Et la mer et l'amour Marbeuf (1596-1645)
La pluie Saint-Amant (1594-1661)
Il n'est rien de charmant Pierre Lemoyne (1602-1672)
Ondine Aloysius BERTRAND (1807-1841)
Le chant de l'eau Verhaeren
La Sorgue René Char
54 réponses · Page 3 / 3
Pleine nuit en merPour le dadaïsme : Tristan Tzara
La côte montagneuse est éclairée à giorno par la pleine
lune qui voyage avec nous
La
Croix du
Sud est à l'est et le sud reste tout noir
Il fait une chaleur étouffante
De gros morceaux de bois nagent dans l'eau opaque
Sur le pont les deux acrobates
Allemandes se promènent
aux trois quarts nues
Elles cherchent de la fraîcheur
Le petit médecin portugais qui accompagne les émigrants de sa nation jusqu'à
Buenos-Aires digne de
l'œil en passant devant moi
Je le vois s'engouffrer avec les deux
Allemandes dans
une grande cabine inoccupée
Deux navires passent à tribord puis trois à bâbord
Tous les cinq sont éclairés comme pour une fête de nuit
On se croirait dans le port de
Monte-Carlo et la forêt
vierge pousse jusque dans la mer
En dressant l'oreille et en tendant toutes mes facultés
d'attention j'entends comme le bruissement des
feuilles
Ou peut-être mon chagrin de quitter le bord demain
Au bout d'un grand quart d'heure je perçois la mince
chanson d'un émigrant sur le gaillard avant où du linge
sèche à la lune et me fait des signes
Blaise Cendrars
Mer
soleil nuit
son roi de glace et son nom descend
et apparaît en mer dans le poisson le requin son corps
gardien maritime
naître
voracité ouverte aux sons des lances et de la porte verte
sois ma sœur en large marche de planète
trop longtemps j’ai vu squelette les
mannequins aux parapluies dans la mine blanche
chaude
et je dessine le pays et tes bijoux sont des yeux vivants
la vache accoucha un grand œil vivant de douleur ou de fer
au bord de la mer monte en spirale la sphère
la tempête
la vierge écrasa sa chair et mourut dans le désert
le feu à l’intérieur de grosses pierres volcaniques
son image et les fruits
la pluie sera fleur de la famine de la sécheresse
manteau imperméables de nos cœurs facilite-nous la fuite et l’embarcation du seigneur couvert de plantes
Au secours je dois trouver 10 poèmes, du 12 au 21 ème siècle - J’en ai trouvé 7 et là je sèche il me manque le 12 ème, 13 ème et 14 ème - Quelqu’un peut il m’aider svp
Bonsoir trevoria,Tu vas avoir du mal à trouver, le thème n’étant pas exploité au Moyen-Âge.Pour le XIIe siècle, je te propose un extrait du roman de Tristan et Yseult recomposé par Joseph Bédier à partir des œuvres de Béroul et Thomas. Écoutez, seigneurs, une aventure douloureuse, pitoyable à tous ceux qui aiment. Déjà Iseut approchait ; déjà la falaise de Penmarch surgissait au loin, et la nef cinglait plus joyeuse. Un vent d’orage grandit tout à coup, frappe droit contre la voile et fait tourner la nef sur elle-même. Les mariniers courent au lof, et contre leur gré virent vent arrière. Le vent fait rage, les vagues profondes s’émeuvent, l’air s’épaissit en ténèbres, la mer noircit, la pluie s’abat en rafales. Haubans et boulines se rompent, les mariniers baissent la voile et louvoient au gré de l’onde et du vent ; ils avaient, pour leur malheur, oublié de hisser à bord la barque amarrée à la poupe et qui suivait le sillage de la nef. Une vague la brise et l’emporte. Iseut s’écrie : « Hélas ! chétive ! Dieu ne veut pas que je vive assez pour voir Tristan, mon ami, une fois encore, une fois seulement ; il veut que je sois noyée en cette mer. Tristan, si je vous avais parlé une fois encore, je me soucierais peu de mourir après. Ami, si je ne viens pas jusqu’à vous, c’est que Dieu ne le veut pas, et c’est ma pire douleur. Ma mort ne m’est rien : puisque Dieu la veut, je l’accepte ; mais, ami, quand vous la saurez, vous mourrez, je le sais bien. Notre amour est de telle guise que vous ne pouvez mourir sans moi, ni moi sans vous. Je vois votre mort devant moi en même temps que la mienne. Hélas ! ami, j’ai failli à mon désir : il était de mourir dans vos bras, d’être ensevelie dans votre cercueil ; mais nous y avons failli. Je vais mourir seule, et sans vous disparaître dans la mer. Peut-être vous ne saurez pas ma mort, vous vivrez encore, attendant toujours que je vienne. Si Dieu le veut, vous guérirez même… ah ! peut-être après moi vous aimerez une autre femme, vous aimerez Iseut aux Blanches Mains ! Je ne sais ce qui sera de vous : pour moi, ami, si je vous savais mort, je ne vivrais guère après. Que Dieu nous accorde, ami, ou que je vous guérisse, ou que nous mourions tous deux d’une même angoisse ! » Ainsi gémit la reine, tant que dura la tourmente. Mais après cinq jours, l’orage s’apaisa. Au plus haut du mât Kaherdin hissa joyeusement la voile blanche, afin que Tristan reconnût de plus loin sa couleur. Déjà Kaherdin voit la Bretagne… Hélas ! presque aussitôt le calme suivit la tempête, la mer devint douce et toute plate, le vent cessa de gonfler la voile, et les mariniers louvoyèrent vainement en amont et en aval, en avant et en arrière. Au loin ils apercevaient la côte, mais la tempête avait emporté leur barque en sorte qu’ils ne pouvaient atterrir. À la troisième nuit, Iseut songea qu’elle tenait en son giron la tête d’un grand sanglier qui honnissait sa robe de sang, et connut par là qu’elle ne reverrait pas son ami vivant.