bonjour,
dans une phrase où "quant à" se trouve au milieu, doit-on mettre des virgules ?
exemple : Pierre quant à lui faisait le repas … ou bien : Pierre, quant à lui, faisait le repas.
en vous remerciant par avance 😉
merci pour cette brève réponse,
mais dois-je comprendre qu'il n'y a pas de règle ?
En ce qui me concerne, j'encadrerais de virgules.
On encadre en général une incise de deux virgules.
Mais quand elle est toute courte, tu peux choisir de ne pas le faire.
Ici, ce n'est pas une incise… Une incise est une proposition à verbe conjugué, utilisée dans le discours rapporté, et même "toute courte", une incise s'encadre de virgules.
"Bien sûr, dit-il, je viendrai demain."
Ici, nous avons affaire à un complément mobile, à un complément de propos introduit par la locution prépositive quant à.
Je ne vois pas à quoi rattacher ce "complément de propos" :
GRAMM. Complément de propos. ,,[Le] complément de propos (…) mentionne le thème dont quelque chose est dit… Il dit du mal de Pierre. Il a écrit un article sur le chômage`` (G. Moignet, Systématique de la lang. fr., 1981, § 375).
C'est une apposition au sujet, mise en relief par "quant à" :
Pierre, lui, faisait le repas
Pierre quant à lui faisait le repas
Quant à Pierre, il faisait le repas
etc. merci pour cette brève réponse,mais dois-je comprendre qu'il n'y a pas de règle ?
Excuse-moi de n'avoir pu te répondre avant. Cette fois, je crains que tu ne trouves ma réponse trop longue.
Il n'y a pas de règle, non. Du moins, je n'en ai pas trouvé, ce qui n'est pas étonnant concernant la ponctuation, et surtout la virgule, cette petite respiration, cette pause délicate.
C'est pourquoi je disais que tu pouvais choisir.
Soit tu es pressé, tu veux dire les choses d'un trait :
Pierre quant à lui se dirigea vers porte. Pof, il y va, tout de go. On n'a même pas le temps de respirer.
Soit tu prends ton temps, tu marques une pause.
Pierre
(vous le connaissez pierre, vous voyez sa binette à Pierre ?), quant à lui
(ouaf, ouaf, qu'est-ce qu'il va faire notre Pierre ?), se dirigea vers la porte.
(et il laisse les autres médusés.)
J'exagère et je caricature. J'espère qu'on ne m'en voudra pas.
Jehan qui est un homme savant et sensé a choisi la virgule. Il pose sa phrase et son propos. Il n'a pas affirmé qu'il y avait une règle, et en ponctuation, souvent, c'est l'impression que l'on veut donner qui prime.
Anne345 a écrit :C'est une apposition au sujet, mise en relief par "quant à"
Oui, effectivement, où avais-je la tête ? 🙂
J'ai analysé un peu vite…
Et l'ensemble de la phrase constitue une structure emphatique par dislocation.
En tout cas, l'on ne peut pas vraiment parler d'incise ici.
Oui, une apposition à Pierre.
Alors, plutôt entre virgules. On prend le temps de respirer, n'est-ce pas Jehan ? 😉
En réfléchissant un peu… Finalement, cette "apposition" introduite par une locution prépositive n'est pas si loin d'un complément.
Comparons :
Pierre, quant à lui, se dirigea vers la porte.
Pierre, en ce qui le concerne, se dirigea vers la porte.
Pierre, pour sa part, se dirigea vers la porte.
Pierre, de son côté, se dirigea vers la porte.
J'ai du mal à considérer les membres de phrase en couleur (bien proches par le sens de "quant à lui") comme des appositions…
Tu réfléchis trop, Jehan.
Et d'ailleurs, finalement , quel est le rôle d'une apposition, sinon de préciser, de compléter. On peut fort bien s'en passer, et dans ce cas précis n'est-ce pas le cas ?
Admettons que je réfléchisse trop.
N'empêche qu'il n'est pas interdit d'être curieux. 😉
Et je serais curieux, par exemple, de connaître la fonction de "pour sa part".
Ainsi que la différence de sens entre "pour sa part" et "quant à lui"…
Quelqu'un a une idée ?
Que l'on puisse se passer du syntagme ne prouve pas son statut d'apposition : c'est aussi le cas des compléments de phrase.
Et une apposition nomme, désigne différemment le même être ou la même chose que le nom auquel elle est apposée.
C'est certes le cas avec le pronom "lui", désignant Pierre. Mais peut-on vraiment dire que "pour sa part" désigne Pierre ?
Mais peut-on vraiment dire que "pour sa part" désigne Pierre ?
Pour sa part, quant à lui, eh bien, qui d'autre cela pourrait-il désigner ?
J'assimilerais pour sa part a un adverbe de discours comme cependant, en revanche… permettant d'organiser le discours d'une façon logique.
Je ne suis pas sure qu'on puisse leur attribuer une fonction dans l'analyse grammaticale traditionnelle.
Mais il est tard… :/
Tout à fait d'accord pour l'assimilation à un adverbe.
Et c'est donc peut-être aussi le cas de "quant à lui", autre syntagme prépositionnel…
Un adverbe ne pouvant, que je sache, être en apposition à un nom, la fonction "apposition" se limiterait au pronom "lui" employé seul.
Lui c'est Pierre..
"Lui" est une autre façon de désigner Pierre, de le nommer. Apposition.
Mais on ne pourrait pas, par exemple, poser l'équivalence:
* "Pour sa part", c'est Pierre.
"Mis en relief par quant à" vient de Grevisse…
Effectivement. Il écrit :
Quant à sert, surtout dans la langue écrite, à mettre en relief un terme (qu’on peut considérer souvent comme le thème ): Je sortirai, quant à moi, satisfait…
Il précise également :
La langue dispose de moyens divers pour mettre en évidence notamment le thème (§ 229). (Ce rôle est souvent dénommé complément de propos par les grammairiens.)
Et de citer dans la foulée, entre autres exemples,
quant à, pour ce qui est de, en ce qui concerne…
Ma première analyse n'était peut-être pas si incongrue.
Ma première analyse n'était peut-être pas si incongrue.
Incongrue ? Qui dirait cela, Jehan ?
J'espère que cette conclusion t'a permis de trouver le sommeil en tout cas. Il était bien tard hier soir, enfin tout à l'heure…
Pour moi, 🙂
apposition,
mise en relief (dans le cas précis qui nous était proposé) suffisent.
Mais tu diras que je me contente de peu. 🙂
Incongrue ? Qui dirait cela, Jehan ?
.
Eh bien, Anne345 m'avait répondu au début, en me citant un complément de propos d'allure bien différente :
Anne345 a écrit :Je ne vois pas à quoi rattacher ce "complément de propos".
GRAMM. Complément de propos. ,,[Le] complément de propos (…) mentionne le thème dont quelque chose est dit… Il dit du mal de Pierre. Il a écrit un article sur le chômage`` (G. Moignet, Systématique de la lang. fr., 1981, § 375).
Et rassure-toi, Gabiana, tout ça ne m'a pas empêché de passer une très bonne nuit, malgré ce coucher bien tardif ! 🙂