Rebonjour, Thiebault,
Je ne me souvenais plus avoir fait la remarque.
Un circonstanciel ne doit-il pas être déplaçable et supprimable ?
Il le
peut.
Mais si j'écris :
J'emmène mes enfants à l'école, je vois mal comment analyser
l'école autrement que comme un complément de lieu. Quant à déplacer ce genre de complément, dans cet exemple précis, je craindrais de ressembler à Monsieur Jourdain. (
A l'école mes enfants j'emmène ? 🙂)
Parce que ces "tableaux" désignent un lieu ?
Gabiana : pourquoi ne serait-ce pas un COI puisqu'il ne peut pas être supprimé sans modifier le sens de la phrase ni déplacé ? C'est justement parce qu'il n'est pas mobile qu'il ne peut être un circonstanciel. 🙂
Jehan a écrit :"aux tableaux"
Disons, selon la nouvelle nomenclature, qu'il s'agit d'un complément essentiel de lieu.
Comme pour "Je vais à Paris"…
Du seul point de vue formel et non plus fonctionnel, il s'agit aussi d'un COI.
Le lieu où l'on va… Accusatif en latin, non ?
J'entends bien qu'il y a plusieurs datifs, au point de vue sémantique.
Mais tous les COI sont-ils pour autant des datifs ?
Le cas accusatif en latin signale le COD mais sert aussi à former la proposition subordonnée complétive infinitive. Le sujet de cette dernière est alors à l'accusatif et le verbe au mode infinitif.
En tout cas, je serais bien incapable de dire si le nom est sujet ou complément d'objet direct. Depuis mon brevet, ma connaissance en grammaire s'est détériorée…
Ex. :
- Dominus dicit servum hanc puellam amare.
Le maître dit que son esclave aime cette jeune fille.
On retrouve une ambiguïté similaire en allemand lorsque l'on exprime un déplacement ou lorsqu'un verbe est suivi d'une préposition entraînant le cas accusatif.
Lorsque l'on apprend les langues à cas, l'on lie tel cas à telle(s) fonction(s) alors que cette liaison n'est pas systématique.
Parce que ces "tableaux" désignent un lieu ?
Oui, un lieu métaphorique, bien sûr.
Compare :
Je mène le troupeau de l'étable (lieu de départ)
aux champs(lieu d'arrivée).
La filiation nous mène des textes("lieu" de départ)
aux tableaux ("lieu" d'arrivée).
Mhh, tu ne confonds pas la proposition infinitive avec la proposition complétive Prosopopée ?
Jehan : mais s'il ne peut pas être déplacé ni supprimé, il ne peut pas être circonstanciel.
De l'étable, je mène le troupeau aux champs.
De l'étable aux champs, je mène le troupeau.
Je mène le troupeau de l'étable aux champs.
Je mène le troupeau.
C'est véritablement un circonstanciel de lieu. Ces manipulations sont impossibles avec la phrase "La filiation nous mène des textes aux tableaux."
Gabiana : donc, COI ou circonstanciel de lieu ?
Thiébault, veux-tu m'achever ? Complément de lieu.
C'est mon dernier mot. 😉
Thiebault a écrit :Jehan : mais s'il ne peut pas être déplacé ni supprimé, il ne peut pas être circonstanciel.
Il me semblait avoir écrit que c'était un complément
essentiel de lieu… Non ?
Essentiel oui, c'est le mot.
il faut bien qu'un chemin mène quelque part…
Je craque.
Freeze a écrit :Mhh, tu ne confonds pas la proposition infinitive avec la proposition complétive Prosopopée ?
Si. Quand je parlais de complétive, je sous-entendais celle que j'avais le mieux apprise, l'infinitive. Mais, en effet, la complétive peut aussi être conjonctive et partiellement ou totalement interrogative. Merci, Freeze, j'ai précisé.
Oui, mais le "complément essentiel de lieu" me semble être un moyen terme entre le COI et le CC de lieu. Un complément essentiel qui "dirige" vers un lieu (réel ou symbolique). Bon, ok. Nous voilà tous trois d'accord ! Merci 😉
En tout cas, ce complément de lieu ne correspond à aucune sorte de datif.
Rien à voir, notamment, avec un complément d'attribution…