Dom Carlos et autres nouvelles françaises du XVIIe siècle, Aronde

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous.

J'aurai besoin d'un "coup de pouce" pour me permettre d'avancer dans mon devoir de littérature.

Je travail actuellement sur le livre "Dom Carlos et les nouvelles du XVIIeme", et plus particulierement sur la nouvelle "Aronde".

Je me dois de faire un travail sur "la définition de l'amour telle qu'elle se degage dans Aronde". Autrement dit, comment l'auteur présente-t-il le sentiment amoureux".

J'ai bien compris, qu'il y avait un jeu de galanterie, par les sonnets, et par la description des personnages qui est faites par Segrais mais y'a t'il d'autres axes que je pourrais suivre?

Merci d'avance de vos réponses

Lien vers l'extrait "Aronde ou les amants déguisés"
https://books.google.fr/books?id=0eIFAAAAQAAJ&pg=PA179&lpg=PA179&dq=aronde+cinquieme+nouvelle+jean+de+segrais&source=bl&ots=t4HcY4xGSB&sig=sUIfngMgYFBPysF3XItSzE4uJ0g&hl=fr&sa=X&ei=yCcWU_WtGKG1yAOOwoGYBg&ved=0CEwQ6AEwBA#v=onepage&q=aronde%20cinquieme%20nouvelle%20jean%20de%20segrais&f=false
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Jean-Regnault de Segrais (1624-1701), ce "bon Segrais" comme l'appelle un critique du XIXe siècle, ami de Scarron, proche de Mme de Lafayette, directeur général de l'Académie Française en 1675, dut, à l'époque, l'essentiel de sa gloire à ses poésies et ses traductions de Virgile (son nom apparaît encore dans La Légende des siècles de Hugo). De nos jours, il n'est plus cité dans les histoires littéraires que pour sa collaboration à Zayde, histoire espagnole (1670) de Mme de Lafayette - l'oeuvre ayant paru d'abord sous son nom, les histoires lui en attribuent tous… les défauts : interdit en France de dire du mal de l'auteur de La Princesse de Clèves !

Trente ans après Sorel et ses deux recueils de 1623 et 1642, Segrais, qui s'est essayé au roman sans succès avec Bérénice (1648), resté inachevé, publie en 1657 (Paris, Sommaville, 2 vol., 717 p., 700 p.) un recueil intitulé comme le premier de son prédécesseur Les Nouvelles françoises et placé comme le second dans un cadre : ou les divertissements de la princesse Aurélie (lors d'un séjour à la campagne, celle-ci et ses dames de compagnie se racontent des histoires, en se souvenant de L'Heptaméron : "Je me suis fais lire autres fois quelques-uns des contes de la Royne de Navarre.", Eugénie, p.36). Il est piquant de constater que le nom de Sorel ne se rencontre jamais sous sa plume : bel exemple de vanité littéraire ! Le recueil se compose de six textes qui racontent tous l'histoire des amours contrariées d'un couple d'amants : Eugénie, Honorine, Adélayde, Mathilde, Aronde, Floridon (dans les rééditions du XVIIIe siècle, les nouvelles seront sous-titrées : Eugénie, ou la force du destin, Adélayde, comtesse de Roussillon, ou l'amant constant, Honorine, ou la coquette punie, Mathilde ou l'heureuse reconnaissance, Aronde, ou les amans déguisés, Floridon, ou l'amour imprudent). Dans une histoire de la nouvelle française, le recueil représente une date importante, car s'y découvre la première définition du genre : "…il me semble que c'est la différence qu'il y a entre le Roman et la Nouvelle, que le Roman écrit les choses comme la bien séance le veut et à la manière du Poète, mais que la Nouvelle doit un peu davantage tenir de l'histoire et s'attacher plutost àd onner les images des choses comme d'ordinaire nous les voyons arriver, que comme notre imagination se les figure." (Eugénie, I, p.240-241). Si la définition est loin d'être satisfaisante pour un lecteur moderne (elle n'insiste pas sur le caractère de brièveté, ne dit mot d'une technique narrative spécifique), Segrais ne reste pas moins le premier à avoir opposé nouvelle et roman (Sorel, qui est surtout un romancier, s'opposait d'abord à la nouvelle des XVe et XVIe siècles). La lecture du recueil révèle l'écart qui sépare souvent la théorie de la pratique : le sujet de Floridon n'est pas français; dans Eugénie, Adélayde, Mathilde, contrairement à Honorine, Aronde, Floridon, règne le romanesque, celui des oeuvres longues du temps : enlèvements, déguisements, naufrages, interventions de pirates, etc. De plus, tout ce qui faisait le sel des grands romans précieux des Scudéryou autres se retrouve ici : écrivant pour une société mondaine qui ne s'intéresse qu'aux aventures vécues par des personnages de qualité, c'est-à-dire des princes, des nobles, passionnée de galanterie (il n'est que de se reporter aux portraits de la compagnie en ouverture du recueil), Segrais eut l'idée d'en introduire l'esprit dans ses nouvelles : la première rencontre entre les amants, les rencontres qui suivent, les tendres conversations qui en découlent, les divertissements de société auxquels ils participent, les circonstances de la déclaration de l'amant, etc.; le moindre incident est prétexte à introduire des vers, à détailler des billets, des lettres, etc. L'auteur se veut le porte-parole d'une société; à la différence de Sorel, il s'enferme dans les conventions littéraires de son temps. Relire Segrais, c'est pénétrer l'esprit d'une époque. Et il ouvre une voie pour la plupart de ses contemporains, un Préchac, un Boursault, une Mme de Villedieu…

