissent, reviennent soudain au centre, à peine changées, disques ou bulles, brindilles, filaments tordus dont l'assemblage dessine comme un animal à peine fabuleux. Tu perds leur trace, tu les retrouves ; tu te frottes les yeux et les filaments explosent, se multiplient.
Du temps passe, tu sommeilles. Tu poses le livre ouvert à-côté de toi, sur la banquette. Tout est vague, bourdonnant. Ta respiration est étonnamment régulière. Une petit bestiole noire vraisemblablement irréelle ouvre une brèche insoupçonnée dans le labyrinthe des fissures du plafond.
Tu traînes dans les rues, la nuit, le jour. Tu rentres dans les cinémas de quartiers où flotte l'odeur insistante des désinfectants, tu manges des sandwiches à des comptoirs, des frites dans des cornets, tu traverses les fêtes foraines, tu joues au billard électrique, tu vas dans les musées, dans les marchés, dans les gares, dans les bibliothèques de lecture publique, tu regardes les vitrines des antiquaires rue Jacob, des marchands de verrerie rue du Paradis, des marchands de meuble faubourg Saint-Antoine.
Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d'ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît ni ne te déplaît. Tu trouves, dans cette vie sans usure et sans autre frémissement que ces instants suspendus que te procurent les cartes ou certains bruits, certains spectacles que tu te donnes, un bonheur presque parfait, fascinant, parfois gonflé d'émotions nouvelles. Tu connais un repos total, tu es, à chaque instant, épargné, protégé. Tu vis dans une bienheureuse parenthèse, dans un vide plein de promesses et dont tu n'attends rien. Tu es invisible, limpide, transparent. Tu n'existes plus : suite des heures, suite des jours, le passage des saisons, l'écoulement du temps, tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment, comme une goutte d'eau qui perle au robinet d'un poste d'eau sur un palier, comme six chaussettes trempées dans une bassine de matière plastique rose, comme une mouche ou comme une huître, comme une vache, comme un escargot, comme un enfant ou comme un vieillard, comme un rat. »



