Exercice de latin - Fonctions de mots dans un texte
33 réponses · Page 1 / 2
Bonjour, je dois déterminer la fonction de mots ou groupes de mots dans un texte. Je l'ai réalisé. Pouvez-vous me dire s'il est correct ? Je place la première partie. Merci d'avance !
Thiébault
"Le latin a cessé de vivre, mais Rome est toujours là. Il n'y a pas que les textes, et cette filiation si évidente qui, à partir des textes, mène aux tableaux des peintres et aux livrets des opéras. Il y a cette rémanence obstinée d'un réseau de routes, de ponts, de garnisons, de murs ; l'espace romain exhibe encore ses balises, d'un aqueduc d'Espagne à la Porta nigra de Trèves, jadis capitale d'une tétrarchie ; du mur d'Hadrien, dans les landes anglaises, aux thermes de Budapest, ci-devant Aquincum ; de la Maurétanie aux rivages roumains, et aussi de Thagaste, qui fut Bône au temps de saint Augustin, aux déserts jordaniens de Pétra. […] Le tourisme nous restitue ce que l'histoire a ruiné, et il nous plaît avec un légitime étonnement, de contempler ces ruines éparses. […] On peut imaginer que nous ne parlerions plus de l'Europe si elle n'avait, un jour, existé par l'Empire romain et ses successeurs historiques : s'il faut chercher une image de cette unité à reconstruire, est-il bon d'oublier qu'un jour elle exista ? […]
Rome : sujet (du verbe est, conjugué à la voix active)
aux tableaux : COI (du verbe mène)
des opéras : complément du nom (livrets)
obstinée : épithète (du nom rémanence)
capitale : apposition (du nom Trèves)
Thagaste : complément du nom (rémanence)
Bône : attribut du sujet (qui mis pour Thagaste)
légitime étonnement : complément circonstanciel (de manière)
Europe : COI (du verbe parler)
Empire romain : complément prépositionnel
Pas mal. 🙂
Cependant, "aux tableaux" est un complément de lieu, non de moyen.
Et je ne suis pas sûr que Thagaste soit complément du nom "rémanence".
À vrai dire, je me demande moi-même quelle peut être sa fonction exacte…
Bonsoir Jean-Luc et Jehan, merci pour vos réponses rapides !
Jean-Luc : j'avais répondu "COI" pour "aux tableaux". Vous confirmez que ce serait plutôt un complément circonstanciel ? Pourtant, il ne me semble pas qu'on puisse le supprimer ou le déplacer, ce qui correspond davantage à la caractéristique des compléments du verbe (essentiels), et vu qu'il est introduit par une préposition (incluse dans le déterminant article contracté "aux"), j'avais pensé à un COI.
Jehan : je n'ai pas été aidé par la longueur interminable de la phrase qui contient "Thagaste", et du coup, j'ai eu une grosse hésitation. J'avais analysé comme ceci : des propositions rattachées par juxtaposition, avec élision de la partie commune "il y a cette rémanence obstinée…" mais à bien y regarder, il se pourrait qu'il soit lié à "ses balises". Finalement, ça semble mieux coller car l'auteur cite un point et va à un autre :
- "d'un aqueduc à la Porta negra" ;
- "du mur d'Hadrien aux thermes de Budapest" ;
- "de la Maurétanie aux rivages roumains" ;
- "et de Thagaste aux déserts jordaniens de Pétra".
Alors, finalement, je dirais complément circonstanciel : il est supprimable, déplaçable (à condition qu'on prenne le groupe dans lequel il s'insère… Qu'en pensez-vous ?
Merci pour votre aide !
Je dirais oui, complément circonstanciel. (depuis Thagaste jusqu'à…)
J'avoue ma perplexité : en quoi cet exercice de grammaire française est-il un exercice de latin ?
il est vrai.
Ce texte a au moins le mérite de glorifier un héritage.
