Rousseau, Les Confessions, incipit
19 réponses
je remets mon sujet au bon endroit en completant:
Bonjour à tous ! 😀
je me présente: je suis Raphael, j ai 16 ans.
Je suis en 1ereS , et j'ai bientot un oral blanc.
Je viens de faire mes revisions (fiche pour chaque texte)
et jeme suis apercu qu'il me manquait des plans de LA pour certains textes. 😮
alors j'en ai fait moi meme pour qques textes, mais il reste qques textes dont je ne vois aucun plan possible :/
c'est pourquoi je me suis inscrit, en esperant obtenir des plans de commentaire "bateau" pour un oral, des plans que je pourrais adapter.
comme ceux qu on nous donne en cours…
merci 🙂
voici les textes dont il me manque un plan (+ les pistes que j ai deja trouvées):
=> Le vol de poire - Confessions d'Augustin, de "Certes votre loi" à "l'infamie elle meme"
- recit et aveu pour louer Dieu ; exprimer sa foi ; registre lyrique ; destinateur fort présent ; references au larcin
=> Incipit des Confessions de Rousseau, de "Je forme une entreprise" à "je fus meilleur que cet homme là"
- situation d'enonciation ; les difficultés ; ton tres solennel
=> Extrait de l'incipit de Si Le grain ne meurt d'André Gide, de "J'écrirai mes souvenirs" à "Le magnifiât la distance"
- analyse des temps : l auteur melange ses souvenirs ; evocation d'une anecdote
=> Extrait du chapitre 3 de La Controverse de Valladolid de J.-C. Carrière, de "Dans la salle les murmures" à "semble avoir cessé de respirer"[Las Casas ou la volonté de persuader]
- objectifs de Las Casas : montrer les horeurs faites, emouvoir… ; attitude du légat: choqué, n'accepte pas
=> Epitaphe de Gerard de Nerval de Poésies Diverses
- plan bof trouvé, besoin de précisions: I. Eloge funèbre deconcertant ; II. Registre pathétique et harmonieux
=> Le Vieillard et les trois jeunes hommes de La Fontaine
- registre ironique ; texte en 3 parties ; les 3 jeunes hommes sont méprisants ; vieillard provocant, ferme
voila 🙄
et oui je n'ai pas une super prof… 😞
elle donne pas automatiquement des plans 😞
j'espere que vous pourrez m'aider ! 🙂
meme si j'ai l'impression d'en demander beaucoup :/
sinon bonne chance et bon courage à tous ceux qui revisent (comme moi ) en esperant qu'ils ont des cours plus complets 😜
cordialement.
edit: j espere que mon post est à la regle maintenant ?
Bonjour,vu que j'ai fait l'incipit de Rousseau ça ne me coute pas grand chose de t'aider(ça sera même une petite occasion pour réviser!!).
Bon je te fais la totale avec l'intro,le plan et la conclusion!
Les Confessions s'ouvrent sur une déclaration d'intention proférée sur un ton péremptoire.En qq lignes qui pvent être perçues comme l'expression de son orgueil ,Rousseau définit la nature de son "entreprise" puis précise son contenu et ses objectifs.
Cette démarche préliminaire lui permet de se définir lui même, de mettre en évidence le caractère unique à la fis de l'homme et de l'oeuvre et d'insister sur ce qui constitue le pb majeur d'un tel projet,la sincérité.
En outre,si Rousseau a conscience de sa singularité ,il affirme également sa volonté d'universalité.En fait,ce préambule met indirectement l'accent sur ce qui fait l'originalité de tte oeuvre autobiographique: la coincidence entre le projet et sa réalisation entre ce que souhaite dire de lui le narrateur et ce qu'il dir réelement.
I° L'expression de la singularité
1) La singularité de l'épigraphe(intus et in cute)
2) La singularité de l'entreprise
3) La singularité de l'homme
II° Une affirmation de sincérité
1) Un objectife premier, la vérité
2) La sincérité revendiquée
III° Les motivations et les objectifs de l'entreprise
1) Rousseau est-il fondamentalement différent?
