Féminisation des noms de métiers

Langue française

56 réponses · Page 2 / 3

Laoshi a écrit : Personnellement je suis contre auteure et professeure, qui heurtent fâcheusement mes yeux sinon mes oreilles. Mais qui s'en soucie ? 😞
Si on ne s'en souciait pas, de quoi parlerait-on dans ce forum ?

Effectivement, profesrice passe mal alors je suis pour professeuse qui passe comme une nageuse à la piscine.
Bonsoir,

Voici les règles appliquées par le C.N.R.S. et l'INaLF, dans le cadre de l'élaboration du Guide d'aide à la féminisation…, pour féminiser les noms en -eur, à l'exception de ceux en -teur (petit rappel) :


1. La forme féminine se termine par -euse lorsque le nom correspond à un verbe en rapport sémantique direct (démarcher/démarcheur)

Ex. : une annonceuse, une chercheuse, une démarcheuse, une entraineuse, une programmeuse, une receveuse, une relieuse, une retoucheuse… Les quelques noms formés sur une base nominale sont féminisés de la même façon, ex. : une avionneuse, une camionneuse, une chroniqueuse, une pisteuse… Cette règle s’applique aux noms suffixés à partir d’une base nominale empruntée à l’anglais, ex. : une basketteuse, une footballeuse…

Remarque : Les formes féminines anciennes en -esse de défendeur, demandeur et vendeur : défenderesse, demanderesse, venderesse, sont conservées dans la langue juridique. [et employés !]

2. Lorsqu’il n’existe pas de verbe correspondant au nom ou que le verbe n’est pas en rapport sémantique direct – il s’agit, le plus souvent, de noms issus directement du latin – on a le choix entre l’emploi épicène (solution adoptée par les Belges) et l’adjonction d’un -e à la finale (solution préconisée par les Québécois et les Suisses).

Ex. : une assesseur(e), une censeur(e), une commandeur(e), une entrepreneur(e), une gouverneur(e), une ingénieur(e), une professeur(e), une proviseur(e) …


Remarque : Les noms issus de comparatifs latins ont un féminin régulier en -eure : une prieure, une supérieure.
Merci,

Doit-on alors dire professeuse, puisque le verbe professer existe ?
Roméo31 a écrit :2. Lorsqu’il n’existe pas de verbe correspondant au nom ou que le verbe n’est pas en rapport sémantique direct – il s’agit, le plus souvent, de noms issus directement du latin – on a le choix entre l’emploi épicène (solution adoptée par les Belges) et l’adjonction d’un -e à la finale (solution préconisée par les Québécois et les Suisses).
Les Belges sont des gens sérieux. 🆒
Doit-on alors dire professeuse, puisque le verbe professer existe ?
Eh bien justement, ce que l'on doit faire, on ne le sait pas.
Chacun fait comme il veut ou comme il peut. 😞
Je remercie Roméo pour les règles qu'ils nous indique, elles me semblent bien exposées et logiques mais je ne comprends pas alors pourquoi on de dit pas professeuse.

G, je te rappelle qu'il y a un jeu en cours quelque part.
Hippocampe a écrit :Merci,

Doit-on alors dire professeuse, puisque le verbe professer existe ?
Question pertinente !

Voici la réponse avant la lettre à votre question (il 'agit d'une note marginale minuscule, insérée dans le guide en question) :

Le verbe professer s’entendant aujourd’hui au sens de « enseigner », la forme professeuse, attestée, est envisageable.
Merci Roméo.

On s'oriente pourtant vers professeure, je crois.
Occurrences de professeuse sur Google : 7 000
Occurrences de professeure sur Google : 1 400 000

D'ailleurs pourquoi "envisageable" ? Est-ce une manière de dire que l'usage de professeure est illogique ?
Pour ma part je trouve professeuse beaucoup plus élégant.
Ngram Wiever tend à montrer que "professeuse" n'est plus employé chez les auteurs depuis 1951 !
https://books.google.com/ngrams/graph?content=une+professeure%2Cla+professeure%2Cune+professeuse%2Cla+professeuse&year_start=1800&year_end=2000&corpus=19&smoothing=3&share=&direct_url=t1%3B%2Cune%20professeure%3B%2Cc0%3B.t1%3B%2Cla%20professeure%3B%2Cc0%3B.t1%3B%2Cla%20professeuse%3B%2Cc0

