Sujet de dissertation : la lumière

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !

Je suis actuellement en classe de khâgne A/L et j'ai une colle de philosophie à préparer dont l'intitulé est : la lumière. Ce sujet se rattache au thème principal du concours de cette année qui est la science.

J'ai pensé à une problématique du type : Peut-on tout comprendre ? Tout peut-il être éclairé ? (dans le sens où la lumière serait un objet d'accès à la connaissance). Seulement j'ai peur de tomber dans le hors-sujet en ne parlant que de la connaissance et du savoir.
J'ai également trouvé plusieurs définitions de la lumière. Tout d'abord la lumière du savoir (la contemplation), qui s'oppose à l'obscurité de l'ignorance (en pensant à l'allégorie de la caverne de Platon). En lien avec cette dernière, la notion des Lumières, c'est-à-dire le mouvement des philosophes du XVIIIème siècle. J'ai aussi pensé à la lumière divine, ainsi qu'à la lumière naturelle, qui serait la raison. Il y aurait donc une sorte de tension entre une lumière innée chez l'homme et un autre qu'il doit acquérir.
J'ai vraiment du mal à trouver un vrai problème à ce sujet et je trouve que mes idées sont plutôt limitées et qu'elles ne creusent pas le sujet en profondeur.

J'en appelle donc à votre aide, si vous pensez à quoi que ce soit, je suis preneuse !

Je vous remercie et vous souhaite une bonne journée 🙂
Il existe aussi une tension entre intuition et raison (voir le rationalisme du Siècle des Lumières), entre foi et raison (vérité révélée et vérité démontrée)…
Pour t'éclairer … 🙂
LA VUE DE PLATON
Chronique de Roger-Pol Droit parue dans Le Monde des Livres daté du 24 juillet 2009

"Il y a deux sortes de troubles des yeux et (…) ils se produisent suivant deux causes : lorsque les yeux passent de la lumière à l'obscurité, et de l'obscurité à la lumière." L'œil se trouve donc perturbé par les changements d'intensité. Il doit s'accoutumer, venant de l'ombre, à la puissance du soleil, supportant mal l'éclat du jour, la force des couleurs, la roideur des contours. Inversement, une fois accoutumé à la vivacité, il ne discernera pas tout de suite les objets dans la pénombre. Dans un sens comme dans l'autre, un temps d'adaptation se révèle nécessaire. Pendant quelques instants, dans les transitions, on est presque aveugle - et donc maladroit, tâtonnant, éventuellement ridicule. La clarté comme la ténèbre commence par déconcerter. Un malaise s'installe, tant qu'on ne s'est pas habitué. Tout le monde sait cela, pour l'avoir mille fois éprouvé et constaté sur soi-même.
Voilà pourtant que chez Platon toute l'aventure philosophique se résume en un sens à cette affaire de double apprentissage de la vue. Nous qui sommes accoutumés à l'obscurité du monde, la clarté des idées commence par nous aveugler. La célébrissime allégorie de la caverne (République, livre VII) met en scène cette souffrance des prisonniers que l'on détache, que l'on force à quitter la pénombre, à marcher vers le haut, vers le dehors éclatant, à se tourner vers le monde des formes éternelles. Platon ne cesse d'insister sur l'acclimatation progressive à la grande lumière : les yeux familiers des ombres et des reflets commenceront par regarder dans les flaques, avant de pouvoir contempler le ciel. L'œil du philosophe, dans cette perspective, s'est accommodé. Il discerne nettement les formes réelles, les idées éternelles. Il endure finalement l'éclat du vrai. Et s'extasie de sa beauté. Mais dès qu'il redescend dans la caverne et sa pénombre, il commence de nouveau par ne rien voir. Platon ne permet pas au philosophe de rester dans l'univers supérieur : la tâche du politique consiste à refaire le monde d'en bas, à réorganiser la Cité d'après le modèle fourni par la vision du vrai, du juste, du bien. Celui qui les a contemplés commence par revenir chez les hommes à tâtons. Ses anciens compagnons croient qu'il s'est esquinté les yeux. Ils se méfient de ce voyage d'où l'on revient apparemment inapte, incapable de déchiffrer nos réalités ordinaires. Ce qui se met en place avec Platon aura dans toute l'histoire de la pensée européenne une postérité immense. Connaître, c'est voir. Penser, c'est regarder. Réfléchir, c'est discerner. Bien plus que des images ou des métaphores, ces formules ne cesseront de dire que la philosophie est une ophtalmologie - un savoir de l'œil, une histoire de vision, de direction du regard, d'accommodation. Et de passages de l'ombre à la lumière ou, inversement, de la lumière à l'ombre. Ce privilège de la vue n'a pas cessé durant toute l'histoire de la philosophie. Ainsi, entre mille autres exemples, les démonstrations seront pour Spinoza "les yeux de l'âme", le regard de l'autre transformera, pour Sartre, le sujet en chose. Quelle que soit l'époque, la vue demeure, pour les philosophes, le sens impérial. C'est pourquoi l'histoire de la raison occidentale est une affaire optique : voir et penser renvoient indéfiniment l'un à l'autre. Il ne reste donc, pour le goût, l'odorat, l'ouïe, le toucher que places secondaires et zones dans les marges. Ce qui rend d'autant plus intéressant de les explorer. Car ces places mineures parlent à leur manière d'une autre pensée. "