2) La recherche d'un jugement favorable et l'aveu des fautes
3) Problème de la mémoire et de l'écriture
Ccl: Les oeuvre autobiographiques commence en général par une présentation de ce qui a conduit à leur rédaction.Rousseau fait ici le difficile pari de dire les choses exactement au risue de révéler malgré luii les ambiguités d'une telle entreprise.
Rousseau reprend ici les aspects essentiels qui seront décrit dans le pacte autobiographique.
Rousseau, dans son incipit, d'accusé (il se fait accuser par les hommes, par ses semblables, notamment par Voltaire qui l'accuse d'avoir abandonné ses enfants) se fait accusateur. Finalement tu vois, Rousseau écrit les Confessions car quelque part il a besoin de se justifier, de montrer qu'il dit la vérité, ainsi, il n'hésite pas à parler du Jugement parler, on a une sorte de personnification de son livre, qui le représente, et il met à l'épreuve les autres, il leur dit que tous n'ont cas faire comme lui, et qu'on verra si quelqu'un est aussi sérieux que lui, et que c'est injuste de l'accuser, bref, que c'est écoeurant.
On peut voir cet incipit comme une marque de prétention, d'orgueil de la part de Rousseau, mais par derrière, n'est ce pas un cri de souffrance?
Bonjour, moi aussi, j'ai un problème du même genre. Ma prof de français ne m'a pas fait de plan pour Le Clezio, L'Africain… Je cherche, mais j'arrive pas a trouver un plan convenable… C'est sur le passage des fourmis d'Ogoja.
"Les fourmis, à Ogoja, étaient des insectes (…) Sans doute est-ce mêlé de légende, de rêve."
J'espère que vous pourrez m'aider… car je stresse trop… et j'ai plusieurs textes sans plan…
Merci, à bientôt!
Bonjour,
Etant en 1re L, je suis en pleine période de révision pour le bac
en ce moment je suis en train d'étudier l'objet d'étude : l'autobiographie
grâce à quelques exemples de questions proposées par le prof je m'entraine à y répondre en réorganisant le cours selon la question.
Cependant j'ai un problème pour les Confessions. D'abord voici le texte :
Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon cour et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien fait ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du Jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirais hautement : "Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été : j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables ; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cour aux pieds de son trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : Je fus meilleur que cet homme-là.
Je veux tenter de répondre à la question : quelle est la stratégie argumentative de Rousseau ?
je voulais savoir s’il était possible de répondre par : Art de convaincre et art de persuader. Sinon, je ne vois pas vraiment comment y répondre…
voilà, merci
Bonjour,
Je pense qu'il est possible de répondre à ta problématique en plusieurs points.
1) Tu peux tout d'abord parler du projet d'écriture et de le dimension argumentative (désir de montrer qui et ce qu'il est; aveu des fautes; sorte de justification.)
2) Tu peux également montrer que rousseau possède un orgueil palpable dans ce texte et qu'il fait preuve d'une fausse modestie incroyable (personne n'a son génie; il n'a rien fait de mauvais ni de mal; les autres sont inférieurs.)
3) Tu peux par ailleurs relever un paradoxe entre lui et les autres (certains lui sont connus et +/- semblables mais lui n'est fait comme aucun autre.)
4) Son projet d'écriture va aux limites de la vérité (modalité verbale; problème du souvenir; références à la sincérité.)
5) Enfin, tu peux parler de l'énonciation ( récit à la première personne; attente d'un jugement; dimension religieuse.)
Bien sûr mon analyse peut contenir des erreurs et je ne veux pas te conduire sur de fausses routes, il serait donc peut-être plus sûr pour toi que tu attendes l'avis d'autres membres sur mon interprétation avant de la prendre, car je ne suis moi aussi qu'une pauvre petite élève de 1°L 😜 et je ne suis donc absolument pas à l'abri d'un mauvais raisonnement par rapport à ce texte!
Bonne continuation!
