À partir du poème de Victor Hugo, composez le discours que celui-ci aurait pu tenir devant d’autres

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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A partir du poème de Victor Hugo, composez le discours que celui-ci aurait pu tenir devant d'autres exilés (après le coup d'Etat de Napoléon III), afin de leur redonner espoir. Vous conserverez les tournures et les phrases qui vous paraissent les plus adaptées à ce genre. Vous serez attentif, en particulier, à la situation d'énonciation, différente de celle du poème.
Je ne sais pas de quoi leur parler!
Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres, 1840.
Le sujet t'invite à t'inspirer du poème de Hugo. mais ce poème en vers, il te faut l'adapter et le changer en discours. Victor Hugo est une VOIX de l'exil qui considère qu'il doit montrer le chemin, tel un prophète qui annonce des jours meilleurs.

Voici un exemple de la prose de Hugo dans un extrait du discours qu'il a prononcé à son arrivée à jersey le 5 août 1852.
Voilà ce que j’ai vu en Belgique, voilà, je le sais, ce que je vais revoir ici. Car ce grand exemple de la concorde des proscrits, dont la France a besoin, ce beau spectacle de la fraternité pratiquée devant lequel tombent les calomnies, la Belgique, certes, n’est point la seule à le donner. Il se retrouve sur tous les autres radeaux de la Méduse, sur tous les autres points où les naufragés de la proscription se sont groupés ; il se retrouve particulièrement à Jersey. Je vous en remercie, amis, au nom de notre malheur !

Oh ! scellons, consolidons, cimentons cette concorde ! abjurons toute dissidence et tout désaccord ! puisque nous n’avons plus qu’une couleur à notre drapeau, la pourpre, n’ayons plus qu’un sentiment dans nos âmes, la fraternité ! La France, je le répète, a besoin de nous savoir unis. Divisés, nous la troublons; unis, nous la rassurons. Soyons unis pour être forts, et soyons unis pour être heureux !

Heureux ! quel mot ! Et peut-on le prononcer, hélas, quand la patrie est loin, quand la liberté est morte ? Oui, si l’on aime. S’aimer dans l’affliction, c’est le bonheur du malheur.

Et comment ne nous aimerions-nous pas ? Y a-t-il quelque douleur qui n’ait pas été également partagée à tous ? Nous avons le même malheur et la même espérance. Nous avons sur la tête le même ciel et le même exil. Ce que vous pleurez, je le pleure ; ce que vous regrettez, je le regrette ; ce que vous espérez, je l’attends. Etant pareils par le sort, comment ne serions-nous pas frères par l’esprit ? La larme que nous avons dans les yeux s’appelle France, le rayon que nous avons dans la pensée s’appelle république. Aimons-nous ! Souffrir ensemble, c’est déjà s’aimer. L’adversité, en perçant nos coeurs du même glaive, les a traversés du même amour.

Aimons-nous pour la patrie absente ! aimons-nous pour la république égorgée ! aimons-nous contre l’ennemi commun !

Notre but, c’est un seul peuple ; notre point de départ, ce doit être une seule âme. Ebauchons l’unité par l’union.

Citoyens, vive la république ! Proscrits, vive la France !