Bonjour à tous !
J'entre en khâgne en septembre, et j'ai des travaux d'été afin de m'y préparer, en vue du programme de littérature que je vais préciser à la fin de mon post, et du sujet, j'aimerai avoir vos avis sur la question, j'ai du mal avec du Bellay, et avec le sujet, je ne sais pas avec quel objet d'étude le faire correspondre (où s'il faut le faire correspondre avec les trois). J'ai pris le temps de lire des extraits de l'ouvrage dont est extrait le propos à commenter, mais rien ne remédie pour l'instant à ma page word blanche… J'attends avec hâte vos avis, et pourquoi pas une discussion intéressante à ce sujet !
Sujet : "L'unité du recueil est conforté par deux dominantes qui évoluent progressivement pour mettre en valeur l'éloge : la négativité qui fait des Regrets une poésie du refus et la dépersonnalisation qui en fait une poésie de l'anonymat". François ARGOD-DUTARD, L'écriture de Joachim du Bellay , vol. 62, Cahier d'humanisme et de Renaissance, 2002.
Axes d'études au programme :
Axe 1 : L'autobiographie
Axe 2 : L'oeuvre littéraire, ses propriétés, sa valeur
L'oeuvre littéraire, le lecteur
NB : je tiens à préciser que je ne demande en aucun cas que l'on fasse mon travail, croyez bien que j'ai dépassé ce stade, j'attends si vous le voulez bien, quelques idées sur le sujet afin de m'aiguiller, en effet, une dissertation est une réflexion, et il semble que je ne sois pour l'instant pas capable de réfléchir sur Joachim du Bellay, seule du moins.
Merci d'avance ! 🙂
je ne sais pas avec quel objet d'étude le faire correspondre
A mon sens, tu peux, toutes proportions gardées, rattacher Les regrets de Du Bellay à l'écriture autobiographique, dans la mesure où il se découvre à nous dans cette oeuvre, même si elle ne prend pas la forme habituelle du genre.
Quant à l'axe 2 : L'oeuvre littéraire, ses propriétés, sa valeur, il me semble qu'il s'agit d'une étude de détail que tu ne peux éviter.
Quant au sujet oeuvre/lecteur, je laisse à d'autres le soin de répondre.
Effectivement j'avais constaté qu'on rapproche Du Bellay de l'écriture du JE, alors selon toi je pourrais me contenter de l'axe 1. Je vais approfondir un peu 🙂 Merci !
En général, il faut que tu construises un tableau pour avoir des exemples de chaque recueil sur chaque axe du programme. Si toutes les oeuvres ne sont pas citées, ce n'est pas grave, mais dans l'optique du concours il serait bon que toutes le soient.
Rattacher Du Bellay à l'autobiographie ne posera pas de problème. A l'oeuvre littéraire, ses propriétés et sa valeur non plus, puisque ce thème ne veut rien dire, me semble-t-il. Pour le lecteur, je n'ai pas d'exemples précis en tête (j'ai lu les Regrets il y a longtemps déjà) et je ne peux pas trouver le recueil dans mes cartons… Je vois trois vagues pistes : 1/ une poésie de cour (destinée à un lecteur en particulier ? A un lectorat particulier ? Non seulement à une personne, madame untel, mais bien à un lectorat disposant des codes) ; 2/ une oeuvre autobiographique (admettons que ce soit autobiographique, bien que ce soit discutable et que ce sera discuté) introduit-elle un autre rapport au lecteur ? ; 3/ le blah blah général sur le lecteur (le lecteur idéal doit-il avoir lu l'Odyssée ?)
Pour ton sujet en particulier, je crois qu'il se rattache en partie à l'oeuvre littéraire, ses propriétés (lesquelles ici sont des propriétés dynamiques, puisque c'est une évolution de l'oeuvre qui est évoquée… L'oeuvre est donc pris dans le temps de la lecture et ses propriétés évoluent, blah blah blah) , et à l'autobiographie (la poésie de l'anonymat qui recouvre l'écriture autobiographique, etc). Je te conseille d'étudier Du Bellay en portant ton attention sur les différentes parties du recueil et leurs articulations.