Bonjour,
Je pense qu'une question comme "quelle est la stratégie argumentative de Rousseau ?" nécessite de ne parler que de l'argumentation à savoir :
- quelle thèse entend ici défendre Rousseau (qu'est-ce qu'il veut faire dans ce texte, que veut-il démontrer ?), à lier peut-être avec le projet de l'oeuvre entière.
- quels arguments lui permettent d'étayer sa "thèse", à relever et à développer.
- quels procédés stylistiques servent d'appui à la stratégie argumentative, à relever et à analyser.
Après il faut aussi faire un lien avec l'oeuvre, et surtout avec le genre autobiographique et organiser le tout suivant ce que tu auras trouvé. 🙂
et encore une chose : vu le titre de ton poste, mets bien en valeur le fait que ce texte fait partie de l'incipit des Confessions, qu'il a une valeur particulière (premières impressions du lecteur + exposé sommaire du but de l'oeuvre, des thèmes majeurs,…).
vos réponses m'ont bien aidé, je vous remercie bcp 🙂
Tiens en parlant de Rousseau … Comment l’effet de réel se trouve-t-il exprimé ici ? (apparaît-il ici) ?
Cette question me laisse perplexe, parce que je trouve qu'il y a beaucoup de superficiel, avec la singularité du "moi", la singularité de l'oeuvre et même la prosopopée qui met Dieu en scène ne fait pas très réel… Le réel, c'est quoi ? Ses difficultés ? L'oralité de ce passage ?
Merci à ceux (celles) qui arriveront à m'éclairer… 😀
Etant moi aussi une pauvre petite 1eL, et étudiant ce même texte, je rencontre quelques problème d'exhaustivité dans mon commentaire composé. J'appelle à votre aide en vous soumettant mon plan, dites moi ce que vous en pensez svp:
Problèmatique: A travers un incipit trés précurseur, comment l'auteur nous dévoile la forme et les desseins autobiographiques ?
I- Exposition de sa singularité et de sa superiorité
II- L'écriture de soi: un acte sacré
( La sagesse, la distance, la sincérité,…)
III- Une catharsis adressée aux homme ou un acte purgatoire?
Salut Choue,
Je trouve ton plan équilibré et réfléchi.
Plutôt que de parler d'un incipit précurseur je dirai surtout qu'il est original et inédit. Le projet que nous présente Rousseau est neuf("n'eut jamais d'exemple").
De plus et si tu ne l'as pas déjà fait étudie le système d'énonciation de cet extrait, comment la présence du locuteur se manifeste-t'elle? puis ensuite le but de l'écrivain(discours explicatif+argumentatif) et montre enfin qu'il s'agit d'un discours universel, qui s'adresse donc à tous.
Bon courage!
Bonjour à tous.
Pour lundi, mon professeur de français m'a demandé de répondre à la question suivante :" Étudiez le texte en faisant apparaître en quoi le caractère unique de l'entreprise se trouve accordé au caractère unique de son auteur."
Pourriez vous m'aider à développer cette question ?
Je n'arrive pas à trouver de plan convenable ni de développement. J'étudie le texte depuis plus d'une semaine pour pouvoir répondre à cette question, et je suis toujours bloqué.
J'avais pensé au plan suivant :
I. L'aspect unique de l'entreprise
II. l'aspect unique de l'auteur
III. Le lien entre ces deux caractères.
Merci d'avance . Lili261
Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon cour et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien fait ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du Jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirais hautement : "Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été : j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables ; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cour aux pieds de son trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : Je fus meilleur que cet homme-là.
En quoi Rousseau, selon lui, est-il unique ? (C'est dans le texte.) Et en quoi les Confessions sont-elles une œuvre unique ? Répondre à ces 2 questions va t'aider pour formuler un plan.
Je viens d'essayer ces deux questions. En effet elles m'ont aidé. Pourrais-tu me donner des sous partis à mon plan ?
