Comment Du Bellay exprime-t-il sa désillusion à travers les sonnets 6, 31 et 39 du recueil Les Regre

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, alors voilà, je dois répondre à la question "Comment Du Bellay exprime t-il sa désillusion à travers les sonnets 6, 31 et 39 du recueil Les Regrets?"
Sonnet 6:

Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l’immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ?
Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la nuit brune,
Les Muses me donnaient, alors qu’en liberté,
Dessus le vert tapis d’un rivage écarté,
Je les menais danser aux rayons de la Lune ?
Maintenant la Fortune est maîtresse de moi.
Et mon cœur, qui voulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuient.
De la postérité je n’ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l’ai plus aussi,
Et les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient.


Sonnet 31:

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.


Sonnet 39:

J’aime la liberté, et languis en service,
Je n’aime point la cour, et me faut courtiser,
Je n’aime la feintise, et me faut déguiser,
J’aime simplicité, et n’apprends que malice :

Je n’adore les biens, et sers à l’avarice,
Je n’aime les honneurs, et me les faut priser,
Je veux garder ma foi, et me faut briser,
Je cherche la vertu, et ne trouve que vice :

Je cherche le repos, et trouver ne le puis,
J’embrasse le plaisir, et n’éprouve qu’ennuis,
Je n’aime à discourir, en raison je me fonde :

J’ai le corps maladif, et me faut voyager,
Je suis né par la Muse, on me fait ménager :
Ne suis-je pas, Morel, le plus chétif du monde ?

De mon côté j'ai trouver que dans le sonnet 6, Du Bellay est déçu par son voyage car il pensait qu'il l'enrichirait du point de vue du savoir. Dans le sonnet 31, il exprime sa déception de Rome, sa terre natale lui manque; et dans le sonnet 39, le poète est déçu à l'égard de la vie romaine. Mais je n'arrive pas à trouver d'autres idées..
Votre sujet invite surtout à montrer comment Du Bellay exprime ses regrets : il ne faut pas survoler les textes, mais les analyser précisément.
Effectivement sans lecture attentive des poèmes, pas de possibilité de découvrir les procédés utilisés par l'auteur pour exprimer ses regrets. Le ton, la ponctuation, le lexique, les parallélismes, les oppositions sont autant de procédés à étudier.
Je mets en gras quelques éléments qui peuvent retenir notre attention.

Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l’immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ?

Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la nuit brune,
Les Muses me donnaient, alors qu’en liberté,
Dessus le vert tapis d’un rivage écarté,
Je les menais danser aux rayons de la Lune ?

Maintenant la Fortune est maîtresse de moi.
Et mon cœur, qui voulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuient.

De la postérité je n’ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l’ai plus aussi,
Et les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient.


Sonnet 31:
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je
le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur //me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, /que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, /que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin /la douceur angevine.

Sonnet 39:
J’aime la liberté, et languis en service,
Je n’aime point la cour, et me faut courtiser,
Je n’aime la feintise, et me faut déguiser,
J’aime simplicité, et n’apprends que malice :

Je n’adore les biens, //et sers à l’avarice,
Je n’aime les honneurs, //et me les faut priser,
Je veux garder ma foi, et me la faut briser,
Je cherche la vertu, //et ne trouve que vice :

Je cherche le repos,// et trouver ne le puis,
J’embrasse le plaisir, //et n’éprouve qu’ennuis,
Je n’aime à discourir,// en raison je me fonde :

J’ai le corps maladif,// et me faut voyager,
Je suis né par la Muse, //on me fait ménager :
Ne suis-je pas, Morel, le plus chétif du monde ?