Pause avant la thèse et financement
16 réponses
Bonjour à tous,
J'aurais une question à vous poser concernant les possibilités de financement. Je suis actuellement en M2 et j'envisage de poursuivre en thèse. Je m'en suis bien sortie au mémoire de M1 et mon directeur m'encourage à faire un doctorat donc il n'y a pas de problème de ce côté-là. Le souci c'est que je voudrais faire une pause pendant un ou deux ans pour voyager et faire du bénévolat à l'étranger. C'est un projet qui me tient beaucoup à coeur, cependant je me demande si ce n'est pas un peu suicidaire d'un point de vue universitaire … Je sais que c'est déjà difficile d'avoir un contrat doctoral, mais est-ce qu'en faisant cela je ne grillerai pas toutes mes chances d'en obtenir un ?
Tout avis est le bienvenu ! Je vous remercie beaucoup d'avance 🙂
Minie.
Bonjour,
minie44 a écrit :Je m'en suis bien sortie au mémoire de M1 et mon directeur m'encourage à faire un doctorat
Je ne veux pas te décourager et remettre en cause la décision de ton directeur de recherche mais sache qu'il a tout intérêt à te pousser en doctorat car les professeurs reçoivent des primes de tutorat de recherche. De plus, nombreux sont les étudiants qui veulent faire une thèse. Si tu n'as pas eu 18 ou 19 à ton mémoire ou si tu n'es pas pistonnée je vois mal comment tu pourrais avoir un contrat doctoral.
Enfin un excellent doctorat nécessite d'avoir la mention spéciale du jury. Si tu cherches un poste dans le supérieur, sache que les doctorats passent devant une commission qui élimine souvent d'office les dossiers des non-agrégés (à moins d'avoir affaire à la perle rare) et qu'après ça vous vous retrouvez à plus de cinquante excellents dossiers pour un seul poste…
Bref bon courage, c'est un parcours du combattant. les deux professeurs d'universités que j'ai dans ma famille ont eu beaucoup de chance et dû attendre près de 15 ans pour avoir un poste…
Je sais que c'est déjà difficile d'avoir un contrat doctoral, mais est-ce qu'en faisant cela je ne grillerai pas toutes mes chances d'en obtenir un ?
Il faut savoir se faire des relations dans le milieu: participer à des colloques, avoir un bon mentor…donc c'est dès le master voir dès la licence que ça se travaille. De ce point de vue là "perdre" deux ans sans être actif dans le milieu universitaire est suicidaire.
Merci beaucoup Titania 🙂 ! Ce que tu me dis répond totalement à mes interrogations. Au niveau des résultats, j'ai eu 17 à mon mémoire de M1 et je tourne à 16 de moyenne. Dans ma promo je pense que je suis plutôt bien placée, mais il est certain que s'il faut avoir un dossier excellent pour prétendre à un contrat doctoral, je n'ai aucune chance. Cela dit, je ne pense pas que mon directeur de mémoire ait un grand intérêt à me faire continuer en thèse, étant donné que lui-même n'est pas habilité à diriger les recherches d'un doctorant. De plus, contrairement à d'autres enseignants, il me semble réellement bienveillant et je l'imagine mal jouer cyniquement avec l'avenir de ses étudiants pour des questions de prestige ou de rétribution. Je pense que la meilleure chose que je peux faire, c'est avoir à ce sujet une discussion franche avec lui.
Ce que tu me dis sur la nécessité de se faire des relations et d'être extrêmement persévérant et ambitieux m'interpelle aussi. Je me questionne beaucoup sur mes motivations car bien que je me sente complètement dans mon élément lorsque j'étudie et que je suis plongée dans mon sujet de recherche, je ne me sens pas forcément à l'aise avec cet aspect-là et je ne suis pas certaine d'avoir une vraie vocation pour les carrières universitaires. Finalement, je me dis que le mieux serait sans doute que je passe un Capes et que je commence à enseigner dans le secondaire. Si je ressens vraiment le besoin de me lancer dans un travail intellectuel de longue haleine, il sera sans doute possible de faire une thèse en parallèle, à la manière d'un loisir …
minie44 a écrit : De plus, contrairement à d'autres enseignants, il me semble réellement bienveillant et je l'imagine mal jouer cyniquement avec l'avenir de ses étudiants pour des questions de prestige ou de rétribution.
Ils ne sont heureusement pas tous intéressés 🙂
Finalement, je me dis que le mieux serait sans doute que je passe un Capes et que je commence à enseigner dans le secondaire. Si je ressens vraiment le besoin de me lancer dans un travail intellectuel de longue haleine, il sera sans doute possible de faire une thèse en parallèle, à la manière d'un loisir …
Si le supérieur te motive, il serait dommage de ne pas tenter..mais avec quelque chose pour assurer derrière.