Je pense que ça m'aidera encore plus 😀
I/ l'aspect unique de l'entreprise
II/l'aspect unique de l'auteur
II/ le lien entre ces deux caractères uniques.
alors : dans ta 3ème partie tu vas te répéter (tu vas devoir redire ce que tu as écrit en I et en II)
étant donné que le centre de la question c'est le lien entre Rouseau et son oeuvre ("accordé" dans le sujet), il vaudrait mieux lier les 2 questions.
il est dit dans le sujet que l'auteur et son oeuvre sont uniques
donc faire 3 parties sur 3 aspects de l'unicité de Rousseau et de l'oeuvre
- L'oeuvre de Rousseau (comme on le voit dans cet incipit) est unique parce que Rousseau est un homme unique.
pour les 3 sous-parties regarde dans le texte (relever de citations, champs mexicaux)
un homme unique parce qu'il entreprend quch de nouveau : un nouveau genre
à toi de voir comment il le dit
un homme qui va montrer aux autres hommes qu'il est unique par une nouvelle oeuvre
etc…
Je travaille moi aussi sur cet extrait des Confessions, mais je ne suis pas en 1e L, je suis un futur 1e L qui s'entraîne pour l'année prochaine (j'ai préféré mes "Lagarde & Michard" aux traditionnels cahiers de vacances). Le livre ne donne aucune indication particulière pour le commentaire, j'en ai donc fait un linéaire (trop long pour être exposé ici 😞 ) et j'en ai déduit le plan suivant :
I) Un texte aux allures de préface :
a. Présentation d'un projet : l'autobiographie (pensez-vous que l'absence du mot "mémoires" soit un point riche pour le comm ?)
b. Rousseau délivre un message à son public (où il défend son oeuvre mais en gros lui-même par métonymie)
c. Allure testamentaire (cf. le 3e § ; il présente ça sur un ton très solennel et entend se justifier = bonne transition - je pense - avec le b)
II) La question de l'"unique" :
a. Une "entreprise" unique
b. Un homme unique
III) La sincérité de Rousseau :
a. L'obsession du vrai
b. Limites de cette sincérité : l'orgueil de l'auteur
c. L'inconscient dans l'extrait (= oriente vers une question plus large qui ramène aux Confessions dans leur intégralité pour la ccl)
Autre élément pour la ccl, le lyrisme préromantique, et le fait que les principes exposés ici (aspect "préface") sont les bases de l'autobiographie. Pour le I) c. et III) b., je comptais mettre que Stendhal critique l'égotisme et le ton emphatique de Rousseau, mais je ne trouve pas que ce soit très rentable… bref, je cherche à l'améliorer.
Et sinon mon plan tient-il debout ? Je pense que je couvre tout le texte, mais le I) me paraît un peu bancal… en plus aucun de vous n'a traité cet aspect dc je me demande si je suis pas parti dans le décor :/
Salut, like a virgin !
Je ne compte pas juger ton plan, je ne suis pas qualifié pour cela, mais je pense pouvoir t'apporter quelques indications et pistes de réflexions.
1°) Un texte aux allures de préface, très bien, on peut dire sans trop se tromper que c'en est une, mais peux-tu définir ce qu'est une préface ? Quels sont ses rôles ? Qu'y écrit-on ?
a/ Oui, oui, et mille fois oui, l'absence de "mémoires" est un point très riche pour le commentaire ! 🆒 Pourquoi ? Je t'invite à te renseigner sur les différences entre autobiographie et mémoires.
En un mot, les mémoires sont un genre littéraire qui axe l'individu, généralement l'auteur, dans l'Histoire (les mémoires de Caesar, de De Gaulle, etc) et par extension dans ce qui est extérieur, l'action, les faits (je simplifie).
L'autobiographie se focalise aussi sur l'individu, mais autrement : sur l'histoire du moi, sur l'évolution de l'individu, ses sentiments, ses "ressentis" (je crois que ce mot n'est pas accord accepté mais je l'aime quand même), par extension sur ce qui est intérieur, comment l'autobiographe a vécu telle ou telle expérience, etc.
