Zola, Nana, chapitre 13 - Dans son luxe royal, la nouvelle chambre resplendissait…

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois faire une analyse de texte sur ce passage mais je ne trouve pas vraiment d'axes ni d’hypothèse de lecture :/

voici le passage extrait du roman d’Émile Zola : Nana (chapitre XIII)
Dans son luxe royal, la nouvelle chambre resplendissait. Des capitons d’argent semaient d’étoiles vives le velours rose thé de la tenture, de ce rose de chair que le ciel prend par les beaux soirs, lorsque Vénus s’allume à l’horizon, sur le fond clair du jour qui se meurt ; tandis que les cordelières d’or tombant des angles, les dentelles d’or encadrant les panneaux étaient comme des flammes légères, des chevelures rousses dénouées, couvrant à demi la grande nudité de la pièce, dont elles rehaussaient la pâleur voluptueuse. Puis, en face, c’était le lit d’or et d’argent qui rayonnait avec l’éclat neuf de ses ciselures, un trône assez large pour que Nana pût y étendre la royauté de ses membres nus, un autel d’une richesse byzantine, digne de la toute-puissance de son sexe, et où elle l’étalait à cette heure même, découvert, dans une religieuse impudeur d’idole redoutée. Et, près d’elle, sous le reflet de neige de sa gorge, au milieu de son triomphe de déesse, se vautrait une honte, une décrépitude, une ruine comique et lamentable, le marquis de Chouard en chemise.

Le comte avait joint les mains. Traversé d’un grand frisson, il répétait :

— Mon Dieu !… mon Dieu !

C’était pour le marquis de Chouard que fleurissaient les roses d’or du bateau, des touffes de roses d’or épanouies dans des feuillages d’or ; c’était pour lui que se penchaient les Amours, la ronde culbutée sur un treillis d’argent, avec des rires de gaminerie amoureuse ; et, à ses pieds, le Faune découvrait pour lui le sommeil de la nymphe lasse de volupté, cette figure de la Nuit copiée sur le nu célèbre de Nana, jusque dans les cuisses trop fortes, qui la faisaient reconnaître de tous. Jeté là comme une loque humaine, gâtée et dissoute par soixante ans de débauche, il mettait un coin de charnier dans la gloire des chairs éclatantes de la femme. Quand il avait vu la porte s’ouvrir, il s’était soulevé, pris de l’épouvante d’un vieillard gâteux ; cette dernière nuit d’amour le frappait d’imbécillité, il retombait en enfance ; et, ne trouvant plus les mots, à moitié paralysé, bégayant, grelottant, il restait dans une attitude de fuite, la chemise retroussée sur son corps de squelette, une jambe hors des couvertures, une pauvre jambe livide, couverte de poils gris.
je pensais au portrait antithétique du marquis de Chouard et de Nana :/ mais je n'arrive pas à trouver les axes.

merci d'avance 🙂
La chambre : pour un projet naturaliste ou moralisateur ?

Le projet naturaliste de Zola :

"Etude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous la pression des milieux et des circonstances " (cf. Préface de la deuxième édition de Thérèse Raquin ".


Si le naturalisme consiste en la recherche des causes du vice dans l'hérédité, il se propose aussi de mettre le personnage dans son milieu. C'est le cas pour le marquis de Chouard, l'homme des passions devenu un vieillard décrépit et pathétique sous la plume caricaturale de Zola.

I. Un décor exubérant pour cocotte
II. La femme objet de sa convoitise
III. Une loque humaine après des années de débauche
La chambre, portrait de Nana…
Donc pour vous Floreale, vous suggérez La chambre : pour un projet naturaliste ou moralisateur ? comme hypothèse de lecture ? Et les axes nous renverrez à cette chambre qui est le trône de Nana et aussi le lieu de destruction de tous les hommes? 🙂
C'était juste une suggestion …
A toi d'ajuster, en fonction des réponses, avec ta propre lecture de l'extrait.
merci beaucoup🙂 une dernière question: lorsque vous parlez de projet naturaliste ou moralisateur c'est équivaut à une vision objective ou subjective de Zola, non?