Anthologie poétique sur le thème des hommes

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'ai une anthologie poétique à faire et je me demander si quelqu'un connait des poèmes fait par des poètes femme et qui parle des hommes. Et est-ce un bon sujet pour une anthologie?

Merci d'avance.
Pernette du GUILLET (1520-1545)
À qui plus est un Amant obligé :
Ou à Amour, ou vraiment à sa Dame ?
Car son service est par eux rédigé
Au rang de ceux qui aiment lauds, et fame.


À lui il doit le coeur, à elle l'Âme,
Qui est autant comme à tous deux la vie ;
L'un à l'honneur, l'autre à bien le convie ;
Et toutefois voici un très-grand point,
Lequel me rend ma pensée assouvie :
C'est que sans Dame Amour ne serait point.

(Rymes XXIV)
Louise Labé
Quelle grandeur rend l'homme vénérable ?
Quelle grosseur ? quel poil ? quelle couleur ?
Qui est des yeux le plus emmielleur ?
Qui fait plus tôt une plaie incurable ?


Quel chant est plus à l'homme convenable ?
Qui plus pénètre en chantant sa douleur ?
Qui un doux luth fait encore meilleur ?
Quel naturel est le plus amiable ?


Je ne voudrais le dire assurément,
Ayant Amour forcé mon jugement ;
Mais je sais bien, et de tant je m'assure,


Que tout le beau que l'on pourrait choisir,
Et que tout l'art qui aide la Nature,
Ne me sauraient accroître mon désir.
Anna de NOAILLES (1876-1933)
Vous êtes mort un soir
Vous êtes mort un soir à l'heure où le jour cesse.
Ce fut soudain. La douce et terrible paresse
En vous envahissant ne vous a pas vaincu.
Rien ne vous a prédit la torpeur et la tombe.
Vous eûtes le sommeil. Moi, je peine et je tombe,
Et la plus morte mort est d'avoir survécu.
Andrée Chedid
Devançant l'infaillible mort
De siècles en continents
Les hommes saignent l'homme


Ils lacèrent son visage
Ils calcinent son rêve


Ils le rongent jusqu'aux dents!
Marie Noël – Chanson
Quand il est entré dans mon logis clos,
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle,
Qu’ils semblaient, — si gais, si légers, si doux, —
Deux petits oiseaux caressant la dalle.

De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?

Il m’a demandé du beurre, du pain,
— Ma main en l’ouvrant caressait la huche —
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?

Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…

Et je causais, je causais, je causais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l’ourlet
Que j’avais laissé, je me suis assise…
L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…

Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)


Toi qui m'as tout repris…
Toi
Dans une tour de soleil
Toi
Dans la terre
Avec mes ongles retournés


Toi
N'en déplaise aux loups
Qui cernent mon sommeil
Toi
Dans la mer
À la pelure fraîche lavée


Avec les mille doigts du bonheur
Avec le fuseau des heures enlacées
Avec les continents en dérive


Toi
Dans la chambre où je veille
Épaule contre ma joue
Fougère qui parle dans les vitres
Arbre du sang qui me dessine


Toi
À plein cœur à pleine voix
Toi
Dans les souvenirs à venir
Pour l'enfant que nous n'avons pas.


Hélène CADOU In Le prince des lisières, © Rougerie 2007
Christine de Pisan, veuve très tôt, a composé des poèmes sur l'absence de l'être aimé. Je n'en ai pas sur moi mais cela se trouve facilement
Notre feu, travail et envie
se dissipe
dans le ventre du soir.

Peu de formes demeurent :

une bulle d'eau
un pistil
une caresse d'homme
pour nous rattacher à la nuit
qui se voûte en silence.

L'horoscope de notre mort
court les routes
chapeauté du vert qui scintille
dans notre sang."

Marie-Claire Banquart - extraits de Le corps certain éditions Comp'Act La Polygraphe
Quant à la question sur la pertinence du sujet… Je pense que pour une anthologie, c'est un peu réducteur ou alors il faut reformuler le sujet, les femmes poètes existent (vous en avez cité quelques unes) donc il peut y avoir des thèmes plus précis je pense !

NB: Je dis ça d'un oeil masculin et extérieur ! ;D
Poète ou poétesse ? 🙂
Il
y a-t-il une poétesse
dans le livre, le je du livre

cherchez
les thèmes à grand F
traquez l’accord de l’adjectif

poétesse
fi ! le mot est trop laid

écrivaine
la chute est bien rude

femme poète
mais alors elles sont deux

femme de plume
sans S s’il vous plaît
pour éviter le truc et le boa

femme de lettres
mazette ! femme de l’être

femme d’œuvre
pas mal le e dans l’o
comme l’œuf

poète
tout simplement
mais alors à quoi bon la question

Patricia Castex Menier


édition Printemps des poetes 2010
Poèmes Couleur femme
J'avais mis "femme poète", mais oui… ça fait deux !

J'opte pour poétesse, suivons les règles grammaticales 🙂 et je ne trouve pas que ce soit laid.
Talisma Nasreen est une de mes poétesses favorites, elle a d'ailleurs composé un recueil intitulé Femmes.
Merci beaucoup pour tous ces poèmes et vos réponses!