Apollinaire, La colombe poignardée et le jet d’eau
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😂 😂 C'est mon côté rationnel de scientifique qui refait surface (même si je suis en S j'aime beaucoup le français) 😜
Mais alors du coup qu'est ce que voulais dire Apollinaire en comparant ses yeux gris à l'aube ? Qu'il n'y a au contraire rien de nouveau ?
Pardonnez-moi de me citer moi-même…
L'aube n'apporte rien de nouveau justement, elle est grise. L'image est bien plus vigoureuse que si le poète eût écrit "gris comme le soir".
D'accord merci, maintenant je vais passer à une problématique et à un plan. Concernant la problématique j'ai pensé à :
Comment à travers un élégie calligramme, Apollinaire exprime-t-il les douleurs de la guerre ?
Ce que j'ai mis en rouge, c'est ce qui ne va pas trop grammaticalement, selon moi, non ?
Vous en pensez quoi ? 🙂
Comme dirait quelqu'un que je connais, ce n'est pas une problématique, mais une question. Mais soit.
On dit une élégie.
Ce sont bien les deux poèmes associés dans le calligramme que vous avez à étudier ?
Mon commentaire c'est seulement sur le poème La colombe poignardée et le jet eau , je vous ai montré seulement le texte et pas le calligramme mais je dois cependant étudier aussi le calligramme (colombe, jet eau, bassin) que j'inclurai dans mon analyse 🙂
Oui, c'est ce que je voulais dire. Le texte à traiter comprend donc bien les deux "parties" du poème.
Attention à bien mener conjointement l'étude du texte et l'étude de sa mise en page graphique, ne placez pas les deux dans des parties différentes !
Oui bien sûre vous avez tout à fait raison, mais pensez-vous que je puisse faire pour le plan : I- Une élégie II- Les douleurs de guerre ?? Je crains que ces parties se rejoignent trop et qu'elles soient par conséquent soit répétitives ou soit mal équilibrées.
PS: Je vous avoue que je ne suis pas très fort en terme de plan et que je prend alors beaucoup de temps à en construire un , alors le moindre conseil serait le bienvenu :/
Attention à ne pas séparer la forme poétique des "idées".
Dites-moi dans un premier temps ce que vous avez trouvé d'intéressant à dire sur ce poème, même si ce n'est pas "classé".
J'ai trouvé pleins d'idées un peu en "vrac" :
-Colombe allégorie de la paix et l'amour qui jaillissant au-dessus du jet d'eau, mais aussi l'oiseau terrassé au sol.
-La guerre a détruit les relations affectueuses qu'entretenait le poète : " Douces figures poignardées ".
-jet d'eau peut être interprété aussi comme des pleurs : " Le jet d'eau pleure sur ma peine " ce qui pourrait expliquer le bassin qui s'apparente à un œil qui pleure avec ô en gras pouvant symboliser l'oeil. = désespoir face à la perte de ses proches
-J'ai aussi trouvé pas mal d'allusion au sacré (comme des pas dans une église, le verbe s'extasie (à comprendre au premier sens) , "firmament" "âme" "mystique" ; espoir nous ne sommes pas sur que la colombe soit véritablement morte et aussi dans le basse au centre on a la courbe du milieu qui est vers le haut
-conséquence de la guerre : perte de ses "amours" et de ses "amies"
-nostalgie, souvenirs passés, mélancolie
- désespoir et l'incertitude souligné par l'anaphore « où » , à noter aussi seulement un ? pour seul ponctuation pour un questionnement multiple mais je sais pas ce seul ? pourrait traduire
-nombreuses apostrophes
Bassin = témoin du guerre sanglante et violente : « guerre », « battent », « sanglante », « saigne », « guerrière ». Métaphore « sanglante mer » du front ou de la guerre en général.
-évocation de la dureté de la guerre
-graphisme n'a pas qu'une fonction décorative : il apporte un supplément de sens
Voilà je sais pas trop, rajouter quoi de plus… :/
Ce n'est pas si mal. Oui, l'essentiel est la douleur de la séparation et l'incertitude du "moi" devant le sort des amis partis à la guerre.
