François Maynard, La belle vieille

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir, je suis en classe d'hypokhâgne Lettres supérieurs et j'ai besoin d'aide concernant ma colle de Français du 21 Mai prochain. C'est un poème de Maynard (auteur inconnu pour ma part dont je n'avais jamais entendu parlé) concernant son poème « La Belle vieille ». J'ai essayé d’entamer des recherches sur Internet et livres mais peu d'informations sont disponibles tant sur l'auteur que son œuvre. Donc des aides d'hypothèses de lectures seraient les bienvenues pour étayer mon travail.
Merci d'avance🙂
François Maynard (1582-1646) « La belle Vieille »

Cloris, que dans mon temps j'ai si longtemps servie
Et que ma passion montre à tout l'univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?

N'oppose plus ton deuil au bonheur où j'aspire.
Ton visage est-il fait pour demeurer voilé ?
Sors de ta nuit funèbre, et permets que j'admire
Les divines clartés des yeux qui m'ont brûlé.

Où s'enfuit ta prudence acquise et naturelle ?
Qu'est-ce que ton esprit a fait de sa vigueur ?
La folle vanité de paraître fidèle
Aux cendres d'un jaloux, m'expose à ta rigueur.

Eusses-tu fait le voeu d'un éternel veuvage
Pour l'honneur du mari que ton lit a perdu
Et trouvé des Césars dans ton haut parentage,
Ton amour est un bien qui m'est justement dû.

Qu'on a vu revenir de malheurs et de joies,
Qu'on a vu trébucher de peuples et de rois,
Qu'on a pleuré d'Hectors, qu'on a brûlé de Troies
Depuis que mon courage a fléchi sous tes lois !

Ce n'est pas d'aujourd'hui que je suis ta conquête,
Huit lustres ont suivi le jour que tu me pris,
Et j'ai fidèlement aimé ta belle tête
Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris.

C'est de tes jeunes yeux que mon ardeur est née ;
C'est de leurs premiers traits que je fus abattu ;
Mais tant que tu brûlas du flambeau d'hyménée,
Mon amour se cacha pour plaire à ta vertu.

Je sais de quel respect il faut que je t'honore
Et mes ressentiments ne l'ont pas violé.
Si quelquefois j'ai dit le soin qui me dévore,
C'est à des confidents qui n'ont jamais parlé.

Pour adoucir l'aigreur des peines que j'endure
Je me plains aux rochers et demande conseil
A ces vieilles forêts dont l'épaisse verdure
Fait de si belles nuits en dépit du soleil.

L'âme pleine d'amour et de mélancolie
Et couché sur des fleurs et sous des orangers,
J'ai montré ma blessure aux deux mers d'Italie
Et fait dire ton nom aux échos étrangers.

Ce fleuve impérieux à qui tout fit hommage
Et dont Neptune même endure le mépris,
A su qu'en mon esprit j'adorais ton image
Au lieu de chercher Rome en ses vastes débris.

Cloris, la passion que mon coeur t'a jurée
Ne trouve point d'exemple aux siècles les plus vieux.
Amour et la nature admirent la durée
Du feu de mes désirs et du feu de tes yeux.

La beauté qui te suit depuis ton premier âge
Au déclin de tes jours ne veut pas te laisser,
Et le temps, orgueilleux d'avoir fait ton visage,
En conserve l'éclat et craint de l'effacer.

Regarde sans frayeur la fin de toutes choses,
Consulte le miroir avec des yeux contents.
On ne voit point tomber ni tes lys, ni tes roses,
Et l'hiver de ta vie est ton second printemps.



