Bonjour,
Je passe prochainement mon épreuve orale de français, et l'une des séquences de mon descriptif porte sur les scènes de repas littéraires dans le roman réaliste.
Or, nous n'avons qu'une œuvre complémentaire, Typhon, de Joseph Conrad, dont je ne saisis pas toute la portée. Il semblerait qu'elle traite les personnages "sans concession ni merveilleux", en particulier le protagoniste, le capitaine Mc Whirr. L'intérêt réside en effet dans la manière dont un évènement surnaturel va perturber son caractère apathique et dénué de passion. Selon moi, c'est un point commun avec les romans réalistes, car tous deux s'immiscent dans les pensées des personnages sans jamais les idéaliser (euphémisme) et montrent les évènements à travers leur regard, avec une certaine ironie (par exemple, dans les scènes de repas de Mme Bovary)
Néanmoins, une fois que j'ai dit ça, j'ai l'impression d'avoir un peu fait le tour de la question. J'ai également pensé à mettre ça en lien avec l'hyperréalisme des scènes de repas des films de Kechiche, qui ont une dimension sociale et sexuelle (de même que dans Mme Bovary).
Mais après, je sèche un peu. Si vous avez des références littéraires ou cinématographiques en lien avec cette problématique, ou des idées de trucs à dire là-dessus, ça m'aiderait beaucoup.
Merci d'avance.
Je pense au gargantuesque repas des guerriers au début de Salammbô (Flaubert).
Et dans un livre very heart-rending que j'ai étudié en classe de terminale dans le cadre de la LV1 renforcé : A lesson before dying de Ernest J. Gaines, il y a beaucoup de scènes de repas et d'offrandes de nourriture à Jefferson, le condamné à mort, de la part de sa tante; la nourriture est associée à l'amour.
Apporter de la nourriture en prison à une personne chère a une signification très forte, c'est une manière de continuer à veiller sur celui qui a été condamné et lui dire "vis malgré ta faute, nourris-toi"!
Chapitre 7 : Le festin de Gervaise
L' Assommoir de Zola
Merci à tous les deux.
Floreale, effectivement, je l'avais en tête, il fait partie des textes que j'avais en lecture analytique.
Et pour la scène de Salammbô, c'est une super idée, d'autant plus que je l'ai lu. C'est une scène qui montre la barbarie des guerriers étrangers, c'est ça? Puis-je la mettre en lien avec l'animalisation des personnages dans le festin de Gervaise, par exemple? Bien sûr, je pointerai qu'il se dissocie du réalisme d'une Mme Bovary, par exemple, c'est sûrement le moins réaliste des romans de Flaubert.
Oh ! Tu me l'as enlevé de la bouche, Floreale. 😉
La noce des Bovary aussi non?
Sinon il y a la Bible, bien sûr…la panification.
Merci à toi aussi Gabiana, mais lui aussi fait partie des textes de ma séquence 😀 Je connais donc: le festin de Gervaise, les deux scènes de repas de Mme Bovary.
Je pensais, dans le topos du banquet littéraire, au festin de Trimalchion dans le Satyricon, qui fait lui-même écho au banquet de Platon. Lui aussi utilise le banquet pour faire la description d'un personnage romanesque. Donc, si vous en avez d'autres, n'hésitez surtout pas, même s'ils ne sont pas réalistes.
balducomtedorgel a écrit :
Et pour la scène de Salammbô, c'est une super idée, d'autant plus que je l'ai lu. C'est une scène qui montre la barbarie des guerriers étrangers, c'est ça?
Oui, c'est bien cela. Et ton idée d'analyse comparée me paraît plutôt bonne. 🙂
Je pense à Soi de Paul Adam, où l'on trouve des descriptions de l'héroïne se délectant de divers mets. Les détails sont impressionnants. Le roman s'ouvre d'ailleurs comme cela :"A Rome, dans la salle à manger de l'Hôtel Britannique, Marthe Grellou paisiblement digère. / Elle garde dans sa bouche quelques gouttes d'une sauce délicieuse, et dilue à flots de salive ce jus. Les piquantes saveurs ainsi atténuées sont plus exquises."
Spartacus a écrit :balducomtedorgel a écrit :
Et pour la scène de Salammbô, c'est une super idée, d'autant plus que je l'ai lu. C'est une scène qui montre la barbarie des guerriers étrangers, c'est ça?
Oui, c'est bien cela. Et ton idée d'analyse comparée me paraît plutôt bonne. 🙂
C'est gentil 🙂 Merci pour ta proposition, A lesson before dying, mais je ne pense pas l'utiliser étant donné que je ne le connais absolument pas. Mais le coup d'encourager à vivre en offrant de la nourriture, c'est assez fréquent. Dans le genre, en latin, on a étudié la matrone d’Éphèse, qui sortait de son veuvage (donc de sa prison) en acceptant la nourriture, et finalement en refaisant sa vie avec un soldat.
Merci également à toi, MarieLM, même si je ne le connais pas du tout non plus.
Les repas chez Sandoz dans le roman
L' Œuvre de Zola.
Notamment celui du chapitre III.
"La raie fut servie et l'on fit apporter la bouteille de vinaigre sur la table, pour corser le beurre noir qui paraissait fade. On mangeait dur, les morceaux de pain disparaissaient. d'ailleurs, aucun raffinement, du vin au litre, que les convives mouillaient beaucoup, par discrétion, pour ne pas pousser à la dépense. On venait de saluer le gigot d'un hourra …"
On peut aller voir du côté de "On loge à la nuit" dans les Châtiments de Victor Hugo.
Si ça peut t'aider, tu as aussi Bel-Ami de Guy de Maupassant 🙂 :
- Première partie, chapitre II : premier repas "mondain" de Georges Duroy.
- Première partie, chapitre V : dîner de Georges Duroy avec Mme de Marelle, Madame et Monsieur Forestier, avant sa relation amoureuse avec Clotilde de Marelle (Duroy est déjà dans une démarche de séduction lors du repas).
- Deuxième partie, chapitre I : réminiscences de l'enfance de Georges Duroy à travers le "long déjeûner de paysans avec une suite de plats mal assortis" chez ses parents ; repas qui rappelle à Duroy ses origines, après avoir épousé Madeleine Forestier (devenue veuve), complètement en décalage par rapport à ce milieu.
La préparation fébrile du repas de Solal chez les Deume dans Belle du Seigneur
Bonjour,
Bel-ami : les repas avec les duroy, de marelle, walter …
repas entre les de marelle et Georges
Madame Bovary: repas d'Emma et son mari
Emma et Léon
Mademoiselle Fifi repas avec les prostituées
Boule de suif repas dans la voiture ( direction Rouen )