"Privé de lecture, je serais réduit à n’être que ce que je suis" (Pontalis)

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Hello tout le monde.
Je suis actuellement en dernière année du gymnase en Suisse. Et un des sujets à examen c'est la dissertation générale ou littéraire. Et afin de préparer les examens je fais une dissertation générale sur " Privé de lecture, je serais réduit à n'être que ce que je suis " de Pontalis.
J'ai déjà beaucoup réfléchi sur le sujet et j'ai déjà un premier jet mais je suis encore à la recherche d'autres arguments. Je ne vous demande pas de me rédiger une dissertation, je veux seulement(si possible) de nouvelles idées pour poursuivre mon travail.
Donc pour moi cet énoncé veut dire qu'on peut devenir autrui par la lecture, rencontrer, imaginer …
J'ai aussi mentionner que la lecture est un véhicule du savoir. Mais comme danger, par exemple il y a bovarysme.
Mais maintenant j'ai l'impression que je tourne en rond. Je ne sais plus quoi aborder, donc si un de vous à une petite idée je serais fortement reconnaissant.
Ce sujet est une variante de : Que nous apporte la lecture ?
- Une évasion (d'autres lieux, d'autres temps, d'autres vies)
- Une connaissance de l'homme
- Une connaissance de soi
- La découverte d'autres univers avec les auteurs
- Des interrogations
…/…
J'ai pris l'habitude, à tout instant, en dehors des lectures suivies, de tirer un livre au hasard pour une demi-heure de loisir, et de lire, d'entrer en contact avec un esprit du passé, ne fût-ce qu'un instant. J'ai vécu dans le commerce quotidien d'une élite de penseurs qui ont eu une vie autre que la mienne, d'autres formations, d'autres goûts, d'autres tendances, d'autres parti pris, d'autres vérités.
La multiplicité de ces lectures m'a assoupli l'esprit. A leur donner raison tour à tour, parce que je comprenais leurs points de vue, j'ai gagné une extraordinaire tolérance, j'ai perdu certaines assurances d'ignorant, j'ai beaucoup compris et j'ai jugé de tout avec plus d'impartialité.

Roger Martin du Gard
Tu connais sans doute ce texte ?
A qui la faute ?

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire
Merci beaucoup. A partir de ton aide, je vais continuer ma réflexion. 🙂