Introduction :
L'épopée et la tragédie mises à part, la grande poésie, pour Ronsard, ainsi que pour ses amis et ses successeurs, trouve ses modèles dans l'Ode, telle que l'ont pratiquée les Anciens. Dans la littérature grecque, une ode, du grec ωδή (chant), est un poème lyrique en strophes, accompagné de musique. Par extension, une ode est un poème célébrant un personnage ou événement. Une ode peut aussi être triste, relatant un amour perdu ou un simple désespoir face à un monde en détresse. Ce style poétique s'impose en France avec Ronsard. Sa longueur est laissée à la discrétion de l'auteur, qui peut augmenter ou réduire autant qu'il lui plaît la dimension de ses poèmes.
C'est de cette forme d'ode, bientôt séparée du chant, que nous pouvons suivre les traces brillantes pendant tout le xviie siècle. On l'alourdit par l'emploi exclusif de grands vers, soit décasyllabes, soit
Parmi les poètes de la première moitié du XVIIe siècle, François Maynard tient une belle place. Cette époque fut la plus féconde en poètes que connut la France. Ils sont tous dominés ou par l'abondance lyrique de Ronsard ou par Malherbe, mais leur gloire demeure indépendante de celle de leurs maîtres. Le maître de Maynard fut Malherbe. Il l'admira mais fut en certaine exception supérieur quand on voit en lui une mélancolie tendre et harmonieuse, à laquelle n'arriva jamais le poète normand. Tous deux furent grands amis et vécurent pareillement dans un libertinage effréné. Il n'y paraît pas dans les vers de Malherbe ; il y paraît beaucoup dans ceux de Maynard. C'est ce thème du libertinage et de l'amour de la femme aimée qui est traité dans ce poème « La Belle vieille ». Ce poème peut être placée dans la catégorie de poésie lyrique car il aborde des émotions et des sentiments liés à l’existence : les thèmes récurrents sont l’amour, la mort, la nature.Le poète évoque alors ce qu’il ressent, mais aussi ce que peuvent ressentir tous les hommes. Le lyrisme exprime toujours une émotion, un bouleversement de la sensibilité.

Maynard garda en son cœur et toute sa vie une passion secrète pour une certaine Clovis, qui joua dans sa vie de poète le plus beau des rôles, puisqu'elle lui inspira ce poème admirable, la Belle Vieille.



Les premières impressions :
Un de mes camarades de classe a lu le poème par curiosité et l'a qualifié de mièvre. Partagez-vous cet avis ?
Les réflexions de ma première lecture :
Référence à la mythologie antique gréco-romaine (Inspiration Renaissance – Ronsard ?)
Poème de la plante, de la mélancolie, de l'amour, célébration de la femme aimée.
Poème personnel et intime entre deux êtres
Champs lexicaux de la vie, mort, beauté, corps (tant physique que mental), des saisons, de la nture.
Une femme qui semble morale : « ta prudence », « rigueur » « vertu » « je sais de quel respect il faut que je t'honore »
Un poète amoureux de Clovis mais qui souffre face à cette aimée. On a l'impression que du regret est mis en avant dans la bouche de l'auteur.
Sentiment d'abondance par rapport à la qualité de l'écriture, c'est-à-dire un poème très pur, travaillé et harmonieux.
Relation amoureuse qui n'est pas nouvelle, qui a déjà été consommé depuis plusieurs années voire décennies et dont le contenu est très intense.
Un amour paradoxal et antithétique : « sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris », « n'oppose plus ton deuil au bonheur où j'aspire », « les divines clart »s des yeux qui m'ont brîulé » // « C'est de tes jeunes yeux que mon ardeur est née », « Et que ma passion montre à tout l'univers […] C'est à des confidents qui n'ont jamais parlé. »
Il semble que Maynard aime toujours cette femme d'un amour fou mais qu'il préféré Clvis plus jeune « Où s'enfuit ta prudence acquise et naturelle ? Qu'est-ce que ton esprit a fait de sa vigeur ? […] C'est de tes jeunes yeux que mon ardeur est née/ C'est de leurs premiers traits que je fus abattu »
Poème d'une beauté esthétique indéniable mais qui sonne sans doute faux ou/et trop gros pour notre époque. Une sorte d'amour hyperbolique : « Cloris, la passion que mon coeur t'a jurée
Ne trouve point d'exemple aux siècles les plus vieux. Amour et la nature admirent la durée/Du feu de mes désirs et du feu de tes yeux. La beauté qui te suit depuis ton premier âge/Au déclin de tes jours ne veut pas te laisser,/Et le temps, orgueilleux d'avoir fait ton visage,/En conserve l'éclat et craint de l'effacer. »
Un de mes camarades de classe a lu le poème par curiosité et l'a qualifié de mièvre. Partagez-vous cet avis ?
Je crois que l'on pourrait également lire ce poème en le rattachant à la sensibilité baroque. (antithèses nombreuses, instabilité, aspect tourmenté des sentiments exprimés)
Bonsoir.
Un poète amoureux de Clovis
Ne confonds pas la dame appelée Cloris avec Clovis le roi des Francs, cela risque de faire rire ton professeur… 🙂
Oui c'est vrai Jehan 🙂
Suggestion …

