Master recherche ou enseignement ?

La filière littéraire

39 réponses · Page 2 / 2

rélie a écrit :Ma question est donc: comment choisi-t-on son master, selon quels critères? La spécialité que l'on choisi est, je pense, un point essentiel mais est-ce si déterminant pour la suite? jusqu'à quel point cela a-t-il une incidence?
Tout d'abord par goût. Pour travailler une ou deux années sur un sujet il faut qu'il plaise vraiment et que ce ne soit pas un choix par défaut. Ensuite par intérêt : il y a moins de monde en langue française ou littérature médiévale, 16e, 17e.. qu'en littérature des 19-20-21ème siècles
Ce choix n'est important que si tu vises par la suite un doctorat et éventuellement l'enseignement supérieur. Cependant ce n'est pas nouveau, un doctorat ne vaut la peine d'être tenté qu'avec un très bon master (mention TB) et une agreg pour assurer derrière; quant à l'enseignement supérieur, beaucoup d'intéressés mais très très peu de places 🙂
Tenno a écrit :J'ai un master recherche, le CAPES (en candidat libre pendant mon M2) et l'agrégation (obtenue pendant une année de report de stage du CAPES).

Pendant l'année de stage, on est affecté soit en M2 MEEF si on n'a qu'un M1 (avec un M2 MEEF à valider, donc, pour obtenir un master), soit en M2 MEEF si on a déjà un master (sans M2 MEEF à valider, juste à suivre les cours et se présenter aux examens).

Le master recherche prépare mieux à l'agrégation. Le master MEEF prépare mieux au CAPES.

Pour un très bon étudiant, préparer le CAPES relèvera du bachotage et vu le niveau des candidats qui s'y présentent, cela sera facile pour ce très bon étudiant d'obtenir le CAPES en candidat libre. Ensuite, il pourra se consacrer à l'agrégation.

En revanche, l'inverse me parait difficile. Car préparer le CAPES en M1 MEEF revient à ne faire que la préparation du CAPES (oublié toutes les profondeurs intellectuelles de la recherche) et tomber en M2 MEEF avec le stage.
C'est-à-dire se remettre à l'agrégation après le stage (car oui, on ne peut pas demander un report de stage, vu qu'il faut un master complet pour préparer l'agrégation. Demander un report quand on n'a qu'un M1 ne sert à rien) … ça me parait compliqué.
D'accord, donc si on veut l'agrégation il semble clair qu'il vaut mieux passer par la case recherche. Merci pour ta réponse. Je pense que l'année prochaine je vais faire une année en M1 Recherche, tout en assistant à certain cours d'ancien français, de latin et de grammaire pour ne pas perdre de mon niveau.
J'ai vraiment envie de faire de la Recherche en plus, donc ça tombe à pic. Quel était le sujet de ton master recherche Tinno ?

Faut-il absolument un M2 pour s'inscrire à l'agrégation ? et si oui, est-ce obligatoirement un M2 Recherche ou cela peut-il être après le M2 MEEF (donc après l'année de stage, si j'ai bien compris ?!) C'est à n'y rien comprendre.

En tout cas merci pour ton témoignage qui montre que le master recherche ne mène pas directement à la case pôle emploi, comme certains le disent.
Mansfield a écrit : Faut-il absolument un M2 pour s'inscrire à l'agrégation ? et si oui, est-ce obligatoirement un M2 Recherche ou cela peut-il être après le M2 MEEF (donc après l'année de stage, si j'ai bien compris ?!) C'est à n'y rien comprendre.
Il faut un M2 validé à la publication des résultats de l'agreg. Dans la majeure partie des cas cela revient à devoir passer son agreg une année après le M2.
Le stage du master MEEF s'effectue durant le M2 donc tu es censé être titularisé à la fin de ce M2. Si tu ne prends pas ton affectation tu perds le bénéfice de ton concours. Il existait un "report de stage" avant la réforme qui permettait de garder le bénéfice de son concours et d'avoir une année vacante pour tenter l'agreg. En théorie ce n'est plus possible puisque le stage est avant le M2 donc impossible d'obtenir l'agreg. Je connais quelques étudiants qui ont pu obtenir cette année de report de titularisation pour préparer l'agreg mais ce n'est pas systématique : j'en connais d'autres qui ne l'ont pas obtenue..
Mansfield a écrit :Quel était le sujet de ton master recherche Tenno ?
Je bossais en grammaire anglaise. 🙂
Bonjour à tous.