En fait, les calligrammes sont pour Apollinaire une sorte d'aboutissement de l'émancipation graphique du vers libre, déjà remarquable dans sa disposition typographique. Il avait employé le terme d'idéogrammes lyriques pour qualifier ses premiers calligrammes. Ils ne sont donc pas à considérer comme des "illustrations", mais comme la forme concrète et esthétique prise par le poème. Le calligramme cristallise aussi tous les possibles de la symbolique.
Pour ce qui est de la démarche, pourquoi ne pas consacrer une première partie aux aspects "circonstanciés" du poème : la séparation due à la guerre, les nombreuses personnes citées nommément, etc… pour aborder dans un second temps un thème plus profond et plus universel du poème : la fuite du temps, le fait que rien ne dure si ce n'est dans le souvenir, que le dessin matérialise si bien ? La lyrique élégiaque s'intègrerait naturellement à chacune de ces deux parties.
Pour ce qui est de la colombe, l'idée première en fut donnée à Apollinaire par son ami André Rouveyre. Celui-ci lui avait adressé une carte postale (ou un dessin) représentant des colombes.
Mais vous remarquez que dans la première partie du titre est La colombe poignardée alors que le début du poème est : Douces figures poignardées.
Pensez à "Que sont mes amis devenus…" de Rutebeuf et à la Ballade des dames du temps jadis, de Villon. Les circonstances seules diffèrent…
du coup vous pensez qu'en I.la douleur de la séparation II. l'incertitude du "moi" pourrait fonctionner ?
Et en III, le thème que je vous indique.
Je n'ai pas très bien compris le III , c'est la colombe ?
Non, c'est le thème plus fondamental du "rien ne dure si ce n'est le souvenir (et le poème)". Je vous le proposais en II si vous ne faisiez que deux parties, maintenant, ce serait le III.
Cela fait beaucoup de temps que je bosse sur les sous-parties avec mon analyse linéaire mais je n'arrive pas , je crains toujours de me répéter entre les parties même si mon analyse est exhaustive 😞 😞
Pour le III je n'ai quasiment rien à dire car je n'ai pas trop compris et surtout je n'arrive pas à approfondir cet aspect.
Du coup j'ai opté pour un plan en deux axes, deux sous-parties (vous devez sûrement penser que c'est bof , mais je ne suis pas arrivé à faire autrement…)
I- Des séparations douleureuses
A- Amour disparues (ça sera surtout centré sur la colombe)
B- Amies disparues
II- Dû à une guerre violente entraînant une souffrance du "moi"
A- Violence de la guerre (je ferait allusion tout de même à l'espoir) (Allusion au champ lexical de la guerre, mais aussi de la colombe
B- Souffrance et incertitude d'Apollinaire ( j'indiquerai la nostalgie, la mélancolie, le jet eau etc…)
Par contre je ne sais pas où indiquer les allusions avec le sacré et la religion….
Sinon, vous en pensez quoi ? 🙄
I- Des séparations douleureuses
A- Amour disparues (ça sera surtout centré sur la colombe)
B- Amies disparues
Am
is non pas disparus (on est en décembre 1914, Apollinaire n'est pas encore au front), mais partis.
II- Dû à une guerre violente entraînant une souffrance du "moi"
A- Violence de la guerre (je ferait allusion tout de même à l'espoir) (Allusion au champ lexical de la guerre, mais aussi de la colombe
Si vous voulez, mais ne parlez pas de dénonciation, en conclusion, par exemple, si c'était votre intention. Commentez les derniers vers, l'image du soir, du laurier-rose…
B- Souffrance et incertitude d'Apollinaire ( j'indiquerai la nostalgie, la mélancolie, le jet eau etc…)
Non : on ne peut pas dissocier l'évocation des "séparations douloureuses" (I) de la "souffrance et de l'incertitude du poète" (II). Le plan est factice.
Par contre je ne sais pas où indiquer les allusions avec le sacré et la religion….
Laissez tomber ce thème, il n'est pas présent (en dépit de "prie")
Le plan que je vous proposais est de type dialectique, et on doit faire paraître les mêmes exemples (dans l'idéal) dans les deux parties.