https://www.remydegourmont.org/vupar/rub2/maynard/notice.htm

Une ode entre genre convenu et sincérité.


Ce que le poème dit d'elle …
Un portrait élogieux
Une atmosphère de recluse
Ses pouvoirs supposés

Ce que le poème dit de lui …
Le lyrisme
Les références pour convaincre
Des procédés pour persuader (Apostrophe, anaphore, images du feu, antithèse, interrogations …)

Ce que le poème dit de l'époque …
L'ombre de Ronsard
Le baroque
Un genre, un registre
Merci Floreale mais est-ce que tu pourrais être un peu plus précis dans tes énoncés parce que ça reste encore vague. ? Je vais travailler sur ça de mon côté.

Que pensez-vous de ces premières analyses ? J'ai besoin d'aide dans le fait de "cerner" ce texte dans le registre de la poésie : c'est-à-dire qu'il semble judicieux de ne pas séparer la forme et le fond et de toujours montrer que c'est de la poésie. Mais je ne crois pas ce soit le cas. Je veux dire par là trouvez des procédés typiques de la poésie.

Analyse du 1er strophe :
Cloris, que dans mon temps j'ai si longtemps servie
Et que ma passion montre à tout l'univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?


Le poème débute sur une interpellation du poète pour la femme qu'il aime. Dès le début, nous avons l'information du nom de sa bien aimée à savoir Cloris (v.1). C'est le processus de l'apostrophe qui est utilisé par Maynard.

1er paradoxe qui apparaît : à première vue c'est un poème personnel et intime entre deux êtres : l'utilisation de la 1ère personne du singulier « dans mon temps » (v.1), « ma passion » (v.2), « le destin de ma vie » (v.3) et de la 2ème personne du singulier « Ne veux-tu pas » (v.3) nous le prouve. Mais le poète semble ne pas vouloir se cacher et veut exposer son amour au grand jour « montre à tout l'univers » (v.2)

Analyse du 2ème strophe :
N'oppose plus ton deuil au bonheur où j'aspire.
Ton visage est-il fait pour demeurer voilé ?
Sors de ta nuit funèbre, et permets que j'admire
Les divines clartés des yeux qui m'ont brûlé.


La première description que nous livre l'auteur est peu flamboyante car on apprend que Cloris est vieille. Ceci nous est montré par le champ lexical de la vieillesse : « N'oppose plus ton deuil » (v.5), « demeurer voilé » c'est-à-dire un visage sombre, terne, atténué. (v.6) et «ta nuit funèbre » (v.7)
Pourtant Maynard sait pertinemment que la beauté de la femme qu'il a aimé dans le passé n'a pas pu disparaître et il pense toujours que sa belle nature est encore présente. Il ordonne un changement par l'usage de l'impératif « Sors » (v.7). De ce fait, il pourra admirer sa bien aimée « les divines clartés des yeux qui m'ont brûlé. » (v.8).
I. Un portrait élogieux :
Il n'est pas bien difficile de retrouver les attributs physiques et les traits du caractère loués par le poète même s'il retrace le parcours de sa beauté de la jeunesse à la vieillesse.


II. Une atmosphère pour une recluse
Relève le lexique et classe en champs lexicaux : deuil, visage voilé, nuit funèbre, cendres d'un époux, vœu d'un éternel veuvage …

III. Ses pouvoirs supposés :
changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?


Ton amour est un bien

je suis ta conquête,
Huit lustres ont suivi le jour que tu me pris
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