Département de philosophie des ENS

La filière littéraire

17 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Salut à vous!

Je me posais une petite question : laquelle des ENS (entre Paris et Lyon) a le "meilleur" département en ce qui concerne la philo? Se valent-elles?

Merci d'avance! 🙂
De manière générale, quelqu'un en philo admis aux deux Ens choisira assez naturellement Ulm, donc je suppose qu'Ulm est mieux reconnu. Aux échos que j'ai eus, il paraîtrait néanmoins que Lyon dispose de meilleures ressources en terme de documentation (sur certains points au moins), vu qu'il semble arriver que des philosophes d'Ulm aillent faire leur thèse à Lyon pour cette raison.

Je laisse à ceux ayant testé les deux préciser davantage, enfin si on en a en stock évidemment !
Après (et ça je l'ai lu partout sur Internet), le prestige d'Ulm joue aussi énormément, et apparemment pour certains domaines comme l'art et les langues, c'est dommage parce que Lyon semble surpasser Paris, qui est plus reconnue en Lettres Classiques et tout ça… Mais bon, pour la philo, j'ai pas trouvé d'info…
Ulm est plus reconnue. Je ne connais pas réellement le département de Lyon, cela dit… Mais pour le prestige, Ulm à coup sûr.
Je pense qu'ils se valent à peu de choses près (si tu te demandes les possibilités offertes, la compétence des profs, le niveau des élèves, les ressources disponibles). Si je pars du principe que le prestige est un critère important mais pas déterminant, je fonderais plutôt mon choix en me renseignant sur l'orientation "philosophique" de chaque école. Les plaquettes de cours sont disponibles, tu peux les consulter librement. Je ne connais que Lyon, mais la tendance est clairement à la philosophie politique et sociale + philosophie classique (Spinoza, Descartes, Malebranche, etc) + philosophie allemande. Il n'y a pas, ou très peu, de cours (et donc de prof susceptible de diriger tes recherches), en phénoménologie, philosophie analytique, philosophie antique (en ce moment en tout cas). Je ne sais pas ce qu'il en est pour Ulm, mais selon ton domaine de recherche, tu peux être amené à préférer tel ou tel département.
La préparation à l'agrégation est un autre critère, au cas où tu souhaites la passer : il suffit de consulter la plaquette statistique que diffuse le jury chaque année pour voir d'où viennent les admis (mettons sur les 10 dernières sessions?). Bref, il y a quand même moyen de comparer les deux départements de manière relativement rationnelle, plus ou moins indépendamment du "prestige".
Réponse plus intéressante que la mienne NE. Je vais donc continuer dans ta lancée.

L'avantage et l'inconvénient de Ulm, c'est que Ulm n'est pas une vraie école au sens d'une totalité cohérente et fermée, donc tu reçois les cours de Paris I, Paris IV, EHESS, Nanterre à côté, selon ton choix. Je ne sais pas si Ulm a un profil particulièrement marqué, de ce fait… C'est plutôt un complément pour les cours de la fac et une préparation à l'agrèg.

Je crois que les résultats à l'agrèg se valent à peu près. De même, j'ai eu de bons échos des cours de Lyon…
Zwizwi a écrit :il semble arriver que des philosophes d'Ulm aillent faire leur thèse à Lyon pour cette raison.
Je laisse à ceux ayant testé les deux préciser davantage, enfin si on en a en stock évidemment !
Bonsoir,

Le lieu du doctorat est principalement déterminé par l'affiliation du directeur de thèse, pas par la bibliothèque… De plus certains quotas dans les allocations pour les normaliens (de Paris) incitent les futurs doctorants à s'inscrire en province plutôt qu'en région parisienne.