Je suis actuellement en Licence 3 de Lettres Modernes. Je m'étais toujours mis en tête que l'année prochaine j'irai en master recherche. Seulement, le directeur du département a tenu à nous avertir de la "dangerosité" de cette voie. "Le master recherche ? Et puis ? L'agrégation ? Et si vous la loupez ? La difficulté est de 13/10, comparé à 2/10 en CAPES. Vous allez être démoralisé pendant votre année, et encore plus si vous ratez votre agrégation. Et vous aurez 30 ans, sans aucune certification."

En résumé, c'est à peu près cela. Il voudrait orienter vers le master professionnel MEEF Lettres Modernes, pour s'assurer une certification, beaucoup plus atteignable que l'agrégation.

Et du coup, moi je nage, en apnée, je coule, je reste en stase. Je m'étais tellement idéalisé cette voie de la recherche, j'avais tellement hâte de suivre autre chose que les cours de licence, j'attendais tellement ce master ! Mais c'est certain que c'est viser haut. J'aurais aimé prétendre ensuite à l'agrégation, et espérer atteindre le doctorat. Je suis conscient de la difficulté, n'en doutez pas.

Mais rien que d'imaginer suivre à nouveau tous les cours de stylistique, dissertation, méthodes, etc, du MEEF, c'est assez désespérant. Et pourtant je suis d'accord que le CAPES est un palier certain pour un avenir.

Est-ce qu'un master recherche après un master MEEF vous semble réalisable ? Réalisable, sans doute, mais du côté moral ?… Y aurait-il des équivalences ? Etes-vous plutôt d'accord avec le directeur ?

Voilà, voilà ! 😀 Veuillez m'excuser si certaines idée sont mal exprimées, mais quand je commence à penser à cela, je pars dans tous les sens.
Je ne suis pas sûr de comprendre. Tu sembles lier master recherche et agrégation, or on peut tout à fait passer le CAPES après un master recherche.

Si ton objectif à terme est de faire un doctorat, il est très nettement préférable de s'orienter vers un master recherche. Pendant ton master, tu garderas un oeil sur les matières nécessaires aux concours de lettres modernes (ex : la grammaire ou l'ancien français) et cela ira bien. Le master recherche n'aide pas réellement à l'obtention de ces concours, puisque la recherche pour le mémoire est à peu près inutile pour le concours. Néanmoins, il serait faux de dire que c'est un handicap puisque une bonne partie des reçus (voire une large majorité) est passée par un master recherche.
Bonjour.

Nous avons eu une réunion d'information, et ce qui a été dit est très bizarre. Il paraîtrait que l'on ne puisse plus demander un report de stage après le capes pour passer l'agreg, du moins que c'est de plus en plus difficile. On nous a alors conseillé de faire un master recherche, et de passer un an plus tard l'agrégation et le capes en candidat libre, la formation à l'agreg étant beaucoup plus exigeante que celle du capes, on devrait avoir le niveau.

Quelqu'un a-t-il déjà eu ce son de cloche?
Nous avons eu une réunion d'information, et ce qui a été dit est très bizarre. Il paraîtrait que l'on ne puisse plus demander un report de stage après le capes pour passer l'agreg, du moins que c'est de plus en plus difficile
Ce n'est pas bizarre, c'est la conséquence logique de la réforme…
Le stage du capes se faisant pendant le M2, il va devenir impossible de demander ce report pour passer l'agreg puisqu'il faut être titulaire d'un master validé à la parution des résultats de l'agreg!
Dans mon cas je suis actuellement en M1 recherche et je fais le choix de passer le capes durant le M2 recherche: ainsi je pourrai demander un report de stage pour présenter l'agreg (j'aurai alors un master validé)
Bonsoir Karlsbrau,

Je te renvoie à mon post n°23 un peu plus haut.
Pour le moment les reports des master meef sont encore possibles mais ce n'est pas systématiques
Bonjour,

Je suis désolé de revenir sur le sujet de la prépa.
Je suis en L1 de LLCE anglais. J'ai pour but de me diriger directement vers l'agrégation sans passer par un MEEF et par un CAPES, de ce fait, j'ai l'impression (ou la certitude) d'avoir choisi la voix difficile : je ne passe pas par la case prépa. Je suis à Lyon 2, et l'intégralité (ou du moins la majeure partie) de mes professeurs est passée par la prépa, et souvent par l'ENS, d'ailleurs.
Vous dites que passer par la fac sans prépa n'est pas nécessairement une erreur pour passer par l'agrégation ; je sais que par exemple, la fac donne un petit avantage, qui est l'apprentissage de la linguistique dès la première année… Mais en fin de compte, ne pas passer par la prépa, je vois ça comme un bâton dans les roues vis à vis de la rigueur, de la méthodologie.
D'un autre côté, je vois les bons côtés des choses : plusieurs de mes professeurs font partie du jury à l'agrégation externe, pratique pour avoir des conseils, je suppose.

