L’ENS en espagnol, un réel tremplin face à la fac ?

La filière littéraire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Sur le papier, je suis une étudiante titulaire d'une licence 3 de LLCE Espagnol, licence obtenue au terme de trois années de prépa littéraire à bordeaux, et j'ai été admise sur dossier à l'ENS LSH de Lyon afin d'y commencer mon master 1 dans cette discipline.

Mais voilà, je suis actuellement en plein doute, et ce depuis déjà un mois, c'est-à-dire depuis la validation de mon admission, car je me rends compte que si j'ai voulu à tout prix l'ENS comme un saint graal après tant de travail, je ne désire pas poursuivre mes études en Espagnol et en devenir une spécialiste.

J'avais en effet choisi cette voie car je suis passionnée de littérature et qu'ayant passé un bac international dans cette langue, mes notes étaient bien meilleures que la moyenne, ce qui "m'assurait" - d'après les conseils de mes professeurs qu'en élève bien sérieuse et docile j'ai écoutés - de rentrer à l'ENS. Cette spécialité m'a ainsi permis de relativement bien vivre ma prépa, tout en étudiant beaucoup aussi la littérature française grâce à la multidisciplinarité. Comme beaucoup, la prépa terminée, les résultats tombés, je n'ai pas vu autre chose que l'ENS, cette sainte école dans laquelle il fallait rentrer à tout prix, et comme je n'ai manqué l'admissibilité qu'à quelques points, j'ai choisi de présenter un dossier en me disant que "une fois que j'y serai je trouverai ce que je veux faire et que tout serait possible de toute façon". C'est ansi que j'ai été admise, enfin.

Mais quand les résultats sont tombés, je me suis rendue compte de l'endroit, et surtout la voie de spécialisation vers laquelle je m'engageais, et cela fait un mois que je me pose des milliers de questions en me demandant si je fais bien d'y aller ou s'il faut écouter mon coeur (et mon amoureux…) et retourner en L3 à Bordeaux, pour étudier les lettres et l'histoire de l'art, ma deuxième passion après la littérature, pour pouvoir ensuite choisir un master, une spécialisation, qui me plaira réellement.

Tous ceux à qui j'en parle me disent que je suis folle, qu'il faut que j'aille à l'ENS maintenant que je l'ai et que ce serait une régression que de la refuser, mais beaucoup ne savent pas que l'ENS est juste une fac, quoi qu'on en dise.

Je m'adresse à vous, qui que vous soyez, dans l'espoir que vous pourrez m'apporter des témoignages de vos différents parcours, et me conseillerez un peu quant au choix qui se rapproche. Pensez réellement que l'ENS sera un tremplin ou est-ce que ce sont mes oeillères de prépa qui me le font encore croire? Est-ce que je vais réellement régresser à la fac de bordeaux ?

Merci d'avance ! 🙂
"je me rends compte que si j'ai voulu à tout prix l'ENS comme un saint graal après tant de travail, je ne désire pas poursuivre mes études en Espagnol et en devenir une spécialiste. "


"et retourner en L3 à Bordeaux, pour étudier les lettres et l'histoire de l'art, ma deuxième passion après la littérature, pour pouvoir ensuite choisir un master, une spécialisation, qui me plaira réellement. "


Tu donnes toi-même la réponse, à mon avis: si ce n'est pas ce qui te plaît, que tu ne veux pas en faire ton futur, ne viens pas en septembre. Faire des études d'espagnol à l'ENS de Lyon est un tremplin… pour continuer dans le monde de l'hispanisme, universitaire ou non.

Bon après, c'est ce que j'en dis, et je serai peut être contredit et détrompé. Mais si tu t'engages en septembre, ce sera au moins trois ans d'études dans ce domaine, pour être sûre que tu ne veux pas faire ça après: il faudra avoir la motivation de te "reconvertir" (et dans ce cas, pourquoi pas? ce sera toujours un bagage intéressant) et de reprendre un cycle d'études au moins aussi long.
A mon sens, tu ne te poses pas la bonne question : que veux-tu faire comme métier ? Si c'est enseignant, est-ce que enseignant dans le secondaire est envisageable, et si oui, dans quelle discipline ? (Dans le secondaire, en LV, plus réellement de littérature sauf pour une toute petite minorité).

Pourquoi ne pas faire un M1 d'espagnol à l'ENS et commencer une L3 de Lettres ou d'Histoire de l'art à Lyon ? Tu dois même pouvoir orienter ton M1 vers une approche interdisciplinaire (il me semble avoir vu un italianisant avec thèse orientée en histoire de l'art italien, recruté sur des postes de MCF d'Histoire de l'art).

L'essentiel n'est pas tant la formation (en tout cas pour le M1, pour la prépa agrég. c'est sans doute autre chose) que le réseau de relations que tu arriveras à te construire.

Quant à l'amoureux, tu le mets dans tes bagages. 😀
Le problème c'est que je ne sais pas exactement ce que je veux faire, et que je me demande si l'ENS pourra, par l'intermédiaire des langues, m'apporter des réponses à ces questions en complétant notamment avec les lettres et l'histoire de l'art…
Salut Clem,

ton post m'a donné envie de réagir même si ma réponse ne va pas trop faire avancer le schmilblik.
Avant tout, permets moi de te dire que je trouve ton interrogation très saine et que ça fait plaisir de voir que de plus en plus on s'interroge sur ce qui est bien pour notre vie à nous , et non plus pour les autres.
Evidemment les profs poussent à l'ENS, c'est leur métier, mais c'est ensuite de notre vie qu'il s'agit.

