Coucou tout le monde 😀
J'ai un extrait du Supplément au voyage de Bougainville à commenter, le voici :
Merci de votre aide 🙂
J'ai un extrait du Supplément au voyage de Bougainville à commenter, le voici :
L’aumônier.J'ai fait un plan, mais je pense qu'il n'est pas complet. Si vous avez déjà étudié ce texte ou si vous avez une idée de plan, n'hésitez pas !
Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois ; mais la tendresse maritale, l’amour maternel, ces deux sentiments si puissants et si doux, s’ils ne sont pas étrangers ici, y doivent être assez faibles.
Orou.
Nous y avons suppléé par un autre, qui est tout autrement général, énergique et durable, l’intérêt. Mets la main sur la conscience ; laisse là cette fanfaronnade de vertu, qui est sans cesse sur les lèvres de tes camarades, et qui ne réside pas au fond de leur cœur. Dis-moi si, dans quelque contrée que ce soit, il y a un père qui, sans la honte qui le retient, n’aimât mieux perdre son enfant, un mari qui n’aimât mieux perdre sa femme, que sa fortune et l’aisance de toute sa vie. Sois sûr que partout où l’homme sera attaché à la conservation de son semblable comme à son lit, à sa santé, à son repos, à sa cabane, à ses fruits, à ses champs, il fera pour lui tout ce qu’il sera possible de faire. C’est ici que les pleurs trempent la couche d’un enfant qui souffre ; c’est ici que les mères sont soignées dans la maladie ; c’est ici qu’on prise une femme féconde, une fille nubile, un garçon adolescent ; c’est ici qu’on s’occupe de leur institution, parce que leur conservation est toujours un accroissement, et leur perte toujours une diminution de fortune.
L’aumônier.
Je crains bien que ce sauvage n’ait raison. Le paysan misérable de nos contrées, qui excède sa femme pour soulager son cheval, laisse périr son enfant sans secours, et appelle le médecin pour son bœuf.
Orou.
Je n’entends pas trop ce que tu viens de dire ; mais, à ton retour dans ta patrie si bien policée, tâche d’y introduire ce ressort ; et c’est alors qu’on y sentira le prix de l’enfant qui naît, et l’importance de la population. Veux-tu que je te révèle un secret ? mais prends garde qu’il ne t’échappe. Vous arrivez : nous vous abandonnons nos femmes et nos filles ; vous vous en étonnez ; vous nous en témoignez une gratitude qui nous fait rire : vous nous remerciez, lorsque nous asseyons sur toi et sur tes compagnons la plus forte de toutes les impositions. Nous ne t’avons point demandé d’argent ; nous ne nous sommes point jetés sur tes marchandises ; nous avons méprisé tes denrées : mais nos femmes et nos filles sont venues exprimer le sang de tes veines. Quand tu t’éloigneras, tu nous auras laissé des enfants : ce tribut levé sur ta personne, sur ta propre substance, à ton avis, n’en vaut-il pas bien un autre ?
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