Apollinaire, La colombe poignardée et le jet d’eau

Entraide scolaire

53 réponses · Page 3 / 3

Ce calligramme comme une énigme ou comme un message ?

Si je devais simplement répondre à la question initiale de l'élève : effet produit sur lecteur, ma réponse serait :
D'abord c'est le dessin
ET puis il y a le titre
Enfin avec cette clé, je déchiffre le texte entre paix et guerre.
On ne peut pas dire que cela m'avance beaucoup.
Heureusement, les problématiques vont et viennent, la POÉSIE RESTE.
Merci à vous.
Ma réponse ne se voulait pas universelle. 🙂 Très subjective et pourquoi pas …
J'ai seulement voulu dire comment j'avançais à la découverte de ce calligramme et préciser le problème que moi, je me posais d'entrée .. .
D'abord c'est le dessin
ET puis il y a le titre
Cela me paraît la façon idéale d'aborder ce type d'oeuvre.
Personnellement, j'aime qu'on me donne un texte, sans contexte même, et qu'il me soit loisible de l'interpréter à ma guise, de le commenter, puisqu'il faut commenter, à ma façon.
Floréale sait bien combien les problématiques, les axes et tout le tralala dont on se fait une obligation d'empoisonner les pauvres candidats à l'EAF me font grimper aux rideaux.
La plupart se retrouvent bloqués dans leurs I, A,a, b, c,… etc. et au final tout est tellement artificiel.
On croit que rajouter à l'étude littéraire tout un jargon la rend plus scientifique, comme s'il y avait une espèce de honte à ne pas employer des termes bien compliqués, ignorés autrefois des élèves de lycée, qui ne s'en portaient pas plus mal et surtout dans leur immense majorité écrivaient mieux.
J'applaudis des deux mains, et vous savez ce que je pense des exercices scolaires, au point de ne pas vouloir revenir au lycée et encore moins de briguer la prépa ! Le problème est qu'il faut aider des demandeurs, et je cherchais simplement à me perfectionner dans un domaine que j'ai personnellement toujours négligé. A l'époque, J'ai même conçu ma dissertation d'agrég comme une sorte d'article, sans me préoccuper des ABCabc[sup]abc [/sup] et sans même vraiment discuter le sujet !!!
Oui, l'important est de lire et d'aimer.
Oui. Nous sommes quelques résistants. J'ai de même abandonné le lycée pour le collège, car ce type d'exercices formels en français me pesait. J'ai bien été obligée toutefois de m'y plier, et puis, comme tu le dis, il faut aider les demandeurs. Mais tu as remarqué ce qui les obsède toujours avant même d'avoir lu le texte : la problématique, les axes, le plan…
C'est désespérant.
Et ils voudraient que l'on juge de la qualité de leur devoir non encore né à partir d'un plan, qui n'est pour moi qu'un squelette sans chair. Des titres. Point barre. Comment juger d'un contenu futur à partir d'un titre ?
Même après mon départ du lycée, et ayant un mi-temps au CNED en première, j'ai continué à être réquisitionnée pour les corrections du bac. Je ne cache pas que j'ai parfois mis de très bonnes notes à des commentaires excellents dont le plan suivait l'ordre du texte. (lorsque cela s'y prêtait bien sûr. Mais cela arrive ! Alors pourquoi se faire des noeuds au cerveau ? D'ailleurs les textes officiels le prévoient. Pensons à certains sonnets, ou au chapitre III de Candide qui comporte deux parties bien distinctes…)
Pour gabiana dont je connais la position mais qui accepte quand même la mienne (j'espère … 🙂 puisque problématique se traduit vite en : quel problème me pose ce texte ? et que ce type d'approche me plaît plutôt et que je fonctionne "à l'envers" des démarches conseillées : le problème et les axes me viennent d'entrée. Je ne dis jamais que c'est mieux mais que je procède de cette façon depuis toujours. L'important, c'est le résultat, non ?
Il faut … Il ne faut pas …
Personnellement, j'aime qu'on me donne un texte, sans contexte même, et qu'il me soit loisible de l'interpréter à ma guise, de le commenter, puisqu'il faut commenter, à ma façon.
C'est justement le problème de ce calligramme pour un élève, s'il doit l'aborder sans références, sans recherches et s'il ne connaît du poète que le nom. Quelle démarche alors lui conseiller pour approcher l'ensemble et accepter que le texte lui résiste ?
Il ne faut pas jeter la pierre aux élèves : la littérature en soi ne les intéresse guère et ils veulent finir le devoir avant de l'avoir commencé : ils ont tant d'autres choses à faire ! De plus, le fameux plan leur semble être un fil d'Ariane facilitant la recherche, éliminant les doutes et les apories, quelque chose de substantiel et d'immédiat. Il semble d'autre part que nombre d'enseignants en font le critère majeur de réussite (alors qu'aucune instruction officielle n'a jamais parlé des trois parties, ni même de dissertation).
Je précise aussi que ne suis nullement adepte du devoir sans idée directrice ; quand je lisais une dissertation ou un commentaire, quand j'en faisais moi-même (le moins possible), l'idéal que je recherchais en matière de forme, c'était de pouvoir saisir "le mouvement d'une pensée qui progresse sans rupture", selon la belle expression de l'inspecteur général Paul Lecoq, rien de plus…
Tout ce formalisme n'aboutit qu'à faire perdre aux élèves la belle saveur des textes.
Paradise lost.
Excusez-moi, mais votre A B C me semble tout à fait secondaire ; je n'ai pas cette superstition. Je pense vous avoir donné suffisamment d'indications à présent, aller plus loin risquerait de formaliser par trop l'analyse, ce que je réprouve en matière de poésie.
En fait je vous avais demandé les sous-parties car pour tout vous dire je ne comprenais pas trop la démarche de votre plan et elle ne correspondait pas à celle de mon analyse. Ainsi, j'ai changé de plan et j'ai enfin trouvé un plan qui me convienne même si vous penserez qu'il est un peu bateau… I. La modernité de ce poème (tant par la forme qui illustre le sens que par un fait d'actualité qui est la première guerre mondiale ) II. "Traditionnel" les thèmes abordés élégiaques comme les amours perdus ou encore la mélancolie ou la solitude.
J'ai rendu mon devoir mais je me devais de vous tenir informé.
La seconde partie a l'inconvénient de paraître "banaliser" le poème… A la limite, il valait mieux inverser, pour terminer sur le modernisme.
Ha mince car au début j'avais commencé par mettre le moderne à la fin mais comme notre professeur nous a préconisé de mettre toujours le plus important à la fin j'ai finalement inversé…
Mais chez Apollinaire, c'est le modernisme qui importe (soit dit schématiquement, bien sûr) !
D'accord je le saurai pour la prochaine 🙂