Je ne sais pas si tu as lu les Confessions de Rousseau, même partiellement, mais tu remarqueras assez vite qu'il se focalise sur ses sentiments et pensées plus que sur ses actions.
b/ Tout à fait d'accord, il a au moins un message à faire passer. Est-ce un des rôles d'une préface ? Et quel est ce message ? Il défend son oeuvre et lui-même, peux-tu développer ?
c/ Allure testamentaire, je ne dirais pas cela, il est certes plus proche de la mort que de l'âge mûr, mais ce n'est pas un testament. Plutôt une plaidoirie, non ? Une confession, une justification.
2°) La question de l'unique en autobiographie, en quoi cette entreprise est unique ? Il fait une référence à Montaigne dans une autre de ses préfaces (il y en eut plusieurs pour cette oeuvre), le Préambule du manuscrit de Neuchâtel, je t'invite à le lire c'est très intéressant (ça sort du sujet mais comme c'est pour t'entraîner…).
Je te laisse composer cette partie 😜
3°) La sincérité de Rousseau dans les Confessions, là encore, vaste sujet ! Heureusement pour toi, la question ne se pose pas autant dans cet incipit. Mais pour info' on peut relever plusieurs incohérences, mensonges ou oublis dans son récit ^^
a/ L'obsession du vrai, oui, mais peux-tu développer ici aussi ?
b/ De même, j'aime bien t'embêter en fait 😀
c/ Tu n'as pas développé non plus, mais le peu que tu en dis me paraît très bien.
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Pour le préromantisme et la base de l'autobiographie, ce peut effectivement faire une belle ouverture. Attention cependant, la conclusion est d'abord synthèse de tes idées précédentes, puis conclusion, et enfin ouverture sur un autre sujet.
Ton I) me semble bien, du moment que tu développes suffisamment, exemples à l'appui, et que tu restes ancré dans le texte.
Remarque plus générale : comme tu le dis, dans le 3§ Rousseau adopte un ton très solennel. En commentaire, ne dissocie pas ce qui est dit de la manière dont ç'a été dit 😉
Bon courage à toi, c'est louable de t'entraîner ainsi !
Alors, à ce que je vois, je vais devoir argumenter… eh bien, je vais faire le tri dans mes remarques et les expliquer, comme ça le plan sera plus clair. Avant, pour la préface : il y a plsrs procédés qui ici laissent penser que c'en est une, mais du côté des objectifs, je dirai : exprimer ses intentions, défendre son oeuvre (mais ici il y a comme une métonymie intéressante que fait que le livre = Rousseau lui-même; cf. "m'avoir lu"), délivrer un message variable au public qui est ici en partie caché (par exemple je pense à l'épître de Zadig qui met en garde les lectrices féminines; ici Rousseau veut montrer que le jugement de ses contemporains est partial et hâtif); susciter l'envie du lecteur.
Le mot autobiographie apparaît vers 1850, et ds des "mémoires" généralement l'auteur se focalise autant sur la réalité historique de son temps que sur lui-même, et encore parle-t-il plus de ses actes, ou dépeint-il une société (je pense à St-Simon). Comme tu l'as dit, l'autobiographie c'est l'étude de soi, de ses sentiments, parfois l'auteur cherche à mieux se connaître (Vie de Henry Brulard). Ah et j'ai lu les Confessions du livre I à VI, ainsi que Julie et les Rêveries (on remarque en fait que La nouvelle Héloïse contient pas mal de traits autobiographiques).
