Bonsoir à tous !
Je suis actuellement en pleine étude de la Double Inconstance de Marivaux, en premiere S…
Aussi ai-je une petite question qui trottine dans ma tête : A quel courant littéraire Marivaux appartient-il ?
Certes le XVIIIe siècle est marqué par la pensée des Lumières, oui le classicisme persiste encore jusqu'aux années 1720, mais j'ai du mal à identifier des points communs entre le style de Marivaux et ces deux courants de pensée…
Vos avis divers seront accueillis avec joie ! 🙂
Cordialement
Bonsoir!
En fait, je ne suis pas sûr car je ne connais pas cet auteur mais le tableau ci-contre:
https://www.etudes-litteraires.com/mouvements-litteraires/tableau le classe parmi les Lumières, même s'il s'agit plus d'un mouvement de pensée que d'un courant littéraire…
Mais tu peux m'en dire plus sur La Double Inconstance? Est-ce que l'oeuvre respecte les règles liées au classicisme (les trois unités, les bienséances etc.). Si oui, cette comédie est classique, après, un auteur peut avoir recours à plusieurs courants littéraires (comme Maupassant, partagé entre réalisme ou naturalisme).
Puis, selon mon très cher ami Wikipédia, voici ce que je trouve pour les courants littéraires du XVIIIème siècle: les Lumières, l'Illuminisme, les Libertins, le Scientisme et le Romantisme en fin de siècle.
Ma réponse n'est peut-être pas excellente (loin de là) mais elle t'offre peut-être des bases de recherche.
Marivaux est un auteur de transition.
Son théâtre reprend la devise de la comédie classique castigat ridendo mores (c’est-à-dire corriger les mœurs par le rire) mais il prépare aussi la critique sociale du mouvement philosophique.
Essentiellement il produit un style nouveau,un théâtre plus littéraire et psychologique, fondé sur l'art de la conversation.
Bonjour à tous !
Désolée de ne pas avoir répondu plus tôt, je vois qu'il y a des couche-tard et des lève-tôt sur ce site, je ne suis aucun des deux….
Bref, pour répondre a chantereine, oui il y a une unité de lieu et de temps, mais je ne sais pas si on peut dire qu'il y a une unité d'action… L'intrigue est en effet relativement complexe, il se développe une multitude d'intrigues amoureuses (la destruction d'une première qui permet le développement de deux autres…)… Après quelques recherches, je trouve également que Marivaux souhaitait distancer son œuvre de celle de Molière, et s'inspirait plutôt du Theatre Italien…. On se perd n'est ce pas ? 🙄
Au final, je pense que la réponse de Jean-Luc est peut être la plus vraisemblable : il est certain que l'on retrouve une critique de la société, qui se marie tant avec le theatre classique que Les Lumières, et puis c'est vrai qu'il y a une analyse psycologique très approfondies des personnages et de leur amour naissant…
Bon eh bien je crois que je vais arrêter de toujours vouloir rentrer un auteur dans une case (même si pour le bac de français c'est TRÈS rassurant 🙂 ).
Merci infiniment à vous deux pour votre aide rapide et précieuse !
Bonne fin de matinée 🙂
Drôle d'idée cependant de vouloir rattacher ce franc-tireur de Marivaux à un courant littéraire. Comme tous les grands, il est à lui-même son propre courant…
A quel courant littéraire Marivaux appartient-il ?
S'il faut absolument le classer dans un courant littéraire, ce ne peut être que dans celui des lumières, même si ce n'est pas le meilleur ami de Voltaire.
Il a écrit des comédies sociales qui posent le problème la liberté et l’égalité entre les individus (L'Île des esclaves en 1725) et s'inscrivant bien dans son siècle.
Et même si c'est surtout par son théâtre qu'il est connu, un roman comme
La vie de Marianne, ou les articles philosophico-moralistes qu'il écrit dans sa gazette développent des idées sur les problèmes de la société hiérarchisée et les difficultés de la reconnaissance du mérite personnel.
L'esprit humain, rationnel, a tendance a mettre les auteurs, les artistes et les œuvres dans des cases, ce qui a un avantage indéniable en termes de pédagogie pour l'avenir, mais, bien entendu, ne correspond jamais exactement à une réalité - sauf appartenance assumée à un courant bien identifié ou copie conforme d'œuvres précédentes. En revanche il n'est pas inopportun de citer des sources d'inspiration ou des affinités.
Quant à considérer Marivaux comme ami ou non de Voltaire, rien d'inquiétant : bien souvent, au sein d'un même courant, on trouve des personnalités très différentes, voire antagonistes, différences en général sources de richesses et de complémentarité.
Au final, fût-il des Lumières ou de transition, Marivaux est Marivaux et c'est pour ça qu'on l'aime. 🙂
Delia a écrit :Drôle d'idée cependant de vouloir rattacher ce franc-tireur de Marivaux à un courant littéraire. Comme tous les grands, il est à lui-même son propre courant…
Drôle d'idée…pas tellement. Les auteurs ont toujours été (à des degrés plus ou moins élèves…) influencés par des courants d'idées dues à l'évolutions des sociétés… Certes, je conçois que Marivaux ne puisse être "casé" dans tel ou tel mouvement littéraires / de pensée, simplement j'essaie de comprendre ce qui l'a plus ou moins influencé dans l'écriture de ses œuvres (et notamment de la Double Inconstance).
Bref, s'il m'est demandé d'établir un lien entre Marivaux et un mouvement, je dirai qu'il semble s'accorder a la pensée des Lumières au XVIIIe, bien qu'il reste un dramaturge (et auteur d'après le message de Gabiana) relativement marginal avec un style qui lui reste propre. (Bien qu'il y ait quand même un héritage du classicisme et du Theatre Italien…)
Merci pour ces éclaircissements en tout cas ! 🙂
Cordialement.
boulou99 a écrit :je dirai qu'il semble s'accorder a la pensée des Lumières au XVIIIe, bien qu'il reste un dramaturge (et auteur d'après le message de Gabiana) relativement marginal avec un style qui lui reste propre. (Bien qu'il y ait quand même un héritage du classicisme et du Theatre Italien…)
J'éviterais le terme de "marginal" pour un oral du bac 🙂