Voici une citation Antonin Artaud tirée du livre Van Gogh le suicidé de la société.
Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie.
C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient.
Selon vous, de quelles investigations parle l'auteur?
J'espère que vous saurez m'éclairer à ce sujet, merci !
On peut penser à Nerval, Hugo (dans ses entreprises spirites), Baudelaire, Rimbaud, Artaud… pour la littérature.
A Dürer, La Tour, Watteau, Goya, Friedrich, Delacroix, Van Gogh ou Picasso… pour la peinture.
Mélancolie, entrée par effraction dans les mystères du monde, névroses sublimées, exploration des rêves, plongée dans l'inconscient… au risque de la folie, voilà quelques investigations qu'évoque Artaud.
Le vrai génie est, selon lui, un solitaire aux frontières de la normalité.
Merci pour votre réponse,
Avez vous idée de la façon dont je pourrais expliquer cela à des élèves de cinquième?
avec 38 de fièvre je sèche, je l'avoue 😐
Ah ! la fièvre du samedi soir ! 😀
Qui a eu l'idée de proposer un tel sujet à des élèves de cinquième ?
Il faut l'aborder sans doute de manière douce par le thème des rapports entre le génie et la folie. Il convient d'essayer d'évacuer les clichés en rappelant que notre époque raffole de la provocation. De même nous aimons sans doute trop les météorites romantiques… Néanmoins certaines expériences hors norme peuvent constituer des avancées esthétiques, non en raison de leurs errances, mais parce que le génie de leur auteur a su leur trouver des équivalences picturales ou langagières…
On peut utiliser le dessin, la peinture, l'écriture comme thérapie des maladies mentales, la plus grande partie de cette production ne sera jamais une oeuvre d'art…
Pourquoi ne pas partir d'un tableau de Van Gogh ? expression des réactions ? Qu'est-ce qui dérange ? Peut-on rejoindre la sensibilité du peintre ?
Artaud, d'une grande finesse d'analyse, n'était pas un modeste d'optimisme.
Il me semble que "les investigations de certaines lucidités supérieures" seraient des recherches librement exercées par l'intelligence, qui pourraient conduire à approcher, découvrir et caractériser des possibilité de l'esprit que la faculté n'explique pas, comme certaines intuitions.
Ce n'est qu'un élément de réponse, et encore très personnel et fort incomplet : il me semble qu'il oppose tacitement la psychiatrie à la psychologie ou à la psychanalyse très en vogue à son époque. La psychiatrie expliquait les différents comportements par des symptômes physiques, alors que la psychanalyse au contraire admettait l'existence de liens encore inexpliqués.
Soumettre ce sujet à des élèves de deuxième année de collège de faculté est une excellente idée. 😀
freddy.lombard a écrit :
Il me semble que "les investigations de certaines lucidités supérieures" seraient des recherches librement exercées par l'intelligence, qui pourraient conduire à approcher, découvrir et caractériser des possibilité de l'esprit que la faculté n'explique pas, comme certaines intuitions.
"Je ferme les yeux de mon intelligence, et laissant parler en moi l'informulé, je me donne l'illusion d'un système dont les termes m'échapperaient. Mais de cette minute d'erreur il me reste le sentiment d'avoir ravi à l'inconnu quelque chose de réel. Je crois à des conjurations spontanées. Sur les routes où mon sang m'entraîne il ne se peut pas qu'un jour je ne découvre une vérité."
Il me semble donc qu'il s'agit aussi d'une investigation par les sensations…