Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, II, 9 - Me voici, j’imagine, près de ce bonheur mystérieux…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'ai en lecture analytique cet extrait du Grand Meaulnes :
Me voici, j’imagine, près de ce bonheur mystérieux que Meaulnes a entrevu un jour. Toute la matinée est à moi pour explorer la lisière du bois, l’endroit le plus frais et le plus caché du pays, tandis que mon grand frère aussi est parti à la découverte. C’est comme un ancien lit de ruisseau. Je passe sous les basses branches d’arbres dont je ne sais pas le nom mais qui doivent être des aulnes. J’ai sauté tout à l’heure un échalier au bout de la sente, et je me suis trouvé dans cette grande voie d’herbe verte qui coule sous les feuilles, foulant par endroits les orties, écrasant les hautes valérianes.
Parfois mon pied se pose, durant quelques pas, sur un banc de sable fin. Et dans le silence, j’entends un oiseau — je m’imagine que c’est un rossignol, mais sans doute je me trompe, puisqu’ils ne chantent que le soir — un oiseau qui répète obstinément la même phrase : voix de la matinée, parole dite sous l’ombrage, invitation délicieuse au voyage entre les aulnes. Invisible, entêté, il semble m’accompagner sous la feuille.
Pour la première fois me voilà, moi aussi, sur le chemin de l’aventure. Ce ne sont plus des coquilles abandonnées par les eaux que je cherche, sous la direction de M. Seurel, ni les orchis que le maître d’école ne connaisse pas, ni même, comme cela nous arrivait souvent dans le champ du père Martin, cette fontaine profonde et tarie, couverte d’un grillage, enfouie sous tant d’herbes folles qu’il fallait chaque fois plus de temps pour la retrouver… Je cherche quelque chose de plus mystérieux encore. C’est le passage dont il est question dans les livres, l’ancien chemin obstrué, celui dont le prince harassé de fatigue n’a pu trouver l’entrée. Cela se découvre à l’heure la plus perdue de la matinée, quand on a depuis longtemps oublié qu’il va être onze heures, midi… Et soudain, en écartant, dans le feuillage profond, les branches, avec ce geste hésitant des mains à hauteur du visage inégalement écartées, on l’aperçoit comme une longue avenue sombre dont la sortie est un rond de lumière tout petit.
Mais tandis que j’espère et m’enivre ainsi, voici que brusquement je débouche dans une sorte de clairière, qui se trouve être tout simplement un pré. Je suis arrivé sans y penser à l’extrémité des Communaux, que j’avais toujours imaginée infiniment loin.
Tout d'abord, je me demandais comment interpréter les comparaisons "on l’aperçoit comme une longue avenue sombre dont la sortie est un rond de lumière tout petit." (notre professeur nous avait parlé de la naissance symbolique de François, le narrateur) et "C’est comme un ancien lit de ruisseau" (j'avais pensé à un référence au passé, aux rites ancestraux, mais sans trop savoir si c'était valable ou comment le formuler)

Et ensuite, pensez-vous que le plan suivant puisse convenir ?

I) L'aspect exceptionnel de cette promenade pour François

1. Sa quête personnelle
2. Une aventure exceptionnelle

II) Une quête initiatique

1. Valeur symbolique du cadre
2. Rupture avec le passé

III) Le merveilleux dans le réel

1. Un univers se rapprochant de celui du conte
2. Une prose poétique

Merci beaucoup ! 🙂
"Comme un ancien lit de ruisseau" n'est qu'une comparaison descriptive poursuivie par "aulnes" (arbres des berges) et "grande voie d’herbe verte qui coule sous les feuilles", puis enfin "hautes valérianes" (plante qui pousse dans les lieux humides.

Concernant le plan, il manque une composante essentielle du texte : la chute finale ironique, le rêve qui débouche sur une réalité prosaïque. François n'a pas trouvé tout seul le chemin vers le pays mystérieux de Meaulnes.
D'accord, merci pour cette réponse.