Marivaux, Le Prince travesti, acte I, scène 1

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjours,
Il se trouve qu'il y a un peu plus de deux semaine, notre professeur de Francais nous a donner la dernière lecture analytique à préparer pour l'oral, soit

Le prince travesti, acte 1, scène 1 de Marivaux. Cet extrait :
HORTENSE
… Mais trouvez-moi quelqu'un qui ait à peu près le mérite de Lélio, et le goût du mariage me reviendra peut-être ; car je l'ai tout à fait perdu, et je n'ai point tort. Avant que le comte Rodrigue m'épousât, il n'y avait amour ancien ni moderne qui pût figurer auprès du sien. Les autres amants auprès de lui rampaient comme de mauvaises copies d'un excellent original, c'était une chose admirable, c'était une passion formée de tout ce qu'on peut imaginer en sentiments, langueurs, soupirs, transports, délicatesses, douce impatience, et le tout ensemble ; pleurs de joie au moindre regard favorable, torrent de larmes au moindre coup d'œil un peu froid ; m'adorant aujourd'hui, m'idolâtrant demain ; plus qu'idolâtre ensuite, se livrant à des hommages toujours nouveaux ; enfin, si l'on avait partagé sa passion entre un million de cœurs, la part de chacun d'eux aurait été fort raisonnable. J'étais enchantée. Deux siècles, si nous les passions ensemble, n'épuiseraient pas cette tendresse-là, disais-je en moi-même ; en voilà pour plus que je n'en userai. Je ne craignais qu'une chose, c'est qu'il ne mourût de tant d'amour avant que d'arriver au jour de notre union. Quand nous fûmes mariés, j'eus peur qu'il n'expirât de joie. Hélas ! Madame, il ne mourut ni avant ni après, il soutint fort bien sa joie. Le premier mois elle fut violente ; le second elle devint plus calme, à l'aide d'une de mes femmes qu'il trouva jolie ; le troisième elle baissa à vue d'œil, et le quatrième il n'y en avait plus. Ah ! c'était un triste personnage après cela que le mien.

LA PRINCESSE
J'avoue que cela est affligeant.

HORTENSE
Affligeant, Madame, affligeant ! Imaginez-vous ce que c'est que d'être humiliée, rebutée, abandonnée, et vous aurez quelque légère idée de tout ce qui compose la douleur d'une jeune femme alors. Être aimée d'un homme autant que je l'étais, c'est faire son bonheur et ses délices ; c'est être l'objet de toutes ses complaisances, c'est régner sur lui, disposer de son âme ; c'est voir sa vie consacrée à vos désirs, à vos caprices, c'est passer la vôtre dans la flatteuse conviction de vos charmes ; c'est voir sans cesse qu'on est aimable : ah ! que cela est doux à voir ! le charmant point de vue pour une femme ! En vérité, tout est perdu quand vous perdez cela. Eh bien ! Madame, cet homme dont vous étiez l'idole, concevez qu'il ne vous aime plus ; et mettez-vous vis-à-vis de lui ; la jolie figure que vous y ferez ! Quel opprobre ! Lui parlez-vous, toutes ses réponses sont des monosyllabes, oui, non ; car le dégoût est laconique. L'approchez-vous, il fuit ; vous plaignez-vous, il querelle ; quelle vie ! quelle chute ! quelle fin tragique ! Cela fait frémir l'amour-propre. Voilà pourtant mes aventures ; et si je me rembarquais, j'ai du malheur, je ferais encore naufrage, à moins que de trouver un autre Lélio.

LA PRINCESSE
Vous ne tiendrez pas votre colère, et je chercherai de quoi vous réconcilier avec les hommes.
Mais elle ne nous a absolument rien donner dessus, je n'ai aucun plan, aucune question, rien. Je suis complètement paniquer, je passe le 1er Juillet et cela m'angoisse.
Est ce quelqu'un pourrait m'apporter de l'aide en me donnant des indices, les axes ou quelque chose sur lequel m'appuyer pour développer un commentaire?
Merci d'avance.