Je ne sais pas si je suis très clair. N'hésite pas à me dire si je peux préciser des points. 🙂
Bon courage !
Oui oui, tout est bien clair, je trouve ça plutôt intéressant et ça m'aide à baser une réflexion 🙂
Merci ! Aujourd'hui je travaille sur mes travaux d'histoire mais je pense commencer ma dissertation de français demain, alors si vous avez des idées, surtout n'hésitez pas ! Je pense que je vous ferai part de l'avancée de mon travail si j'en ai le temps pour avoir votre avis. Je verrai 🙂 Merci encore !
Salut!
Bon, je pense que tu ne vas pas avoir de mal à rattacher les Regrets aux deux premiers thèmes, si tu as un peu lu l'oeuvre. "Et les muses de moi comme étranges s'enfuient" -> on peut pas faire plus nombriliste comme démarche.
Là où cette oeuvre est intéressante, à mes yeux, c'est qu'elle s'articule avec le troisième axe de manière très originale (par rapport aux autres livres du programme). On peut en effet lire les Regrets comme une oeuvre écrite par un poète-lecteur, notamment des tristes d'Ovide.
Si tu regardes le sonnet 9, il est écrit: "Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine, / je sens venir l'hiver". Il semblerait presque qu'Ovide ait pu écrire ça, description plus proche de celle du Pont-Euxin que de celle de Rome. Du Bellay peut donc (à mon sens) être vu comme un écrivain-lecteur, ce qui retournerait la rituelle tartine de "comment le lecteur lit le livre".
(fin du paragraphe inutile ^^)
Concernant ta dissert, il y a à mon sens trois mots importants, le reste n'étant que de la branlette intellectuelle (comme toujours en français 🙄 ):
- éloge: éloge de la France, bien sur, contrairement à l'Italie. § Heureux qui comme Ulysse…
- poésie du refus: comment les Regrets mettent-ils en scène le refus de l'Italie face à la france? -> figure d'Ulysse omniprésente (ex. sonnet 40), comparaison entre l'Italie et la France: a peu près tout le sonnet 31, mais aussi la désolation par rapport à ce qu'était la Rome antique, et ce qu'elle est maintenant. (sonnet 83).
- dépersonnalisation qui en fait une poésie de l’anonymat: C'est la que ma compréhension est mise à l'épreuve. On a souvent parlé de la présence du jeu, qui pour moi est bien réelle, mais alors comment parler d'une poésie de l'anonymat? Mystère. Si quelqu'un a des idées, je suis preneur 🙂
J'espère n'avoir pas été trop ennuyeux et long…
Pour la poésie du refus, un élément de réponse se trouve dans les premiers sonnets, puisque Du Bellay se réfute comme poète…
Pour ce qui est de la dépersonnalisation qui en fait une poésie de l'anonymat, je pense que c'est là que le mythologisme (Ulysse surtout) intervient… la dépersonnalisation, c'est "faire perdre à quelqu'un ce qui fait sa subjectivité". Et en effet, l'enjeu des Regrets dépasse Du Bellay… Ulysse est identifié au sujet lyrique.
De plus nombres d'enjeux dépassent DB : il y a un enjeu linguistique, l'évolution de la langue française, un enjeu religieux, faire évoluer la Chrétienté vers la forme gallicane. Une réflexion sur le voyage également, la difficulté à écrire… bref, plus il refuse (la poésie par exemple), plus il se dépersonnalise (avec Ulysse, au profit d'une défense du gallicanisme…), plus l'éloge est mis en valeur puisqu'il parle moins de lui ? En plus il n'y a jamais de véritable introspection. La difficulté me semble plutôt de relier de façon unique poésie du refus (refus de la poésie) et dépersonnalisation dans le sens de l'éloge… En quoi l'une et l'autre permettent de mettre en valeur l'éloge…
Bon j'ai écrit ça en 5 minutes, et ce n'est pas très clair…
Je tenais à vous dire merci à tous de votre très aimable application à m'avoir répondu. J'ai pu lire bien plus aisément le recueil et l'apprécier sans doute comme j'aurais eu du mal à l'apprécier sans cela.
Merci encore !