Je n'ai pas vraiment de questions sur ce sujet, c'est plutôt un état des lieux.

Cependant, je pense à, si j'arrive jusque là, faire un doctorat en France puis partir et candidater à l'étranger. Le problème de l'agrégation est essentiellement français, non ? N'est-ce pas plus viable ?
En France comme à l'étranger, les recrutements universitaires s'opèrent à un tel niveau, sont tellement sélectifs qu'il faut un carton plein, CV total, full aux as par les rois : très bon parcours universitaire, agrégation avec un bon classement, thèse qui apporte quelque chose à la recherche, publications chez des éditeurs sérieux et une bonne réputation (*) personnelle dans sa discipline.

Le passage en classe préparatoire, en lui-même, est sans conséquence. Quand on recrute des maitres de conférence, on se moque de savoir où ils sont allés après le bac. C'est un détail sans importance. En revanche, la grande école, surtout Ulm, est un très bon point sur un CV. Cependant, on peut rattraper un parcours universitaire à condition d'avoir des publications qui tiennent la route. En outre, soyons francs, seul un petit nombre d'universités en France disposent d'un rayonnement suffisant pour lancer une carrière académique. En lettres, Paris-IV est le nirvana, avec quelques autres universités parisiennes, ensuite Strasbourg, une poignée de grosses facs de province (à peine trois ou quatre), et derrière, c'est cuit.

Concernant le recrutement international, le gros problème est qu'il n'y a pas de demi-mesure. Les universités étrangères qui recrutent des chercheurs français pour des postes solides (c'est-à-dire, pas assistant temporaire de langue) essaient de recruter des vedettes, des noms qui claquent. Une université Américaine, par exemple, ne s'embêtera pas à chercher au fin fond de la cambrousse frenchie de jeunes docteurs que personne ne connait. Vu le nombre de candidats compétents par poste, ce serait une dépense absurde pour elle.

De plus, même à l'étranger, une agrégation avec un bon classement est un atout. Les recruteurs des universités étrangères connaissent la valeur de l'agrégation.

Une bonne stratégie peut être d'étoffer son CV en bourlinguant : Afrique, Asie du Sud Est, Pays de l'Est… Les CV de globe-trotters sont bien vus en Amérique du Nord par exemple -- alors qu'en France, on est considéré comme un sauvage analphabète dès qu'on quitte le VIe.

En conclusion, il est toujours difficile de répondre à des questions comme les vôtres, quand on sait à quel point une carrière universitaire digne de ce nom est hasardeuse, que ce soit en France ou à l'étranger. C'est comme le show-biz ou le sport : personne ne peut dire de bonne foi à des débutants "voilà comment on devient une star". Même si vous êtes pétris de toutes les qualités et que vous faites tout correctement, les chances sont minces.

(*) Je préfère employer le mot de "réputation" que ceux de "réseaux" ou de "piston", qu'on entend trop souvent et qui relèvent du cynisme. La vie académique, par nature, est affaire de réputation intellectuelle au sein d'une communauté de savants.
Bonjour,

J'aimerais savoir quelles sont les facs de provinces qui font partie de cette "poignée de grosses facs de province (à peine trois ou quatre)" s'il vous plaît.

Lousk
PHK a écrit :Le passage en classe préparatoire, en lui-même, est sans conséquence. Quand on recrute des maitres de conférence, on se moque de savoir où ils sont allés après le bac. C'est un détail sans importance.
Bien sûr. Mais je parlais du fait que la prépa donnait un très bon bagage pour avoir l'agrégation.
Les commissions de recrutement considèrent que tout candidat sérieux à un poste universitaire est capable d'obtenir l'agrégation en passant, comme ça, par distraction. Ceux qui se posent trop de questions au sujet de l'agreg risquent de passer pour des amateurs.
À juste titre ? :/
Je me permets seulement de revenir sur quelques points qui ont été dits :

- La question de l'université est plus complexe, me semble-t-il. En effet, être dans un labo en province, c'est connaître ce labo et établir un réseau solide qui facilite le recrutement local. Aller dans une université parisienne, c'est privilégier un "gros" labo dans lequel le recrutement local ne fonctionnera pas (puisque la compétition y est encore plus farouche) mais qui est une ligne un peu plus prestigieuse sur le CV. Autrement dit, aller étudier à Poitiers, ça n'est pas se condamner, c'est choisir une stratégie de carrière.