On comprend donc pourquoi le très prudent "envisageable"…
Quel drôle d'outil !!!!! Je suis content d'avoir vu ça, je vais essayer d'apprendre à m'en servir.
Il ne s'agit pas de ramener à la vie des mots abandonnés comme professer mais d'être pragmatique. IL y a eu plusieurs circulaires de différents gouvernements et la première date de 1986. Le sujet de la féminisation est sur le tapis depuis au moins 30 ans, c'est fort long. Il faut passer à la pratique en utilisant le guide avec son lexique et ses quelques règles d'une grande simplicité.

D'autres pays vont plus loin. Le Québec accorde beaucoup d'attention à la rédaction neutre et à la rédaction épicène (voir la Banque linguistique.)
C'est drôle mais, pour la francophonie et la francophilie, je ne fais pas trop confiance à la France…
Une Française sacrée « Meilleure femme chef du monde » :

https://www.challenges.fr/entreprise/20150422.CHA5185/helene-darroze-sacree-meilleure-femme-chef-du-monde-en-2015.html

Une bonne nouvelle pour la gastronomie française. 🙂
« C'est un honneur pour moi de remporter le prix car il y a des femmes chefs cuisiniers talentueuses partout dans le monde […]
Il ne s'agit pas de ramener à la vie des mots abandonnés comme professer mais d'être pragmatique.
D'autres pays vont plus loin. Le Québec accorde beaucoup d'attention à la rédaction neutre et à la rédaction épicène
C'est drôle mais, pour la francophonie et la francophilie, je ne fais pas trop confiance à la France
Le français du Québec est aussi plein de contradictions. Et je ne sais pas s'il doit systématiquement être cité en exemple. Déjà, il est le premier à ramener à la vie des mots abandonnés depuis longtemps, et depuis bien plus longtemps que professer. (dépendamment, piger au sens de prendre, écornifler, tomber en amour, expression désuète ou littéraire chez nous, et sans doute calquée sur l’anglais to fall in love.
Certes le shopping est condamné au profit du magasinage, on a poussé des hauts cris devant l’adoption de footing, parking,…en France, et on écrit sur panneaux routiers arrêt au lieu de stop, mais du fait de leur proximité géographique avec le monde anglo-saxon, les Québécois utilisent dans le langage courant nombre d'anglicismes, différents des nôtres, mais qui n'en sont pas moins.
Checker est la norme pour vérifier ou regarder et spotter pour surveiller. A nos merci ! on répond par des bienvenue ! (you're welcome).
Quand il fait chaud, on met en route la fan, on sort avec son gang à un party, parce que c’est l’fun, on trouve que tout ce qui est mignon est cute et on dit allô pour dire salut, (Hello, quoi !). Quant à la police, prends garde à son gun.
Dans la syntaxe, on agence souvent des mots, français certes, comme en anglais :
On siège sur un comité(to be on a committee). On a un ACV accident cérébrovasculaire (cerebrovascular accident), un AVC en France (accident vasculaire cérébral).
Les journalistes souhaitent un bon matin à leurs auditeurs avant de leur annoncer que c'est maintenant le temps de leur programme préféré. (It’s now time for…) Les Québéquois condamnent les anglicismes d’un côté, mais les ont absorbés de l'autre (quatre siècles de voisinage, forcément…) sans peut-être toujours avoir conscience de l’influence que l’anglais a dans leurs tournures de phrases et dans certains mots, qui sont des traductions de la langue de Shakespeare. .out cela pour dire que nos voisins francophones n'ont peut-être pas non plus la solution miracle



Pour en revenir à nos moutons, la féminisation des noms de métiers, je suis pour ma part plutôt du côté de l'Académie qui n'est pas d'accord avec le système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Le français ne dispose pas d’un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs. S’agissant des métiers, très peu de noms s’avèrent en réalité, du point de vue morphologique, rebelles à la féminisation quand elle paraît utile.
Et je trouve également aberrant de lire qu'une recteure a été nommée directrice d’un service du ministère de l’Éducation nationale

