Comment écrire une fable ?
35 réponses · Page 1 / 2
Bonjour à tous,
Je suis une élève de seconde et notre professeur de français nous a demandé d'écrire une fable par rapport à une morale déjà donnée. La morale est "mieux vaut être seul que mal accompagné". Pour commencer cette fable j'ai décidé de prendre comme animal l'âne et le singe et j'ai fait la fable mais je ne suis pas sûre d'être dans le sujet.
Pouvez-vous me donner votre avis ? Et m'expliquer les méthodes pour construire une fable ?
Voici ma fable :
Un âne dans un pré,
Si triste déprimait.
Pour lui tenir compagnie
un paysan mit un singe dans son pré
l'âne s'entendait à merveille avec le singe
Il allait beaucoup mieux.
Mais le temps passa le singe grandissait
pendant l'âne lui vieillissait
Il n'avait plus d'énergie pour jouer
Mais le singe lui était plus excité que jamais
le singe sautait gesticulait courrait en entraînant le pauvre âne.
Si bien qu'un jour l'âne ne répondit plus, ne se leva plus jamais.
L'âne aurait peut-être dû rester seul
car le singe avec le temps avait eu raison de lui.
Merci de me faire part de vos suggestions.
heu… c'est toi qui l'as fait?
et une petite suggestion invente aussi une morale 😉 😉
Ça ne me paraît pas très bon car l’âne meurt simplement de vieillesse d’après ce que vous décrivez.
Vous devriez chercher autre chose où le fait d’être accompagné par un importun crée un vrai préjudice.
En plus, la fin de la fable doit contenir la morale par une courte phrase qui fait défaut ici, pas forcément exprimée de la même façon que dans l’énoncé.
À bientôt
Gilles
Non cette Fable est bien faite car il y a vraiment préjudice pour l'âne ; il ne meurt pas de vieillesse mais de fatigue à cause du singe qui l'entraîne sans cesse à jouer avec lui
Kimaz, il faut simplement ajouter à la fin
Moralité : il vaut mieux être seul que mal accompagné
Je te réécris si tu permets
Un âne dans un pré,
Si triste déprimait.
Pour lui tenir compagnie
le paysan mit un singe avec lui
l'âne et le singe à merveille s'entendaient
Mais le temps passa le singe grandissait
l'âne lui vieillissait
Il n'avait plus d'énergie pour jouer
le singe était plus excité que jamais
il sautait gesticulait courait
en entraînant le pauvre âne à jouer
Si bien qu'épuisé
un jour l'âne ne put plus se lever
Moralité
Mieux vaut être seul que mal accompagné
Non cette Fable est bien faite car il y a vraiment préjudice pour l'âne ; il ne meurt pas de vieillesse mais de fatigue à cause du singe qui l'entraîne sans cesse à jouer avec lui
Mais il écrit lui-même « l’âne vieillissait », la vieillesse est donc aussi cause de la mort. Et si l’âne est déjà très vieux, la mort est malgré tout un préjudice moindre. À partir du moment où la vieillesse participe au préjudice, l’importun n’en porte pas seul la responsabilité.
Faites comme vous l’entendez, je vous souhaite bonne chance, mais je maintiens que cette fable telle qu’elle est conçue est peu claire d’autant que quand on dit qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné, on parle plutôt d’un moment précis qui ne dure pas. Ici, la relation s’inscrit dans le temps, ce n’est pas forcément ainsi que ce proverbe est cité. D’ailleurs le verbe accompagner n’implique aucunement la durée.
Bon, ce n’est que mon avis, j’espère que vous aurez une bonne note malgré tout.
À bientôt
Gilles
Gilles
Kimaz est élève en seconde ! on ne lui demande pas encore un niveau bac et je trouve ce qu'il a fait bien écrit (d'autant qu'il n'y a pas de fautes d'ortho et peu de syntaxe) Je ne doute pas que ce sera mieux la prochaine fois, continue Kimaz et surtout tiens compte des critiques de ton prof pour t'améliorer 🙂
De plus, il a eu une idée j'espère perso, et c'est éminemment respectable
"Il vaut mieux être seul que mal accompagné" pas d'accord avec vous, c'est une phrase qu'on entend souvent dire après une rupture amoureuse, et l'histoire d'amour peut durer un certain temps
Je ne vois pas en quoi le verbe accompagner ne s'inscrit pas dans la durée ; quand on dit "mon compagnon, ma compagne" il s'agit bien des personnes qui vous accompagnent dans la vie.
