Bonjour, j'ai une anthologie poétique à faire et je me demander si quelqu'un connait des poèmes fait par des poètes femme et qui parle des hommes. Et est-ce un bon sujet pour une anthologie?
Merci d'avance.
Merci d'avance.
10 réponses
À qui plus est un Amant obligé :Louise Labé
Ou à Amour, ou vraiment à sa Dame ?
Car son service est par eux rédigé
Au rang de ceux qui aiment lauds, et fame.
À lui il doit le coeur, à elle l'Âme,
Qui est autant comme à tous deux la vie ;
L'un à l'honneur, l'autre à bien le convie ;
Et toutefois voici un très-grand point,
Lequel me rend ma pensée assouvie :
C'est que sans Dame Amour ne serait point.
(Rymes XXIV)
Quelle grandeur rend l'homme vénérable ?Anna de NOAILLES (1876-1933)
Quelle grosseur ? quel poil ? quelle couleur ?
Qui est des yeux le plus emmielleur ?
Qui fait plus tôt une plaie incurable ?
Quel chant est plus à l'homme convenable ?
Qui plus pénètre en chantant sa douleur ?
Qui un doux luth fait encore meilleur ?
Quel naturel est le plus amiable ?
Je ne voudrais le dire assurément,
Ayant Amour forcé mon jugement ;
Mais je sais bien, et de tant je m'assure,
Que tout le beau que l'on pourrait choisir,
Et que tout l'art qui aide la Nature,
Ne me sauraient accroître mon désir.
Vous êtes mort un soirAndrée Chedid
Vous êtes mort un soir à l'heure où le jour cesse.
Ce fut soudain. La douce et terrible paresse
En vous envahissant ne vous a pas vaincu.
Rien ne vous a prédit la torpeur et la tombe.
Vous eûtes le sommeil. Moi, je peine et je tombe,
Et la plus morte mort est d'avoir survécu.
Devançant l'infaillible mort
De siècles en continents
Les hommes saignent l'homme
Ils lacèrent son visage
Ils calcinent son rêve
Ils le rongent jusqu'aux dents!
Quand il est entré dans mon logis clos,Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?
Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle,
Qu’ils semblaient, — si gais, si légers, si doux, —
Deux petits oiseaux caressant la dalle.
De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?
Il m’a demandé du beurre, du pain,
— Ma main en l’ouvrant caressait la huche —
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.
Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?
Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…
Et je causais, je causais, je causais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?
Quand il est parti, pour finir l’ourlet
Que j’avais laissé, je me suis assise…
L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…
Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Toi
Dans une tour de soleil
Toi
Dans la terre
Avec mes ongles retournés
Toi
N'en déplaise aux loups
Qui cernent mon sommeil
Toi
Dans la mer
À la pelure fraîche lavée
Avec les mille doigts du bonheur
Avec le fuseau des heures enlacées
Avec les continents en dérive
Toi
Dans la chambre où je veille
Épaule contre ma joue
Fougère qui parle dans les vitres
Arbre du sang qui me dessine
Toi
À plein cœur à pleine voix
Toi
Dans les souvenirs à venir
Pour l'enfant que nous n'avons pas.
Hélène CADOU In Le prince des lisières, © Rougerie 2007
Notre feu, travail et envie
se dissipe
dans le ventre du soir.
Peu de formes demeurent :
une bulle d'eau
un pistil
une caresse d'homme
pour nous rattacher à la nuit
qui se voûte en silence.
L'horoscope de notre mort
court les routes
chapeauté du vert qui scintille
dans notre sang."
Marie-Claire Banquart - extraits de Le corps certain éditions Comp'Act La Polygraphe
Il
y a-t-il une poétesse
dans le livre, le je du livre
cherchez
les thèmes à grand F
traquez l’accord de l’adjectif
poétesse
fi ! le mot est trop laid
écrivaine
la chute est bien rude
femme poète
mais alors elles sont deux
femme de plume
sans S s’il vous plaît
pour éviter le truc et le boa
femme de lettres
mazette ! femme de l’être
femme d’œuvre
pas mal le e dans l’o
comme l’œuf
poète
tout simplement
mais alors à quoi bon la question
Patricia Castex Menier
édition Printemps des poetes 2010
Poèmes Couleur femme