Bon maintenant pour développer le plan je vais répartir les différents points que j'ai relevés :
I) Un texte aux allures de préface :
a. Présentation d'un projet : l'autobiographie
- absence du subst. "mémoires". Seul le mot "confession" se rapporte au projet : idée de tout dire de soi, la confession impliquant à la fois actes et pensées, ou ici, sentiments. Rousseau parle à coup d'assertions, et étrangement emploi du passé-comp. dans le 3e §, alors que cet extrait ouvre le livre I. On a donc l'impression qu'il présente une oeuvre achevée. Mais cela reste un "projet" parce que le présent de la première phrase laisse ss-entendre une certaine attente de Rousseau, envers ses lecteurs. Nous savons déjà qu'il sera au centre de ce projet, d'où la répétition "moi, moi seul" et les occurrences multiples de la première personne, tt au long du texte. Cependant, Rousseau est assuré d'avoir réussi quant à la peinture de ses propres sentiments (par ex. le "que" exhortatif qui le présente comme indifférent au jugement dernier parce qu'il aura son livre, ou encore futur "ce sera moi").
b. Cette "entreprise" dépasse ses contemporains en ce qui est de la peinture des sentiments. Cependant Rousseau nourrit aussi une volonté apologétique en écrivant ses confessions. Son public reste néanmoins ses "semblables". Ce substantif rappelle qu'ils sont des Hommes autant que Rousseau. "Je sens mon cœur et je connais les hommes." Dans ce décasyllabe, Rousseau distingue bien la vérité des sentiments, fiable parce qu'elle provient de la nature, à la raison de salon cultivée dans la société, qui corrompt les hommes. Il entend donc leur montrer leur erreur. Avec la négation restrictive et la tournure imp. "c'est ce dont on ne peut juger" il veut leur montrer qu'ils ont été trop prompts à juger, ne sachant qui il est réellement, et ayant donc basé ce jugement sur des apparences artificieuses (on encore structure "et puis que" dernière phrase). Par opposition, le "souverain Juge" est représentant de la justice absolue. quant à son côté unique, c'est la nature qu'il l'a fait comme cela (2e §). Le mot confession, qui implique de lever le voile sur la vérité, illustre donc aussi le double projet de Rousseau autobiographe. Il anticipe même par prosopopée l'aveu de l'erreur de ses contemporains.
c. Ainsi, la portée apologétique de l'oeuvre rappelle celle d'un testament : lever le voile sur la vérité, la mettre en lumière. Mais également tout savoir de soi. L'invocation de Dieu, le dieu créateur, témoigne donc aussi d'une volonté de retour aux sources, au JJ non-corrompu par la société, au JJ dans "toute la vérité de la nature". Nous avons vu plus haut que Rousseau est sûr de réussir dans la peinture dans la peinture de son cœur. Il se présentera, à l'heure du jugement dernier, son livre à la main : c'est comme l'accomplissement de son être, alors plus rien ne lui importe. D'où la reprise anaphorique de l'adv. exhortatif "que" qui montre Rousseau indifférent à la fin du monde. Le ton, également très solennel (cf. polyptote l.1, emploi du futur et discours rapportés, p. gnomique, vers blancs, etc, etc), rappelle le testament, dont le côté de plaidoyer pro-domo est également présent ici, comme nous l'avons vu. (-> ton emphatique critiqué par Stendhal)
II) Pour Montaigne tu parlais du profil balafré ?
a. Mais le ton solennel ne se limite pas à rendre la gravité d'un testament ou d'un tribunal, il confère une certaine grandeur à ce que dit Rousseau, à son projet. Cela donne même un certain ton romanesque, qui grandit les dires de Rousseau (on retrouva cette allure de roman tt au long des Confessions). Il se sert de cette gravité pour nous montrer que son projet est unique. Dès la première phrase, il montre une volonté de rupture (ps + adv. "jms"), et, sûr de lui, il prédit même (ou vaticine ça fait bien =)) qu'il ne sera jamais imité. Tout cela avec une assertion sur fond de vérité générale. De même, les formes en "-ex" soulignent l'aspect "exceptionnel" et "excentrique" de l'entreprise de Rousseau. Dans les procédés : usage de démonstratifs. Rousseau dit également dans l'avertissement que l'"étude des hommes […] certainement reste à faire", or il est bien le premier à la mener lui-même (1er §). Ainsi son ouvrage a également une portée qui dépasse les hommes. Ah et reprise du det. "un" ds le 1er §.