C’est vrai que c’est déjà très bien, je ne le nie pas.
Le participe passé « accompagné » ne peut pas se comparer au nom « compagnon » même si ces mots ont la même racine.
Dans la vie ordinaire, ce verbe indique plutôt quelque chose de rapide : « je vais faire une course. Tu m’accompagnes ? ».
Si le verbe accompagner doit s’inscrire dans la durée, il est alors « accompagné », c’est risible à dire, d’un complément du genre « tout au long de ces années » ou autre expression exprimant une durée assez longue.
Ce qui m faisait dire que l’action devait être assez rapide est que l’expression « mal accompagné » se trouve sans complément, j’éprouve ainsi le sentiment (mais c’est personnel) d’un laps de temps réduit. Et de fait, c’est au moment même où l’individu n’est pas accompagné qu’on le lui fait observer.
On cite d’ailleurs ce proverbe en général quand précisément on est seul. Par exemple, un ami vous rencontre seul dans un café et vous dit « tu es tout seul ? » et là, vous répondez « il faut mieux être seul que mal accompagné ! » à seule fin de justifier votre solitude. Il y a donc presque un contresens à créer une fable où un être est mal accompagné pour conclure qu’il est mal accompagné ! Plus logique eût été l’expression d’une ou plusieurs expériences négatives avec autrui à la suite desquelles le héros décide d’agir seul pour réussir quelque chose. Là, la conclusion prend tout son sens et c’est précisément quand il n’est pas accompagné que la phrase prend tout son sens.
De plus, dans cette fable, rien n’indique ce qui se serait passé si l’âne avait été seul, rien ne permet de dire qu’il ne serait pas mort par exemple de solitude et d’ennui. Car il en est beaucoup pour penser a contrario qu’il vaut mieux être mal accompagné que pas accompagné du tout !
Cet exercice est très intéressant et effectivement, un professeur jugera plutôt la bonne expression et l’absence de fautes de français que le fond tel que je le fais ici avec bienveillance.
À bientôt
Gilles
Accompagner peut être dans la durée, par exemple on dira d'un médecin qu'il accompagne son patient dans une maladie de longue durée
Et si je dis perso "la poésie m'a accompagnée depuis que j'ai dix ans" c'est une compagnie de longue haleine !
Nous sommes bien d’accord mais dans les exemples que vous donnez, le verbe est accompagné de compléments.
Il y a une différence entre employer un verbe avec complément et employer un verbe sans complément. Il est évident qu’avec complément, le verbe accompagner peut s’inscrire dans la durée, il suffit que ce complément le dise.
Mais utilisé sans complément, dans la vie ordinaire, la durée est brève par défaut : « je vais faire des courses. Tu m’accompagnes ? » (verbe sans complément).
Et je faisais cette distinction car dans l’expression du proverbe, le participe était utilisé sans complément.
Pour le reste, nous sommes bien d’accord, je ne cherche aucun troll mais simplement à donner des idées à cet élève. Même si le niveau est un peu plus élevé que prévu, il pourra peut-être tirer bénéfice de cette manière de voir.
À bientôt
Gilles
Gilles
Si je dis à quelqu'un "je vais faire un long voyage. Tu m'accompagnes" ? on a la même idée dans la durée
Si vous voulez mais votre exemple est moins pertinent car il n’arrive pas dans la vie courante alors que le mien est très fréquent.
La raison en est qu’on peut se déterminer immédiatement sur quelque chose de rapide mais il est peu probable que quelqu’un dise la phrase que vous inventez précisément parce qu’elle implique une durée.
Tout cela est très intuitif, j’en conviens, en cherchant bien je ne doute pas que vous finissiez par trouver un exemple crédible.
À bientôt
Gilles
Moi je l'aime bien la fable de Kamaz… L'âne est mort de désespoir (et pas de vieillesse…) parce que ce n'était pas un compagnon qu'il a eu. Un compagnon, c'est un ami, même de passage, même bref, c'est la définition de compagnon : partager son pain avec…
Le singe, dans cette fable, s'est servi de l'âne comme d'un miroir : "Regarde comme je suis drôle !" ; "Regarde comme je fais de belles cabrioles !" Il ramène tout à lui… il ne pense qu'à lui… "Suis-moi !" ; "Viens à mon rythme !" "Ton rythme?: connais pas ! vois pas !" Qu'a-t-il donné à l'âne ? RIEN !!!
