Voltaire, Le Mondain - Regrettera qui veut le bon vieux temps…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, j'ai eu un premier oral blanc de français il y a 2 mois, je suis tombé sur le mondain de Voltaire et je voudrais retravailler ce texte, merci pour votre aide.
Regrettera qui veut le bon vieux temps,
Et l’âge d’or, et le règne d’Astrée,
Et les beaux jours de Saturne et de Rhée,
Et le jardin de nos premiers parents ;
Moi, je rends grâce à la nature sage
Qui, pour mon bien, m’a fait naître en cet âge
Tant décrié par nos tristes frondeurs :
Ce temps profane est tout fait pour mes mœurs.
J’aime le luxe, et même la mollesse,
Tous les plaisirs, les arts de toute espèce,
La propreté, le goût, les ornements :
Tout honnête homme a de tels sentiments.
Il est bien doux pour mon cœur très immonde
De voir ici l’abondance à la ronde,
Mère des arts et des heureux travaux,
Nous apporter, de sa source féconde,
Et des besoins et des plaisirs nouveaux.
L’or de la terre et les trésors de l’onde,
Leurs habitants et les peuples de l’air,
Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde.
O le bon temps que ce siècle de fer !
Le superflu, chose très nécessaire,
A réuni l’un et l’autre hémisphère.
Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux
Qui, du Texel, de Londres, de Bordeaux,
S’en vont chercher, par un heureux échange,
De nouveaux biens, nés aux sources du Gange,
Tandis qu’au loin, vainqueurs des musulmans,
Nos vins de France enivrent les sultans ?
Quand la nature était dans son enfance,
Nos bons aïeux vivaient dans l’ignorance,
Ne connaissant ni le tien ni le mien.
Qu’auraient-ils pu connaître ? ils n’avaient rien,
Ils étaient nus ; et c’est chose très claire
Que qui n’a rien n’a nul partage à faire.
Sobres étaient. Ah ! je le crois encor :
Martialo n’est point du siècle d’or.
D’un bon vin frais ou la mousse ou la sève
Ne gratta point le triste gosier d’Ève ;
La soie et l’or ne brillaient point chez eux,
Admirez-vous pour cela nos aïeux ?
Il leur manquait l’industrie et l’aisance :
Est-ce vertu ? c’était pure ignorance.
[…]
Le paradis terrestre est où je suis.
J'ai travaillé ce texte la première fois avec mon cours l'opposition de l'age d'or et de l'age de fer ….

Mais malheureusement j'ai eu une problématique que je ne n'avais pas prévu : "En quoi Voltaire illustre t'il l'ironie dans ce poème"

J'ai recherché un peu en quoi consistait l'ironie voltairienne, mais je ne vois rien de correspondant dans ce texte, si vous pouvez m'aider.

Merci.
L'ironie voltairienne se situe dans la dépréciation des mérites de nos ancêtres.
Elle est aussi dans le fait de vouloir minimiser le manque de vertu et d'héroïsme du temps présent au nom d'une mesure bien fade.

Ici ce qui suit est ma propre appréciation :
Le pseudo épicurisme de Voltaire sonne faux. Il est en particulier injuste de ranger l'art sous la bannière des mollesses du siècle…
Aimer la vie sincèrement n'impose pas, comme le prétend Voltaire, de telles compromissions avec le laisser-aller. Voltaire cherche insidieusement à ridiculiser les critiques de ses détracteurs en les faisant passer pour exaltées.
Merci pour ta réponse, c'est peut être dû à une mauvaise définition de l'ironie qui fait que je ne perçois pas le sens du texte.

Merci encore, Salut