En général, ce genre d'exercice se complète par "quel cas utiliseriez-vous en latin ?"
Quand on entend en L1 de lettres modernes, "la jeune fille est quoi ? belle, donc COD et accusatif", on se dit que des rappels de grammaire française sont hélas nécessaires.
Ce doit être cela.
Bonjour Delia.
Le premier exercice, celui-ci, consiste à déterminer la fonction des mots et groupes de mots dans un texte en français. Le second exercice consistera à retrouver dans le texte des mots ou groupes de mots qui ont une fonction bien précise. Ensuite, il s'agira de déterminer, dans un troisième exercice, le cas que devrait avoir tel mot ou tel groupe de mots en cas de traduction vers le latin. Ces exercices concernent des textes ou des phrases en français exclusivement. Le quatrième et dernier exercice de cette partie propose des phrases en latin avec un mot en gras, la traduction de cette phrase : il faut alors retrouver le mot français qui a la même fonction que le mot latin en gras et déterminer son cas.
Je n'éprouve pas trop de difficultés avec l'analyse grammaticale, mais il y a des différences sensibles avec l'analyse de phrases latines. Par exemple les "compléments circonstanciels" sont à distinguer des "compléments de lieu, de moyen, de but, de temps, etc." Les premiers expriment un avantage ou un désavantage.
Il y a également la particularité en latin de pouvoir (ou devoir) déterminer la fonction non de tout un groupe mais du centre de ce groupe. Cela déstabilise quelqu'un qui ne connaît pas le latin, et ce même s'il maîtrise le français.
Je vous avoue également que je me demande si la perception du complément d'agent est la même en latin qu'en français. Je suis supposé en trouver un dans l'exercice suivant et je n'en ai pas trouvé…
Voilà pourquoi j'en appelle à des spécialistes pour "passer après moi", même si en principe je suis censé pouvoir réaliser cet exercice sans aucun souci.
Cordialement 😉
Thiébault
Merci pour vos réponses. Si mes réponses sont bonnes pour cette partie de l'exercice, je vais vous soumettre la suite du texte et mon analyse. Merci encore pour votre aide !
On en viendrait à oublier de dire et de redire l'essentiel, l'ampleur de la romanité comme phénomène historique et même transhistorique. L'histoire romaine commence par le modeste et lent développement d'une puissance locale, au centre de l'Italie, dans une région grande comme un canton suisse, le Latium. […] Auguste meurt en l'an 14 de notre ère, non sans préconiser que l'empire en reste à ses dimensions d'alors. Sans principe dynastique clair, l'Empire romain se révèle, en dépit de quelques empereurs pittoresques, une extraordinaire machine à administrer et à civiliser. Mais cette unité politique démesurée était intenable, et, à partir du IIIe siècle p.C.n., elle craque sous la poussée des invasions et des nouveautés idéologiques (le christianisme), non sans montrer sa puissance d'assimilation, puisque les empereurs se font chrétiens et les envahisseurs se romanisent. Bref, l'acte de décès officiel de la puissance romaine est la déposition d'un ultime empereur, Romulus Augustule, par Odoacre, en 476 p.C.n. Nous avons donc affaire à un mouvement historique de dix à douze siècles. […]
Auguste : sujet (du verbe "meurt")
puissance d'assimilation : COD (du verbe "montrer")
en 476 p.C.n. : complément de temps
de dix à douze siècles : complément du nom ("mouvement")
Suis-je prêt pour le deuxième exercice ? 😀
Merci pour votre aidé précieuse.
En général, ce genre d'exercice se complète par "quel cas utiliseriez-vous en latin ?"
Quand on entend en L1 de lettres modernes, "la jeune fille est quoi ? belle, donc COD et accusatif", on se dit que des rappels de grammaire française sont hélas nécessaires.