J'ai connu une situation un peu analogue à la tienne lorsque j'étais en prépa, il y a un an à peine.
Du fait d'une école primaire en AEFE et d'un bilinguisme espagnol, j'ai toujours eu des facilités, surtout en langues; j'ai décidé de ne pas étudier l'espagnol mais l'italien à la place, considérant qu'il était dommage de ne pas saisir l'opportunité d'apprendre une autre langue, et qu'il me fallait conserver l'anglais.
Grand bien m'en a pris, puisque j'ai eu des résultats excellents en italien, qui était ma spé en khâgne Ulm, comme toi pour l'espagnol. Les profs, surtout celle d'italien, m'ont ainsi beaucoup poussé à bosser l'ENS. Je me suis rendu compte en fin d'hypokhâgne que l'ENS ok, mais pour quoi faire? Prestige ou pas, je n'avais aucune envie de devenir enseignant chercheur en italien, j'ai donc réfléchi et fait un choix qui était celui d'aller en école de commerce, proposant des débouchés qui m'attiraient et m'attirent toujours beaucoup plus.
Je me suis donc focalisé sur la BCE et non pas sur l'ENS. J'ai eu de la chance en latin et j'ai réussi à frôler l'admissibilité, tout en réussissant le concours de l'ESCP, école que je voulais… Evidemment, la prof d'italien était déçue et aurait préféré que je cube au vu de ce résultat prometteur aux épreuves de l'ENS, surtout en italien.
J'étais content d'avoir eu l'ESCP, surtout que j'allais pouvoir rejoindre ma copine (autre point commun!) à Paris après deux ans de vie à distance durant la prépa, donc j'ai dit oui sans hésiter et je ne regrette rien.

Un seul motif à ce long monologue: t'encourager à faire ce qui te plaît toi et ce qui est important pour toi.
Ton couple, tes affinités avec l'histoire de l'art, ton intérêt limité vis-à-vis de la recherche en espagnol, voilà les choses qui me semble-t-il doivent rentrer en compte. C'est ta vie à toi. Quelles que soient les aspirations des autres, leurs attentes, leurs éventuelles déceptions, je te conseille vraiment de faire ce qui est bon pour toi, qui te permettra de t'épanouir dans ta vie (amoureuse), dans tes études, et à l'avenir professionnellement.

Cela étant dit pour nuancer un peu, il faut aussi prêter l'oreille aux contributeurs qui connaissent mieux que moi les arcanes de l'enseignement et de la recherche pour savoir si un diplôme de l'ENS est si déterminant que cela. Ou du moins, s'il est réellement très difficile de trouver son bonheur en venant d'un cursus universitaire réalisé à Bordeaux.
A titre personnel, si ça n'est pas absolument déterminant (entendre: chômage en sortant de Bordeaux), je ne pense pas qu'un diplôme ait autant de valeur qu'un quotidien épanoui là où ton coeur te porte.
A Varney : c'est en effet bien sur le réseau de relations que je compte, et les rencontres aussi, tant au niveau des profs que des élèves pour m'ouvrir des voies et des idées de voies auxquelles je n'avais pas pensé…

C'est une bonne idée l'inscription dans une autre licence en plus, c'est juste que j'avais peur de "m'enfermer" mais après tout, on ne s'enferme que quand on arrête de regarder ailleurs, j'imagine.

Je ne me vois pas enseigner par contre, c'est catégorique. Pas dans le secondaire du moins, et si je le fais vraiment, ce serait à la fac, comme enseignant chercheur, et dans les domaines de la littérature ou de l'esthétique… C'est très flou tout cela, mais une fois les oeillères de la prépa enlevées, on s'en rend compte qu'il y a un monde autour de l'ENS et un métier à choisir aussi, au-delà de toutes les utopies de "j'adore ce que je fais, mais je ne veux pas être prof".

(quant à l'amoureux, il préfère faire les aller-retours que venir dans mes bagages parce qu'il a du mal à comprendre que je veuille venir à l'ENS et pas à la fac sachant qu'en plus je suis en espagnol et que je ne veux pas être prof…)

A SPQR : ton cas est intéressant, merci pour ce témoignage qui a en effet pas mal de similitudes avec le mien. C'est vrai qu'à t'entendre j'ai envie de lâcher tout ce qu'on attend de moi et de faire ce qu'il me plaît, mais j'ai la petite appréhension de "et si je loupais quelque chose en n'y allant pas ?". Parce que je suis malgré tout passionnée par la littérature et que je me dis que j'ai peut etre quelque chose à faire dans la recherche, mais pas en espagnol c'est sur…
Tu as eu une très bonne école de commerce, tu allais donc vers le "mieux" suivant tes objectifs, et ma question c'est celle du "mieux". Est-ce pour moi l'ENS en espagnol ou la fac de lettres ?
Je tourne en rond, je m'en rends compte, mais merci encore pour toutes ces interventions qui m'éclairent à chaque fois un peu plus.