- C'est pour cela qu'il me semble que le terme de réseau est correct. La réputation semble être une donnée objective, une valeur de la personne alors que le réseau insiste bien sur le caractère intersubjectif de la chose. Certes, Paris IV a une meilleure réputation, mais on peut faire un meilleur réseau à Poitiers.

- Cela dépend les disciplines, bien évidemment, mais en histoire et en philosophie, je ne crois pas que les professeurs considèrent que l'agrégation s'obtienne en passant. Il arrive que des maîtres de conf se soient plantés à l'agrégation (pour ensuite l'obtenir, certes).
En lettres modernes, dans mon petit domaine de spécialité, les derniers recrutés sortaient d'Ulm, avec ensuite une thèse en co-tutelle entre une grande université parisienne et une université étrangère (Stanford, Cambridge, Harvard…). Ils avaient déjà dirigé des colloques avant d'être recrutés, et pouvaient exhiber une liste du publications longue comme le bras. L'agrégation, pour des CV comme ça, est une corvée, pas un véritable examen.

Le localisme, ça peut marcher, mais je n'y crois pas trop. Je ne trouve pas ça tellement intéressant. On fait son petit réseau à Poitiers, pour reprendre l'exemple précédent, et on reste à Poitiers toute sa vie, à accomplir un travail qui n'est, somme toute, pas si formidable. La carrière universitaire n'est pas toujours reluisante. Elle peut se réduire à un ronron bureaucratique fastidieux. A la limite, j'en suis persuadé, il vaut mieux enseigner dans un très bon lycée que dans une université moyenne.

Le "réseau" est une façon médiocre d'obtenir un poste, qui piège dans cette médiocrité ceux qui y ont eu recours. Dans le milieu, on sait distinguer les vrais chercheurs des pistonnés. L'étiquette du "prof local de province" n'est pas un titre de gloire dans le système français. La profession tient à ses hiérarchies, qui ne sont pas toujours celles des statuts officiels ni des titres sur le CV.

De surcroit, en lettres, il est possible d'avoir une vie intellectuelle riche en gardant ses distances avec l'université. On peut passer par le journalisme, par exemple, collaborer à des revues spécialisées, devenir membre de sociétés savantes, sans être forcément universitaire en titre. La réputation d'auteur passe avant tout le reste. Mieux vaut être Gaston-Paul Effa ou Cécile Ladjali, pour prendre des exemples concrets, qu'un maitre de conférence recruté parce qu'il est copain avec le président du conseil général, et qui passe sa vie dans des commissions académiques à tamponner des rapports administratifs.

Les postes universitaires sont souvent surcotés, je trouve. Enseigner dans une grande université, qui dispose d'un rayonnement mondial, est véritablement une expérience fabuleuse, il n'y a pas de doute. Cependant, j'ai aussi vu un certain nombre de gens qui avaient fait des pieds et des mains pour décrocher un poste universitaire devenir amers une fois en place. Ce sont eux qui finissent par jalouser les professeurs de prépa, ceux des bons lycées, voire les simples chercheurs amateurs, les dilettantes qui parviennent à publier au petit bonheur la chance et qui ont gardé intacte leur passion du savoir.
C'est à chacun de juger ce qu'il souhaite faire de sa vie : la vie d'universitaire en province n'est pas forcément à plaindre. Je ne faisais donc qu'énoncer un état de fait : c'est une stratégie possible.

Ensuite, je vous assure qu'on peut être ulmien et alumnus de Cambridge et voir dans l'agrégation une sacrée corvée qui peut se solder par un cuisant échec. Et ma foi, c'est aussi bien comme ça, que les concours ne soient pas qu'aux normaliens. Je ne veux pas dire par là que le CV ne signifie rien, mais plutôt que l'agrégation reste un concours, et un concours difficile.
Bonjour, étudiante en M1 recherche de lettres modernes, je veux passer mon capes l'an prochain pendant mon M2. Je souhaiterai savoir si il est possible, administrativement ( je suis à Paris IV) de s'inscrire en même temps en M2 recherche et en M1 MEEF, quitte à ne valider que l'un des deux. Cela me permettrait d'avoir des cours de préparation au capes en parallèle de mon M2 recherche (le cned est coûteux ) Merci d'avance pour vos réponses. ..