Le roman a volontiers vocation à dépayser, c’est-à-dire à arracher le lecteur au monde souvent étroi

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour !
Je suis en lettres modernes et le sujet de dissertation suivant m'a été donnée :

« Le roman a volontiers vocation à dépayser, c’est-à-dire à arracher le lecteur au monde souvent étroit dans lequel il existe, mais son ambition la plus haute est de favoriser un recentrement sur soi, une élucidation de cette intimité profonde généralement soustraite au regard de la conscience. »

Vous commentez ce propos en vous appuyant sur des exemples précis

J'ai bien évidemment quelques pistes et un début de plan, mais j'aimerais avoir quelques conseils et avis. Voila ce que j'ai fait :

dépayser  : Faire rompre ses habitudes à quelqu'un en le mettant dans un pays, une région très différents de ceux où il habite par le décor, le climat, les habitudes : Aimer les pays lointains qui dépaysent.
Troubler quelqu'un, le désorienter en le changeant de milieu et en le mettant dans une situation qui lui donne un sentiment d'étrangeté : Ce changement de bureau l'a complètement dépaysé.
Au sens géographique ?
Au sens social ? (changement du cadre social)
Au sens réel/irréel ( Héroic/ Fantaisie)

le monde souvent étroit dans lequel il existe : Le monde dans lequel le lecteur évolue est finit, hors, les seules limites du « monde du roman » sont celles de l'imagination de l'écrivain.

….mais son ambition la plus haute est de favoriser un recentrement sur soi, une élucidation de cette intimité profonde généralement soustraite au regard de la conscience :
Action d'élucider, fait d'être élucidé ; éclaircissement, explication : L'élucidation d'une énigme.
Permet au lecteur de se connaître mieux lui même ?
Permet à l'écrivain de se connaître mieux lui même ?

Et voici mon plan :


I. Le roman a vocation à dépayser

a. Au niveau géographique
Paul et Virginie, Bernardin de Saint Pierre : L'histoire se passe à l'ile Maurice, endroit plus qu'exotique à l'époque
Les Mille et une Nuits de Galland : L'orient fantasmé par un européen, contexte culturel très différent à l'époque par rapport à ce que connaissent les français
b.Au niveau moral et social
Les liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos
c.Au niveau du réel/ irréel
Littérature jeunesse ? Harry Potter


II. Grâce à ce dépaysement le roman permet au lecteur/ écrivain de se connaître mieux lui même
a. L'oeuvre permet de peindre les « instincts » primaire de l'homme 
Sa majesté des Mouche W. Golding : Des enfants, échoués sur une ile déserte, se retrouvent livrés à eux mêmes, au fil du roman, il s'éloignent des normes sociales et morales etc…
b. Elle permet aussi au lecteur d'appréhender certaines épreuves de la vie (mort, décéption amoureuse…)
- Roman initiatique, roman de chevalerie (Ch. de Troyes)
c. Il permet aussi de découvrir les « vices » et désirs cachés en chacun de nous
Romans du Marquis de Sade par Exemple




III.


Vous remarquerez qu'il n'y a rien pour l'instant dans ma troisième partie, je pensait au départ faire une ouverture sur la psychanalyse et par extension le surréalisme, mais je me suis ravisée, puisque cela ne concerne pas vraiment le roman (je ne connais d'ailleurs aucun roman surréaliste, seulement des essais et manifeste )…
En éspérant avoir été clair et quelques réponses 😉
Bonne journée à tous !

PS : Mes excuses d'avances pour les fautes et coquilles qui auraient pu se glisser dans ce post..
D'abord je ferai remarquer que Galland n'est pas un romancier, il est simplement le traducteur de contes orientaux.

L'auteur pretend implicitement que s'intéresser au récit d'évasion sous toutes ses formes conduit à un succès facile.
Se livrer à une investigation intérieure est plus exigeant et difficile.
Enfin le summum serait de permettre l'émergence des fantasmes.

Cette descente en soi-même est-elle le propre du roman ? Il faut remarquer que le roman est d'abord un récit et non une introspection qui relève plutôt de la description. Voilà où se situe la problématique. Comment et dans quelle mesure la mimesis peut-elle nous révéler à nous-mêmes ? Quel art cela exige-t-il de l'écrivain ? …
En vrac … Et bien sûr tout cela se discute … 🙂
Le roman témoigne de la grandeur et de la faiblesse des hommes. Il nous révèle autrui et par contrecoup nous-même.
Certains romans dits d'analyse psychologique se prêtent à un retour sur soi.
La question "qu'a fait le héros ?" en dissimule une autre : "Qu'aurais-je fait, moi, à sa place ?" …
Bien que chaque paragraphe d'un roman affirme, tout grand roman interroge.
Malraux (L'homme précaire et la littérature)
Grâce à eux, nous échappons à la méditation stérile sur nous-mêmes.
André Maurois
Je crois que les passionnés du roman sont des inquiets à la recherche d'eux-mêmes.
Pierre Aimé Touchard
J'ai un peu peur de répondre à côté de la plaque…
Je suis en université de psychologie, donc peut être n'ai-je pas saisi les exigences ou les éléments nécessairement pertinents, mais selon moi tu peux aborder la question d'une manière méta-réflexive car "l'ambition la plus haute du roman est d'élucider, d'éclairer, une partie du Soi profond qui échappe à la conscience". Quoi qu'il en soit, ca t'éclairera peut etre:

Dépaysement : quelque chose de nouveau, d’éloigner. Les mots d'autrui sont différents des miens, ses émotions aussi.

La lecture favorise un recentrement sur Soi car c’est une activité passive (on agit mais sans bouger ni intervention de l’extérieur, le seul extérieur c’est les mots de l’autre, la vision de l’autre –qui puisqu’écrite est « figée »-, vision de l’autre qui est perçue au travers de notre psyché, PAR notre psyché donc selon notre imagination, notre réceptivité). + les mots nous entrainent vers des terrains parfois inexplorés de notre individualité/psyché/conscience, car ce ne sont pas nos mots, on suit les associations d'idées du romancier, pas à pas, découvrant à chaque pas un peu plus du paysage qu'il peint avec ses mots, mais surtout des parts de nous dissimulées, l'émergence (arrivée à la conscience) de nouvelles pensées, de nouvelles parties de nous, ce qui nous touche, ce que notre morale réprouve, "tiens là j'aimerais y aller"! (car 3 niveaux: inconscient + subconscient + le fait que ce qui est conscient n'est pas TOUT conscient en meme temps -souvenirs, pensées, etc-): dépaysement psychique, approche de Soi différente. Alors chaque phrase, chaque allégorie de l’auteur se lie à notre propre psyché et nous emmene où on ne serait pas forcément allé seul.


Je crois que je m'égare car je ne me base sur aucun exemple précis, c'est plutôt un début de pseudo analyse de pourquoi la problématique, mais peut etre que ca pourra étayer l'analyse de tes exemples dans quelques sous parties… Maybenot (I'm tired)

Ne m'y connaissant pas dans ton domaine, je ne sélectionne pas mais t'invites à jeter un œil aux liens suivants:
https://culture.ulg.ac.be/jcms/prod_285162/croisements-entre-le-roman-et-la-psychanalyse
https://www.weblettres.net/spip/spip.php?article1024
https://www.ethnopsychiatrie.net/Rom&Psy.htm

Love

J'ai repensé à ton sujet en tombant là dessus :
https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/686518/filename/AltA_ritA_et_appropriation_discursive.pdf

Peut-être que cela t'apportera d'autres éléments pertinents