Ouvrage à clé (elle se trouve en tête du premier volume) - un lecteur moderne n'en aura cure - Les Nouvelles françoises offre d'autres raisons, plus particulières, de relire Segrais. Passons sur Adélayde qui s'inspire de Voiture, sur Mathilde qui doit beaucoup à Plus d'effets que de paroles, une des Nouvelles oeuvres tragi-comiques (1655) de Scarron, pour signaler que Honorine, qui reprend le sujet des Trois amans de Sorel, annonce Le Misanthrope, et que Floridon est une source du Bajazet de Racine.
Et en écho …
Sur la carte de Tendre
de Jean Regnault de Segrais
[Poésie]

Estimez-vous cette carte nouvelle
Qui veut de Tendre apprendre le chemin ?
Pour adoucir une beauté cruelle
Je m’en servais encore ce matin.
Mais, croyez-moi, ce n’est que bagatelle.
Ces longs détours n’ont souvent point de fin,
Le grand chemin et le plus sûr de tous,
C’est par Bijoux.

Sur cette carte on marque un certain fleuve,
Le premier but d’un désir amoureux ;
Mais par Bijoux aisément il se treuve
Et c’est par là qu’il n’est point dangereux ;
Demandez-vous une plus forte preuve,
Pour faire voir que, de ce Tendre heureux,
Le grand chemin et le plus sûr de tous
C’est par Bijoux ?

Si quelquefois sur Estime on s’avance,
C’est quand on peut faire estimer ses dons,
Car Petits Soins ne vont qu’à Révérence,
Et Jolis Vers pris souvent pour chanson
Malaisément vont à Reconnaissance,
Mais bien plutôt aux Petites-Maisons ;
Le grand chemin et le plus court de tous,
C’est par Bijoux.

Oubliez donc cette trop longue route
Et retenez le chemin de Bijoux ;
Avec lui seul vous parviendrez sans doute
Et si d’abord Tendre ne s’offre à vous,
Séjournez-y quoique le séjour coûte ;
Tendre viendra jusques au rendez-vous ;
Le grand chemin et le plus sûr de tous,
C’est par Bijoux.
Merci d'avoir effectué ces recherches.

Apres lecture de celle-ci, je suis toujours aussi partagée.

En effet, dans cette lecture nous avons référence à la fin de celle-ci "Segrais eut l'idée d'en introduire l'esprit dans ses nouvelles : la première rencontre entre les amants, les rencontres qui suivent, les tendres conversations qui en découlent, les divertissements de société auxquels ils participent, les circonstances de la déclaration de l'amant, etc.; le moindre incident est prétexte à introduire des vers, à détailler des billets, des lettres"

Je ne trouve pas plus d'information à "comment l'auteur présente-t-il le sentiment amoureux".

J'ai pu trouver néanmoins des petits passages d'extraits dans cette lecture pour une jolie introduction bien formulée.

Merci