Que faire après un M2 philo ?
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Bonjour,
Suite à mon M2 philo très bientôt achevé, deux, non trois possibilités s'offrent à moi :
-Continuer dans la préparation des concours d'enseignements philosophiques (m'inscrire dans une préparation dans une fac donc).
-Faire un master de lettres modernes (éventuellement en vue d'un CAPES plus accessible).
-Commencer directement une thèse.
Je suis vraiment dans le flou, je ne sais pas quoi faire…d'un côté j'aimerais me mettre à fond dans la préparation des concours mais il y a de grandes chances que ça foire à nouveau parce que je n'ai pas le niveau des gens de l'ENS et peut-être, tout simplement, pas le niveau.
Bref : je suis en proie à une grande hésitation. Là j'aimerais arrêter de réfléchir et juste lire, lire, lire, à plat ventre sur mon lit, le ventre pétri d'émotions comme quand j'étais enfant, avec en arrière fond, le bruit des pas de ma mère qui s'affairait. Mais le faire libéré de toute contrainte, juste pour le plaisir ; comme l'assouvissement d'une passion naturelle.
Mais cela est impossible par l'économie du monde et de nos vies, les choses ne marchent pas ainsi et ces lectures d'enfance sont à jamais révolues.
Je ne sais quelle route choisir et j'angoisse : si j'avais été admissible au capes de philo cette année, à ma deuxième tentative, je n'en serais pas là.
La suite me paraît floue…comme un rêve où rien ne repose sur rien.
J'ai un rapport épidermique aux lettres, viscéral, originel, je sais que je ne pourrais jamais en sortir mais pragmatiquement je ne sais pas quoi faire.
Je sais que personne ne pourra m'aider ni décider pour moi mais ça fait du bien d'hurler : "je suis perdu!"
Faire un master de lettres n'est pas necessaire si tu veux passer le CAPES de lettres. D'un point de vue administratif, ce n'est pas obligatoire. D'un point de vue intellectuel, si tu as deja un bagage en lettres, je suis sur que tu peux t'en passer. Ou alors, demande une equivalence qui te permettra d'aller directement en M2.
Pour la these, c'est possible, mais tu n'obtiendras sans doute pas de bourse sans l'agregation et, soyons honnetes, ca limite les perspectives de carriere academique par la suite -lesquelles sont deja limitees parce que c'est la philo-.
Pour les concours, dis-toi que ce que les normaliens ont en plus, c'est de l'exercice -de bonnes habitudes, de bons reflexes- parce qu'on se mange un certain nombre de dissertations dans la preparation du concours de l'ENS. C'est seulement -mais c'est enorme- une question de methodologie. Si tu gardes ca en tete, tu pourras peut-etre travailler plus efficacement par la suite. Je veux dire par la que savoir comment faire une transition, c'est peut-etre plus important pour le concours que lire quelques livres de plus.
Bon courage dans tes reflexions. 🙂
Ps : desole pour le qwerty
Artz a écrit :Faire un master de lettres n'est pas necessaire si tu veux passer le CAPES de lettres. D'un point de vue administratif, ce n'est pas obligatoire. D'un point de vue intellectuel, si tu as deja un bagage en lettres, je suis sur que tu peux t'en passer. Ou alors, demande une equivalence qui te permettra d'aller directement en M2.
Disons qu'il faudrait tout de même que je fasse de la stylistique et de la grammaire. Ainsi que du latin, mais ça c'est au programme quel que soit mon choix.
La voie/voix de la raison me dit de faire une année de préparation des concours à fond…
Bonjour,
Le latin n'est pas obligatoire pour la préparation du CAPES de lettres modernes, à moins que tu décides de choisir pour l'oral l'option latin pour lettres modernes.
C'est vrai qu'une préparation au concours est très utile et ça permet de faire de nombreux entraînements. Bon choix quoi que tu choisisses en tout cas !
Oui mais j'ai besoin de reprendre le latin pour diverses raisons.
Disons que cette hésitation vient du fait qu'une année à ne rien faire d'autre que préparer les concours est assez périlleuse. C'est tenter le tout pour le tout mais si on va dans le mur ça peut faire mal.
Spartacus, je me reconnais dans tout ce que tu écris.
Je suis un peu dans la même situation,à la différence près que je suis en lettres. Je ne veux pas enseigner dans le secondaire, je ne veux pas passer le capes. La recherche me fait vibrer. J'achève mon année de M2… et je suis tout aussi perdue que toi. J'envisage de me consacrer exclusivement à la préparation à l'agrégation dès septembre, mais je ne ne fais guère d'illusions : les places sont chères, le niveau élevé, les chances de l'obtenir faibles. Et j'avoue que cette future année me fait terriblement peur…
Pour le moment, mon avenir me parait bien incertain, et cela m'angoisse au plus haut point. J'aimerais tant, comme toi, pouvoir lire, lire simplement.