Cordialement.
On peut aussi noter une orientation assez marquée à Ulm vers la philosophie contemporaine (avec le "Philmaster") et l'épistémologie (avec le LoPHiSS), qui se traduit non seulement par la présence de ces deux masters cohabilités mais encore par le fait que ces champs concentrent une bonne partie des cours. On notera aussi la présence de certaines ressources comme le Caphés et les archives Husserl (qui confirment d'ailleurs cette orientation).
Bonjour,
Je me permets de réveiller ce fil intéressant pour demander d'autres avis au sujet des différences entre les départements des deux ENS. Hypo indécise pour la khâgne Ulm ou Lyon, j'essaie de faire entrer dans la balance ce que donnerait mon choix dans une éventuelle réussite, puisque je n'ai pas vraiment de préférence au niveau du programme de préparation et que ni le latin ni la géo ne présentent d'obstacle particulier.
Je serais plus intéressée en théorie par le département de Lyon, plus explicitement orienté philosophie politique, sociale selon ce que j'ai pu lire sur ce forum, alors qu'ulm serait davantage tourné vers l'épistémologie, la métaphysique, etc. Est-ce que cette différence schématique existe toujours ? En regardant les domaines de recherches des professeurs et les offres de cours, il me semble que c'est toujours le cas, mais je me demandais si un normalien de Lyon avait un avis à partager sur la question.
Je me demandais aussi, au vu de l'éclatement des cours à Ulm (Paris I, Nanterre, etc), si cette orientation se faisait vraiment sentir ou si l'orientation de l'école était équilibrée par des cours dans des facs ou à l'EHESS - que j'envisage en cas d'échec, quelqu'un a des infos sur cette école ?- plus centrées autour des sciences sociales. J'avais aussi lu que dans une perspective d'agrégation, l'avantage d'être à Ulm était d'avoir une offre plus large de cours que l'on pouvait choisir, en plus de la liberté que laisse l'école au niveau des cours, jusqu'à quel point n'est-ce pas possible à Lyon ?
Pour vous donner une idée plus précise de mes préférences pour l'instant, je suis très intéressée par les dialogues de la philosophie et des sciences sociales, la philosophie politique, et par l'esthétique. J'ai bien vu une doctorante d'Ulm, chargée de mission d'enseignement, spécialisée dans la théorie critique et l'Ecole de Francfort (dont j'ai découvert les écrits avec plaisir, malheureusement pas en allemand que je n'ai pas eu en LV2), mais les cours de Lyon en général semblent intégrer davantage de cours dans le domaine politique en général.
Est-ce que vous confirmez ces observations ? Que me conseilleriez-vous ?

J'espère ne pas vous avoir assommés de questions, merci d'avance à ceux qui prendront le temps de m'éclairer !
Arielle
Salut,

Est-il envisageable en philosophie de préparer les deux concours? Ça l'est en langues, mais c'est peut être plus difficile pour les autres disciplines non linguistiques/littéraires.

Si la réponse est oui, prépare Ulm et Lyon: tu sembles plus intéressée par l'offre de cours de Lyon, mais je ne pense pas m'avancer trop en disant que tu ne seras pas déçue de ce point de vue là si tu finis à Paris: la formation à Ulm est bien plus ouverte que celle de Lyon, au moins à cause de la taille de la ville. Autant, donc, maximiser tes chances de réussite si cela est raisonnable bien sûr. Après, il y a peut-être un professeur en particulier à Lyon dont tu veux absolument être l'étudiant, je ne sais pas. Mais ce que tu expliques de tes goûts qui sont déjà bien ciblés, il me semble que Paris comme Lyon pourraient te convenir (ç'aurait été différent si tu avais été indécise). D'où l'idée d'essayer d'entrer dans les deux écoles (donc, khâgne ulm plutôt).

Je ne sais pas trop si je suis clair, et si j'ai fait avancer le schmilblick; je ne doute pas que les autres utilisateurs du forum qui ont été élèves à Ulm pourront te répondre de façon plus ciblée.


Courage pour la fin de l'année, et repose toi bien cet été !
Les différences d'identité des deux départements sont, me semble-t-il, vraiment peu importantes. Je ne sais pas si Lyon est davantage axée sur la philosophie politique, mais j'ai travaillé à Ulm sur un sujet tiraillé entre la philosophie et les sciences politiques, et je n'ai jamais eu l'impression d'être déconsidéré pour cela. A la réflexion, c'était même un profil relativement courant dans le département. Au contraire, Ulm -sans doute comme Lyon- encourage à la pluridisciplinarité. Donc, très honnêtement, je dirais que, Ulm ou Lyon, ça ne changera rien à ton projet.

Dès lors, je situerais la question à d'autres niveaux :
- Si tu vas en khâgne Ulm, tu peux plus facilement passer les deux concours que si tu es en khâgne Lyon. Et comme le dit mattlev, si tu peux tenter les deux concours (ce qui est une charge de travail conséquente, mais ce qui est possible) fais le.

- Si tu vas en khâgne Ulm, tu auras des cours de latin ou de grec, alors qu'en khâgne Lyon, tu auras des cours de géographie. Si tu as un projet précis en tête, tu peux voir cette alternative à la lumière de ce projet, autrement, c'est la seule question de ton intérêt et de ton agrément.

- Ulm est un peu plus tolérante ou flexible sur le parcours durant la scolarité, ce qui permet d'être un peu plus libre d'explorer une seconde discipline. A l'ENS Lyon (que je connais moins, et donc je peux me tromper), il me semble que l'école mets davantage l'accent sur l'agrégation (et par conséquent, elle a sans doute aussi une préparation plus carrée). Là encore, ça se discute, car finalement on est assez libre à Lyon, et la prép'agrèg à Ulm est bonne, mais disons que ce sont des tendances.
Merci à vous deux pour vos réponses !

Je dois d'abord apporter une petite précision qui change la donne, puisque dans ma khâgne de province, la préparation à la géo chevauche une heure de spé philo, est-il vraiment stratégique de s'imposer une préparation seul pour la géo de Lyon alors qu'on est en Ulm (et qu'on ne doit pas manquer de travail) ?