Il est fâcheux que durant si longtemps, seuls les métiers manuels non valorisés aient reçu sans problème un féminin.
Une coiffeuse ne fait pas d'histoire, une pharmacienne oui, sous prétexte que la pharmacienne a longtemps désigné la femme du pharmacien !
pardon mais ne trouvez-vous pas le mot "mairesse" ou "professeuse", ou tout autre néologisme tel que ceux-là laids à l'oreille et aux yeux??
sans vouloir paraître macho ou misogyne, je vois pas ce que les femmes perdent à avoir un métier dont l'appellation est masculine. Pourquoi s'échiner à inventer de nouveaux mots alors que tant de gens en France ne parlent pas correctement notre belle langue ? c'est décourageant pour les personnes ayant la volonté de la connaître de savoir qu'elles ne seront jamais au bout de leurs peines!
Le français, comme la plupart des langues, est difficile à maîtriser en entier. Est-ce une raison pour la laisser tomber dans le n'importe quoi ? Et si on faisait la même chose en histoire ou en maths ?
Et que dire d'une langue pour laquelle on saurait que pour toutes les nouvelles notions ou nouveaux mots on pourrait dire ce qui nous passerait par la tête ? Plus de grammaire, plus d'orthographe, plus d'unité dans la communication.

Quant à mairesse ou professeuse, ce sont des mots aussi élégants que maîtresse ou nageuse.
Bien.

(R., membre de la Commission de terminologie et de néologie.)
Le site des sapeurs-pompiers de Paris utilise la forme épicène pour sapeur-pompier.
Je ne m'en offusquerai guère.
La féminisation des noms de métiers à tout prix entraîne parfois des excès.
Déjà que sapeurs-pompiers, ce n'est pas simple, sapeuses-pompières, il vaut mieux éviter.
Par contre une femme élue "grand chef cuisinier", cela me choque, par toute la charge de sexisme que cela sous-entend.
A première vue j'ai l'impression que le site mentionné dans un message ne montre que des hommes et il est toujours possible qu'avec le statut de militaire il y ait des exceptions.
L'Onisep a choisi de mentionner le féminin :
Fiche métier
sapeur(euse)-pompier(ière)
Si on consulte le guide de la féminisation, on obtient dans le lexique sapeuse et pompière en application des règles. Le passage de eur à euse ou l'ajout d'un accent grave et d'un e sont des procédés très familiers depuis des siècles
Comme sapeur a un lien direct avec saper, on n'utilise pas la solution épicène.
Si sapeur-pompier est trop long et qu'on utilise pompier, on aura pompière et c'est aussi banal que conseillère ou caissière. Si on trouve pompière comique, pompier l'est aussi.

Le nom composé n'apporte aucune difficulté de plus grâce à la règle 7
Règle 7. : Accord dans les dénominations composées et complexes
Dans les dénominations composées et complexes, le principe de la féminisation est identique : les substantifs sont féminisés selon les règles énoncées ci-dessus, les adjectifs et les participes s'accordent au féminin :
une ajusteuse-outilleuse, une chef adjointe, une contrôleuse-vérificatrice, une déléguée territoriale, une directrice financière, une haute fonctionnaire, une première ministre, une présidente-directrice-générale, une receveuse principale, une trésorière-payeuse…
Il a fallu plusieurs circulaires sur la féminisation mais maintenant il est clairement dit de féminiser les noms de métiers, de professions… dans la rédaction des textes. voir Légifrance
Les orientations fixées par le Premier ministre en matière de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, dans la circulaire du 6 mars 1998 (JO du 8 mars 1998) doivent être scrupuleusement respectées (« Il convient de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre, dès lors qu'il s'agit de termes dont le féminin est par ailleurs d'usage courant (…). Je vous invite à diffuser cette pratique dans les services placés sous votre autorité et à l'appliquer dans les textes soumis à votre signature »).

L'Institut national de la langue française a édité un guide pour cette féminisation (« Femme, j'écris ton nom…, Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, grades et fonctions », Doc. Française, 1999) ; les rédacteurs des textes s'y référeront avec profit. Les principales règles à respecter, déterminées par l'Institut national de la langue française, sont mentionnées en annexe 1 de la présente fiche.