Quand Léah parle de son rapport à la poésie, elle veut sans doute dire que la poésie lui a apporté autant qu'elle apporte à la poésie (elle se "donne" (vrai don) sur des sites).
Ce n'est pas un rapport de durée : quelquefois, une "chose", un mot gentil, une action bonne, mais brève, enrichit toute une vie, et c'est inoubliable…
Qui donne VRAIMENT ?
Ah oui… par exemple il y en a ici… ils donnent… pas souvent de merci… mais ils donnent, et ils continuent à donner… totalement gratuitement… (quelle gloire en tireraient-ils, certains ? ).
Je ne vois pas trop à quoi cela va te servir ce que je dis, mais j'avais envie de le dire…
Muriel
Gilles
Dans la vie courante on dit aussi "je vais faire une journée shopping. Tu m'accompagnes ?" C'est déjà plus long qu'une course
Ou "je pars en WE Tu m'accompagnes"
Etc………..
Il y a bien complément, le verbe accompagner signifie toujours "avec quelqu'un". C'est un verbe me semble-t-il strictement transitif
Donc si je dis qu'un médecin accompagne un patient, il l'accompagne, votre objection selon laquelle il y a un complèment n'est pas valable.
Il me semble que demander à quelqu'un de vous accompagner dans un voyage c'est bien avec l'idée que ce n'est pas pour quelques instants !
Merci Muriel, oui la poésie donne et simplement……. j'essaie de lui donner aussi !
Un exemple dans la Correspondance de Flaubert
L'étudiant allemand a rencontré sa compatriote à Marseille, il l'accompagne et la protège.
Un autre (Roger Martin du Gard)
Être sorti premier d'une grande école , reprit M. Thibault, tu peux le demander à ton frère, cela vous accompagne pendant toute la vie : partout où l'on se présente ensuite, on est sûr d'être considéré.
« cela vous accompagne pendant toute la vie » : pendant toute la vie complète le verbe accompagner.
À quoi me sert de discuter avec vous puisque répétant que je parle de ce verbe seul sans complément vous ne cessez de donner des exemples avec complément ? Et je parle de ce verbe seul sans complément parce qu’il est sans complément dans l’adage cité.
D’autant que vos exemples sont peu crédibles dans la vie ordinaire. « je vais faire une journée shopping. Tu m'accompagnes » est très peu concevable même si c’est possible.
Cela dit, je veux bien admettre que c’est une sensation personnelle que j’ai par rapport à ce verbe. J’ai effectivement le sentiment qu’il est en relation avec une idée unique : « je vais chercher des cigarettes ? Tu m’accompagnes ? » ici l’idée est unique et assez simple, par opposition à « faire du shopping » qui implique quelque chose de plus confus. D’ailleurs, on retrouve cette idée dans le verbe connexe raccompagner e.g. deux écoliers dont l’un raccompagne l’autre pour rentrer chez lui (comme dans le Tonio Kröger de Thomas Mann) qui enveloppe un moment précis et clair.
Rompons-là, chère animatrice, je ne cherche aucun troll d’autant que je suis très nouveau sur ce site qui a l’air, ma foi, très intéressant et très précieux pour les élèves.
A bientôt
Gilles
L'idée d'accompagnement ne porte pas sur "acheter des cigarettes" (bref et précis) ou sur "faire du shopping" (vague et indéterminé dans le temps). L'accompagnement porte sur l'autre ou les autres personnes (ou choses) à qui ou de qui l'on parle (un couple ou un groupe lié par un but, un lien commun se forme, peu importe la durée).
Si je dis : "Mon âme m'accompagne." (sans complément précisant la durée), à priori, c'est pour longtemps… voire très longtemps selon les croyances de chacun…
Muriel
Oui Gilles, il s'agit là de connotations personnelles que vous attachez à ce mot ; d'autres y mettent d'autres connotations
Pour les croyants l'ange gardien les accompagne fidèlement tout au long de leur vie et peut-être même après………….
Tout au long de leur vie comme vous dites.
J'admire que vous m'ayez compris et sans cesse donner des exemples sans complément.
On parle d'un verbe sans complément et vous donnez des exemples sans complément et ce, parce que vous comprenez bien la conversation.
Allez, encore un petit exemple car je sens que voulez avoir le dernier mot.
À bientôt
Gilles
Un p'tit dernier pour la route :
"Léah… n'accompagnons plus…" (aucun complément !).