Pour une éventuelle thèse (j'aime bien avoir la vue longue… trop longue ?), reste-t-on usuellement dans le coin de l'école ? Mon souci pour les départements rejoint à l'horizon celui d'avoir les opportunités de trouver un directeur de thèse potentiel, d'où mon inquiétude sur l'orientation de recherche dominante. Les doctorants qui ne connaissent pas de spécialiste sur leur sujet s'en sortent-il ?
En général, oui, c'est stratégique de passer les deux concours. Parce que c'est un concours difficile et que ça vous permet d'avoir deux chances au lieu d'une. Est-ce que dans votre cas, étant donné vos points forts et vos points faibles, vos centres d'intérêt, votre capacité de travail, votre projet, ça l'est ? A vous de trancher. 🙂

La thèse n'est pas nécessairement liée à l'Ecole, non. Les doctorants qui ne connaissent pas de spécialistes sur leur sujet ont raté quelque chose dans la préparation de leur mémoire de master ou dans leur projet de thèse !
Bonjour Arielle,

Le directeur de thèse n'est pas obligatoirement dans ton ENS, heureusement car cela restreindrait beaucoup les sujets de recherche. J'étais à l'ENS de Lyon en Histoire, et dès mon master, mon mémoire était dirigé par un directeur d'une autre université. C'était le cas de beaucoup de mes camarades. Je suppose que c'est possible en philo aussi. Il faut bien sûr penser à la distance géographique, et prévoir quelques déplacements par an pour rencontrer le directeur -Skype peut aussi aider. Par ce biais, tu auras déjà travaillé avec ton futur directeur de thèse avant la thèse (bonne idée pour voir le contact passe…).

Si en master tu ne peux pas ou ne veux pas travailler avec un directeur extérieur, il est toujours temps durant le M2 de contacter un ou plusieurs directeurs de thèse potentiels pour discuter avec eux d'un projet. Après tes années de master, tu n'es plus lié à l'ENS, sauf si tu choisis d'y faire ta thèse.

Pour le fait de passer les deux concours : aller en Ulm permet de tenter plus facilement les deux, comme l'a dit Artz. La question de ton niveau en géo est très importante. Si tu as déjà bien compris la méthode de la dissertation, que tu obtiens de bonnes notes, que tu te sens plutôt à l'aise en croquis, la seule chose qui te manquera sera la partie "Connaissances" de fond. Et là encore, si tu es méthodique et efficace, cela ne demande pas tant de travail pour avoir une très bonne note. Il faut surtout être au taquet sur les définitions et avoir une batterie de bons exemples, qui peuvent te servir pour différents sujets, afin d'en avoir moins à assimiler.
La spécificité des contrats délivrés par les ENS est qu'ils permettent d'aller faire la thèse dans n'importe quelle structure de recherche française. Un ami, par exemple (et c'est un cas très courant, car l'école est petite) a reçu une réponse positive hier quant à sa demande de bourse de thèse par l'ENS de Lyon: il va faire sa thèse à Paris III, auprès d'un professeur qui y travaille, et devrait normalement y donner des cours.
Merci d'avoir pris le temps de m'éclairer !

Pour ce qui est de la géo, en théorie et au vu de mes résultats de cette année, j'ai un bon niveau (15+) mais je ne suis pas non plus "à l'aise" en croquis, auxquels je ne m'étais même jamais exercé avant cette année, bien que le feuilletage rapide de manuels se soit montré efficace. Il se trouve même que la géo m'intéresse, mais j'avoue que le programme de cette année (le Brésil) m'attire beaucoup moins que celui sur les inégalités de l'an dernier, beaucoup plus directement axé socio et politique :/
La préparation des deux écoles sans cours de géo se fait-elle couramment pour les bons khâgneux/khûbes ulm parisiens ?
J'ai un profil assez équilibré (mis à part peut-être l'histoire ~12), mais j'avoue que j'ai tout de même la crainte persistante que la préparation des deux programmes puisse me disperser excessivement…

En ce qui concerne la thèse, vos réponses sont rassurantes, mais je retiens que ce genre de contacts se joue davantage au moment du mémoire, donc ne pas traîner dans ses projets et démarches 🙄
Les préparationnaires parisiens ne sont pas la mesure de toute chose. La double préparation se pratique dans toute la France.
Mon parrain de prépa a eu 18 à son épreuve en lisant les cours fournis par ses camarades: c'est donc faisable…

Tu peux aussi tester une année de khâgne classique pure "pour voir", tu présentes les deux concours et tu auras peut-être une bonne surprise. L'année de khûbe est plus "commode" (les repères sont déjà là) et se prête sans doute plus à une double préparation sérieuse. Je suis certain de cela pour les langues: cela marche assez bien; en philo, je ne sais pas.