PS: Désolée pour ce long message!
Premier indice : quel objet d'étude ce texte illustre-t-il ?
Second indice : avez-vous la pièce en lecture intégrale, ou vous contentez-vous de ce seul extrait ?
Troisième indice : qu'est-ce qui venait avant ? qu'est-ce qui viendra après cette scène ?
quel objet d'étude ce texte illustre-t-il ?
Le théâtre
avez-vous la pièce en lecture intégrale, ou vous contentez-vous de ce seul extrait ?
contenter de ce seul extrait
qu'est-ce qui venait avant ? qu'est-ce qui viendra après cette scène?
Je ne sais pas du tout puisque nous n'avons que ce seul extrait, je dois donc approfondir ça?

Mais je ne vois pas très bien où me mène les réponses à ses questions..
Le Prince travesti
Marivaux

Comédie en trois actes et en prose représentée pour la première fois le 5 février 1724 par les Comédiens-Italiens



ACTE PREMIER


Scène première

LA PRINCESSE et sa suite , HORTENSE

La scène représente une salle où la Princesse entre rêveuse, accompagnée de quelques femmes qui s'arrêtent au milieu du théâtre.


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LA PRINCESSE , se retournant vers ses femmes.

Hortense ne vient point, qu'on aille lui dire encore que je l'attends avec impatience. (Hortense entre.) Je vous demandais, Hortense.

HORTENSE

Vous me paraissez bien agitée, Madame.

LA PRINCESSE , à ses femmes.

Laissez-nous.




Scène II

LA PRINCESSE, HORTENSE


LA PRINCESSE

Ma chère Hortense, depuis un an que vous êtes absente, il m'est arrivé une grande aventure.

HORTENSE

Hier au soir en arrivant, quand j'eus l'honneur de vous revoir, vous me parûtes aussi tranquille que vous l'étiez avant mon départ.

LA PRINCESSE

Cela est bien différent, et je vous parus hier ce que je n'étais pas ; mais nous avions des témoins, et d'ailleurs vous aviez besoin de repos.

HORTENSE

Que vous est-il donc arrivé, Madame ? Car je compte que mon absence n'aura rien diminué des bontés et de la confiance que vous aviez pour moi.

LA PRINCESSE

Non, sans doute. Le sang nous unit ; je sais votre attachement pour moi, et vous me serez toujours chère ; mais j'ai peur que vous ne condamniez mes faiblesses.

HORTENSE

Moi, Madame, les condamner ! Eh n'est-ce pas un défaut que de n'avoir point de faiblesse ? Que ferions-nous d'une personne parfaite ? À quoi nous serait-elle bonne ? Entendrait-elle quelque chose à nous, à notre cœur, à ses petits besoins ? quel service pourrait-elle nous rendre avec sa raison ferme et sans quartier, qui ferait main basse sur tous nos mouvements ? Croyez-moi Madame ; il faut vivre avec les autres, et avoir du moins moitié raison et moitié folie, pour lier commerce ; avec cela vous nous ressemblerez un peu ; car pour nous ressembler tout à fait, il ne faudrait presque que de la folie ; mais je ne vous en demande pas tant. Venons au fait. Quel est le sujet de votre inquiétude ?

LA PRINCESSE

J'aime, voilà ma peine.

HORTENSE

Que ne dites-vous : j'aime, voilà mon plaisir ? car elle est faite comme un plaisir, cette peine que vous dites.

LA PRINCESSE

Non, je vous assure ; elle m'embarrasse beaucoup.

HORTENSE

Mais vous êtes aimée, sans doute ?

LA PRINCESSE

Je crois voir qu'on n'est pas ingrat.

HORTENSE

Comment, vous croyez voir ! Celui qui vous aime met-il son amour en énigme ? Oh ! Madame, il faut que l'amour parle bien clairement et qu'il répète toujours, encore avec cela ne parle-t-il pas assez.

LA PRINCESSE

Je règne ; celui dont il s'agit ne pense pas sans doute qu'il lui soit permis de s'expliquer autrement que par ses respects.

HORTENSE

Eh bien ! Madame, que ne lui donnez-vous un pouvoir plus ample ? Car qu'est-ce que c'est que du respect ? L'amour est bien enveloppé là-dedans. Sans lui dire précisément : expliquez-vous mieux, ne pouvez-vous lui glisser la valeur de cela dans quelque regard ? Avec deux yeux ne dit-on pas ce que l'on veut ?

LA PRINCESSE

Je n'ose, Hortense, un reste de fierté me retient.

HORTENSE

Il faudra pourtant bien que ce reste-là s'en aille avec le reste, si vous voulez vous éclaircir. Mais quelle est la personne en question ?