b. Cependant, Rousseau, en vantant son projet et le présentant comme unique, ne se présente-il pas lui-même comme unique ? Nous avons que la métonymie "m'avoir lu" établie un lien très étroit entre Rousseau et son oeuvre; ici, nous pouvons donc nous dire que par périphrases c'est lui même qui se pose comme unique. Mais il évoque aussi explicitement sa différence (cf. fin 2§ et milieu 3§), tandis que l'usage répétitif d'un pl généralisant en désignant ses semblables le pose lui même comme singulier. De même, le terme "semblable" fait référence à une correspondance biologique; nous comprenons que le cœur de Rousseau est unique (cf. l'analyse plus haut de l'assertion "je sens mon cœur et je connais les hommes"). Peut-on aller jusqu'à dire que Rousseau fait un clin d’œil à la figure du Christ ("rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables") ? En tout cas, le lexique qui caractérise les "semblables" contraste fortement avec le syntagme "autour de moi". Aussi pouvons-nous dire que Rousseau n'est pas sans orgueil.
III) c long à taper tout ça …
a. Obsession du vrai par tout le champ lexical se rapportant à la vérité, ou encore l'évocation de la nature et de "l'Être éternel", qui symbolise tous deux la source première des sentiments de l'homme. Remarquons l'abondance de démonstratifs et les présentatifs, "voilà", "tel", et l'emploi récurrent du présent gnomique. A nouveau, métonymie "m'avoir lu" : lire les Confessions de Rousseau, c'est tout savoir de Jean-Jacques. Tout cela traduit la volonté de l'auteur de tout dire de soi, d'avouer aussi bien ce qu'il a fait de positif que de négatif : nous sommes bien dans l'optique de la confession. Rousseau expose le problème du défaut de mémoire, qui l'a poussé à employer quelques "ornements indifférents", c'est-à-dire figures de style et le côté parfois romanesque du texte. Cependant il affirme être neutre quant au aveu et n’avoir "rien tu" (chiasme et antithèse "mauvais"/"bon" montre qu'il ne cachera pas ce qui lui est préjudiciable et n'enjolivera point ce qui est positif).
b. "Comment un œil pourrait-il se voir lui-même ?" écrit Stendhal dans la Vie de Henry Brualrd. En effet, l'orgueil est susceptible de détourner l'autobiographe de son but véritable : tout dire de soi. Aussi l'auteur de la Chartreuse de Parme critique-t-il l'égotisme de Rousseau. "méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime quand je l'ai été" : antithèses, mais il y a une gradation des épithètes laudatives, la dernière plaçant Rousseau au-dessus de ses semblables. De même, le ton emphatique qu'il emploie traduit son orgueil, ainsi que la revendication maladive de sa singularité, la répétition du pronom "moi", etc…. Inévitablement, l'orgueil aveugle en partie Rousseau. De même que son goût du romanesque, ou l'usage de la prosopopée (cf. Les Obsèques de la Lionne).
c. Mais Rousseau est-il vraiment conscient que son orgueil oriente ses Confessions ? Sans-doute il y a-t-il une part d'inconscient qui entre dans leur écriture. C'est notamment le cas pour les périphrases qui, valorisant l'ouvrage, vantent en fait Rousseau, ou le déséquilibre entre le "bien" et le "mal" que nous avons observée précédemment. Paradoxalement donc, si l'orgueil de Rousseau "gomme" certains point, ne nous informe-t-il pas en revanche du caractère et de la vision que Rousseau porte réellement sur les événements et les personnes ? Un être peut-il rester lui-même sans la subjectivité qui lui est propre ? Ainsi, l'orgueil de Rousseau affecterai bcp la vérité s'il s'agissait de mémoires, mais ici, c'est l'intérieur de l'être qui importe, donc en influant sur son inconscient, elle nous apporte de précieuse précision sur l’état d'esprit de Jean-Jacques.
Voilà… enfin. En fait je ne suis pas si sûr de mon III) c. Il me paraît un peu alambiqué… Bref sinon j'ai mis tout ce que j'avais relevé, j'espère qu'il y a pas trop de fautes d'orthographe :/