Bonjour à tous, je suis en L1 de sciences du langage et j'ai un résumé de texte à faire, seulement je n'en ai jamais fait (ou alors il y a longtemps). J'ai cherché un peu les méthodes sur internet, et j'ai commencé à faire quelque chose seulement j'aimerai avoir un avis…
Je dois faire un résumé du texte "Gavage scolaire" de Claudine Ourghanlian :
Je dois faire un résumé du texte "Gavage scolaire" de Claudine Ourghanlian :
Sur le terrain de l’école, la métaphore alimentaire reste très prégnante dans les discours. Ces petits, il s’agit de les nourrir. Et quelle satisfaction lorsqu’ils boivent nos paroles ! Mais trop souvent, ils n’ont pas faim, ils n’ont goût à rien, ça ne passe pas. L’enseignant, relayé le soir par les parents, se voit contraint à leur mâcher le travail pour qu’ils ingurgitent les notions, avalent le programme. Ce succès de la métaphore ne surprend guère puisque l’une des étymologies du mot éducation renvoie à educare (nourrir, prendre soin) et que les mots savoir et saveur ont une étymologie commune (du latin sapere). Mais les déclinaisons de la métaphore suggèrent que l’ingestion de nourriture serait déconnectée d’avec les fonctions mêmes de l’alimentation : satisfaire les besoins physiologiques et être source de plaisir. Selon Jacques Lacarrière, « le vrai savoir ne s’ingurgite pas, il se déguste. Sans plaisir ni désir, il n’y a que bourrage et gavage et lavage de cerveaux. Le vrai savoir est celui qui donne saveur au monde. » Or l’on observe régulièrement chez les enseignants, dans leurs représentations et dans leurs pratiques, une problématique de gavage. La quantité prime alors sur la qualité. Cette problématique du gavage a toujours existé mais elle me semble prendre un sens et une ampleur particuliers dans le contexte actuel, celui d’une société qui fonctionne sur le mode du gavage médiatique : saturation publicitaire qui confond l’être et l’avoir, multiplication et non-hiérarchisation des sources d’information, virtualisation du monde… C’est pourquoi je souhaite aujourd’hui interroger une métaphore si banale qu’on ne la relève plus. Lors d’une visite de formation à une future enseignante spécialisée, j’avais été saisie par ce malaise du « trop ». Sur les murs de la classe, le regard ne pouvait trouver aucun espace vierge, et le flot de paroles était lui-même envahissant. Cela allait de pair avec une posture quelque peu menaçante, légitimée par la conviction qu’il fallait rabâcher, donner toujours une cuillère de « plus-de-la-même-chose ». J’avais peur que l’ardoise s’abatte sur la tête du gamin qui disait par sa posture et son mutisme : « tu me gaves ! » Gaver, c’est à la fois mal évaluer les besoins ou refuser de les prendre en compte, et annihiler le plaisir. L’image s’était imposée d’une ogresse étouffant des jumeaux contre ses seins à les vouloir trop nourrir… Dans les contes, l’ogre (et surtout l’ogresse) gave les enfants qu’il veut dévorer afin qu’ils engraissent. C’est ce dont sont victimes Hansel ou Rafara. On observe également cette pratique nourricière dans les contes de la Baba Yaga. C’est bien connu, les ogres raffolent surtout des enfants. Cela tient à leur chair tendre mais aussi aux forces vives qui sont les leurs et que l’ogre ou l’ogresse souhaite incorporer. C’est encore parce que l’adulte dévorant pense que ces petits lui appartiennent, qu’ils sont une part de soi. Les gaver, c’est les rendre “bons” en en faisant des objets c’est-à-dire en détruisant leur volonté et la distance qui permettrait l’altérité et l’émergence du sujet.Il y a sans doute derrière le « gavage » une volonté de contrôle. Celui qu’on maintient au sein n’accède pas au « grandir », il ne se rebelle pas, il ne nous renvoie pas son inquiétante altérité. Il s’agit de conduire ce nourrisson à un état de satiété afin de ne pas se retrouver face à son avidité, face à son désir qui pourrait nous engloutir. Peur de l’autre.Et voici le début de mon travail :
Peur de l’ogre en l’autre, du gouffre qui pourrait nous happer. À quelques jours de la rentrée, j’avais déjà entendu dire à propos d’élèves : « il me bouffe, il me vampirise », entendu au-delà des mots le projet de se défendre contre ces intolérables et redoutables mouvements agressifs ! La peur n’est pas seulement celle de la dévoration. C’est au moins tout autant celle de l’échange : tant qu’on nourrit l’autre, rien ne vient de lui. Il ne se sert pas de ses dents pour prendre possession, il ne se sert pas de sa langue pour discerner, juger de ce qui est bon et mauvais, il ne s’en sert pas pour parler. Par la bouche, la nourriture n’est pas seule à passer. Il y a aussi le souffle et la parole. Plus l’enseignant gave, « plus il a le sentiment de se retrouver face au vide : l’élève ne semble plus pouvoir manifester d’envie ». Il n’a goût à rien. Par un repli sur une position de passivité, voire d’absence, où celui-ci refuse d’ingurgiter, « il tente d’affirmer son existence ». Ainsi les conduites de gavage entraînent-elles des difficultés alimentaires, « une quasi-anorexie intellectuelle », qui suscitent en retour une angoisse chez l’enseignant comme chez le parent, d’autant plus tentés de nourrir par la force.
L’apprentissage scolaire est fondamental dans la vie de l’homme, néanmoins, notre problème est celui du gavage intellectuel. Nous parlons de gavage pour la simple raison que l’école est souvent l’objet d’une métaphore alimentaire notamment dû au fait que la connaissance est couramment comparée à de la nourriture. Mais, bien que ce problème de bourrage de crâne ne soit pas nouveau, nous pouvons remarquer que la société l’influence vivement. On observe donc que les enseignants prônent cette idée d’apprendre sans relâche jusqu’à avoir enfin acquis une connaissance suffisante des choses. Ainsi, on attend toujours des élèves qu’ils étudient de façon intensive même s’ils n’en comprennent pas forcément le sens. Cependant, le gavage intellectuel peut-être également défini comme le besoin de contrôler autrui en supprimant sa détermination, ainsi que son envie, afin de parvenir à un vrai rôle de marionnettiste. Ce phénomène désigne également une certaine peur d’autrui, puisque lorsque notre interlocuteur est inactif il n’est pas en mesure de nous contredire. Par conséquent le rejet d’apprendre peut-être simplement relié au refus de devenir un pantin, et ainsi proclamer son droit d’être entendu.



