Montesquieu, Lettres persanes, lettre 58

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Excusez moi, mais j'ai fait une erreur … :/ Ce n'est pas la lettre 54 mais la 58 :
Lettre 58
Rica à Rhédi, à Venise.
A Paris, mon cher Rhédi, il y a bien des métiers. Là un homme obligeant vient, pour un peu d’argent, vous offrir le secret de faire de l’or.

Un autre vous promet de vous faire coucher avec les Esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femmes.


Vous trouverez encore des devins si habiles qu’ils vous diront toute votre vie, pourvu qu’ils aient seulement eu un quart d’heure de conversation avec vos domestiques.

Des femmes adroites font de la virginité une fleur qui fleurit et renaît tous les jours, et se cueille la centième fois plus douloureusement que la première.

Il y en a d’autres qui, réparant par la force de leur art toutes les injures du temps, savent rétablir sur un visage une beauté qui chancelle, et même rappeler une femme du sommet de la vieillesse pour la faire redescendre jusqu’à la jeunesse la plus tendre.

Tous ces gens-là vivent, ou cherchent à vivre dans une ville qui est la mère de l’invention.

Les revenus des citoyens ne s’y afferment point : ils ne consistent qu’en esprit et en industrie ; chacun a la sienne, qu’il fait valoir de son mieux.

Qui voudrait nombrer tous les gens de loi qui poursuivent le revenu de quelque mosquée, aurait aussitôt compté les sables de la mer et les esclaves de notre monarque.

Un nombre infini de maîtres de langues, d’arts et de sciences, enseignent ce qu’ils ne savent pas, et ce talent est bien considérable : car il ne faut pas beaucoup d’esprit pour montrer ce qu’on sait ; mais il en faut infiniment pour enseigner ce qu’on ignore.

On ne peut mourir ici que subitement ; la mort ne saurait autrement exercer son empire : car il y a dans tous les coins des gens qui ont des remèdes infaillibles contre toutes les maladies imaginables.

Toutes les boutiques sont tendues de filets invisibles, où se vont prendre tous les acheteurs. L’on en sort pourtant quelquefois à bon marché : une jeune marchande cajole un homme une heure entière pour lui faire acheter un paquet de cure-dents.

Il n’y a personne qui ne sorte de cette ville plus précautionné qu’il n’y est entré : à force de faire part de son bien aux autres, on apprend à le conserver ; seul avantage des étrangers dans cette ville enchanteresse.


De Paris, le 10 de la lune de Saphar 1714.
Dans celle-ci je n'arrive pas à comprendre quelles sont les métiers qu'il veut dénoncer.
Lettre 58 : Rica expose tous les métiers qu’on peut trouver à Paris, aucun ne semble très moral.
Cette lettre s'inscrit dans la satire des mœurs. Rica aborde les activités et les métiers qu'il a découverts à Paris et rend compte à la fois de la grande diversité, de l'invention inépuisable mais aussi de deux tendances opposées : la crédulité d'un grand nombre et pour d'autres, le désir d'appâter le chaland.

Tu peux aisément retrouver la structure de la lettre et les groupements d'activités.
Val-97 a écrit :Excusez moi, mais j'ai fait une erreur … :/ Ce n'est pas la lettre 54 mais la 58 :
Lettre 58
Rica à Rhédi, à Venise.
A Paris, mon cher Rhédi, il y a bien des métiers. Là un homme obligeant vient, pour un peu d’argent, vous offrir le secret de faire de l’or. = Les alchimistes (il en parle dans une autre lette)

Un autre vous promet de vous faire coucher avec les Esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femmes. = Les charlatans


Vous trouverez encore des devins si habiles qu’ils vous diront toute votre vie, pourvu qu’ils aient seulement eu un quart d’heure de conversation avec vos domestiques. = Les pseudo-voyants

Des femmes adroites font de la virginité une fleur qui fleurit et renaît tous les jours, et se cueille la centième fois plus douloureusement que la première. = Des menteuses

Il y en a d’autres qui, réparant par la force de leur art toutes les injures du temps, savent rétablir sur un visage une beauté qui chancelle, et même rappeler une femme du sommet de la vieillesse pour la faire redescendre jusqu’à la jeunesse la plus tendre.

Tous ces gens-là vivent, ou cherchent à vivre dans une ville qui est la mère de l’invention.

Les revenus des citoyens ne s’y afferment point : ils ne consistent qu’en esprit et en industrie ; chacun a la sienne, qu’il fait valoir de son mieux.

Qui voudrait nombrer tous les gens de loi qui poursuivent le revenu de quelque mosquée, aurait aussitôt compté les sables de la mer et les esclaves de notre monarque.

Un nombre infini de maîtres de langues, d’arts et de sciences, enseignent ce qu’ils ne savent pas, et ce talent est bien considérable : car il ne faut pas beaucoup d’esprit pour montrer ce qu’on sait ; mais il en faut infiniment pour enseigner ce qu’on ignore.

On ne peut mourir ici que subitement ; la mort ne saurait autrement exercer son empire : car il y a dans tous les coins des gens qui ont des remèdes infaillibles contre toutes les maladies imaginables.

Toutes les boutiques sont tendues de filets invisibles, où se vont prendre tous les acheteurs. L’on en sort pourtant quelquefois à bon marché : une jeune marchande cajole un homme une heure entière pour lui faire acheter un paquet de cure-dents.

Il n’y a personne qui ne sorte de cette ville plus précautionné qu’il n’y est entré : à force de faire part de son bien aux autres, on apprend à le conserver ; seul avantage des étrangers dans cette ville enchanteresse.


De Paris, le 10 de la lune de Saphar 1714.
Dans celle-ci je n'arrive pas à comprendre quelles sont les métiers qu'il veut dénoncer.
Rica dénonce ici les mœurs des français qui se complaisent dans le mensonge. Il ne s'agit pas de "quelques métiers", non. "Toutes les boutiques (…)", "Il n'y a personne qui ne sorte de cette ville plus précautionné qu'il n'y est entré".
Il critique également la société d'apparence. Ces mêmes thèmes reviennent plusieurs fois dans les Lettres Persanes.