Ce sujet est intéressant, car il pose des problèmes fondamentaux. Je vais faire une réponse assez personnelle, en essayant d'être très synthétique.
Dans une phrase (ou proposition), on distingue classiquement le sujet (ce dont on parle) et le prédicat (ce qu’on dit du sujet). Le thème est pour sa part un élément de la phrase que l'on met en valeur par un procédé stylistique, équivalant au soulignement. On ne le confondra donc pas avec le sujet !
J'ai pour ma part envisagé le sujet, le prédicat et le thème dans mon travail sur le participe passé : [Voir le site Internet sur la page de mon profil] – Voyez notamment aux pages 6-7 si cela vous intéresse, aussi aux pages 10-12 pour le cas des verbes unipersonnels (impersonnels). Disons que, pour moi, le sujet possède un contenu sémantique potentiellement très supérieur au prédicat. Sinon, le prédicat deviendrait inutile ! Tout ce qui n'est pas sujet dans la phrase (ou proposition) correspond par ailleurs au prédicat. On réservera toutefois le cas des appositions.
Certains sujets sont par ailleurs implicites, parfois même certains mots des prédicats. C'est par exemple le cas à l'impératif. Dans "Partons !", il existe un sujet implicite : "Nous". Prenons cette phrase : "Rome, [qui est] la capitale de l'Italie, me plait beaucoup." La proposition en apposition "[qui est] la capitale de l'Italie" comporte un sujet implicite : "qui". Le verbe implicite "est" relève pour sa part du prédicat "[est] la capitale de l'Italie".
On distinguera par ailleurs le sujet de son référent. Dans "Jacques partira-t-il ?", le sujet est le pronom "il", son référent "Jacques" n'étant pas indispensable.
Voyons maintenant si ces notions peuvent faciliter l'élucidation du sujet et du prédicat dans les exemples de Serenity, un peu limites !
C'est un large buffet sculpté.
Le sujet est ici manifestement le pronom démonstratif élidé (C'), le prédicat le reste de la phrase. En effet, le sujet (C') possède un potentiel sémantique supérieur à n'importe quel prédicat. Il peut en effet
désigner bien autre chose que "un large buffet sculpté" !
C'est ici la voix neutre : pas active, ni passive. À la voix active, on n'utilisera pas "désigner" mais "faire", à la voix passive "subir".
Le chêne sombre, très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens.
Le sujet de la phrase est "Le chêne sombre". Le prédicat est pour sa part "a pris cet air si bon des vieilles gens". On remarquera que je n'y mets pas l'apposition "très vieux".
Le sujet implicite de l'apposition "[qui est] très vieux" est le pronom relatif "qui". Le prédicat comprend "[est] très vieux", avec le verbe implicite "est".
Voici le banc rustique où s'asseyait mon père.
Cela se corse ! Sur le plan étymologique, "Voici" combine le verbe "voir" et l'adverbe de lieu "ci" (ici). Nous en ferons "[Tu] vois ici". Par conséquent, il existe un sujet implicite : "Tu". Le prédicat correspond à la phrase entière, telle qu'elle apparait.
Pour la proposition "où s'asseyait mon père", le sujet est bien sûr "mon père", le prédicat "où s'asseyait". Il suffit de la renverser : "mon père s'asseyait où [sur le banc rustique]."
En voilà un qui ne cache pas son jeu.
Dans la suite de l'exemple précédent, "En voilà un" équivaut étymologiquement et logiquement à "[Tu] vois là quelqu'un", avec "quelqu'un" combinant "En" et "un". Par conséquent, le sujet est implicite : "Tu". Et le prédicat comprend toute la phrase (visible).
Dans la proposition "qui ne cache pas son jeu", le pronom relatif "qui" est le sujet, le reste formant le prédicat.
Dans toutes ces phrases et/ou propositions, le sujet se confond par ailleurs avec le thème. Seule exception pour "où s'asseyait mon père" : le prédicat, placé en tête, correspond alors au thème.
J'espère que Serenity sera satisfait(e) par ces explications… 🙂
(Message édité)