Un personnage "particulier" d’Hemingway, le vieil homme

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'ai une petite question mais ne trouvant pas de sujet se rapportant de près ou de loin à ma question je crée un nouveau sujet…
Voici la situation:
Afin de préparer la rentrée scolaire et préparer le bac j'ai acheté L'ABC du BAC aux éditions Nathan dans la discipline du français (pour les séries L/ES/S) dans la gamme "excellence la mention en plus" (j'espère avoir donné les références nécessaires…)
Dans le chapitre 1: le personnage de roman du XVIIème siècle à nos jours
I- L'histoire des personnages à travers celle du roman
D- Le XXème siècle: la crise du personnage
1. Le retour au personnage fort des années 1930
On trouve:
Dans les années 1930, on observe un retour à un personnage fort, avec des auteurs comme Bernanos, Malraux, Hemingway. Leurs héros sont très impliqués dans le monde, engagés, et leur personnalité est très typées, clairement limitée. Ils s'éloignent d'une littérature centrée sur l'analyse psychologique, pour s’intéresser au destin de personnages en prises avec l'histoire, qui cherchent à donner un sens à leur vie.
Ayant lu cet été Le vieil homme et la mer d'Hemingway je comprend le fait que l'auteur fait appel à un personnage fort dans le vieillard notamment dans sa force psychologique et son mental dans la lutte acharnée contre le poisson qu'il essaye de pêcher etc mais je ne comprend pas en quoi on peut l'inclure dans le reste du paragraphe (notamment dans les phrases que j'ai soulignées) puisque le vieil homme n'est ni engagé ni "en prise avec l'histoire" de plus la part très importante (et très intéressante) de l’analyse psychologique qui lui ai donnée…

Est-ce que cette oeuvre ne reflète pas le travail global d'Hemingway et peut donc être considérer comme une sorte d’exception ou y-a t-il une explication ?

Merci d'éclairer mon esprit perdu et d'avoir pris le temps de me lire,

Bonne journée à vous 🙂
Ce personnage d'Hemingway pourrait paraître éloigné de ceux de l'Adieu aux armes ou de Pour Qui sonne le glas.
Mais si l'on considère cette nouvelle comme une parabole, on peut y lire la lutte de l'humanité pour échapper à son destin, cette grandeur à se battre jusqu'au bout contre la fatalité. Le thème de la chasse ou de la pêche est récurrent chez l'auteur, ces activités révèlent le courage, l'intelligence, la ténacité, la symbiose avec la nature, toutes qualités qui honorent l'homme. Il me semble que le correspondant de guerre a été profondément écoeuré par les conflits auxquels il a participé, notamment par la bêtise ou la cruauté des personnes. Il quitte donc l'histoire pour revenir à une certaine forme de pureté ou de noblesse dans la nature fondamentale de l'homme, son activité de prédateur.
Merci d'avoir pris le temps de me répondre Jean-Luc 🙂
Donc si j'ai bien compris, il faut prendre du recul sur la nouvelle afin d'y voir l'engagement d'Hemingway à travers le personnage du vieillard et donc comme l'indique le paragraphe le "destin de personnages en prises avec l'histoire", cela me semble plus clair à présent juste je ne comprends toujours pas le "Ils s'éloignent d'une littérature centrée sur l'analyse psychologique" puisque nous sommes au cœur de celle-ci…
Au XXe siècle, la littérature tend en effet à sortir des espaces confinés du moi aux prises avec son monde intérieur. Le véritable sujet n'est plus l'analyse subjective de l'intériorité. L'essentiel est à l'extérieur de l'homme, dans son combat avec les événements historiques, l'affrontement avec des forces naturelles ou surnaturelles… Hemingway a placé le curseur sur le combat du vieil homme même s'il nous rapporte ses répercussions sur l'esprit (mais aussi le corps) du pêcheur. Ce sont les yeux d'un enfant qui voient la grandeur de Santiago, prénom d'ailleurs significatif dans l'économie du projet. Santiago, c'est saint Jacques, le matamore, le combattant de la foi contre les forces du mal.
Donc finalement il faut se concentrer sur la signification et sur la progression du récit plus que sur le personnage ?
J'ai compris, merci beaucoup Jean-Luc! 🙂
Bonne journée
En conclusion, le récit ne peut faire l'économie de la psychologie des personnages car une bonne partie de la cohérence et de la vraisemblance de la narration réside en elle. La psychologie de Santiago est simplifiée, d'ailleurs tu peux remarquer qu'elle s'appuie principalement sur l'instinct…