LA PRINCESSE

Vous avez entendu parler de Lélio ?

HORTENSE

Oui, comme d'un illustre étranger qui, ayant rencontré notre armée, y servit volontaire il y a six ou sept mois, et à qui nous dûmes le gain de la dernière bataille.

LA PRINCESSE

Celui qui commandait l'armée l'engagea par mon ordre à venir ici ; depuis qu'il y est, ses sages conseils dans mes affaires ne m'ont pas été moins avantageux que sa valeur ; c'est d'ailleurs l'âme la plus généreuse…

HORTENSE

Est-il jeune ?

LA PRINCESSE

Il est dans la fleur de son âge.

HORTENSE

De bonne mine ?

LA PRINCESSE

Il me le paraît.

HORTENSE

Jeune, aimable, vaillant, généreux et sage, cet homme-là vous a donné son cœur ; vous lui avez rendu le vôtre en revanche, c'est cœur pour cœur, le troc est sans reproche, et je trouve que vous avez fait là un fort bon marché. Comptons ; dans cet homme-là vous avez d'abord un amant, ensuite un ministre, ensuite un général d'armée, ensuite un mari, s'il le faut, et le tout pour vous ; voilà donc quatre hommes pour un, et le tout en un seul, Madame ; ce calcul-là mérite attention.

LA PRINCESSE

Vous êtes toujours badine. Mais cet homme qui en vaut quatre, et que vous voulez que j'épouse, savez-vous qu'il n'est, à ce qu'il dit, qu'un simple gentilhomme, et qu'il me faut un prince ? Il est vrai que dans nos États le privilège des princesses qui règnent est d'épouser qui elles veulent ; mais il ne sied pas toujours de se servir de ses privilèges.

HORTENSE

Madame, il vous faut un prince ou un homme qui mérite de l'être, c'est la même chose ; un peu d'attention, s'il vous plaît. Jeune, aimable, vaillant, généreux et sage, Madame, avec cela, fût-il né dans une chaumière, sa naissance est royale, et voilà mon Prince ; je vous défie d'en trouver un meilleur. Croyez-moi, je parle quelquefois sérieusement ; vous et moi nous restons seules de la famille de nos maîtres ; donnez à vos sujets un souverain vertueux ; ils se consoleront avec sa vertu du défaut de sa naissance.

LA PRINCESSE

Vous avez raison, et vous m'encouragez ; mais, ma chère Hortense, il vient d'arriver ici un ambassadeur de Castille, dont je sais que la commission est de demander ma main pour son maître ; aurais-je bonne grâce de refuser un prince pour n'épouser qu'un particulier ?

HORTENSE

Si vous aurez bonne grâce ? Eh ! qui en empêchera ? Quand on refuse les gens bien poliment, ne les refuse-t-on pas de bonne grâce ?

LA PRINCESSE

Eh bien ! Hortense, je vous en croirai ; mais j'attends un service de vous. Je ne saurais me résoudre à montrer clairement mes dispositions à Lélio ; souffrez que je vous charge de ce soin-là, et acquittez-vous-en adroitement dès que vous le verrez.

HORTENSE

Avec plaisir, Madame ; car j'aime à faire de bonnes actions. À la charge que, quand vous aurez épousé cet honnête homme-là, il y aura dans votre histoire un petit article que je dresserai moi-même, et qui dira précisément : ce fut la sage Hortense qui procura cette bonne fortune au peuple ; la Princesse craignait de n'avoir pas bonne grâce en épousant Lélio ; Hortense lui leva ce vain scrupule, qui eût peut-être privé la république de cette longue suite de bons princes qui ressemblèrent à leur père. Voilà ce qu'il faudra mettre pour la gloire de mes descendants, qui, par ce moyen, auront en moi une aïeule d'heureuse mémoire.

LA PRINCESSE

Quel fonds de gaieté !… Mais, ma chère Hortense, vous parlez de vos descendants ; vous n'avez été qu'un an avec votre mari, qui ne vous a pas laissé d'enfants, et toute jeune que vous êtes, vous ne voulez pas vous remarier ; où prendrez-vous votre postérité ?

