Usage des signes diacritiques pour les noms propres étrangers non translitérés

Langue française

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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En guise de préambule, je crois pouvoir affirmer que la question soulevée dans ces lignes n'a pas été traitée précédemment sur ce forum. Ainsi, l'intervention d'un invité (topic7490) renvoyant, inter alia, au Bon Usage de M. Grevisse n'a aucun caractère d'universalité (en outre, pour l'ouvrage indiqué, le titre du chapitre II est erroné).

Doit-on, dans l'optique d'une typographie français soignée, retenir l'usage de signes diacritiques dans une langue non translitérée qui utilise l'alphabet latin? Ou bien encore: doit-on ou peut-on s'en tenir à une pratique variable selon la proximité philologique ou la proximité spatiale du domaine d'expression d'une langue?

Premier exemple simple: Sándar Radó. Sauf à parler le hongrois, ces deux accents n'ont aucune signification phonétique pour nous, même si l'accent aigu existe en français — quoique ni sur le o ni sur le a.

Deuxième exemple, moins simple: Cộng hoà Xã hội Chủ nghĩa, soit la République socialiste du Vietnam, telle qu'écrite en vietnamien. Cette écriture n'a pas plus de signification phonétique que la précédente pour un francophone, si ce n'est que, de surcroît, nous observons des lettres portant des signes diacritiques soit inconnus, soit doubles, soit associés à des voyelles de manière insolite.

Troisième exemple, de proximité: Manuel Azaña. L'Espagne est proche, l'espagnol mieux connu d'un Français que le vietnamien. En outre, le signe ~ (improprement appelé tilde), mouillant le n, a un équivalent phonétique en français.

Quatrième exemple, de proximité: Totó (acteur italien). Dans la langue d'origine, l'accent aigu stipule un déplacement de l'accent tonique par rapport à ce qu'un locuteur italophone non informé pourrait être enclin de faire, à savoir accentuer la première syllable. Paradoxalement, en l'espèce, l'accent n'a aucun sens en français parce que: les accents n'ont aucune valeur métrique dans notre langue; spontanément le francophone fait porter l'accent tonique sur la dernière syllabe, ce qui rend, ici, la prononciation conforme.

En résumé, la question de la reproduction de ces accents en français me préoccupe: dans le cas le plus compliqué (le vietnamien), l'imposer perturbe la lecture cursive et a un relent de cuistrerie; pour ce qui est de «Totó», je n'aurais pas de scrupule à l'omettre; enfin, avec «Azaña», j'éprouverais de la gêne (très subjective) à en faire de même.

Bref, quelles à quelles règles convient-il de s'en tenir, et dans quelle mesure y déroger éventuellement?

Les avis, savants ou non, des lecteurs de ce forum m'intéressent au plus haut point.

Si cette question suscite de l'intérêt, je l'étendrai prochainement aux problèmes désarmants que posent la translitération générale et la «translitération synthétique».
BriceC a écrit :
Doit-on, dans l'optique d'une typographie français soignée, retenir l'usage de signes diacritiques dans une langue non translitérée qui utilise l'alphabet latin? Ou bien encore: doit-on ou peut-on s'en tenir à une pratique variable selon la proximité philologique ou la proximité spatiale du domaine d'expression d'une langue?
Je pense. Dans le cas d'un écrit spécialisé, on peut vouloir respecter les signes diacritiques par scrupule scientifique ; dans le cas d'un écrit à visée générale, cela ne me semble pas nécessaire.
Ainsi, j'écrirais Sándor Radó dans une étude sur la psychanalyse ou, plus encore, un texte sur l'Histoire de la Hongrie, Sandor Rado dans les autres cas.
Pour certains noms très connus, l'usage peut-être différent. On peut avoir scrupule à écrire Dvorak le nom du musicien tchèque, d'autant que l'on sait que cela ne correspond pas à la prononciation usuelle ("Dvorjak"). Même si l'on n'est pas musicologue, on peut donc choisir d'écrire Dvořak, sans aller toutefois jusqu'à mettre un accent sur le a (avec le tchèque, on n'en finira jamais si l'on respecte tous les signes diacritiques 😀 !).
Dans les écrits spécialisés sur les pays d'Extrême-Orient, l'usage est de respecter tous les signes diacritiques des transcriptions, ceux-ci ayant un caractère officiel, je crois.
BriceC a écrit :… Ainsi, l'intervention d'un invité (topic7490) renvoyant, inter alia, au Bon Usage de M. Grevisse n'a aucun caractère d'universalité (en outre, pour l'ouvrage indiqué, le titre du chapitre II est erroné).
Question d'édition…

J'aurais dit tout ou rien, donc Dvořák ou Dvorak.
Tout dépend aussi de l'accessibilité des caractères spéciaux. Sur la plupart de mes pochettes de disques, il est écrit DVORAK.
@Jacques — Votre point de vue sur Dvořak est intéressant, car il introduit un élément de plus à considérer: la notoriété. On est en effet habitué à voir écrit à la manière dont vous le faites le nom du compositeur, même si le grand nombre n'en connaît pas la valeur phonétique (il m'est arrivé de susciter l'étonnement en disant "Dvorjak", non parmi des mélomanes ou, a fortiori, des musicologues, certes).

Vous ajoutez:
Dans les écrits spécialisés sur les pays d'Extrême-Orient, l'usage est de respecter tous les signes diacritiques des transcriptions.
J'ai pris garde de préciser que ma question concernait les langues non translitérées. Le vietnamien est un cas d'école à ce propos, puisqu'il représente une singularité en Extrême-Orient. L'extension aux langues translitérées du problème à l'examen est une tout autre affaire, passionnante, dont nous pouvons bien sûr débattre en tout temps. Ça vaut aussi pour les transcriptions, dont le pinyin.

Merci de vos interventions, je continue de suivre.