Bonjour à tous et à toutes,
J'ai une question de corpus à compléter pour un travail à rendre.
Une des questions de corpus est:
"
Comment ces monologues montrent-ils que le personnage tragique est pris au piège?"
Les monologues à analyser sont ceux-ci:
- Le premier se trouve dans la scène 2 de l'acte III. Cela commence par "Ô toi, qui vois la honte où je suis descendue" jusqu'à "Oenone! On me déteste; on ne t'écoute pas !"
- Le deuxième est dans la scène 6 de l'acte III. De "Où tendait ce discours qui m'a glacé d'effroi?" à "Mais que toute son pouvoir ne saurait ébranler."
- Le troisième: scène 3 de l'acte IV. De "Misérable, tu cours à ta perte infaillible !" à "Ai-je pu mettre au jour un enfant si coupable !"
- Le quatrième: scène 5 de l'acte IV. De "Il sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille !" à "Et je me chargerai du soin de le défendre !"
- Le dernier: scène 4 de l'acte V. De "Quelle est donc sa pensée, et que cache un discours (..)" à "Gardes, qu'Oenone sorte, et qu'elle vienne seule ici."
Je pensais mettre déjà avec le champ lexical (de la pitié, de la peur aussi,…), et le fait que les dieux soient nommés dans les monologues.
Je pensais aussi peut-être mettre la manière dont parlent les personnages, qui témoignent du fait qu'ils sont pris au piège.
Auriez-vous d'autres idées?
Merci d'avance.
FiguredeStyle36 ! (je suis en 2nde)
Bonjour,
Dans quel livre se situent ces textes ?
Ce n'est pas dans un livre, c'est dans la pièce de théâtre Phèdre et Hippolyte, de Jean Racine…
Ok 🙂
Je les met ici ça sera plus simple 😉
Acte III, scène 2
Phèdre
Ô toi , qui vois la honte où je suis descendue .
Implacable Vénus , suis-je assez confondue ?
Tu ne saurais plus loin pousser ta cruauté .
Ton triomphe parfais tout est traits ont porté .
Cruelle, si tu veux une gloire nouvelle ,
Attaque un ennemie qui te soit plus rebelle ,
Hippolyte te fuit ; et , bravant ton courroux,
Jamais à tes autels n'a fléchi ses genoux ;
Ton nom semble offenser ses superbes oreilles :
Déesse , venge-toi ; nos causes sont pareilles .
Qu'il aime … Mais déjà tu reviens sur tes pas ,
Oenone ! On me déteste ; on ne t'écoute pas ?
Acte III, scène 6
Hyppolyte
Où tendait ce discours qui m'a glacé d'effroi ?
Phèdre toujours en proie à sa fureur extrême
Veut-elle s'accuser et se perdre elle-même ?
Dieux ! Que dira le Roi ? Quel funeste poison
L'amour a répandu sur toute sa Maison !
Moi-même plein d'un feu que sa haine réprouve,
Quel il m'a vu jadis, et quel il me retrouve !
De noirs pressentiments viennent m'épouvanter.
Mais l'Innocence enfin n'a rien à redouter.
Allons, cherchons ailleurs par quelle heureuse adresse
Je pourrai de mon Père émouvoir la tendresse,
Et lui dire un amour qu'il peut vouloir troubler,
Mais que tout son pouvoir ne saurait ébranler.
Acte IV, scène 3
Thésée
Misérable, tu cours à ta perte infaillible.
Neptune par le Fleuve aux Dieux mêmes terrible
M'a donné sa parole, et va l'exécuter.
Un Dieu vengeur te suit, tu ne peux l'éviter.
Je t'aimais. Et je sens que malgré ton offense
Mes entrailles pour toi se troublent par avance.
Mais à te condamner tu m'as trop engagé.
Jamais Père en effet fut-il plus outragé ?
Justes Dieux, qui voyez la douleur qui m'accable,
Ai-je pu mettre au jour un enfant si coupable ?
Acte IV, scène 5
Phèdre
Il sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille ?
Quel feu mal étouffer dans mon cœur se réveille ?
Quel coup de foudre, ô Ciel ! Et quel funeste avis !
Je volais toute entière au secours de son Fils :
Et m'arrachant des bras d'Œnone épouvantée
Je cédais au remords dont j'étais tourmentée.
Qui sait même où m'allait porter ce repentir ?
Peut-être à m'accuser j'aurais pu consentir,
Peut-être, si la voix ne m'eût été coupée,
L'affreuse Vérité me serait échappée.
Hippolyte est sensible, et ne sent rien pour moi !
Aricie a son cœur ! Aricie a sa foi !
Ah, Dieux ! Lorsqu'à mes vœux l'Ingrat inexorable
S'armait d'un œil si fier, d'un front si redoutable,
Je pensais qu'à l'amour son cœur toujours fermé
Fût contre tout mon sexe également armé.
Une autre cependant a fléchi son audace.
Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grâce.
Peut-être a-t-il un cœur facile à s'attendrir.
Je suis le seul objet qu'il ne saurait souffrir.
Et je me chargerais du soin de le défendre ?
Acte V, scène 4
Thésée
Quelle est donc sa pensée ? Et que cache un discours
Commencé tant de fois, interrompu toujours ?
Veulent-ils m'éblouir par une feinte vaine ?
Sont-ils d'accord tous deux pour me mettre à la gêne ?
Mais moi-même, malgré ma sévère rigueur,
Quelle plaintive voix crie au fond de mon cœur ?
Une pitié secrète et m'afflige, et m'étonne.
Une seconde fois interrogeons Œnone.
Je veux de tout le crime être mieux éclairci.
Gardes. Qu'Œnone sorte et vienne seule ici.
Rebonjour à tous,
Je suis désolée pour mon inattention.
Oui, ces monologues se situent bien dans la pièce de Racine, Phèdre.
Quelqu'un aurait une idée pour la question?
Merci d'avance,
FiguredeStyle36.
J'ai trouvé cet article :
https://www.etudes-litteraires.com/genres-litteraires/tragedie-comedie
Vous pourrez peut-être y trouver des idées :
le registre (cherchez des champs lexicaux par exemple),
la supplication, etc…