L'expression "comme Fabrice à Waterloo" est assez rare et fait allusion à "la chartreuse de Parme". Elle signifie être au cœur de la bataille sans en avoir une vue d'ensemble. Je l'ai entendue dans le film Stavisky avec Belmondo..
Coté couleurs , les journalistes associent souvent le "rouge et le noir". Ce sont les couleurs d'un club de foot à Nice…Jacques Brel dans "ne me quitte pas" chante "pourquoi le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas ?". Mais ces couleurs peuvent être une allusion au jeu de la roulette, le rouge et le noir y apparaissent à la fin du XVIII ème et donc antérieurement au roman de Stendhal qui ne fait pas allusion à la roulette mais aux carrières militaires ou dans le clergé (d'autres interprétations, dont la roulette, sont toutefois évoquées).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roulette_(jeu_de_hasard)#Histoire
Parme sous la plume de Stendhal désignait la ville et non la couleur…Une robe couleur Parme peut faire allusion à Stendhal ou simplement à la couleur des violettes de Parme. Cette couleur pastel non tranchée peut se confondre avec le mauve, le lilas, le violet clair…Et il est facile de répliquer :"ce n'est pas du Parme mais (une autre nuance)"
Il est difficile de savoir si les couleurs évoquées ci-dessus font allusion à Stendhal , le contexte n'apporte pas de réponse en général.
Un téléfilm de Maigret avec Jean Richard évoque la lecture de la chartreuse de Parme au jardin du Luxembourg, puis l'enquête amène Maigret au palais de la Méditerranée, son collaborateur commente: "ici on joue le rouge ou le noir".
Bonjour Frydman Charles,
On peut pour parler des "clins d’œil" à Stendhal parler de son oeuvre
Le rose et le vert 😉
J'ai toujours pensé trouvé une référence ici mais mon professeur n'a pu me le confirmer et je n'ai pas vraiment cherché mais ce poème de Baudelaire peut vous interesser:
Le crépuscule du matin
La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.
C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants
Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents ;
Où, comme un oeil sanglant qui palpite et qui bouge,
La lampe sur le jour fait une tache rouge ;
Où l'âme, sous le poids du corps revêche et lourd,
Imite les combats de la lampe et du jour.
Comme un visage en pleurs que les brises essuient,
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient,
Et l'homme est las d'écrire et la femme d'aimer.
Les maisons çà et là commençaient à fumer.
Les femmes de plaisir, la paupière livide,
Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide ;
Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,
Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.
C'était l'heure où parmi le froid et la lésine
S'aggravent les douleurs des femmes en gésine ;
Comme un sanglot coupé par un sang écumeux
Le chant du coq au loin déchirait l'air brumeux ;
Une mer de brouillards baignait les édifices,
Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.
L'aurore grelottante en robe rose et verte
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux.
Bonne soirée à vous 🙂
Je reviens à l’expression " Fabrice à Waterloo" .
Peut on dire que les juifs internés au camp de Drancy pendant la seconde guerre mondiale étaient comme "Fabrice à Waterloo" ? Ou plus généralement les juifs victimes de persécutions ou témoins de massacres pendant la Shoah ? Ou d’autres témoins des exactions des nazis ?
Parce qu’ils n'avaient pas une vue d’ensemble , et ne pouvaient pas imaginer l'étendue du projet de génocide , de la solution finale ?
Certains croyaient aux mensonges des nazis, d’autres doutaient "faire travailler à l’est des vieillards , des malades …" , ce n’est pas possible .
Mais de là à imaginer l’inimaginable !
J’ai recherché sur internet , j'ai trouvé assez rarement cette expression employée pour la Shoah.
Mais plus souvent pour les soldats à la bataille de Verdun…
https://books.google.fr/books?id=3tYOCwAAQBAJ&pg=PT64&lpg=PT64&dq=verdun+fabrice+%C3%A0+waterloo&source=bl&ots=HaSFjjJ0Yf&sig=caxFrAj3-SAjdQ5YGDXGdqmCPno&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiQhaCWl8HXAhWK1BoKHezCCHYQ6AEIDTAB#v=onepage&q=verdun%20fabrice%20%C3%A0%20waterloo&f=false
Le lien suivant évoque la Shoah et "Fabrice à Waterloo" .
https://books.google.fr/books?id=m3vOCgAAQBAJ&pg=PT191&lpg=PT191&dq=fabrice+a+waterloo+shoah&source=bl&ots=YcM8vsBTi8&sig=CdUm10Fo-119GQUs0-j_JTmpka8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjexqC4nMHXAhXQ5qQKHcxaAboQ6AEIJTAI#v=onepage&q=fabrice%20a%20waterloo%20shoah&f=false
J’ai lu le texte rapidement et superficiellement , et il ne semble pas établir un lien direct entre l’expression et la Shoah .
Dans le livre "les témoignages écrits sur la Shoah" un paragraphe s'intitule "Le paradoxe de Fabrice", et fait allusion au livre témoins de Jean Norton Cru qui évoque la première guerre mondiale et la bataille de Verdun :
https://books.google.fr/books?id=WMcfDAAAQBAJ&pg=PT32&lpg=PT32&dq=shoah+fabrice+a+waterloo&source=bl&ots=xDT6ssRH0k&sig=HLW5Tw8aWb9AxjpnMqYc657MRGk&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiyzc__4czXAhXM6xoKHSwPDecQ6AEIFTAD#v=onepage&q=shoah%20fabrice%20a%20waterloo&f=false
Pierre Goltman , un ancien déporté à Drancy puis à Auschwitz, fait allusion à Fabrice à Waterloo dans l'avant-propos de son livre "six mois en enfer" :
https://books.google.fr/books?id=pPUqP9UJcaIC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_book_other_versions#v=onepage&q&f=falseIl ne raconte qu'une aventure individuelle, ce que mes deux yeux ont vu, mes deux oreilles entendu, les sévices que mon corps et mon esprit ont endurés. C'est, dans un cadre différent, le récit de la bataille de Waterloo par Fabrice del Dongo. Il aurait pu y être tué mais il n'a vu que des cavaliers galoper et des obus pleuvoir. La stratégie de Napoléon et de ses ennemis lui est restée alors étrangère.