Apollinaire, La colombe poignardée et le jet d’eau

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'ai besoin d'aide car dans la colombe poignardée et le jet d'eau d'Apollinaire, il y a une anaphore dans la deuxième strophe : 'Ou sont ..'
Je dois chercher l'effet produit sur le lecteur mais je n'y arrive pas hormis que ca insiste sur le fait que la guerre est meurtrière mais je l'ai déjà mentionné
Pourriez vous m'aider ?
Merci 😉

Voici le poème réecrit car c'est un calligramme :
Tous les souvenirs de naguère
O mes amis partis en guerre
Jaillissent vers le firmament
Et vos regards en l'eau dormant
Meurent mélancoliquement
Où sont-ils Braque et Max Jacob
Derain aux yeux gris comme l'aube
Où sont Raynal Billy Dalize
Dont les noms se mélancolisent
Comme des pas dans une église
Où est Cremnitz qui s'engagea
Peut-être sont-ils morts déjà
De souvenirs mon âme est pleine
Le jet d'eau pleure sur ma peine.

Ceux qui sont partis à la guerre
au Nord se battent maintenant
Le soir tombe O sanglante mer
Jardins où saignent abondamment
le laurier rose fleur guerrière.
1 Marie Laurencin, peintre et compagne du poète qu’elle abandonna à l’automne 1912
2 Braque : peintre, dessinateur et graveur français cubiste entre 1909 et 1911
3 Max Jacob : Poète français auteur notamment du Cornet à dés (1917)
4 Derain : Peintre, dessinateur et sculpteur français.
5Raynal, Billy et Dalize : trois amis d’Apollinaire avec lesquels il fonda avant la guerre la revue Les soirées de Paris.
Anaphore qui donne ce ton élégiaque à ce poème complexe. Evocation des amour perdus et des amis qu'il ne voit plus.
Je vous remercie de votre réponse ainsi que de la précision des noms de ses amis et leurs rôles.
Au-delà de l'évocation bien réelle de la guerre, il y a une sorte de complainte qui traverse le temps, qui touche encore et qui n'est pas sans rappeler Rutebeuf :
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
je pense que je vais dire a la fin de mon oral que l'on peut relier cette oeuvre à celle de Rutebeuf qui également, évoque ses amis perdus. Cela vous semble t-il cohérent ?
… en précisant que tout l'art d'Apollinaire consiste aussi à "revisiter" le thème et à le moderniser dans le fond et la forme.
Il ne me semble pas qu 'Apollinaire revisite Rutebeuf : Rutebeuf déplore la trahison de ses amis qui fuient sa pauvreté, Apollinaire, en pleine guerre, fait l'appel des amis partis en guerre dont il est sans nouvelles.
Il ne "revisite pas Rutebeuf", mais en attendant, même si le contexte n'est pas le même, le thème ressemble quand même. Je ne te trouve pas incohérent chatminou.
Bonjour, j'étudie le calligramme d'Apollinaire, dans le premier vers de la seconde strophe, il y a "Tous les souvenirs de naguère". j'ai cherché la définition du mot naguère qui signifie d'après Larousse :
→Littéraire. Il y a peu de temps, récemment.
→Familier. Il y a longtemps, jadis (emploi critiqué).

Je pense que la définition qui correspond est la première mais je ne suis pas certaine .. en raison qu'Apollinaire évoque la guerre notamment ses amis partis servir donc la seconde définition peut correspondre.
Pourriez vous me donner votre avis ?
merci,