Je te conseillerais de finir ton M2 avec les meilleurs résultats possibles, puis de passer l'agrégation ET le capes en filet de secours. Si tu as l'agrégation tu auras toujours plus de chances d'obtenir un contrat doctoral que si tu ne l'as pas. Tu pourras alors envisager de te lancer dans une thèse. Si tu n'obtiens pas l'agrégation, tu pourras toujours la retenter ou enseigner dans le secondaire et faire une thèse à titre de passe temps passionnant 🙂
Je suis d'accord avec ce qui a été dit, mais j'ajoute une petite idée en passant : si tu souhaites partir à l'étranger, pourquoi ne pas envisager d'y étudier un an ou deux ? Cela peut se faire soit pendant le M2, si ton université dispose d'accords intéressants, soit après le M2, mais dans ce cas là, tu te coupes du système français avant de passer les concours d'enseignement ce qui n'est pas un problème en soi, mais doit être pesé. Tu peux également partir après l'obtention des concours, puisque de toutes les façons il est difficile d'obtenir un contrat doctoral l'année de passage (le moment où tu demandes le contrat est avant les résultats, et donc tu ne peux pas mettre que tu es agrégé, par exemple).
L'avantage d'une année à l'étranger, outre le plaisir du voyage, ça peut être de mettre en place un réseau international, ce qui est un atout important pour un chercheur et qui pourra donner du poids à ta candidature. Il reste à trouver un endroit où tu pourrais étudier dans une langue que tu maîtrises, disposant de centres de recherche qui correspondent à ton projet, etc, etc.
Ce n'est qu'une idée, et j'ai bien conscience que ça n'était pas cela que tu imaginais en parlant d'années à l'étranger, mais peut-être devrais-tu y réfléchir ?
Bon courage !
Tout avis est le bienvenu !
Je te donne donc le mien.
il me semble qu'il vaudrait mieux que tu termines d'abord tes études en France, et que tu t'assures une profession, quitte par la suite à demander une année sabbatique pour partir à l'Etranger.
Le métier de professeur, que tu me paraît envisager, laisse suffisamment de loisirs pour les voyages. 🙂
Je vous remercie à tous pour vos avis 🙂 En effet, je n'avais pas pensé à la possibilité de partir dans un cadre universitaire après le master et cela me paraît une très bonne idée. Il faudra que je me renseigne auprès de mes enseignants pour en savoir plus. Le fait de partir quelques temps vivre et travailler au sein d'une communauté locale est une expérience qui continue de me tenter énormément cependant, et je ne sais pas si je saurais être assez raisonnable pour attendre encore quelques années … En même temps, je ne voudrais pas me fermer des portes bêtement, alors afin d'assurer mes arrières, je pense que je vais au moins me motiver pour passer le Capes et éventuellement l'agreg l'an prochain !
Voilà une sage réflexion !
Je me permets de faire remonter ce sujet car je suis dans le même cas que l'auteur.
J'en appelle donc à d'autres avis et réactions à propos d'un départ à l'étranger avant ou après l'agrégation. Je souhaiterais vivement pour ma part poursuivre mon cursus à l'étranger (dans l'idéal une thèse mais l'idée d'un MPhil me convient également, histoire de voir ce que ça donne avant d'oser envisager le PhD parce que je n'ai jamais eu l'occasion de m'expatrier !) et je me demandais donc s'il était plus judicieux de partir avant ou après l'agrégation.
En sachant que pour ma part, je ressens véritablement le besoin de faire une pause dans mes études et l'idée de préparer l'agrégation l'année prochaine ne m'emballe guère pour le moment (d'autant plus qu'il est assez rare de l'avoir du premier coup donc c'est s'embarquer pour au moins deux ans avant de pouvoir réaliser un départ à l'étranger). Voilà, j'aimerais donc avoir vos avis… merci !
Mon avis : Passe ton agrégation d'abord. 😉
Après une pause, plus ou moins longue, il faut avoir du courage pour s'y remettre.
Oui, c'est un des points importants de la question. Mais n'est-il pas nécessaire d'effectuer une année de titularisation pour conserver le bénéfice de l'agrégation ? Partir pour plus d'un an, en se coupant totalement du système français juste après l'obtention d'un concours, ne pose pas de problème ?
Je me trompe peut-être donc navrée si je dis des bêtises et merci une nouvelle fois pour ce conseil !
Je peux me tromper, mais il me semble qu'autrefois, on pouvait demander un report de stage pour faire des études doctorales par exemple, ou pour effectuer un séjour à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échange universitaire.
Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui ? Il faut se renseigner.
C'est toujours le cas, même si je ne connais pas le détail.
Après vérification, le report de stage est possible pendant un an pour un départ à l'étranger ou plus pour des études doctorales menées dans un établissement français… donc finalement, partir après l'agrégation semblerait bien nous limiter à un an d'expatriation tandis que partir avant, nous laisserait plus "libre" car coupé du système scolaire français. Je me trompe ?
Non, j'ai regardé aussi, il me semble que c'est bien comme tu le dis.
Si tu pars avant de passer l'agrégation, il est sûr que tu n'es en rien lié à l'éducation nationale.
Le problème est d'avoir les moyens de poursuivre des études ou simplement de vivre à l'Etranger.
Si cela n'est pas un problème pour toi, alors, tu es plus libre de faire ce que tu veux.
Oui c'est sûr que c'est un autre problème… Merci dans tous les cas pour vos réponses et éclaircissements 🙂