Un exemple :
I Niveau "circonstancié" (rapide) : évocation de personnes réelles qui constituent une part importante de la vie du "moi" et qui structurent la temporalité et l'espace du calligramme : les amours mortes/le passé/la colombe et les amis partis à la guerre dont on est sans nouvelles/le présent/le jet d'eau.
II Niveau profond : image du temps : permanence et mouvement.
Fixité : les figures féminines poignardées, la colombe qui s'extasie). Mouvement : les amis dont le départ se renouvelle sans cesse, le jet d'eau qui n'arrête pas de jeter des vers (cf les anaphores) semblant issus d'un point nodal : le O (une bouche ? une interjection symbolisant l'expression élégiaque entouré, cerné même d'éléments naturels pervertis (ciel, mer, jardins) ?). Fixité et mouvement ne sont pas dissociés, mais associés, et l'absence de ponctuation concourt à cette fluidité avec laquelle on passe de l'un à l'autre. A vrai dire, c'est presque la même chose.
Évocation douloureuse (à détailler, bien sûr) mais pas angoissée : rien ne sera plus comme avant et on ne doit pas s'attendre à ce que le monde revienne tel qu'il était (cf l'eau et son flux perpétuel). Mais le moi et l'encre noire demeurent.
Vous voilà de nouveau près de moi
Souvenirs de mes compagnons morts à la guerre
L'olive du temps
Souvenirs qui n'en faites plus qu'un
Comme cent fourrures ne font qu'un manteau
Comme ces milliers de blessures ne font qu'un article de journal
Apparence impalpable et sombre qui avez pris
La forme changeante de mon ombre
Un Indien à l'affût pendant l'éternité
Ombre vous rampez près de moi
Mais vous ne m'entendez plus
Vous ne connaîtrez plus les poèmes divins que je chante
Tandis que moi je vous entends je vous vois encore
Destinées
Ombre multiple que le soleil vous garde
Vous qui m'aimez assez pour ne jamais me quitter
Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
Ombre encre du soleil
Écriture de ma lumière
Caisson de regrets
Un dieu qui s'humilie
Ombre (écrit en 1917), Calligrammes (éd NRF Poésie/Gallimard)
I vous précisez entre parenthèse "rapide" du coup cela sera déséquilibré avec le II non ? Pourriez me préciser le A,B,C des deux grands axes que vous me proposait histoire de voir si ce plan concorde avec mon analyse linéaire. PS: l'extrait que vous me citez à la fin c'est une idée d'ouverture ?
Excusez-moi, mais votre A B C me semble tout à fait secondaire ; je n'ai pas cette superstition. Je pense vous avoir donné suffisamment d'indications à présent, aller plus loin risquerait de formaliser par trop l'analyse, ce que je réprouve en matière de poésie.
Delia, j'ai lu ce que vous avez dit à propos de la problématique dans une autre discussion, que je ne veux pas parasiter.
Autant je comprends son bien-fondé en dissertation, autant cette démarche appliquée à un commentaire de texte me semble artificielle dans la plupart des cas.
Pourriez-vous me dire quelle est la problématique que vous auriez préconisée pour l'étude de la Colombe poignardée ?
Je précise que ma question est bienveillante et que je n'entends pas polémiquer.
Pourriez-vous me dire quelle est la problématique que vous auriez préconisée pour l'étude de la Colombe poignardée ?
J'aurais d'abord étudié le Calligramme (en me gardant bien de le transcrire…) en m'attachant à dégager les effets de sens provoqués par la disposition :
et toi, à la place du cœur, là où porte le poignard par exemple.
Ensuite, j'aurais classé les observations, et la problématique aurait suivi… ou pas !
La problématique se dégage de l'étude, elle sert de fil conducteur au commentaire… quand on est parvenu à en dégager une ! Ce qui ne se produit pas toujours. dans mes travaux personnels il m'est arrivé de ne trouver de problématique qu'en cours de rédaction.
En tous cas, les problématiques ne se préconisent pas d'entrée de jeu : tant qu'on n'a pas exploré un texte, il est difficile d'en dégager une contradiction ou de relever
l'anomalie significative.