Il ne s'agit pas de ramener à la vie des mots abandonnés comme professer mais d'être pragmatique.
D'autres pays vont plus loin. Le Québec accorde beaucoup d'attention à la rédaction neutre et à la rédaction épicène
C'est drôle mais, pour la francophonie et la francophilie, je ne fais pas trop confiance à la France
Le français du Québec est aussi plein de contradictions. Et je ne sais pas s'il doit systématiquement être cité en exemple. Déjà, il est le premier à ramener à la vie des mots abandonnés depuis longtemps, et depuis bien plus longtemps que
professer. (
dépendamment,
piger au sens de
prendre,
écornifler,
tomber en amour, expression désuète ou littéraire chez nous, et sans doute calquée sur l’anglais
to fall in love.
Certes le
shopping est condamné au profit du magasinage, on a poussé des hauts cris devant l’adoption de footing, parking,…en France, et on écrit sur panneaux routiers
arrêt au lieu de
stop, mais du fait de leur proximité géographique avec le monde anglo-saxon, les Québécois utilisent dans le langage courant nombre d'anglicismes, différents des nôtres, mais qui n'en sont pas moins.
Checker est la norme pour
vérifier ou
regarder et
spotter pour
surveiller. A nos
merci ! on répond par des
bienvenue ! (
you're welcome).
Quand il fait chaud, on met en route la
fan, on sort avec son
gang à un
party, parce que c’est
l’fun, on trouve que tout ce qui est mignon est
cute et on dit allô pour dire salut, (Hello, quoi !). Quant à la police, prends garde à son
gun.
Dans la syntaxe, on agence souvent des mots, français certes, comme en anglais :
On siège sur un comité(to be on a committee). On a un ACV accident cérébrovasculaire (cerebrovascular accident), un AVC en France (accident vasculaire cérébral).
Les journalistes souhaitent
un bon matin à leurs auditeurs avant de leur annoncer que
c'est maintenant le temps de leur programme préféré. (
It’s now time for…) Les Québéquois condamnent les anglicismes d’un côté, mais les ont absorbés de l'autre (quatre siècles de voisinage, forcément…) sans peut-être toujours avoir conscience de l’influence que l’anglais a dans leurs tournures de phrases et dans certains mots, qui sont des traductions de la langue de Shakespeare. .out cela pour dire que nos voisins francophones n'ont peut-être pas non plus la solution miracle
Pour en revenir à nos moutons, la féminisation des noms de métiers, je suis pour ma part plutôt du côté de l'Académie qui n'est pas d'accord avec le système
qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Le français ne dispose pas d’un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs. S’agissant des métiers, très peu de noms s’avèrent en réalité, du point de vue morphologique, rebelles à la féminisation quand elle paraît utile.
Et je trouve également aberrant de lire qu'
une recteure a été nommée directrice d’un service du ministère de l’Éducation nationale
Il est fâcheux que durant si longtemps, seuls les métiers manuels non valorisés aient reçu sans problème un féminin.
Une coiffeuse ne fait pas d'histoire, une pharmacienne oui, sous prétexte que la pharmacienne a longtemps désigné la femme du pharmacien !