Claire
Calligrammes a été publié en 1918. C'est donc bien du passé récent.
Bonjours à tous, j'ai un commentaire à faire sur La colombe poignardée et le Jet d'Eau de Apollinaire. Ainsi je préfère faire d'abord un commentaire linéaire et ensuite classer et regrouper les thèmes pour former un plan. Cependant, il y a quelques vers que je comprends vraiment pas et je ne vois pas ce que l'auteur veut nous faire comprendre. Je vous ai mis en rouge.
Douces figures poignardées chères lèvres fleuries
Mya Mareye
Yette et Lorie
Annie et toi Marie
Où êtes-vous ô jeunes filles
Mais près d'un jet d'eau qui pleure et qui prie
Cette colombe s'extasie
Tous les souvenirs de naguère
O mes amis partis en guerre
Jaillissent vers le firmament
Et vos regards en l'eau dormant
Meurent mélancoliquement
Où sont-ils Braque et Max Jacob
Derain aux yeux gris comme l'aube
Où sont Raynal Billy Dalize
Dont les noms se mélancolisent
Comme des pas dans une église

Où est Cremnitz qui s'engagea
Peut-être sont-ils morts déjà
De souvenirs mon âme est pleine
Le jet d'eau pleure sur ma peine.
Ceux qui sont partis à la guerre
au Nord se battent maintenant
Le soir tombe Ô sanglante mer
Jardins où saignent abondamment
le laurier rose fleur guerrière.
j'ai fait des recherches et je sais maintenant que le laurier rose est une fleur très toxique , je pense que c'est peut métaphorique mais pour désigner quoi je ne sais pas..

Voilà merci beaucoup !! 🙂
Ce n'est pas bien difficile…
et bien aidez moi alors 🙂
Et vos regards en l'eau dormant :
Les regards des amis auxquels le "moi" s'adresse dans ce seul vers se figent définitivement dans l'eau du bassin qui est l'image du souvenir (et du rêve).

Dont les noms se mélancolisent
Comme des pas dans une église

= dont les noms se changent en mélancolie quand je les dis : ils s'égrènent sonores et solitaires dans le silence de ma mémoire (comme des pas résonnent dans une église : on n'entend qu'eux et ils sont tristes et monotones)
Est-ce que pour l' analyse sur l'eau dormant on peut la mettre en relation avec "Jaillissent vers le firmament" car c'est un peu antithétique l'eau (en bas) et le firmament (en haut). Ce sont bien ses camarades qui jaillissent vers le firmament ?
Oui, bien sûr, et leur souvenir reste.
C'est un thème récurrent chez Apollinaire.

Si cela peut vous aider, voici un fragment d'un poème de René Dalize, mort au combat en 1917 (Ballade à tibias rompus) :
Hermann, Dorothée, ô Minna, ô Werther,

Que maudit le minnenwerfer!

Peu me chaut manquer d'une fesse.

J'ai du coup perdu la sagesse…

Voici bien le grand œil lumineux étoilé,

Et mon œil rebelle va du mauvais côté.

Je me souviens, ah oui! je me souviens.

Elle était, ma fiancée, des bords du Rhin…
Super je vais l'inclure dans mon ouverture , merci 🙂
Par contre je n'ai pas compris pourquoi Apollinaire compare les yeux gris de Derain à l'aube :/ Je pense que l'aube pourrait connoter quelque chose, peut être le renouveau (mais alors pourquoi les comparer aux yeux de Derain) ce qui contraste alors avec "le soir tombe".
Non, il n'y a pas de renouveau ici ; le jet d'eau lui-même jaillit pour retomber aussitôt (comme les obus, gare à la mort !)…
L'aube n'apporte rien de nouveau justement, elle est grise. L'image est bien plus vigoureuse que si le poète eût écrit "gris comme le soir".
J'ai bien assimiler le jaillissement assimilé au obus mais je ne comprend toujours pas pourquoi l'auteur assimile les yeux gris à l'aube (l'aube c'est rouge/oranger) . Le gris n'étant pas une couleur vive , le gris peut peut-être traduire l'angoisse ou l'accablement de sa situation ??
Je vous ai répondu. Vous êtes trop rationnel(le). Savez-vous qu'en poésiee le soleil peut être noir ?
Et attention aux interprétations qui figent le sens en prétendant le traduire. Je n'aurais pas dû vous parler des obus.
Pour le reste, il faut admettre qu'une aube soit grise ; désolé, mais c'est comme cela, et c'est la VÉRITÉ.
Il faut toujours faire confiance aux poètes.