HORTENSE

Cela est vrai, je n'y songeais pas, et voilà tout d'un coup ma postérité anéantie… Mais trouvez-moi quelqu'un qui ait à peu près le mérite de Lélio, et le goût du mariage me reviendra peut-être ; car je l'ai tout à fait perdu, et je n'ai point tort. Avant que le comte Rodrigue m'épousât, il n'y avait amour ancien ni moderne qui pût figurer auprès du sien. Les autres amants auprès de lui rampaient comme de mauvaises copies d'un excellent original, c'était une chose admirable, c'était une passion formée de tout ce qu'on peut imaginer en sentiments, langueurs, soupirs, transports, délicatesses, douce impatience, et le tout ensemble ; pleurs de joie au moindre regard favorable, torrent de larmes au moindre coup d'œil un peu froid ; m'adorant aujourd'hui, m'idolâtrant demain ; plus qu'idolâtre ensuite, se livrant à des hommages toujours nouveaux ; enfin, si l'on avait partagé sa passion entre un million de cœurs, la part de chacun d'eux aurait été fort raisonnable. J'étais enchantée. Deux siècles, si nous les passions ensemble, n'épuiseraient pas cette tendresse-là, disais-je en moi-même ; en voilà pour plus que je n'en userai. Je ne craignais qu'une chose, c'est qu'il ne mourût de tant d'amour avant que d'arriver au jour de notre union. Quand nous fûmes mariés, j'eus peur qu'il n'expirât de joie. Hélas ! Madame, il ne mourut ni avant ni après, il soutint fort bien sa joie. Le premier mois elle fut violente ; le second elle devint plus calme, à l'aide d'une de mes femmes qu'il trouva jolie ; le troisième elle baissa à vue d'œil, et le quatrième il n'y en avait plus. Ah ! c'était un triste personnage après cela que le mien.

LA PRINCESSE

J'avoue que cela est affligeant.

HORTENSE

Affligeant, Madame, affligeant ! Imaginez-vous ce que c'est que d'être humiliée, rebutée, abandonnée, et vous aurez quelque légère idée de tout ce qui compose la douleur d'une jeune femme alors. Être aimée d'un homme autant que je l'étais, c'est faire son bonheur et ses délices ; c'est être l'objet de toutes ses complaisances, c'est régner sur lui, disposer de son âme ; c'est voir sa vie consacrée à vos désirs, à vos caprices, c'est passer la vôtre dans la flatteuse conviction de vos charmes ; c'est voir sans cesse qu'on est aimable : ah ! que cela est doux à voir ! le charmant point de vue pour une femme ! En vérité, tout est perdu quand vous perdez cela. Eh bien ! Madame, cet homme dont vous étiez l'idole, concevez qu'il ne vous aime plus ; et mettez-vous vis-à-vis de lui ; la jolie figure que vous y ferez ! Quel opprobre ! Lui parlez-vous, toutes ses réponses sont des monosyllabes, oui, non ; car le dégoût est laconique. L'approchez-vous, il fuit ; vous plaignez-vous, il querelle ; quelle vie ! quelle chute ! quelle fin tragique ! Cela fait frémir l'amour-propre. Voilà pourtant mes aventures ; et si je me rembarquais, j'ai du malheur, je ferais encore naufrage, à moins que de trouver un autre Lélio.

LA PRINCESSE

Vous ne tiendrez pas votre colère, et je chercherai de quoi vous réconcilier avec les hommes.
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Suggestion …
Situer l'extrait qui se situe au début de la pièce dans la scène 2.
Identifier les personnages (avec la didascalie initiale) et préciser le lien entre les personnages.
Les interventions d'Hortense : le thème, le récit piquant de son infortune conjugale, paroles de femme, registre, marques de l'expressivité, caractéristiques du style de Marivaux …
Rôle des répliques de la princesse.
Peinture des sentiments, analyse psychologique, finesse d'esprit.
Après réflexion , j'avais penser à quelque chose comme ça :
I - relation entre les personnages
II - Lien avec la tragédie racinienne et cornélienne

Qu'en pensez-vous ? D'autres indications?
Je ne comprends pas la structure que tu proposes et vois mal le rapport avec cet extrait de scène.
Alors je ne sais pas quel plan proposer. Je vais laisser tomber et me consacrer à mes 28 autres textes.

J'ai un peu oublié que mon commentaire devait se baser sur l'extrait. Je me suis un peu éparpillée. Mais je n'ai vraiment plus de temps à consacrer à cette seule lecture analytique. Je me débrouillerai avec mes notes et mes idées de départ au pire des cas.
Merci pour votre aide 🙂