Bref, je ne t'aide pas beaucoup par mon intervention, j'en suis désolée…
Bonjour,
Si tu as peur de ne pas avoir le niveau pour le CAPES de philo, rabats-toi sur celui de lettres. Il faut bien reconnaître que le CAPES de lettres est quand même beaucoup plus accessible que celui de philo. Avec ce CAPES et un peu (ou même beaucoup de travail, c'est mieux !), il n'y a pas de raison que tu ne sois pas admis l'année prochaine (ou au pire dans deux ans). Par ailleurs, vu que tu as déjà un bac+5, tu n'es pas obligé de revalider un master MEEF : si tu dis que les lettres t'ennuient, c'est toujours ça de pris… Tu auras ainsi un emploi du temps un peu plus allégé et tu pourras donc te concentrer à fond sur le CAPES et sur les points du programme où tu te sens un peu plus faible.
Je te souhaite bon courage, ce n'est pas facile de trouver sa voie, même après un master.
Si je peux apporter ma pierre à l'édifice, je déconseille vraiment à ceux qui ne veulent pas enseigner dans le secondaire de passer le CAPES comme filet de secours parce qu'ils n'auraient pas obtenu l'agrégation, sésame pour pouvoir continuer la recherche en France. Aller enseigner dans le secondaire sans en avoir l'envie, la motivation, la vocation, je pense que c'est un suicide intellectuel qui peut engendrer une grande frustration, voire même une dépression. Combien avons-nous pu voir de jeunes collègues débarquer à 24 ans en collège un peu par hasard parce qu'ils n'avaient pas obtenu l'agrégation, et qu'après des études de lettres ou de philosophie l'enseignement reste quasiment le seul débouché, tomber de très haut parce que le métier n'a rien à avoir avec la préparation d'un concours ou faire de la recherche ?
@MarieLM
Ne sois pas désolée Marie : ça fait du bien de se sentir moins seul.
nzdqrc (prénom extra-terrestre) : je suis assez surpris par votre message -ou plutôt par l'aversion qu'il me prête ; où donc ais-je écris que les lettres m'ennuyaient? Au contraire, c'est pour moi une passion originelle et si cette solution était envisagée, ce serait le minimum -à mon sens- de passer un diplôme de master (je pense même que recommencer au niveau L1 serait mieux mais mes finances ne le permettent pas).
J'ai donné, pendant mon année de M2, des cours de français/littérature, à des élèves de lycée. Si j'ai parfois été agréablement surpris par ma mémoire et ma capacité à aider, j'ai aussi souvent été dans l'impuissance à apporter un bon soutien parce que ce n'est pas ma formation principale. Au niveau de la stylistique, par exemple, j'ai souvent séché).
Ah oui et petit mouvement d'humeur : je trouve vraiment pénible le fait que les administrateurs se croient constamment obligés de renommer nos topics, comme si on n'avait pas voulu dire ce qu'on a dit au départ.
Là avec celui-ci on a juste l'impression que je suis un pauvre paumé qui a fait un master de philo par hasard et qui demande naïvement-au bout de cinq ans- ce que l'on peut faire avec ce diplôme. Comme si je n'avais jamais réfléchi longuement avec agoisse à cette impasse auparavant et que je n'avais pas déjà plusieurs options en tête.
Mon titre me convenait celui-ci non…bref
Je crois que ma décision est plus ou moins prise : préparation -corps et âme investis- de l'agrégation de philosophie à Paris IV (la meilleure prépa à l'heure actuelle), évidemment je repasse le capes dans la foulée, si ça ne marche pas…boulot alimentaire l'année d'après en continuant à passer les concours.
@AntoineParis
Vous avez autre chose à leur proposer qui puisse les faire manger ?
Je crois qu'il veut dire qu'aller bosser au fast-food vaut mieux qu'être enseignant si l'on n'en a pas réellement envie et je ne suis pas loin de penser pareil.
Non non cher Spartacus, ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire !
C'est simplement que j'ai pu constater dans mon entourage tellement de jeunes certifiés déprimés parce qu'ils avaient passé les concours plus par goût pour la discipline que par vocation pour l'enseignement du secondaire, que lorsqu'ils se sont retrouvés 18h par semaine devant des collégiens dans des zones difficiles pour 1 800 euros par mois après un bac +5 en Sorbonne, ça a été un peu un choc émotionnel…
Il faut vraiment psychologiquement se préparer et connaître en amont la nature du métier de prof dans le second degré, cela n'a rien à avoir avec notre formation, nos études et les concours passés. D'où le petit rappel que je fais à ceux qui se sentent plutôt chercheurs dans le supérieur, je crains leur déception future.
Personnellement, le problème ne me concerne guère, j'ai toujours voulu enseigner dans le secondaire.
Bah moi c'est ce que j'ai voulu dire! Na! 😜
Spartacus, nous nous croiserons peut-être à Paris IV alors, et d'un regard nous pourrons nous soutenir!! Hum, je divague…
Je pense qu'Antoine à raison, il ne faut pas se lancer dans l'enseignement si l'on est pas habité par la vocation. Mais que faire d'autre? Les portes du monde de la recherche se ferment de plus en plus… et personnellement, je ne me vois pourtant pas faire autre chose…
Sans vouloir être déprimant, la vie c'est pas toujours comme on veut, c'est souvent comme on peut. :/
Pour ceux que l'idée de prendre un emploi en dehors de l'enseignement et/ou de la recherche ne déprime pas trop, il existe toujours des concours d'entrée aux écoles de commerce ouverts aux littéraires, et pas forcément à ceux issus des classes préparatoires; voir le lien ci-dessous (réponse N° 7):
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/43637-un-etudiant-titulaire-dune-l2-litteraire-et-non-issu-dune-classe-preparatoire-peutil-sinscrire-a-la-bel.html
Bon, c'est un autre monde, éloigné de l'idéal, mais parfois il vaut mieux intégrer ces écoles plutôt que finir en dépression dans une ZEP non choisie ou dans un fast food… 🆒
Veuillez m'excuser, j'avais mal compris votre premier message.
Quel que soit le chemin que vous choisirez, je vous souhaite une bonne continuation. 🙂
Je ne ferais jamais une école de commerce, je préfère être clochard ou travailler dans un fast-food et de loin! Avec toutes les alternatives entre les deux.
@nzdqrc : vous ne l'aviez surtout pas lu…et puis je ne vois pas comment on peut faire un master de philo et envisager d'être prof sans aimer les lettres. Non mais allo quoi!?
Je suis évidemment passionné, comme tout le monde ici, ça ne suffit pas forcément pour en vivre. Mon boulanger est doctorant en philo hein (et il est aussi profondément passionné).
Je pense pareil que toi, Spartacus : vaut mieux ne pas se lancer dans l'Enseignement si on n'est pas sûr de soi.. Encore que tu m'as l'air d'être une bonne personne et un passionné.
Je rajoute, je pense qu'avec toute une année durant laquelle tu pourras préparer le concours, tu l'auras ! J'ai confiance en toi, mais je t'ai déjà montré tout mon soutien auparavant.
C'est sûr que l'agrégation est un gros morceau, mais rien n'est impossible, alors n'écris pas "mais il y a de grandes chances que ça foire à nouveau parce que je n'ai pas le niveau des gens de l'ENS et peut-être, tout simplement, pas le niveau", car rien n'est dit et rien n'est joué. 🙂
Et puis, si seulement les Normaliens devenaient Profs, ça serait triste… D'autant plus que certains Fakheux ou ex Khâgneux sont meilleurs que les Normaliens, un coup de stress pendant le concours, ou simplement l'envie de ne pas y aller, c'est plus fort que toutes les connaissances et l'intelligence qu'on peut avoir. Allez, décroche-le, ce concours! 😜
@Spartacus
Si j'ai bien compris tu as déjà passé le CAPES et n'as pas été admissible, mais tu l'as toutefois passé pendant ton M2, et pas dans le cadre d'une préparation pleine et entière !
Au regard de ta situation, je te conseillerais donc de t'inscrire en prépa l'année prochaine, et de repasser les concours jusqu'à ce que tu en décroches un (dans la mesure de ta motivation et de tes possibilités financières).
Par ailleurs, les normaliens ne constituent pas le bloc majoritaire de reçus à l'agrégation, si on prend la cuvée 2013 par exemple, c'est 1/4 :
Elèves des E.N.S. : 15
Etudiants : 32
Enseignant CPE-COP- Stagiaire : 1
Enseignants titulaires M.E.N. : 7
Agent non-titulaire du M.E.N. : 2
Agent fonction publique Etat autres Ministères : 1
Agent hors fonction publique/sans emploi : 2
Et tu as un avantage statistique indéniable : plus de la moitié des admis venaient d’Île-de-France… !