Je ne nie pas la nécessité de rappels de grammaire française en lettres modernes, mais nous parlons ici de l'enseignement du
latin.Le quatrième et dernier exercice de cette partie propose des phrases en latin avec un mot en gras, la traduction de cette phrase : il faut alors retrouver le mot français qui a la même fonction que le mot latin en gras et déterminer son cas.
C'est par là qu'il faut commencer, les autres exercices sont pure et simple perte de temps
Car on apprend le latin
en lisant du latin. Le détour par une autre langue est inutile.
C'est un postulat pédagogique, un avis personnel. Vous n'avez pas tort, mais vous n'avez pas raison dans l'absolu. Je voudrais bien voir la figure d'Alain Meurant, professeur de latin à l'UCL, devant la critique que vous lui faites. 😐
En français, demander la fonction de "aux tableaux" dans la phrase "Il n'y a pas que les textes, et cette filiation si évidente qui, à partir des textes, mène aux tableaux des peintres et aux livrets des opéras" n'a pas de sens parce que "tableaux" est le centre du groupe "aux tableaux des peintres". Or, c'est tout ce groupe qui a pour fonction "complément indirect du verbe" (ou COI) et non pas "aux tableaux" car cela signifierait sinon que "des peintres" serait "attribut du COI", ce qui n'est pas le cas. (Et il est à parier qu'on m'aurait fait cette remarque - pertinente dans ce cas - dans la section dévolue aux problèmes de français. Et j'aurais dû faire ce que je fais devant vous : m'expliquer.) Cependant, en latin, il semble qu'on puisse attribuer la fonction "COI" à "aux tableaux".
Voilà pourquoi je me suis permis l'outrecuidance de poster ce message dans la section latin et non dans celle de français.
Cordialement.
Cependant, en latin, il semble qu'on puisse attribuer la fonction "COI" à "aux tableaux".
En latin, on n'attribue aucune fonction à
aux tableaux puisque ces mots sont des mots
français. Vous confondez tout, voilà ma principale objection à cette méthode.
Vous devriez aller faire un tour à l'Université de Pau, où Claude Fiévet enseigne le latin entièrement en latin, sans prononcer un mot de français.
Si ça se trouve, vous pensez avoir de l'esprit. Ce serait le mieux pour vous, car dans le cas contraire vous auriez un mode de raisonnement assez primaire. Je vous laisse à vos vaines querelles.
Euh, si je peux me permettre, Thiébault, sans esprit de vaine querelle, il me semble que le groupe "aux tableaux des peintres" n'est pas COI, mais complément circonstanciel de lieu.
Et il faut aussi reconnaître qu'en latin, la fonction COI, effectivement, n'existe pas…
Datif.
Tout ce qui est COI en français correspond-il forcément à un datif en latin ?
Tout ce qui est datif en latin correspond-il forcément à un COI en français ?
Bonjour Gabiana ! Vous aviez déjà fait cette remarque hier. Un circonstanciel ne doit-il pas être déplaçable et supprimable ? Le groupe en question ne peut subir aucune de ces vérifications.
Bonjour Jehan ! Dans leur ouvrage "Syntaxe latine", Ernout et Thomas attribuent au datif de "ser[vir] de complément indirect d'objet à un verbe transitif […]" (page 63, Kliencksieck, édition de 2002).
Par ailleurs, il existe plusieurs sortes de datifs : d'attribution, d'intérêt, de rapprochement, etc. Le datif d'attribution, à tout le moins, a pour fonction COI.
Cordialement,
Thiébault
"aux tableaux"
Disons, selon la nouvelle nomenclature, qu'il s'agit d'un complément essentiel de lieu.
Comme pour "Je vais à Paris"…
Du seul point de vue formel et non plus fonctionnel, il s'agit aussi d'un COI.
Le lieu où l'on va… Accusatif en latin, non ?
J'entends bien qu'il y a plusieurs datifs, au point de vue sémantique.
Mais tous les COI sont-ils pour autant des datifs ?